Îlot des Capucins

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Îlot des Capucins
Image illustrative de l’article Îlot des Capucins
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localisation Goulet de Brest (océan Atlantique)
Coordonnées 48° 19′ 09″ N, 4° 34′ 59″ O
Géologie Île continentale
Administration
Région Région Bretagne
Département Finistère
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+01:00
Géolocalisation sur la carte : rade de Brest
(Voir situation sur carte : rade de Brest)
Îlot des Capucins
Îlot des Capucins
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Îlot des Capucins
Îlot des Capucins
Îles en France

L'îlot des Capucins, avancée rocheuse de la pointe des Capucins, est un îlot rocheux situé dans l'océan Atlantique au pied de la falaise de la commune de Roscanvel, dans la Presqu'île de Crozon en France. Son nom vient d'un rocher à proximité de l'îlot, qui a la forme d'un moine en prière.

Architecture[modifier | modifier le code]

Sa position est stratégique : il a longtemps défendu par ses batteries d'artillerie l'accès à l'entrée du goulet de Brest. Le fort contrôle, en outre, la totalité de la baie de Camaret. La vue est entièrement dégagée de la pointe du Grand Gouin (au sud-ouest), au fort de Bertheaume (au nord-ouest).

Le fort est construit en 1848. Dans cette partie la plus large de l'entrée du goulet de Brest, Vauban dans les années 1694-1696, prévoyait la construction de deux batteries croisant leurs feux à l'entrée du goulet : le fort du Minou au nord (à l'ouest de Brest) et celui des Capucins au sud (presqu'île de Roscanvel). Sur l'îlot des Capucins des batteries hautes, plates-formes et épaulements, auraient été construits vers 1694-1695, dont il ne reste rien. Il était prévu qu'elles soient complétées par une batterie basse et un bâtiment de casernement défendus par une enceinte. L’ingénieur Traverse dresse les plans le . Ils sont validés par Vauban mais le projet ne sera exécuté qu’en 1847-1849.

Le site a subi de nombreuses modifications afin de s’adapter aux nouveaux armements dans les années 1880-1890. Plusieurs batteries de mortiers remaniées postérieurement ont remplacé la batterie de gros calibre restée active jusque dans les années 1870. En 1888, une batterie de rupture sous roc tirant à fleur d'eau est installée (on y accède par un bel escalier descendant profondément sous le roc), un magasin à poudre terrassé et dans les années 1891-1893, est mis en place un système de projecteurs alimenté par une usine électrique. En 1917, les deux canons de rupture de 47 tonnes sont démontés.

Le casernement est en schiste et granite et s'intègre parfaitement au paysage[1].

L'îlot est relié à la terre par un pont daté de 1859[1]. Le pont a perdu ses rambardes de protection et son passage par vents de tempête peut être délicat.

En haut sur la pointe, il existe une batterie haute (1885) à gauche et à droite de l'îlot, une batterie du plateau avec magasin à poudre sous roc, et une batterie de mortiers (1889)[1]. Le magasin à poudre construit vers 1890-92 est un renforcement issu de la crise apparue à la suite de l'invention de l'obus torpille (seul le béton armé sur trois à douze mètres d'épaisseur, renforcé par une armature d'acier, lui résiste). Bâti sous 6 à 8 mètres de roc franc il jouait le rôle de magasin général pour l'ensemble du groupe des Capucins, et alimentait les différents magasins des batteries. Du vestibule nord part un tronçon de galerie menant à un puits vertical, autrefois équipé d'un monte-charge (disparu) et débouchant, comme l'escalier, sur la route en tranchée desservant les ouvrages (route autrefois équipée d'une voie ferrée étroite).

L'ensemble a été très endommagé par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Le général allemand Ramcke, commandant de la place de Brest, y installe son quartier général dans le but de livrer un ultime combat. Il se rend le 19 septembre 1944[2].

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Conditions d'accès[modifier | modifier le code]

Le terrain du site est propriété du Ministère de la Défense. Le site n'est pas sécurisé et présente certains risques. L'accès est interdit sans autorisation.

Habitat des falaises avec végétation des côtes atlantiques[modifier | modifier le code]

Le site comporte l'habitat typique des falaises avec végétation des côtes atlantiques. Cet habitat est composé de plusieurs communautés végétales : les groupements chasmophytiques des falaises maritimes : Xanthoria parietina (lichen de couleur jaune-orange), Ramalina siliquosa (lichen vert grisâtre), Criste marine, Spergulaire des rochers, Obione. Au niveau de petites vires rocheuses en sommet de falaises, se développe un tapis végétal qui prend la forme de pelouses écorchées sur laquelle s'installe des Thérophytes (groupements pionniers de l'Orpin des anglais, Cochléaire du Danemark, Sagine maritime. Dans les pelouses aérohalines, prédomine la Fétuque rouge, accompagnée par plusieurs espèces halotolérantes comme l'Armérie maritime et la Carotte à gomme, plus basse que la Carotte vulgaire. L'Agrostis maritime et le Lotier corniculé sont des espèces courantes, comme la Houlque laineuse qui peut localement former un faciès. L'Oseille des rochers est une espèce d'intérêt communautaire. Ces milieux sont fréquentés par le Crave à bec rouge, le Grand corbeau, le Faucon pèlerin, le Cormoran huppé[3].

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Michel Dion, Batteries, réduits, tours, forts, casemates... de Camaret et Roscanvel, Brest, Association du Mémorial Montbarey, , 67 p.
  2. Henri Floch et Alain Le Berre, L'enfer de Brest : Brest, Presqu'île de Crozon, 25 août-19 septembre 1944, Bayeux, Heimdal, , 304 p. (ISBN 978-2-840-48144-7, OCLC 644120504) et https://www.ouest-france.fr/bretagne/heure-par-heure-la-reddition-du-general-ramcke-2841698
  3. Site Natura 2000 n°FR5300019 « Presqu'île de Crozon », p. 34-35

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]