24e division SS de volontaires de montagne Karstjäger

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24e Division SS de volontaires de montagne Karstjäger
Image illustrative de l'article 24e division SS de volontaires de montagne Karstjäger

Création 1933
Dissolution Mai 1945
Pays Flag of German Reich (1935–1945).svg Allemagne
Branche Schutzstaffel SS.svg Waffen-SS
Type Division SS
Ancienne dénomination SS-Karstwehr-Bataillon
24. Waffen-Gebirgs-Division der SS Karstjäger
Waffen-Gebirgs Karstjäger-Brigade
Guerres Seconde Guerre mondiale

La 24e division SS de volontaires de montagne Karstjäger était l’une des 38 divisions de Waffen-SS durant la Seconde Guerre mondiale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Au milieu de l'année 1942, la Waffen SS forme une compagnie chargée de mener des opérations contre les Partisans, dans la région frontalière montagneuse entre l'Italie, l'Autriche et la Yougoslavie, appelée aussi le Karst[1]. Le SS Standartenführer (colonel) Hans Brandt, par ailleurs géologue et spéléologue, suggère la création d'une unité spécifique[2]. La compagnie est formée au camp d'entraînement de la SS de Dachau et est composée de soldats venant notamment d'un bataillon de réserve de la 23e division SS de montagne Kama[3].

La compagnie devient un bataillon comprenant 500 hommes en novembre 1942, le bataillon SS-Freiwilligen-Karstwehr. Lors du premier semestre de 1943, il s'entraîne en Autriche[1]. L'unité recrute principalement parmi les Volksdeutsche de Yougoslavie et dans le Sud-Tyrol[4], les officiers provenant de détachement géologiques de la SS[2]. Le corps géologique de la Waffen SS dont viennent ces hommes a été constitué en avril 1941 et il comprend surtout des ingénieurs ainsi que quelques géologues. Ils ont pour fonction principale d'explorer des grottes et des obstacles naturels et de déterminer si les espaces en-dehors des routes sont utilisables par des chars d'assaut[5]. Ils doivent aussi repérer des sources d'eau potable. Après la capitulation italienne en septembre 1943, le bataillon est chargé de désarmer les troupes italiennes autour de Tarvisio sur la frontière entre les trois pays. Par la suite, elle occupe des fonctions de protection des communautés de Volksdeutsche de la région. D'octobre 1943 à juin 1944, le bataillon est basé à Gradisca d'Isonzo en Italie et participe aux luttes contre les Partisans à Trieste, Udine et dans l'Istrie[1]. Le 10 octobre, une colonne du bataillon tombe dans une embuscade au col du Predil, avec trois morts et huit blessés. Le lendemain, le bataillon brûle le village de Strmec et tue seize habitants en représailles. Au 19 octobre 1943, l'unité a subi un total de dix-huit morts et quarante-cinq blessés lors d'une série d'engagements près du village de Bovec. Au cours de la même période, le bataillon s'empare de deux canons de montagne italiens de 75 millimètres, ce qui accroît fortement sa puissance de feu[6].

