La deuxième étape relie Brest à Quimper sur une distance de 110,4 kilomètres, à travers un parcours technique et exigeant tracé dans le Finistère. Les coureuses évolueront sur des routes sinueuses, ponctuées de montées et de descentes, avec peu de répit. Le parcours se corse notamment à l’approche de la côte du Chemin de Trohéir, située au kilomètre 79, où un mauvais placement pourrait coûter cher. Le circuit final de 33 kilomètres autour de Quimper offre un terrain propice aux offensives, avec des sections étroites et piégeuses. L’arrivée est jugée au sommet de la côte de Stang Bihan, une montée irrégulière d’un kilomètre à 4,8%, qui pourrait départager les meilleures puncheuses et sprinteuses puissantes, dans un sprint en petit comité[2].
Au début de cette deuxième étape, Aude Biannic et Franziska Koch s’échappent et passent en tête du sprint intermédiaire. Durant l’ascension du Menez Quelerc'h, les deux échappées sont reprises sous l’impulsion de Silke Smulders qui passe en tête au sommet devant Élise Chabbey. Smulders et Chabbey continuent leur effort et prennent une vingtaine de secondes d’avance sur le peloton; elles sont rapidement rejointes par Maud Rijnbeek pour former un groupe de trois coureuses. L’échappée qui compte dorénavant 46 secondes d’avance se dispute les points au sommet de la côte de Locronan, le maillot à pois passe en tête et consolide son avance. Cependant, l’accélération dans la bosse de l’échappée est fatale à Rijnbeek qui est distancée. Alors que la Néerlandaise est intercalée, Maëva Squiban sort du peloton et rejoint Rijnbeek pour relancer la poursuite. Pourtant, lorsque Squiban rentre sur le duo de tête, le peloton lancé à vive allure ne se situe plus qu’à 10 secondes du groupe d’échappées.
L'échappée dans la première montée de Stang-Bihan
Dans la côte du chemin de Trohéir, Squiban impose un gros rythme qui permet aux attaquantes de porter leur avance à 35s à la bascule. Bien que Smulders ne relaie pas pendant plusieurs kilomètres, le trio maintient son avance jusqu’à l’accélération de Franziska Koch dans le peloton qui diminue drastiquement l’avance des échappées. À Quimper, lors du sprint bonus, Chabbey et Squiban distancent Smulders tandis que le peloton voit l’attaque de Katarzyna Niewiadoma, suivie par Pauline Ferrand-Prévot. Les deux coureuses sont reprises quelques minutes plus tard, sous l’arche des vingt derniers kilomètres. Tandis que l’avance des échappées n’est que d’une quinzaine de secondes, Riejanne Markus place une attaque et fait la jonction avec la tête. Dans le peloton, l’équipe Visma-Lease a Bike roule pour revenir sur l’échappée mais cette dernière se relaie toujours si bien que l’écart est toujours d’une quinzaine de secondes à 15 kilomètres de l’arrivée. Finalement, l’effort est trop dur et les quatre femmes de l’avant sont reprises à 12,3 kilomètres de la fin de l’étape. Quelques minutes plus tard, Mavi García, doyenne de ce Tour de France, sort du peloton. À 5 kilomètres de l’arrivée, tandis que García est toujours en tête et qu’Elisa Longo Borghini est distancée, les favorites accélèrent à la bascule et entament la descente vers l’arrivée avec un petit groupe d’une trentaine d’unités. Sous la flamme rouge, García dispose toujours de 12s d’avance et parvient à maintenir son avance pour s’imposer devant les favorites[3].