17e Panzer grenadier division SS Götz von Berlichingen

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17e SS Panzergrenadier Division Götz von Berlichingen
Image illustrative de l'article 17e Panzer grenadier division SS Götz von Berlichingen

Période 1943Mai 1945
Pays Flag of German Reich (1935–1945).svg Allemagne
Branche Schutzstaffel SS.svg Waffen-SS
Guerres Seconde Guerre mondiale
Batailles Bataille de Normandie
Opération Nordwind
Bataille de Metz
Commandant 1943 : Werner Ostendorff
1944:Otto Baum

La 17e SS-Panzergrenadier division Götz von Berlichingen était l’une des 38 divisions de Waffen-SS durant la Seconde Guerre mondiale.

Création et différentes dénominations[1][modifier | modifier le code]

  • Novembre 1943 : création, en France, de la 17e SS-Panzergrenadier Division Götz von Berlichingen à partir d'éléments nouvellement créés.
  • Septembre 1944 : après les durs combats de Normandie, la division est reconstituée en intégrant les SS Panzergrenadier Brigade 49 et SS Panzergrenadier Brigade 51

Théâtres d'opérations[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

Le 3 octobre 1943, Adolf Hitler signe à son grand quartier général l'ordre de constituer une nouvelle division de Waffen SS, une Panzer-Grenadier-Division. Elle reçoit le numéro 17, porte le patronyme d'un reître du XVIe siècle, Götz von Berlichingen, et a pour marraine la ville de Stuttgart.

La division est formée dans le centre de la France, au sud de la Loire, le poste de commandement s'établissant à Thouars. Le commandement provisoire est assuré par l' Obersturmbannführer Otto Binge avant d'être remis à l' Oberführer Werner Ostendorff. La force principale de la division est composée des deux régiments d'infanterie 37 et 38 avec l'Obersturmbannführer Fick à la tête du premier et le Sturmbannführer Horstmann pour le second. Le régiment d'artillerie se trouve sous les ordres de Binge et le Hauptsturmführer Holzapfel commande le groupe de reconnaissance de la division.

Le 10 avril 1944, la division est officiellement opérationnelle bien que souffrant d'une pénurie de cadres et de matériel. Le Reichsführer SS Heinrich Himmler, accompagné de Sepp Dietrich, fait un discours aux hommes de la division afin de les exhorter à la tâche qui leur revient. Les soldats reçoivent ensuite leur brassard avec comme inscription le patronyme de l'unité.

Bataille de Normandie[modifier | modifier le code]

Le 6 juin 1944, l'unité reçoit l'ordre de se rendre en Normandie afin de contrer le débarquement allié. La forte activité de l'aviation alliée ralentissant fortement la progression de la division, celle-ci n'atteint ses positions que le 9 juin.

Les SS sont alors engagés sur le secteur de Carentan aux côtés des Fallschirmjäger (chasseurs-parachutistes) du colonel Baron von Der Heydte sans réussir à repousser les Américains à la mer, et doivent abandonner la ville le 13 juin, après d'âpres combats.

Le 15 juin, le commandant de la division Ostendorff est grièvement blessé lors d'une inspection de la ligne de front pendant un échange de tir. Binge reprend le commandement avant d'être remplacé par le Standartenführer Otto Baum, un ancien de la 3e Panzerdivision SS Totenkopf. Les combats se déroulent dans le bocage normand où les SS tentent sans succès de contrer l'avancée des alliés. La bataille de Saint-Lô, meurtrière pour les deux camps, voit la destruction d'une grande partie du matériel blindé de la division. Une compagnie école est créée pour pallier le manque de sous-officiers ; elle doit servir de force rapide d'intervention en étant équipée des restes des véhicules blindés de la division sous le commandement de l'Obersturmführer Bruno Hinz, vétéran du front de l'Est où il a combattu avec la 5e Panzerdivision SS Wiking et qui dirigeait jusqu'alors le IIIe bataillon du 38e régiment de la Götz von Berlichingen.

Malgré de lourdes pertes, la division est regroupée pour l'opération Lüttich à Mortain afin de couper les approvisionnements de Patton qui part s'emparer de la Bretagne. L'opération tourne au fiasco et les divisions engagées se trouvent encerclées dans la poche de Falaise. Bon nombre de soldats SS réussiront à échapper à l'encerclement mais sont contraints d'abandonner l'essentiel de leur équipement lourd.

