42 (écoles)

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42
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Histoire et statut
Fondation
Type
Organisation éducative (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Forme juridique
Nom officiel
42Voir et modifier les données sur Wikidata
Régime linguistique
Fondateur
Xavier Niel, Kwame Yamgnane (d), Florian Bucher (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Président
Directeur
Sophie Viger (depuis )Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation
Localisation
Pays
Chiffres-clés
Étudiants
3 800 ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Budget
5 000 000 d’euro ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Divers
Devise
Born2codeVoir et modifier les données sur Wikidata
Membre de
Site web

Les écoles 42 sont deux établissements supérieurs d'autoformation non reconnus par l’État dont l'objectif est de former des développeurs. À l'issue d'une formation comprise entre 2 et 5 ans, l'établissement délivre des certifications professionnelles labellisées Grande École du Numérique[1].

Historique[modifier | modifier le code]

Ces établissements ont été créés et sont financés par Xavier Niel (fondateur d'Iliad-Free), avec plusieurs associés, dont Nicolas Sadirac (ancien directeur général d'Epitech)[2], Kwame Yamgnane et Florian Bucher (anciens cadres d'Epitech).

Annoncé le , l'établissement de Paris a ouvert ses portes le pour la dernière phase des admissions[3]. Il a accueilli les étudiants retenus pour la première rentrée en .

L'école reçoit le la visite du président de la République François Hollande, puis le celle d'Emmanuel Macron, alors ministre de l’économie et des finances[4],[5].

Le , Xavier Niel annonce l’ouverture de 42 USA dans la Silicon Valley à Fremont en Californie[6].

Les établissements[modifier | modifier le code]

Les établissements font partie de l’association à but non lucratif, nommée 42, dont Xavier Niel est le président et Sophie Viger la directrice générale.

La formation n'étant pas agréée par le Ministère de l'Enseignement supérieur, les étudiants ne peuvent prétendre à des bourses d’État. Cependant, l'école a rejoint le dispositif Grande École du Numérique[7] et permet donc aux étudiants de bénéficier d'une aide financière attribuée par le CROUS[8]. L'aide financière est attribuée sous condition de ressource pendant toute la durée de la formation (36 mois pour 42). Son montant est indexé sur le barème de la bourse sur critères sociaux de l’enseignement supérieur.

Les établissements tirent leurs noms du roman Le Guide du voyageur galactique. Dans ce roman, la réponse que donne l'ordinateur à l'« ultime question » est 42[9],[10].

Les émules de 42[modifier | modifier le code]

L'école UHA 4.0 de l'Université de Haute Alsace à Mulhouse ()[11].

L'ENTIC Reims (École des nouvelles technologies de l’information et de la communication) ()[12].

L'école 101, à Lyon (automne 2017)[13].

L'école 19, à Bruxelles ()[14].

L'école 1337, cofondée par Xavier Niel et l'OCP, à Khouribga au Maroc ()[15],[16].

L’école Hive, à Helsinki en Finlande (2019)[17],[18]

Le fonctionnement[modifier | modifier le code]

Le mode de fonctionnement de 42 a été notamment inspiré de celui de l'EPITECH : sélection à l'aide de sessions de « piscine » et enseignement selon le mode projet[19].

Admission et inscription[modifier | modifier le code]

Le candidat doit avoir au minimum 18 ans ou être titulaire du baccalauréat (il est possible d'entamer une candidature pour les candidats dans l'année de leurs bac). Aucun diplôme n'est requis pour les candidats de plus de 18 ans. En 2015, une expérimentation a lieu avec pôle emploi afin de former à la programmation, pendant dix mois, un groupe d'une trentaine de chômeurs seniors[20]. Cette formation a depuis été renouvelée chaque année.

La première sélection se fait à l'aide d'une série de tests de logique et de mémoire sur le site web de l’établissement destinés à évaluer les capacités des étudiants à apprendre l'informatique[21]. La seconde sélection s'appelle la « piscine ». C'est un processus de sélection intensive de quatre semaines pendant lesquelles le postulant doit réaliser des travaux pratiques en langage C ainsi que des travaux d'intérêt général, parfois considérés par les étudiants comme une punition dégradante[22]. Sous l’œil de l'équipe pédagogique qui scrute tous leurs faits et gestes depuis le bocal (bureau de l’équipe pédagogique) à l'aide des big data[23],[24].

