1884 en Italie

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Chronologie de l’Italie

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Cette page concerne l'année 1884 du calendrier grégorien.


Événements[modifier | modifier le code]

  • 6 janvier : création de la Société Générale italienne d’Électricité système Edison à Milan.
  • 10 mars : fondation des grandes aciéries de Terni.
  • 30 mars : nouveau remaniement du gouvernement Depretis. Depretis se rapproche de la droite pour élargir sa base parlementaire. La politique financière de la gauche, beaucoup moins rigoureuse que celle de la droite, fait réapparaître le déficit dans le budget de l’État.
  • Juin : publication du rapport du sénateur Jacini, L’inchiesta agraria, commandé par le Parlement le 15 mars 1877[1]. L’Italie est économiquement en retard par rapport au reste de l’Europe. La société est essentiellement rurale (plus de 60 % de travailleurs de la terre). Le rapport dépeint une agriculture qui n’a que marginalement progressé par rapport au Moyen Âge, caractérisée par d’énormes inégalités selon les régions (dans la fertilité du sol, la structure de la propriété foncière, l’existence ou non d’un capitalisme agraire, les techniques, le montant des salaires, fermages et métayages). Le Nord, le plus avancé, connaît des difficultés liées aux variations cycliques et à la concurrence étrangère (blé). Les petits propriétaires des régions de collines du Nord, aux sols pauvres, mènent une existence misérable et doivent migrer pour compléter leurs revenus. Le métayage (mezzaria) est largement répandu dans le Centre. Il n’incite pas à l’investissement. Plus on avance vers le Sud, plus la situation se dégrade. Autour de Rome (agro romano), domine les latifundia appartenant à l’Église ou à des aristocrates. Les propriétés sont négligées et 10 % seulement de la terre est cultivée, louée par des fermiers qui l’exploitent avec une main-d’œuvre travaillant dans des conditions très dures. La côte adriatique, mal drainée, est infestée par la malaria. À l’intérieur, des latifundia en friche se succèdent sur une terre grillée par le soleil et ravagée par la déforestation. Le métayage est pratiqué dans les Abruzzes, en Molise, en Campanie et en Sicile avec quelques petits propriétaires vivant en autarcie. Les seules régions avancées sont sur le bord de la mer Tyrrhénienne. Pauvreté, immobilisme, faiblesse des investissements des grands propriétaires, taille minuscule des exploitations, absence d’un réseau de transport moderne caractérisent l’agriculture italienne des années 1870-1880. Dans les villes, peuplées d’artisans et de commerçants, la situation est meilleure. Pour l’essentiel, l’industrie n’a pas dépassé le stade de la manufacture, du travail à domicile des paysans durant les mois d’hiver (textile) ou de journaliers de l’agriculture s’embauchant dans la mine ou sur les chantiers à la morte saison. Considérée comme une simple ressource d’appoint, elle emploie 80 % de femmes. L’absence de fer, de charbon, la rareté des capitaux et le manque d’infrastructure expliquent ce retard. Seul l’action des gouvernants et les investissements étrangers (britanniques en Sicile et en Vénétie, français au Piémont et à Naples, allemands ou suisses en Lombardie, belges à Rome) permettent le développement des chemins de fer, des tramways, des installations de gaz, l’extension de l’industrie navale ou textile.


  • Graves épidémies de choléra à Naples qui révèlent le sous-développement des régions méridionales en Italie.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Gabriele De Rosa, Tempo religioso e tempo storico : saggi e note di storia sociale e religiosa dal medioevo all'età contemporanea, Ed. di Storia e Letteratura, (présentation en ligne)