Au cours de la fin octobre et du mois de novembre 1943, le bataillon est engagé des actions contre les Partisans autour de Zaga et de Kobarid, lors notamment de l'opération Traufe[6]. À la fin du mois de novembre, le bataillon est placé sous le commandement du chef supérieur de la police et de la SS en Italie, le SS Obergruppenführer et général de la Waffen SS Karl Wolff le temps d'une opération[7]. En février 1944, l'unité conduit l'opération Ratte (rat), lors de laquelle elle brûle les villages de Komen et de Rihenberg, internant les habitants dans des campps de travail. Au début de l'année 1944, Brand suggère de recruter dans l'unité des nationalistes slovènes mais l'idée est rejetée par le quartier général de la SS, qui craint qu'une telle politique ne favorise l'infiltration de Partisans dans l'unité. A ce moment, il est estimé que 20 000 Partisans communistes combattent dans la région de Gorizia. Durant le mois de mars, le bataillon est impliqué dans plusieurs opérations (Zypresse (cyprès), Märzveilchen (violette), Maulwurf et Hellblau (bleu ciel)), qui infligent des pertes significatives aux Partisans, d'autant que des prisonniers sont exécutés. En mars et avril, l'opération Osterglocke est conduite durant douze jours, suivie par l'opération Liane à la fin du mois de mai en plus de la longue opération Annemarie entre le 7 mai et le 16 juillet. En juin 1944, une patrouille du bataillon ne parvient pas à revenir vers le reste de l'unité à la suite d'une mission aux alentours de Cividale del Friuli. Deux jours plus tard, ils sont retrouvés, leurs torses dénudés et leurs têtes empalées sur des baïonnettes[6]. Dès lors, le reste de l'unité aurait tué des hommes suspectés d'être des Partisans[2]. Au fur et à mesure de ces opérations, le bataillon voit ses effectifs atteindre le millier d'hommes[1].

Une brève existence comme division[modifier | modifier le code]

Le bataillon SS Feiwilligen Karstwehr lors d'un entraînement d'artillerie.

Le 18 juillet 1944[3], le Reichsführer SS Heinrich Himmler ordonne que le bataillon devienne une division, bien que les effectifs soient limités à 6 000 hommes. La désormais 24e division SS de montagne Karstjäger doit être mise en place par le chef de la police et de la SS du littoral adriatique, le SS-Gruppenführer Odilo Globocnik. Le nom Karstjäger vient d'une combinaison entre Karst, qui se réfère au nom de la région et Jäger, le terme allemand qui désigne l'infanterie légère. La division comprend deux régiments d'infanterie de montagne, un régiment d'artillerie et des bataillons de reconnaissance, du génie et antichar[8]. Elle reçoit quatorze chars Ansaldo P40 pris aux Italiens mais cet équipement s'avère peu fiable, seule la moitié étant disponible dans le meilleur des cas. En août 1944, cette division en sous-effectif participe à l'opération Dachstein sous le commandement de la 188e division de montagne[9]. Entre août et novembre 1944, elle continue de poursuivre des opérations de lutte contre les Partisans dans la région mais elle ne compte que 3 000 hommes, moins de la moitié des effectifs prévus. En effet, il s'avère impossible de recruter plus d'hommes et, en décembre 1944, la division est rétrogradée au rang de brigade[10].

À la fin de 1944 et au début de 1945, la brigade montagne de SS Karstjäger lutte d'abord contre des Partisans soutenus par les Britanniques dans les Alpes juliennes, avant d'être déployée dans la région littorale autour de Trieste. Toutefois, elle manque d'être coupée du reste des troupes allemandes et revient rapidement dans les Alpes juliennes, en forçant le passage à travers la vallée du Tagliamento entre Osoppo et Gemona del Friuli. Vers la fin du mois d'avril 1945, la brigade combat les forces britanniques et néo-zélandaises sur la frange sud des Alpes juliennes[11]. La compagnie de réserve de la brigade, qui a été envoyée à Cividale, parvient à détruire plusieurs chars britanniques avec des Panzerfausts et l'aide d'une compagnie blindée[12]. Lors des dernières semaines de la guerre, la brigade fait partie d'un Kampfgruppe (groupe de combat) dirigé par le SS-Brigadeführer (général de brigade) Heinz Harmel, qui reçoit l'ordre de protéger les cols des Karavanke, entre la Yougoslavie et l'Autriche. Cette mission est fondamentale en ce qu'elle permet aux forces allemandes de se retirer de Yougoslavie, pour laisser celle-ci aux Britanniques plutôt qu'aux Partisans. Le Kampfgruppe parvient à remplir sa mission et est l'une des dernières unités allemandes à se rendre, en l'occurrence à la 6e division blindée britannique le 9 mai 1945[1].