L'inscription à la formation est gratuite et concerne chaque année environ 850 étudiants à Paris[23].

Particularités de la formation[modifier | modifier le code]

Il n'y a pas de cours magistraux ni de travaux pratiques encadrés par des professeurs. Les étudiants sont libres d'organiser leurs journées à la réalisation des projets proposés par l'équipe pédagogique. L’établissement est ouvert 24h/24 et 7j/7.

La formation dispensée, de type qualifiante, se veut inspirée des changements apportés par Internet avec une pédagogie qualifiée de « pair à pair ». Elle délivre un certificat non reconnu par l’État français mais désormais reconnu par le gouvernement comme un équivalent niveau bac +3[source insuffisante] ou bac +5[source insuffisante] en fonction de l'avancée dans le cursus.

La formation dure entre 2 et 5 ans selon la rapidité de l'étudiant à finir les « projets », et couvre différents métiers de l'informatique.

Programme[modifier | modifier le code]

Les premiers projets sont essentiellement axés sur le développement en langage C en environnement plateforme UNIX. En fonction de son niveau, l’étudiant peut s’inscrire à des piscines pédagogiques de deux semaines pour découvrir de nouveaux paradigmes de programmation : web en PHP, orientée objet en C++, fonctionnelle en OCaml et Unity. D’autres projets initient les étudiants à la sécurité informatique, au développement mobile ainsi qu’au réseau[réf. nécessaire].

Évolution de la pédagogie[modifier | modifier le code]

La seconde année, de 2014 à 2015, a été mise en place une jauge indiquant le niveau de l’étudiant, ainsi qu’un système de point de correction, permettant de s’échanger un point contre une correction. La réalisation des projets n’est plus contrainte par le temps.

La gratuité, le fait qu'aucun diplôme ne soit requis à l'entrée et une pédagogie qui rejette toute notion de transmission de savoir ont fait de cet établissement une école de la deuxième chance avec, à la sortie, chez les futurs employeurs un soupçon de réticence fondée non sur les compétences qui sont reconnues mais sur la crainte d'une inadaptation au monde des grandes entreprises[25],[26].

Modèle économique[modifier | modifier le code]

L'investissement a été réalisé par Xavier Niel : 70 millions d'euros, dont 20 millions pour la création de l'établissement parisien et 50 millions pour couvrir les frais de fonctionnement de celui-ci pour 10 ans[27]. L'objectif lors de la création de 42 est de permettre la création chaque année de 150 entreprises, dont cinq géants d’Internet, dans l'espoir que ces jeunes pousses versent leur taxe d'apprentissage à l'établissement. Début 2015, Nicolas Sadirac déclare alors : « Si nous ne sommes pas capables de faire naître cinq gros succès par an, c'est que nous aurons échoué. Il n'y aura alors plus de raisons de nous financer »[23].

Critiques[modifier | modifier le code]

La création de la formation 42 et de sa pédagogie ne sont pas exemptes de critiques de la part de certains formateurs et professionnels du secteur. Le président de l'association MUNCI, par exemple, dans un chat de [28] explique : « Nous sommes évidemment très favorables de façon générale aux écoles de la seconde chance (…) Néanmoins, nous sommes très partagés sur l'école 42 (…) nous sommes très mitigés sur cette « pédagogie de la débrouillardise » sans formations et sans formateurs. De plus, nous contestons l'idée d'une pénurie globale de développeurs en France, sur laquelle communique régulièrement cette école, qui nous fait un peu penser à une « usine à développeurs ». L'engouement médiatique autour de l'école 42 nous paraît totalement disproportionné. Certains vont un peu vite en besogne, et on a parfois l'impression que nos meilleurs ingénieurs n'ont qu'à bien se tenir face aux futurs « diplômés » de 42… Pour finir, on jugera l'arbre à ses fruits… ».

