1re armée blindée de la Garde

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1re armée blindée, puis
1re armée blindée de la Garde
Image illustrative de l’article 1re armée blindée de la Garde
L'ordre de la Garde soviétique (modèle 1942).

Création
Dissolution 1998
Pays Drapeau de l'URSS Union soviétique
Drapeau de la Russie Russie
Allégeance Red Army flag.svg Armée rouge,
Armée soviétique,
puis Armée russe
Branche Armée de terre
Type troupes blindées et mécanisées
Rôle exploitation dans la profondeur
Effectif théoriquement 35 000 hommes
Ancienne dénomination 38e armée
29e armée
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Défense de la boucle du Don
Bataille de Koursk
Offensive Lvov-Sandomir
Offensive Vistule-Oder
Offensive de Poméranie orientale
Bataille de Berlin
Commandant historique Mikhaïl Katoukov

La 1re armée blindée (en russe : 1-я танковая армия, parfois traduit « 1re armée de tanks ») devenue en 1944 la 1re armée blindée de la Garde (en russe : 1-я гвардейская танковая армия) est une grande unité blindée soviétique qui combattit lors de nombreux affrontements militaires durant la Grande Guerre patriotique (la Seconde Guerre mondiale).

Grande Guerre patriotique[modifier | modifier le code]

Première forme[modifier | modifier le code]

La 1re armée blindée est créée en juillet 1942, sous le commandement de Kirill Moskalenko, à partir des éléments de la 38e armée[1] et des corps blindés affectés au front de Stalingrad. La formation initiale regroupe les 13e et 28e corps blindés, les 131e et 399e divisions de fusiliers, ainsi que la 158e brigade blindée[2].

Selon la doctrine militaire des opérations en profondeur prônée par l'Armée rouge (théorisée par Triandafillov et Toukhatchevski), une armée blindée (Танковая армия, abrégée en TA) est destinée a être engagée après une percée effectuée par une autre armée combinée (composée d'infanterie largement soutenue par des divisions d'artillerie et des brigades de tanks d'accompagnement) ; le rôle de l'armée blindée étaient de servir d'« échelon de frappe opérative » en s'enfonçant le plus loin possible en territoire adverse (jusqu'à 150 à 400 km), si possible ses corps d'armée avançant en parallèle, pour déstructurer tout le système ennemi[3]. Les deux (3e et 5e dès mai-juin 1942) puis six armées blindées furent les fers de lance des principales offensives soviétiques de la seconde partie de la Grande Guerre patriotique.

Article connexe : Art opératif.
Offensive allemande vers Stalingrad en juillet et septembre 1942, avec les tentatives de contre-offensive soviétiques.

Le , elle est engagée dans une contre-attaque dans la boucle du Don alors qu'elle est encore en formation, manquant d'artillerie, de munitions, de radios et d'officiers[4]. Mal coordonnée et sous un ciel contrôlé par la Luftwaffe, elle subit de très lourdes pertes et n'atteint pas son objectif d'encercler et détruire les éléments de pointe de la 6e armée allemande (le XIV. Panzerkorps), qu'elle oblige cependant à reculer pendant quelques jours[5].

Le , la 6e armée allemande lance le XXIV. Panzerkorps du sud vers le nord et le XIV. Panzerkorps du nord vers le sud, encerclant la 62e armée soviétique et des éléments de la 1re armée blindée entre Sourovikino et Kalatch : huit divisions soviétiques sont anéanties le lendemain[6]. La 1re armée blindée est dissoute en , lors de la formation du front du Sud-Est, son encadrement formant la base de l'état-major du nouveau front, alors que ses troupes vont renforcer la 62e armée[7].

Seconde forme[modifier | modifier le code]

Le , elle est re-créée dans le front du Nord-Ouest à partir des unités de commandement provenant de la 29e armée, et des éléments combattants composés des 6e et 31e corps blindés et du 3e corps mécanisé. Le , l'armée est renforcée temporairement pour participer au déblocage de Léningrad avec une brigade blindée, quatre régiments de chars, deux divisions d'infanterie parachutiste, six brigades de fusiliers, de l'artillerie et du génie[8].

En février-mars 1943, l'armée est engagée dans la troisième bataille de Kharkov au sein du front de Voronej ; en mars 1943, elle est transférée à Oboïan, pour participer à la défense du saillant de Koursk et être remise sur pied. En juillet et août 1943, elle participe aux batailles de Prokhorovka et du Dniepr et est engagée dans la seconde bataille de Kiev.

Du 13 au , affectée au 1er front ukrainien, la 1re armée blindée de la Garde intervient dans le cadre de l'offensive Lvov-Sandomir.

