Église Saint-Pierre des Chartreux de Toulouse

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Église Saint-Pierre des Chartreux
Portail de l'église rue Valade
Portail de l'église rue Valade
Présentation
Culte Catholique romain
Type Église
Rattachement Archevêché de Toulouse
Début de la construction 1602
Fin des travaux XVIIIe siècle
Style dominant Baroque
Protection Logo monument historique Classé MH (1956)
 Inscrit MH (1964)[1]
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Département Haute-Garonne
Ville Toulouse
Coordonnées 43° 36′ 16″ nord, 1° 26′ 12″ est

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Église Saint-Pierre des Chartreux

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Église Saint-Pierre des Chartreux

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Église Saint-Pierre des Chartreux

L’église Saint-Pierre des Chartreux est une église toulousaine située rue Valade, près de la place Saint-Pierre. Elle doit son nom à la communauté monastique des Chartreux qui l'édifia au début du XVIIe siècle.

Histoire[modifier | modifier le code]

La construction de l'église débute en 1602 : des frères Chartreux, chassés de Saïx (près de Castres) par les protestants, décident de construire un monastère à Toulouse. Après la chute du premier dôme en 1609, l'édifice est surélevé. L'église est consacrée par le cardinal François de Sourdis le 20 mai 1612.

Après la Révolution, les moines sont chassés et le couvent est transformé en arsenal. Il n'en subsiste plus aujourd'hui que l'église, l'ancienne pharmacie, des éléments de l'hôtellerie (dont un remarquable corridor extérieur en brique) et une partie du cloître.

En 2001, l'onde de choc causée par l'explosion de l'usine AZF, dans le sud de l'agglomération, ébranle les murs de l'église, ce qui oblige à la réalisation de travaux de renforcement. Quelques fissures superficielles dues à cet épisode sont encore visibles.

En septembre 2007, la paroisse Saint-Pierre est englobée dans l'ensemble paroissiale de Saint-Sernin, et l'église Saint-Pierre devient le siège de la paroisse étudiante de Toulouse (paroisse personnelle, non territoriale).

Dédication[modifier | modifier le code]

L'église fut tout d'abord dédiée à la Vierge et à Saint Paul de Thèbes, l'un des premiers ermites, figure importante pour les moines chartreux.

Après la révolution, l'église Saint-Pierre des Cuisines ayant été réquisitionnée comme arsenal, la paroisse y est transférée. Cette église prend donc le vocable de Saint Pierre en 1792.

Éléments d'architecture[modifier | modifier le code]

Le portail a été sculpté en 1613 par Antoine Bachelier, fils de Nicolas Bachelier. Il donne non pas directement sur l'église mais sur un grand hall (appelé "atrium"), autrefois espace tampon entre la rue et le couvent, aujourd'hui lieu accueillant des activités de la paroisse, des concerts, des conférences, des expositions, etc.

Le grand vaisseau central de l'église possède la particularité d'être divisé en deux parties, séparées par un maître-autel biface. On trouve d'un côté la nef dite "des fidèles", accessible à tous, et de l'autre côté le chœur, appelé improprement "nef des moines", autrefois réservé aux religieux. L'importance donnée à la nef des fidèles dans l'église d'une communauté retirée du monde serait un geste de remerciement des Chartreux aux Toulousains, qui ont soutenu les pères dans une dispute avec le corps de ville sur une question fiscale[2].

La nef des fidèles[modifier | modifier le code]

De chaque côté de la nef des fidèles se trouvent trois chapelles dédiées à gauche (en s'approchant de l'autel), aux âmes du Purgatoire, au Sacré-Coeur, à Notre-Dame du Rosaire, et à droite la chapelle baptismale, à Notre-Dame des Douleurs et enfin à saint Pierre. Leurs murs et plafonds sont peints, dans des motifs néo-renaissance, sans doute ajoutés après la Révolution.

Au dessus des chapelles s'ouvre une haute rangée de fenêtres, sans vitraux.

La chaire date du XVIIIe siècle et a été transportée depuis l'église Saint-Pierre des Cuisines à la Révolution. Son iconographie (la coque de bateau naviguant sur un globe, aujourd'hui disparu mais au contour toujours visible) est particulièrement évocatrice de saint Pierre.

On peut apprécier dans cette nef de nombreux tableaux, dont l'adoration des Bergers par Jean-Baptiste Despax ainsi que le portrait d'un cardinal-archevêque de Toulouse.

Le maître-autel[modifier | modifier le code]

Le maître autel, construit avec diverses espèces de marbres pyrénéens, a été construit d'après les dessins de François Cammas. Il est orné d'une sculpture représentant les anges couronnant le Saint Sacrement réalisé par François Lucas en 1785. Avant l'installation de cet ensemble, le maître-autel était orné d'un grand retable, visible aujourd'hui dans l'église Saint-Bruno de Roquettes (voir la section dédiée au retable dans l'article sur la commune).

Le chœur des moines[modifier | modifier le code]

Le chœur des Chartreux est composé de 62 stalles sculptées datant du XVIIe siècle, et est fermée par une grille de la même époque.

Au dessus des stalles se déroulent quatre séries de représentations artistiques. Le premier niveau est partagé entre des scènes en noir et blanc de la vie de saint Bruno, fondateur de l'ordre des Chartreux, attribuées à François Fayet, et des fresques représentant les grandes figures de l'érémitisme chrétien (saint Paul de Thèbes, saint Antoine du T, etc.). Au second niveaux alternent les fresques représentant des scènes de la vie du Christ et les bas-reliefs en stuc qui présentent des allégories des vertus cardinales et monacales, réalisés par Pierre Lucas (père du sculpteur des anges du maître-autel). L'ajout de l'orgue et de sa tribune au XVIIIe siècle s'est fait au détriment de certains de ces panneaux aujourd'hui recouverts.

Enfin, la chapelle de la Sainte-Croix, qui s'ouvre sous la tribune de l'orgue, présente un ensemble exceptionnel de sculptures sur bois réalisé par Arthus Legoust et son atelier au XVIIe siècle[3],[4].

Les orgues[modifier | modifier le code]

  • L'orgue de tribune, au magnifique buffet, possède 51 jeux et provient de l'ensemble conventuel des Jacobins d'où il a été transféré en 1792, alors qu'il avait été déposé pour être accordé. Œuvre des facteurs d'orgues Robert Delaunay puis de Jean-Esprit Isnard, il est classé au titre des monuments historiques[5],[6],[7].
  • Il existe également un petit orgue de chœur, bâti au XIXe siècle par un facteur toulousain.

Cloître[modifier | modifier le code]

L'ancien cloître forme désormais un espace vert au sein de l'Université Toulouse 1 Capitole.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Ancienne chartreuse », notice no PA00094503, base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 30 août 2010
  2. Jean Contrasty, La chartreuse de Toulouse, Toulouse, Andrau et Laporte,
  3. L'âge d'or de la sculpture, Somogy, Paris, 1997.
  4. Les collectionneurs Toulousains du XVIIIe siècle, Somogy, Paris, 2003
  5. Notice no PM31001458, base Palissy, ministère français de la Culture
  6. Notice no PM31000943, base Palissy, ministère français de la Culture
  7. Notice no PM31000932, base Palissy, ministère français de la Culture

Liens externes[modifier | modifier le code]

Site de la paroisse étudiante de Toulouse