L'ambiance sexiste de l'école est aussi critiquée par des étudiantes. Dans un établissement comptant moins de 10 % de filles, des étudiants ont eu des comportements sexistes[29] : photos pornographiques en fond d'écran, prise de photos sous les jupes, avances déplacées, s'ajoutant au partage, trois ans durant, de « contenus pornographiques à teneur misogyne » sur la chaîne de discussion "NSFW" [30] de l'école sur le canal Slack public[31]. Cette ambiance est toutefois minorée par certains élèves, filles comprises[29]. Si le canal a été fermé par l'administration et des travaux d'intérêt général et un travail sur le sexisme ont été infligés aux coupables, aucune sanction d'exclusion n'a été prise[31],[32].

En , Nicolas Sadirac démissionne à la suite d'un audit de NJJ, en faisant don de son solde de tout compte à l'école[33].

Campus[modifier | modifier le code]

Paris[modifier | modifier le code]

Le bâtiment qui a été racheté à l'État français en 2011 pour 12,6 millions d'euros[34] est situé au 96 boulevard Bessières[35], dans le 17e arrondissement de Paris. Il s’étend sur une surface de 4 242 mètres carrés[36] et comporte trois grandes salles de travail nommées « clusters » qui contiennent chacune 300 Macintosh. En plus de deux autres salles généralement réservées aux événements et d’un amphithéâtre réservé aux conférences.

Le , Art42, le premier musée de Paris d’art urbain, s’ouvre dans l’établissement. Visitable deux fois par semaine, il comporte plus de 150 œuvres d'artistes[37],[38],[39].

Fremont[modifier | modifier le code]

42 USA est situé au 6 600 Dumbarton Circle, à Fremont en Californie. Le bâtiment a été racheté à une université. Le campus fait à peu près 24 200 m2 et a un dortoir gratuit de 600 places. Le projet américain se monte à 100 millions de dollars[40].

Alger[modifier | modifier le code]

Le , Xavier Niel annonce la création d'une école 42 à Alger, et ce lors de la visite d'Emmanuel Macron en Algérie[41].

Palmarès CodinGame[modifier | modifier le code]

Début 2017, 42 Paris arrive en tête des scores du jeu en ligne CodinGame[42]. Ce n'est plus le cas en 2019[43].

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • 42, born to code, documentaire de Emmanuel Réau, 55 min, 2015[44]

Références[modifier | modifier le code]

