Île de la Déception

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Île de la Déception
Deception Island (en)
Les Forges de Neptune sont à gauche, l'île Livingston à l'arrière-plan et les minuscules îles Sewing-machine Needles (« aiguilles de machine à coudre ») à droite.
Les Forges de Neptune sont à gauche, l'île Livingston à l'arrière-plan et les minuscules îles Sewing-machine Needles (« aiguilles de machine à coudre ») à droite.
Géographie
Continent Drapeau de l'Antarctique Antarctique
Archipel Îles Shetland du Sud
Localisation Océan Austral
Coordonnées 62° 58′ 37″ S 60° 39′ 00″ O / -62.977, -60.65
Point culminant non nommé (576 m)
Administration
Secteur Territoire chilien de l'Antarctique, Territoire britannique antarctique, Antarctique argentine
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Site officiel www.deceptionisland.aq

Géolocalisation sur la carte : Antarctique

(Voir situation sur carte : Antarctique)
Île de la Déception
Île de la Déception
Îles de l'Antarctique

L’île de la Déception est une île de l'archipel des îles Shetland du Sud, dans l'océan Austral, située à 120 km au nord de la péninsule Antarctique. Les seuls lieux habités sont des bases de recherche scientifique dépendantes des forces armées argentines et espagnoles.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte topographique de l'île.

L'île est connue pour sa baie, Port Foster, l'une des mieux protégées des vents et de la houle dans l'océan Austral, et pour son volcan, dont les dernières éruptions, en 1967 et 1969, infligèrent des dégâts conséquents aux bases scientifiques.

L'île a une forme arrondie, avec un diamètre maximum de 12 km. Son point le plus élevé est un mont non nommé de 576 m. Une grande baie, Port Foster, se trouve au centre de l'île ; mesurant 9 km de long sur 6 km de large, elle occupe la majorité du centre de l'île. Cette baie a une entrée très étroite : de seulement 230 m de large, ce goulet est appelé les Forges de Neptune[1] (en anglais Neptune's Bellows, littéralement « soufflet de Neptune »). Le passage de ce détroit se fait encore plus difficile avec la présence du Raven Rock, 2,5 m sous la surface de l'eau, au milieu du passage. À l'entrée des Forges de Neptune se trouve la baie des Baleiniers[1], bordée d'une plage de sable noir.

Histoire[modifier | modifier le code]

Hangar et carlingue d'avion britannique.

L'île est un refuge populaire pour les marins depuis le début du XIXe siècle ; ils y attendaient la fin des tempêtes et le passage des icebergs. D'abord utilisé par des chasseurs de phoque, en 1906 une entreprise de chasse à la baleine norvégienne-chilienne commença à s’en servir comme base pour l'un de ses navires-usine, le Gobernador Bories. D'autres entreprises firent de même ; en 1914, 13 navires y étaient basés.

On n'y traitait pas le spermaceti, ce qui se faisait sur les navires, mais on prenait les carcasses pour en extraire, dans de grandes chaudières, l'huile de baleine, qu’on stockait ensuite dans des citernes de fer.

Le prix de l'huile de baleine baissa pendant la Grande Dépression, rendant la station sur l'île non rentable ; elle fut donc abandonnée en 1931. Des avancées technologiques rendirent les stations de traitement des carcasses sur terre ferme obsolètes, donc elles ne furent jamais réoccupées.

Quarante-cinq hommes sont enterrés dans le cimetière de l'île, mais celui-ci fut recouvert par la lave lors de l'éruption de 1969. Les seuls traces restantes de la station baleinière sont les chaudières rouillées et quelques citernes.

Ruines de la base britannique.

Parmi les autres ruines de la baie des Baleiniers, on trouve un vieux hangar aérien avec un fuselage d'avion orange vif devant (retiré en 2004[2]), et la base scientifique britannique, Biscoe House, dont le centre fut détruit par l'éruption de 1969.

L'Argentine contesta le contrôle britannique de l'île pendant les années 1950 et 1960, retirant les drapeaux du Royaume-Uni et l'occupant temporairement.

Le , les Britanniques y établirent une base permanente au cours de l'opération Tabarin, et l'occupèrent jusqu'à l'éruption du . Ils y revinrent le , pour l'abandonner à nouveau le , date de la seconde grande éruption. Ce dernier abandon fut définitif. La même éruption détruisit les stations chiliennes Pedro Aguirre Cerda et Gutierrez Vargas.

Le président argentin Arturo Frondizi visita l'île en 1961.

Le volcan étant jugé trop dangereux pour qu’on investisse dans de nouvelles stations, il n'en reste plus que deux, utilisées seulement en été : Gabriel de Castille (Espagne)[3], et Decepción (Argentine)[4].

Dépeçage de baleine

Écologie[modifier | modifier le code]

Manchots à jugulaire sur l'île, 1962.

L'île de la Déception abrite plusieurs colonies de manchots à jugulaire. Baily Head, sur la côte ouest, en possède la plus grande colonie.

Comme il est possible de prendre un bain chaud en creusant dans le sable de l'anse, l'île est une destination prisée des croisières en Antarctique.

Le navire norvégien M/S Nordkapp s'échoua sur la côte de l'île le , perdant son combustible (environ 500-750 litres de diesel léger) dans la baie. Le 4 février de la même année, la base espagnole Gabriel de Castilla fit savoir que les tests faits sur l'eau et le sable de l'île ne montraient aucun signe de pollution.

L'île a des micro-climats très variés. La température de l'eau peut s'élever jusqu'à 70 °C, et l'air près des régions volcaniques jusqu'à 40 °C.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]