XXIIIe siècle av. J.-C.

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Voir aussi : Liste des siècles, Chiffres romains


Événements[modifier | modifier le code]

Europe[modifier | modifier le code]

La « maison des tuiles » à Lerne.
  • 2300-1800 av. J.-C. : Culture de Fontbouisse[1]. Enceintes de pierres sèches en Provence et en Languedoc. Les villages chalcolithiques de Fontbouisse comprennent 10 à 15 maisons en dalles de calcaire, de forme allongée avec des absides ovalaires de 10 à 22 m. La couverture était composée d’une charpente de bois recouverte de lauzes, complétée par des chaumes ou roseaux. Certains villages étaient fortifiés par des enceintes trapézoïdales renforcées de tours circulaires.
  • 2300-2000 av. J.-C. : Troisième période de la civilisation des Cyclades en mer Égée. Cycladique Ancien III (CA III) (2300 - 2000) dit aussi Culture Phylakopi.
  • 2300-2050 av. J.-C. : Bronze Ancien III en Grèce.
    • La céramique BA II d’Argolide et la céramique Lefkandi I, d’influence anatolienne, fusionnent pour donner la céramique BA III dans le Péloponnèse et en Grèce centrale.
  • 2300-2200 av. J.-C. : Invasion et migration de peuples anatoliens en Grèce. Destructions quasi systématiques en Argolide, dans les Cyclades et en Crète. Destruction de la maison des Tuiles de Lerne (Argolide) et de Myrtos (Crète).
  • 2300-2100 av. J.-C. : Mise en valeur agricole de la plaine de la Messara en Crète.
  • 2309-2223 av. J.-C. : Aménagement de puits de captage au site des Fontaines salées France[2].
  • Des camps à fossés, doublés parfois d’une muraille sont découverts dans le centre ouest de la France (Vendée, Charente, région d’Angoulême).
  • Une culture néolithique, très élaborée et d’une grande beauté artistique, se répand au sud de la Scandinavie.

Proche-Orient[modifier | modifier le code]

Liste des victoires de Rimush, roi d'Akkad, sur Abalgamash, roi de Marhashi et sur les cités élamites . Tablette d'argile, 2270 av. J.-C.
  • Vers 2300 av. J.-C. : Sargon d'Akkad prend Mari (Tell Harin) et Ebla, qui est détruite. Certains chercheurs estiment que Sargon a mené son expédition contre la Syrie avec 5400 hommes ; cela semble peu et on peut se demander comment il aurait pu préserver le pouvoir en pays conquis après sa victoire sans affaiblir dangereusement son armée.
  • 2279 av. J.-C.[3] : Mort de Sargon d'Akkad. Son fils Rimush (Urumush) lui succède sur le trône d'Akkad jusqu’en 2270 av. J.-C.[4].
    • Révolte des ensí de Lagash, d’Umma, Adab, Zabalam et Kazallu, avec à leur tête Kaku, lugal d’Ur. Les Élamites en profitent pour secouer le joug akkadien[4].
    • Rimush part en campagne contre Abalgamash, le roi de Warahshe, qu’il vainc.
    • Rimush aurait fait 5700 prisonniers parmi les coalisés de la révolte sumérienne, tué 17 000 élamites et emmené 4000 en captivité.
  • 2269-2255 av. J.-C.[3] : Règne de Manishtusu, roi d’Akkad[4].
    • Manishtusu, second fils de Sargon, intervient contre le royaume d’Anshan (Iran). Il lance une expédition maritime contre l’Oman.
    • Élargissement de la propriété privée. L’obélisque de Manishtusu montre le roi d’Akkad racheter des terres, sans doute pour les donner à ses serviteurs, ce qui a fait penser que les souverains agadéens ont pratiqué une politique de sécularisation des terres.
  • 2254-2218 av. J.-C.[3] : Règne de Naram-Sin, roi d’Akkad[4].
  • Vers 2250 av. J.-C. :
  • 2230-2200 av. J.-C. : Règne de Lugal-ushumgal, roi de Lagash[4].
  • 2217-2193 av. J.-C. : Règne de Shar-kali-sharri, roi d’Akkad[4].
    • L’empire d'Akkad est menacé par Annubanini, roi des Lullubi et les Gutis.
    • Le gouverneur de Suse, Puzur-Inshushinak, se proclame indépendant et agrandit son domaine. Il fait une incursion en Akkad et s'arroge le titre de « roi des quatre nations ».
    • Les Amorrites font leur apparition près de Mari et luttent contre Akkad. Shar-kali-sharri les contient dans le Djebel Bishri.
  • Vers 2300-2200 av. J.-C. : Invasion des Amorrites, nomades originaires d’Anatolie et d’Arménie, en Syrie et en Phénicie. Effondrement des cités levantines (Ebla, Megiddo, Yarmouth, , Beth-Yerah) et arrêt de la vie urbaine.