  1. https://www.grandeecolenumerique.fr/wp-content/uploads/2018/06/Catalogue-2018-des-formations-labellise%CC%81es_VF-1.pdf
  2. Camille Gévaudan, « "42", v’là les geeks ! », sur http://www.ecrans.fr/, .
  3. Elsa Fachinetti, « La "piscine" de l'école 42 ouvre ses portes », sur http://www.digischool.fr/, .
  4. « François Hollande rend une visite (vraiment) surprise à l'école 42 de Xavier Niel », sur Huffington Post, (consulté le 2 août 2015).
  5. « François Hollande s'offre une visite surprise à l'École 42 de Xavier Niel », sur Le Figaro, (consulté le 2 août 2015).
  6. « Xavier Niel exporte l'école 42 aux États-Unis », sur MacGeneration, (consulté le 18 mai 2016)
  7. « Le réseau de formations - La Grande École du Numérique », La Grande École du Numérique,‎ consulté le 21 juillet 2018 (lire en ligne, consulté le 20 juillet 2018)
  8. « Le dispositif d'aide financière - La Grande École du Numérique », La Grande École du Numérique,‎ consulté le 21 juillet 2018 (lire en ligne, consulté le 20 juillet 2018)
  9. « Xavier Niel lance l'école 42, une école 2.0 », Europe 1, (consulté le 18 août 2016)
  10. « L'école "marche ou crève" de Xavuer Niel », Le Mouv, (consulté le 18 août 2016)
  11. « UHA 4.0 L'Ecole du Numérique ».
  12. « Une nouvelle école pour apprendre les nouveaux métiers du web à Reims », L'Union, (consulté le 8 mai 2017).
  13. « Les inscriptions pour l'Ecole 101 sont ouvertes ! », News Auvergne, (consulté le 8 mai 2017).
  14. Belga, « Bruxelles va accueillir Xavier Niel et son «anti-école» de codage », Le Soir, (consulté le 17 septembre 2017)
  15. Quentin Velluet, « Maroc : OCP et l’école 42 lancent une école de code à Khouribga », Jeune Afrique, (consulté le 10 juin 2018)
  16. Tom Gagnou, « Une école spécialisée dans la programmation et le codage informatique va ouvrir ses portes à Khouribga », HuffPost, (consulté le 10 juin 2018)
  17. (en) « Kela approves financial aid for students of new coding school », (consulté le 20 septembre 2019)
  18. (en) « Site web de l’école Hive » (consulté le 20 septembre 2019)
  19. Kira Mitrofanoff, « Epitech déploie sa pédagogie en Europe », Challenges, (consulté le 8 mai 2017)
  20. Alexia Eychenne, « A l'Ecole 42, des seniors tentent un "bain de jouvence" pour retrouver du travail », L'Express, (consulté le 15 octobre 2016)
  21. J'ai testé les casse-têtes de 42, l'école d'informatique de Xavier Niel. Francetvinfo.fr, septembre 2013
  22. Nicolas, « “Pourquoi j’ai dû faire le ménage à l’école 42" », Les Echos, (consulté le 15 octobre 2016).
  23. a b et c Céline Authemayou, « Pourquoi l'école 42 reste l'extraterrestre du sup' », L'Étudiant_(magazine),
  24. Quentin Descamps, « Alt garderie pour bébés Niel », Libération (journal), (consulté le 15 octobre 2016)
  25. FLORIAN DEBES, « Qui va embaucher les 42 ? », Les Echos, (consulté le 15 octobre 2016).
  26. Léonor Lumineau, « Les premiers certifiés de l’école 42 décrochent des CDI dans des start-up », Le Monde, (consulté le 8 mai 2017).
  27. Chloé Viatori, « J’ai passé les tests de sélection de l’école « 42 » de Xavier Niel », L'Obs, (consulté le 15 octobre 2016)
  28. Régis Granarolo (Munci), « Les métiers du numérique », sur lesmetiers.net, .
  29. a et b Claire Ané, « A l’école 42, des filles victimes de sexisme et de harcèlement », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 10 octobre 2019)
  30. 6 Medias, « Des cas de harcèlement sexuel à l'école 42 de Xavier Niel ? », sur Le Point, (consulté le 10 octobre 2019)
  31. a et b L'Usine Nouvelle, « Porno, blagues et dragues lourdes... pas facile d'être une femme à l'école 42 - Informatique », usinenouvelle.com/,‎ (lire en ligne, consulté le 16 novembre 2017).
  32. « Des cas de harcèlement sexuel à l'école 42 de Xavier Niel ? », Le Point, (consulté le 10 juin 2018)
  33. Laurent Mauduit, « A l’«Ecole 42» de Xavier Niel: sexe, harcèlement, arnaques et comptes offshore », sur Mediapart (consulté le 27 août 2019).
  34. « Les 10 immeubles les plus chers vendus par l'État en 2011 » [archive du ], sur https://www.challenges.fr/, (consulté le 10 novembre 2017), p. 7
  35. « L'école 42 », sur http://www.parisetudiant.com/, .
  36. « L’équipe et les moyens », sur http://www.42.fr/ : « […] un bâtiment de 4.242 m2, le Heart of Code, situé dans Paris intra-muros et ouvert aux étudiants et étudiantes 7j/7, 24h/24 ».
  37. « ART 42 - Urban Art Museum : Premier musée de street art en France », sur Artistik rezo, (consulté le 6 novembre 2016)
  38. « Art 42, le premier musée de street art, ouvre ses portes pour la Nuit Blanche », sur LCI, (consulté le 6 novembre 2016)
  39. « Art 42, premier musée parisien d'art urbain », sur Le Figaro, (consulté le 6 novembre 2016).
  40. Sarah Liénart, « Ecole 42 : l'école qui pourrait changer le monde », L'express, .
  41. [1]
  42. « L’Ecole 42 de Xavier Niel classée meilleure école de code au monde », sur capital, (consulté le 23 janvier 2017)
  43. (en) « Coding Games and Programming Challenges to Code Better », sur CodinGame (consulté le 5 mai 2019)
  44. http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/ecole-42-born-to-code,89213267.php

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]