Massacre de Maillé[modifier | modifier le code]

Une unité de la 17e Panzer Grenadier Division SS est aujourd'hui fortement soupçonnée par la justice allemande d'être (avec des éléments de la Wehrmacht) à l'origine du massacre de 124 habitants du village de Maillé, dans l'Indre-et-Loire, le 25 août 1944. L'historien Peter Lieb estime qu'il est très probable que les responsables soient des hommes du Feld-Erstatz-Bataillon (bataillon de réserve) de la 17e Panzer Grenadier Division SS Götz von Berlichingen, cantonnée à Châtellerault.

Retraite vers l'Alsace-Lorraine[modifier | modifier le code]

Contrainte à la défensive, la division Götz von Berlichingen se replie vers l'Est en menant des combats de retardement, effectués notamment par la compagnie de Bruno Hinz. Au cours de ce repli, elle participe activement à la Bataille de Metz en septembre 1944.

Le 7 septembre 1944, le Generaloberst Kurt von Einen, chef d’état-major du 13e SS-Armeekorps, reçoit l’ordre de tenir à tout prix les positions entre Thionville et Arry au sud de Metz, dans la vallée de la Moselle. Bien que la ligne de front fasse plus de 60 km, les combats se concentrent surtout au sud de Metz, entre la Moselle et son affluent la Seille. Alors que la plupart des panzers de la Götz von Berlichingen se replient vers la Sarre et le Palatinat, le 37e SS Panzer Grenadier Regiment de la division est engagé dans la bataille de Metz le 8 septembre 1944, à la demande pressante du Generalleutnant Krause, Commandant de la place forte de Metz. Entrant immédiatement dans le feu de l'action au sud de Metz, dans le secteur de Corny, le 37e SS PanzerGrenadier Regiment doit neutraliser une tête de pont établie par la Ve division d’infanterie de la IIIe armée du général Patton sur la rive est de la Moselle. Les combats sont sans pitié et les troupes, tant américaines qu’allemandes, ne font pas de prisonniers[2]. Des éléments du 37e Panzer Grenadier Regiment prennent position dans le groupe fortifié Verdun (Feste Haeseler), rive est, face à Dornot, alors que le gros des troupes est engagé aux côtés des 8e Panzer-Grenadier-Regiment et 103e Panzer-Abteilung de la 3e Panzergrenadier Division, et du 115e Panzer-Grenadier-Regiment de la 15e Panzerdivision, soutenu par le bataillon Vogt de la 462e Infanterie-Division. Les combats se poursuivent ensuite à la hauteur d'Arnaville, avec la même violence, jusqu'au 23 septembre 1944. Pour distinguer les combattants allemands ayant participé à la bataille de Metz entre le 27 août et le 25 septembre 1944, Hitler créa l’insigne de bras « Metz 1944 » le 24 octobre 1944.

Offensive Nordwind[modifier | modifier le code]

En décembre 1944, l'opération Wacht am Rhein s'enlisant dans les Ardennes, Hitler décide de lancer une nouvelle offensive en Alsace, l'opération Nordwind.
L'offensive débuta le 31 décembre 1944, vers 23h30, sans préparation d'artillerie pour ménager l'effet de surprise, dans la nuit du nouvel an 1945[3].
Vêtus d'uniformes de camouflage blancs, 5 compagnies de la 17e Panzer grenadier division SS Götz von Berlichingen se lancent à l'assaut des bataillons de première ligne du 71e régiment d'infanterie américain installés dans les bois, dans le secteur de Rimling. Les soldats américains reçoivent, avec surprise, le choc qui s'effectue par vagues successives. Après avoir reçu des renforts et secondé par les tirs d'artillerie et de mortier, ils accentuent rapidement leur résistance. Les assaillants sont décimés mais les combats font rage et les allemands finissent par prendre de flanc une compagnie américaine, obligeant le reste des forces de première ligne à battre en retraite. Toutefois le 1er janvier 1945 à partir de 2h30 du matin, l'offensive allemande ne progressa plus que très lentement.
Après l'échec de cette offensive, elle se replie derrière la Ligne Siegfried et lutte pour la défense de la Sarre.

