167 av. J.-C.

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Cette page concerne l'année 167 av. J.-C. du calendrier julien proleptique.

Événements[modifier | modifier le code]

Le triomphe de Paul Émile, vu par Carle Vernet, 1789.
Monnaie de la Macédoine pendant la période républicaine -167-149 av, J,-C,)
  • Printemps : Paul Émile et Gnaeus Octavius réunissent la conférence d’Amphipolis entre les délégués macédoniens et les envoyés de Rome[4]. La commission du Sénat morcelle chaque pays en districts indépendants placés sous la protection de Rome, qui reçoit la moitié des taxes perçues par les rois déposés. Le royaume de Macédoine est divisé en quatre républiques indépendantes, l'Illyrie en trois républiques[2]. Le Koinon des Macédoniens est supprimé. La Macédoine doit verser un tribut à Rome, ses mines d'or et d'argents sont affermées et les propriétés du roi confisquées au profit du peuple romain. Les Romains ramènent l'ordre en Grèce par tous les moyens : exil, résidence forcée en Italie, exécutions sommaires. Cinq-cent Étoliens sont condamnés à mort. Mille membres de la ligue achéenne déportés à Rome. Seule Athènes est épargnée. Paul Émile détruit soixante-dix cités Epirotes et vend 150 000 habitants comme esclaves[5]. Le pays, ruiné, sera incorporé à la province de Macédoine en 148 av. J.-C..
    • La taxation directe des citoyens romains (tributum) au titre des dépenses militaires est abolie, compensée par le tribut de 100 talents imposé à la Macédoine[6].
    • Les chevaliers romains demandent au Sénat romain le fermage des mines de Macédoine, qui constitue un revenu très important. Celui-ci refuse, prétextant que cette régie ne pouvait s’exercer sans le ministère des publicains, et que d’avoir recours à eux était compromettre les droits de l’État ou sacrifier la liberté des alliés.
  • Avril (date probable) : Antiochos IV envoie le mysarque Apollonius avec 22 000 hommes pour achever la répression en Judée ; il semble qu’il arrive à Jérusalem au début de l’été[7]. Celui-ci profite d’une prise d’arme le jour du Sabbat pour massacrer les spectateurs. Jérusalem est pillée. Ceux qui ne réussissent pas à fuir sont faits prisonniers. L’enceinte de la ville est démantelée, tandis qu’on bâtit une citadelle, l'Acra, pour la garnison Séleucide[8]. L’Athénien Géronte, délégué royal, impose l’hellénisation du culte et des mœurs à Jérusalem comme en Samarie. Le temple de Jérusalem est dédié à Zeus Olympien et celui du mont Garizim à Zeus hospitalier[9].
Macchabées, toile de Wojciech Stattler, 1844. Le roi séleucide, Antiochos IV de Syrie interdit la religion juive et remplace dans le Temple sacré, l’autel de Yahvé par un autel consacré à Zeus. Le soulèvement juif s'organise sous la direction du prêtre Mattathias et de ses fils qui fondent la dynastie des Hasmonéens.
  • 18 décembre (15 kislev du calendrier hébraïque ): inauguration d’un autel païen dans le Temple de Jérusalem (« l’abomination de la désolation ») en célébrant des sacrifices païens (porcs), et les fêtes dionysiaques[10].
    • La mort est décrétée contre quiconque observerait les coutumes israélites (sabbat, circoncision, tabous alimentaires). Les livres de la Loi sont déchirés et brûlés. Cette hellénisation systématique est en partie acceptée par les Samaritains, en Galilée et en Galaad. En Judée, certains notables et dignitaires, élevés à la grecque, se soumettent. D’autres préfèrent l’exil (le prêtre Onias IV en Égypte). Le peuple accepte par force, pour survivre. D’autres se retirent à la campagne ou se cachent dans des grottes pour observer la Loi. Certains Juifs sont arrêtés et exécutés. D’autres enfin se révoltent et prennent le maquis.
  • Hiver 167-166 av. J.-C. : début de la révolte des Maccabées contre la domination politique des Séleucides et le modèle culturel hellénistique (167/142 av. J.-C.). Avec ses cinq fils, Mattathias l’Hasmonéen, prêtre de la descendance de Yehoyariv, refuse de sacrifier devant les envoyés du roi à Modîn. Il égorge un Juif qui allait célébrer un sacrifice païen et tue l’envoyé du roi, donne le signal de la révolte et prend le maquis[11]. Il rassemble autour de lui 6 000 hommes fidèles à la Loi. Ses partisans renversent les autels païens, circoncisent de force les enfants et brûlent les villages passés à l’hellénisme.


  • L’historien grec Polybe arrive à Rome comme prisonnier après Pydna. Il revient dans sa patrie en 153 av. J.-C.[12].

Décès[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c François Clément, Viton de Saint-Allais, L'Art de vérifier les dates, Paris, Moreau, (présentation en ligne)
  2. a, b, c et d John Drinkwater, Timothy Venning, Chronology of the Roman Empire, Continuum International Publishing Group, (ISBN 9781441154781, présentation en ligne)
  3. Monique Vial, Lexique de la Grèce ancienne, Armand Colin, (ISBN 9782200256739, présentation en ligne)
  4. Pierre Charneux, Bulletin de correspondance hellénique : Rome et la confédération achéene (automne 170), vol. 981, (présentation en ligne)
  5. Jean-Pierre Martin, Alain Chauvot, Mireille Cébeillac-Gervasoni, Histoire romaine, Armand Colin, (ISBN 9782200258382, présentation en ligne)
  6. Jean Rouvier, Du pouvoir dans la République romaine : réalité et légitimité, Nouvelles Éditions Latines (ISBN 9782723313407, présentation en ligne)
  7. Dov Gera, Judaea and Mediterranean Politics : 219 to 161 B.C.E., BRILL, (ISBN 9789004094413, présentation en ligne)
  8. Geoffrey W. Bromiley, International Standard Bible Encyclopedia (Set of 4 volumes), vol. 1, Wm. B. Eerdmans Publishing (ISBN 9780802837851, présentation en ligne)
  9. French Jerusalem Bible, Castrovilli Giuseppe (présentation en ligne)
  10. Raphaëlle Ziadé, Les martyrs Maccabées : de l'histoire juive au culte chrétien : les homélies de Grégoire de Nazianze et de Jean Chrysostome, BRILL, (ISBN 9789004153844, présentation en ligne)
  11. Michael Brenner, A Short History of the Jews, Princeton University Press, (ISBN 9780691143514, présentation en ligne)
  12. Jean-Claude Polet, Patrimoine littéraire européen : Héritages grec et latin, vol. 2, De Boeck Supérieur, (ISBN 9782804115265, présentation en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]