Désignations successives[modifier | modifier le code]

  • de 1942 à août 1944: SS-Karstwehr-Bataillon
  • d'août 1944 au 5 décembre 1945: 24. Waffen-Gebirgs-Division der SS "Karstjäger"
  • du 6 décembre 1944 au 10 février 1945: Waffen-Gebirgs-(Karstjäger)-Brigade
  • du 11 février à mai 1945: 24. Waffen-Gebirgs-(Karstjäger-)Division der SS

Liste des commandants successifs[1][modifier | modifier le code]

Début Fin Grade Nom
Décembre 1944 Décembre 1944 SS-Obersturmbannführer Karl Marx
Décembre 1944 Février 1945 SS-Sturmbannführer Werner Hahn
Mars 1945 Mai 1945 SS-Oberführer Adolf Wagner

Roland Kaltenegger ne liste que Werner Hahn comme commandant de l'unité[10].

Composition[modifier | modifier le code]

Volontaires du Tyrol, italiens et slovènes.

  • Juin 1942: 1 831 hommes
  • Juin 1944: 3 000 hommes
  • Février 1945: 5 563 hommes

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

Quatorze chars italiens P40 sont assignés à l'unité mais s'avèrent peu fiables.

La composition théorique de la division est la suivante[8] :

  • Waffen-Gebirgs-(Karstjäger)-Regiment der SS 59
  • Waffen-Gebirgs-(Karstjäger)-Regiment der SS 60
  • Waffen-Gebirgs-Artillerie-Regiment 24
  • SS-Panzerkompanie
  • SS-Gebirgsbatterie
  • SS-Gebirgs-Sanitäts-Kompanie 24
  • SS-Gebirgs-Nachrichten-Kompanie 24
  • SS-Gebirgs-Pionier-Kompanie 24


La division est aussi censée comprendre des unités de soutien. Toutefois, seul le 59e régiment de chasseurs de montagne de la SS, un bataillon du 24e régiment d'artillerie de montagne de la SS, une compagnie du 24e bataillon du génie de la SS et une partie de la compagnie blindée sont effectivement constitués[10].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f Williamson 2004, p. 4.
  2. a, b et c Blood 2006, p. 63.
  3. a et b Kaltenegger 2008, p. 81.
  4. Bishop et Williams 2003, p. 72.
  5. Häusler et Willig 2000, p. 154.
  6. a, b et c Kaltenegger 2008, p. 348.
  7. Kaltenegger 2008, p. 348-349.
  8. a et b Kaltenegger 2008, p. 85-86.
  9. Kaltenegger 2008, p. 349-350.
  10. a, b et c Kaltenegger 2008, p. 86.
  11. Kaltenegger 2008, p. 353-354.
  12. Kaltenegger 2008, p. 354.

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Chris Bishop et Michael Williams, SS: Hell on the Western Front, Saint-Paul, MBI Publishing, (ISBN 978-0-7603-1402-9)
  • (en) Philip Blood, Hitler's Bandit Hunters, Washington D.C., Potomac Books, (ISBN 978-1-59797-445-5)
  • (en) Hermann Häusler et Dierk Willig, « Development of Military Geology in the German Wehrmacht 1939–45 », dans Geology and Warfare: Examples of the Influence of Terrain and Geologists on Military Operations, Bath, Geological Society, , 141-158 p. (ISBN 978-1-86239-065-2)
  • (de) Roland Kaltenegger, Totenkopf und Edelweiss: General Artur Phleps und die südosteuropäischen Gebirgsverbände der Waffen-SS im Partisanenkampf auf dem Balkan 1942–1945, Graz, Ares Verlag, (ISBN 978-3-902475-57-2)
  • (en) Gordon Williamson, The Waffen SS (4): 24. to 38. Divisions, & Volunteer Legions, Oxford, Osprey, (ISBN 978-1-84176-592-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]