Dernier combat en Allemagne[modifier | modifier le code]

En avril 1945, ayant battu en retraite, la division est affectée à la défense de la ville de Nuremberg, symbole d'importance pour le parti nazi. Après de rudes combats, les hommes de la Götz von Berlichingen se rendent le 8 mai 1945 aux forces américaines, la division n'existant pratiquement plus que sur le papier.

Liste des commandants successifs[modifier | modifier le code]

Début Fin Grade Nom
Octobre 1943 Janvier 1944 Obersturmbannführer Otto Binge
Janvier 1944 15 juin 1944 Oberführer Werner Ostendorff
16 juin 1944 18 juin 1944 Obersturmbannführer Otto Binge
18 juin 1944 1er août 1944 Standartenführer Otto Baum
1er août 1944 29 août 1944 Standartenführer Otto Binge
30 août 1944 Septembre 1944 Oberführer Dr. Eduard Deisenhofer
Septembre 1944 Septembre 1944 Standartenführer Thomas Müller
Septembre 1944 Octobre 1944 Standartenführer Gustav Mertsch
21 octobre 1944 15 novembre 1944 Gruppenführer Werner Ostendorff
15 novembre 1944 9 janvier 1945 Standartenführer Hans Lingner
9 janvier 1945 21 janvier 1945 Oberst Gerhard Lindner
21 janvier 1945 22 mars 1945 Standartenführer Fritz Klingenberg
22 mars 1945 24 mars 1945 Obersturmbannführer Vinzenz Kaiser
24 mars 1945 27 mars 1945 Standartenführer Jakob Fick
27 mars 1945 8 mai 1945 Oberführer Georg Bochmann

Nota : L'Oberst Gerhard Lindner n'était pas membre de la Waffen-SS mais faisait partie de l'armée régulière, la Wehrmacht

Ordre de bataille[modifier | modifier le code]

En novembre 1943 :

  • SS-Panzergrenadier Regiment 37
  • SS-Panzergrenadier Regiment 38
  • SS-Panzer-Aufklärungs-Abteilung 17 (reconnaissance)
  • SS-Sturmgeschütz-Abteilung 17 (canons automoteurs)
  • SS-Panzerjäger Abteilung 17 (chasseur de chars)
  • SS-Pionier-Bataillon 17
  • SS-Artillerie Regiment 17
  • SS-Flak-Abteilung 17

Date ? :

  • SS-Panzergrenadier Regiment 37
  • SS-Panzergrenadier Regiment 38
  • SS-Artillerie Regiment 17
  • SS-Panzerjäger Abteilung 17 (chasseur de chars)
  • SS-Panzer-Abteilung 17
  • SS-Sturmgeschütz-Abteilung 17 (canons automoteurs)
  • SS-Flak-Abteilung 17
  • SS-Nachrichten-Abteilung 17
  • SS-Panzer-Aufklärungs-Abteilung 17 (reconnaissance)
  • SS-Pionier-Bataillon 17
  • SS-Divisions-Nachschubtruppen 17
  • SS-Panzer-Instandsetzungs-Abteilung 17
  • SS-Wirtschafts-Bataillon 17
  • SS-Sanitäts-Abteilung 17
  • SS-Feldpostamt 17
  • SS-Kriegsberichter-Zug 17
  • SS-Feldgendarmerie-Kompanie 17
  • SS-Feldersatz-Bataillon 17

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Götz von Berlichingen tome 1 - HEIMDAL - Jean-Claude Perrigault et Rolf Meister - (ISBN 978-2-84048-186-7)
  • Götz von Berlichingen tome 2 - HEIMDAL - Jean-Claude Perrigault et Rolf Meister - (ISBN 978-2-84048-199-7)
  • Sarthe, aout 1944 - Histoire d'une Liberation - Auto-edition - Fabrice Avoie - 452 pages A4 850 photos - (ISBN 978-2-95133-691-9)

Récits historiques romancés[modifier | modifier le code]

Les ouvrages de Mabire font l'objet de controverses, certains estimant qu'ils nourrissent et propagent le mythe d'une troupe d'élite, d'autres qu'ils la juge d'un point de vue strictement militaire.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f et g Historica : 1944 Les Panzers T2
  2. René Caboz, La Bataille de Metz. 25 août - 15 septembre 1944, Sarreguemines, 1984 (p. 222 et suiv.)
  3. La poche de Colmar