'Alî Sharî'atî

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Ali Chariati

'Alî Sharî'atî, ou Ali Shariati (en persan : علی شريعتی) est un sociologue, philosophe et militant politique iranien. Il est né près de Sabzevar le 23 novembre 1933 et est assassiné (on ne sait pas vraiment quelle est la cause de son décès) à Southampton le 19 juin 1977 pour son rôle prééminent dans l'éveil des consciences qui a précédé la Révolution islamique de 1979. Ses discours enflammés à l'Hosseinye Ershad, mosquée située au nord de Téhéran, attirèrent des foules immenses, notamment parmi les jeunes. Même s'il est connu pour ses études sociologiques sur les religions, en particulier sur l'islam et le chiisme, c'était surtout un grand orateur qui présentait une nouvelle lecture modernisée de l'islam et du chiisme

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est en 1933 né à Mazînân (Khurâsân, nord-est de l'Iran), fils du prédicateur Muhammad Takî Sharî'atî. Il reçoit sa formation secondaire à Mashhad, et se qualifie comme enseignant en 1951. Ses premières publications et traductions, ainsi que son entrée en politique, datent de cette époque. En 1956, il entre comme étudiant à la Faculté des Lettres de Mashhad. Licencié en 1959, il est récompensé par une bourse d’études. L’année suivante, il vient à Paris où il étudie l’histoire religieuse et la sociologie et parallèlement collabore avec le FLN.

  • 1948 : Devient membre du Centre de la Propagation des Vérités islamiques fondé par son père Mohammad-Taghi, le grand exégète du Coran, un clerc éclairé devenu enseignant laïc.
  • 1952 : Fin du 1er cycle des études secondaires, devient enseignant aux lycées, et fonde l’association islamique des élèves, arrêté suite à une manifestation anti-gouvernementale.
  • 1953 : Membre du Mouvement de la Résistance Nationale.
  • 1954 : Baccalauréat en lettres, traduit de l’arabe un livre de Kashif al-qetâ’: les archétypes moraux en islam.
  • 1955 : Faculté de Lettres de Mashhad, traduction de « Abû-Zar al-Qaffârî, Un socialiste théiste », d’un auteur égyptien Jodat al-Sahhâr, rédaction d’un traité sur l’« Histoire de l’évolution de la philosophie ».
  • 1957 : arrêté avec 16 autres membres du M.R.N à Machhad.
  • 1959 : Obtention d’une bourse d'études en France, élu comme meilleur étudiant de Licence en lettres (1958), début de collaboration à Paris avec le FLN.
  • 1960 : Connaissance de Fanon et traduction d’une anthologie de son œuvre.
  • 1961 : Activités politiques au sein de l’opposition national-démocratique et la confédération des étudiants iraniens, publication d’un journal « Iran Libre» du Front National et son organe théorique « La Pensée du Front » où il présente Fanon pour la première fois dans la littérature révolutionnaire persane; arrestation à Paris suite à la manifestation des étudiants devant l’ambassade de Belgique lors du martyre de Patrice Lumumba, le 17 janvier, dialogue avec Guioze (intellectuel togolais) à la prison de la Cité.
  • 1962 : Etude et recherche en sociologie et histoire des religions, suit les cours de Louis Massignon, Jacques Berque et Georges Gurvitch, fait la connaissance de Jean-Paul Sartre et du milieu intellectuel français, publication en Iran de l’« Occidentalité » de Jalal Al-Ahmad.
  • 1965-1972 : Professeur d’histoire à l’Université de Machhad, après une période d’enseignement dans les écoles, publication de ses cahiers intimes « Désert » et de son «Islamologie », une série de discours et de conférence à travers le pays et les Universités et surtout à Téhéran dans le centre culturel et religieux de Hosseiniyeh Ershâd, fermé par l’ancien régime (à la demande du clergé conservateur), interdiction de publication et de toute intervention publique.
  • 1963 : Obtention d’un Doctorat ès Lettres à la Sorbonne sous la direction de Gilbert Lazard.
  • 1964 : Retour en Iran, arrêté à la frontière et incarcéré à Téhéran.
  • 1973-1975 : Détention pendant 18 mois par la SAVAK, police politique du Shah, dans les cellules d’isolement, libération après les accords d’Alger et assignation à résidence.
  • 1977 : le 17 mai 1977, après avoir réussi à quitter l’Iran sous son second nom de famille, son épouse, prise en otage, se voit interdite de sortie à l’aéroport. Le 19 juin Shariati meurt dans des circonstances obscures[1] (officiellement d'une attaque cardiaque[2], il s'agirait d'un assassinat par la Savak selon de nombreux observateurs[3],[4]) à Southampton en Angleterre.

Généralement considéré comme l'idéologue de la révolution iranienne, il n'en fut pas moins critiqué par les mollahs qui l'accusent de laïcisme et d' occidentalisme.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ali Shariati, "Histoire de destinée", Sindbad, 1982, p. 11.
  2. An Islamic Utopian: A Political Biography of Ali Shariati par Ali Rahnemaré
  3. "La théologie de la libération de Ali Shariati" Par Mohamed Tahar Bensaada | le 6. août 2008 http://oumma.com/La-theologie-de-la-liberation-de,2105
  4. Saints et héros du moyen-orient contemporain: actes du colloque des 11 et 12 décembre 2000, à l'Institut universitaire de France par Catherine Mayeur-Jaouen

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Publications d'Ali Shariati en langue française[modifier | modifier le code]

  • Histoire et destinée, Sindbad, 1982
  • L’Omma & l’Immat, La communauté islamique et la direction spirituelle et temporelle, Al-Bouraq, 2007
  • Muhammed, de l’hégire à la mort, Al-Bouraq, 2007
  • Fatima est Fatima, L’idéal universel féminin, Al-Bouraq, 2009

Liens externes[modifier | modifier le code]