Égypte[modifier | modifier le code]

Statue de bronze de Pépi Ier ou de son fils Mérenrê Ier, trouvée à Hiérakonpolis - Musée égyptien du caire.
Statuette en albâtre représentant Ânkhésenpépi II et son fils Pépi II - musée de Brooklyn, New York.
  • 2291 av. J.-C.[5]Téti, deuxième pharaon de la VIe dynastie est assassiné. Son fils, Pépi Ier (Meryrê) lui succède comme troisième pharaon de la VIe dynastie après l'épisode d'Ouserkarê, qui aurait été soit le régent pendant la minorité de Pépi, soit un usurpateur.
    • Pépi épouse successivement les deux filles du nomarque d’Abydos, Khoui. Souverain énergique et entreprenant, il règne plus d’un demi siècle. Certains textes font état d’une conspiration contre lui dans laquelle était impliquée l’une des femmes du roi.
    • Pour défendre les mines de cuivre et de turquoise du Sinaï contre les nomades, l’armée du général égyptien Ouni entre à six reprises en Palestine et ravage le pays.
    • Occupation égyptienne de l’oasis de Dakhleh.
  • Vers 2270 av. J.-C. : Mérenrê Ier règne cinq ou six ans.
  • 2265 à 2195 av. J.-C. (dates présumées) : Règne de Pépi II, demi-frère de Mérenrê, fils d’Ânkhnesmérirê II, seconde fille de Khoui. Il monte sur le trône à l’âge de six ans et règne 94 ans. Ce règne interminable (le plus long connu de l’Histoire) contribuera sans doute à la dislocation de l’Ancien empire en figeant les institutions (hérédité des fonctions, pouvoir accru des hauts fonctionnaires locaux (nomarque) au détriment de la monarchie).
    • Sous Pépi II, les tombes des hauts fonctionnaires de l’administration centrale, entourant le complexe funéraire royal à Saqqarah, sont relativement modestes, d’importance moindre ou égale à celles des nomarques de province, signe confirmé par de nombreux autres indices de la montée des autonomies des administrations provinciales et de l’apparition de forces centrifuges. Des centres provinciaux importants se développent en Moyenne et Haute-Égypte (nécropole de Meir, Deir el-Gabraoui, Abydos, Coptos, Dendérah, Edfou, Assouan). L’institution royale cherche à réagir en créant une charge de « gouverneur du Sud ».
  • Expéditions égyptiennes vers la Nubie et le pays de Pount (Éthiopie) sous Pépi II.
    • Le prince Hirkhouf, gouverneur du Sud, organise quatre expéditions en Afrique sur l’ordre des rois Mérenrê Ier et Pépi II. Il avance au-delà de la Nubie, en direction du Darfour (pays de Iam), suivant des pistes inconnues et rapporte de nombreuses richesses (dont un Pygmée).
    • Sous Pépi II, le prince d’Assouan Mekhou, par contre, est tué lors d’une expédition au-delà de la 2e cataracte. Son fils Sebni ira chercher le corps de son père.
    • Toujours sous Pépi II, le noble d’Éléphantine Pépinakht mène deux expéditions en Nubie pour pacifier le pays.
    • L’expédition du commandant Ânankhet est décimée par les nomades du désert (Âamou) alors qu’elle construisait un navire pour se rendre au pays de Pount.
    • Pépinakht conduira une expédition punitive contre les Âamou. C’est certainement à ce moment-là que l’on créera une voie fluviale entre la Méditerranée et la mer Rouge, par les bras du Nil et des canaux. Certains bateaux partirent même de Byblos, ce qui évitait le transport du bois jusqu’à Memphis.

Inventions, découvertes, introductions[modifier | modifier le code]

  • L’installation croissante des Amorrites au Proche-Orient favorise l’introduction du cheval.
  • Apparition de la poterie en Amérique centrale.
  • La langue akkadienne commence à supplanter le sumérien en Mésopotamie.

Art et culture[modifier | modifier le code]

Impression du sceau-cylindre d'Ibni-sharrum (no 24), héros acolytes d’Ea abreuvant des buffles.
  • L’arrivée au pouvoir de la dynastie d’Agadé marque une rupture nette dans la production artistique en Mésopotamie (sculpture, bas-reliefs, glyptique) : les artistes de la cour d’Akkad élaborent un style suivi par les autres villes de l’empire.
  • Tête de bronze de Ninive, attribuée à Sargon.
  • Sceau-cylindre du scribe de Shar-kali-sharri, dont la qualité de la gravure et de la mise en page atteint une perfection qui ne sera jamais dépassée.
  • Pépi Ier fait construire des temples à Bubastis, Abydos, Denderah et Koptos.
  • Statues de cuivre (Pépi Ier) ou d’or (faucon d’Horus).
  • Temple égyptien à Byblos sous Pépi II, attestant l’existence d’une importante colonie égyptienne.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jan G. P. Best, Nanny M. W. de Vries, Interaction and Acculturation in the Mediterranean : Proceedings of the Second International Congress of Mediterranean Pre- and Protohistory, Amsterdam, 19-23 November 1980, vol. 3, John Benjamins Publishing, (ISBN 9789060321959, présentation en ligne)
  2. Captages en bois à la fin du Néolithique:les Fontaines Salées à Saint-Père-sous-Vézelay(Yonne, France) file:///C:/Users/Xavier/Downloads/Bernard-Petrequin-Weller_2008_low_res-libre.pdf
  3. a, b et c Selon la chronologie moyenne qui place le règne d'Hammurabi entre 1792 et 1750
  4. a, b, c, d, e et f Georges Roux, La Mésopotamie, Seuil, (ISBN 9782020086325, présentation en ligne)
  5. Selon Allen