1re armée blindée de la Garde[modifier | modifier le code]

Le , la 1re armée blindée est promue en 1re armée blindée de la Garde « pour des performances exemplaires des tâches de l'héroïsme et la bravoure, le courage et le courage des troupes dans les batailles contre les envahisseurs nazis ».

Le 8e corps mécanisé de la Garde (ex 3e corps mécanisé) est équipé en janvier 1945 avec 185 M4A2[9] (livrés par les convois de l'Arctique).

En janvier 1945 elle est à la pointe de l'offensive Vistule-Oder, puis en février et mars elle combat en Poméranie occidentale avant d'être engagée à partir du mois d'avril aux opérations offensives dans la bataille de Berlin.

Composition de la 1re armée blindée de la Garde début 1945[10] :

  • 6e corps blindé devenu le 11e corps blindé de la Garde
    • 22e brigade blindée devenue en octobre 1941 la 40e brigade blindée de la Garde
    • 112e brigade blindée devenue en août 1941 la 44e brigade blindée de la Garde
    • 200e brigade blindée devenue en octobre 1943 la 45e brigade blindée de la Garde
    • 6e brigade mécanisée devenue 27e brigade mécanisée de la Garde
  • 3e corps mécanisé devenu le 8e corps mécanisé de la Garde
    • 1re brigade blindée de la Garde
    • 1re brigade mécanisée devenue 19e brigade mécanisée de la Garde
    • 3e brigade mécanisée devenue 20e brigade mécanisée de la Garde
    • 10e brigade mécanisée devenue 21e brigade mécanisée de la Garde
  • 31e corps blindé
    • 100e brigade blindée
    • 237e brigade blindée
    • 242e brigade blindée
  • Autres formations
    • 8e division anti-chars devenue 4e division anti-chars de la garde
    • 49e brigade blindée devenue 64e brigade blindée de la garde
    • 9e brigade d'artillerie automotrice
    • 197e brigade d'artillerie légère

Guerre froide[modifier | modifier le code]

Médaille de vétéran de la 1re armée blindée de la Garde.

Groupement des forces armées soviétiques en Allemagne

Commandants :

Post guerre froide[modifier | modifier le code]

Commandants :

  • Leonti Pavlovitch Chevtsov, 1992-1994.
  • Viktor Mikhailovitch Rochtchine de 1994 jusqu'à sa dissolution.

Notes et références[modifier | modifier le code]

(ru) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en russe intitulé « 1-я гвардейская танковая армия » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) David Glantz et Jonathan M. House, When Titans Clashed : How the Red Army Stopped Hitler, Lawrence, University Press of Kansas, , 557 p. (ISBN 978-0-70062120-0).
  2. (en) David Glantz, Marc J. Rikmenspoel, Scott R. McMichael, Hugh Foster, Steven Myers, Uri Khonko, Natalya Khonko et Keith E. Bonn (dir.), Slaughterhouse : The Handbook of the Eastern Front, Bedford, The Aberjona Press, (ISBN 0-9717650-9-X), p. 332.
  3. Jean Lopez, « Armée de tanks soviétique : l'autre solution », dans Infographie de la Seconde Guerre mondiale, Paris, Perrin, (ISBN 978-2-262-06825-7), p. 56-59.
  4. Jean Lopez, Stalingrad : la bataille au bord du gouffre, Paris, Economica, coll. « campagnes & stratégies » (no 68), (réimpr. 2017) (ISBN 978-2-7178-5638-5), p. 157.
  5. (en) David M. Glantz et Jonathan M. House, To the gates of Stalingrad : Soviet-German Combat Operations, April-August 1942, Lawrence, Kansas University Press, coll. « Modern War Series », , 678 p. (ISBN 978-0-7006-1630-5), chapitre 6.
  6. Lopez 2008, p. 161-162.
  7. Glantz & House 2009, p. 283.
  8. (en) Walter Scott Dunn Jr. (préf. David Glantz), Hitler's Nemesis : The Red Army, 1930-45, Mechanicsburg, Stackpole Books, , 249 p. (ISBN 978-0-81173543-8), p. 95.
  9. (en) Claude Gillono et Leife Hulbert (ill. Dennis Oliver), Comrade Emcha : Red Army Shermans of WW2, Keiraville, The Oliver Publishing Group, coll. « Firefly collection », (ISBN 978-0-9806593-7-5), p. 23.
  10. Ne sont indiqués que les divisions et brigades pour une composition plus complète consulter l'article en russe.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (ru) Владимир Оттович Дайнес [Vladimir Daĭnes], Советские танковые армии в бою [« Les armées blindées soviétiques dans la bataille »], Moscou, Яуза/Эксмо,‎ , 797 p. (ISBN 978-5-699-41329-4).

Articles connexes[modifier | modifier le code]