Île de la Déception

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Île de la Déception
Deception Island (en)
Les Forges de Neptune sont à gauche, l'île Livingston à l'arrière-plan et les minuscules îles Sewing-machine Needles (« aiguilles de machine à coudre ») à droite.
Les Forges de Neptune sont à gauche, l'île Livingston à l'arrière-plan et les minuscules îles Sewing-machine Needles (« aiguilles de machine à coudre ») à droite.
Géographie
Continent Drapeau de l'Antarctique Antarctique
Archipel Îles Shetland du Sud
Localisation Océan Austral
Coordonnées 62° 58′ 37″ S, 60° 39′ 00″ O
Point culminant non nommé (576 m)
Géologie
Géologie Île volcanique
Type Volcan de subduction
Morphologie Caldeira
Activité Actif
Dernière éruption 12 août 1970
Code GVP 390030
Administration
Secteur Territoire chilien de l'Antarctique, Territoire britannique antarctique, Antarctique argentine
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Site officiel www.deceptionisland.aqVoir et modifier les données sur Wikidata
Géolocalisation sur la carte : Antarctique
(Voir situation sur carte : Antarctique)
Île de la Déception
Île de la Déception
Îles de l'Antarctique

L’île de la Déception est une île de l'archipel des îles Shetland du Sud, dans l'océan Austral, située à 120 km au nord de la péninsule Antarctique. Les seuls lieux habités sont des bases de recherche scientifique dépendantes des forces armées argentines et espagnoles.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte topographique de l'île.

L'île est connue pour sa baie, Port Foster, l'une des mieux protégées des vents et de la houle dans l'océan Austral, et pour son volcan, dont les dernières éruptions, en 1967 et 1969, infligèrent des dégâts importants aux bases scientifiques.

L'île a une forme arrondie, avec un diamètre maximum de 12 km. Son point le plus élevé est un mont non nommé de 576 m. La grande baie de Port Foster, se trouve au centre de l'île ; mesurant 9 km de long sur 6 km de large, elle occupe la majorité de la partie centrale. Cette baie a une entrée très étroite, de seulement 230 m de large ; ce goulet est appelé les Forges de Neptune[1] (en anglais soufflet de Neptune (en)). Le passage de ce détroit encadré par les pointes Entrance (en) et Fildes (en), se fait encore plus difficile avec la présence, au milieu du passage, du bas-fond appelé Raven Rock (en), 2,5 m sous la surface de l'eau. À droite de l'entrée des Forges de Neptune se trouve la baie des Baleiniers[1], bordée d'une plage de sable noir.

Histoire[modifier | modifier le code]

Hangar et carlingue d'avion britannique.

L'île est un refuge populaire pour les marins depuis le début du XIXe siècle ; ils y attendaient la fin des tempêtes et le passage des icebergs. D'abord utilisé par des chasseurs de phoque, en 1906 une entreprise de chasse à la baleine norvégio-chilienne commença à s’en servir comme base pour l'un de ses navires-usines, le Gobernador Bories. D'autres entreprises firent de même ; en 1914, 13 navires y étaient basés.

On n'y traitait pas le spermaceti, ce qui se faisait sur les navires, mais on prenait les carcasses pour en extraire, dans de grandes chaudières, l'huile de baleine, qu’on stockait ensuite dans des citernes de fer.

Le prix de l'huile de baleine baissa pendant la Grande Dépression, rendant la station sur l'île non rentable ; elle fut donc abandonnée en 1931. Des avancées technologiques rendirent les stations de traitement des carcasses sur terre ferme obsolètes, donc elles ne furent jamais réoccupées.

Trente-cinq hommes sont enterrés dans le cimetière de l'île, mais celui-ci fut recouvert par la lave lors de l'éruption de 1969. Les seuls traces restantes de la station baleinière sont les chaudières rouillées et quelques citernes.

Ruines de la base britannique.

Parmi les autres ruines de la baie des Baleiniers, on trouve un vieux hangar aérien avec un fuselage d'avion orange vif devant (retiré en 2004[2]), et la base scientifique britannique, Biscoe House, dont le centre fut détruit par l'éruption de 1969.

L'Argentine contesta le contrôle britannique de l'île pendant les années 1950 et 1960, retirant les drapeaux du Royaume-Uni et l'occupant temporairement.

Le , les Britanniques y établirent une base permanente au cours de l'opération Tabarin, et l'occupèrent jusqu'à l'éruption du . Ils y revinrent le , pour l'abandonner à nouveau le , date de la seconde grande éruption. Ce dernier abandon fut définitif. La même éruption détruisit la station chilienne Pedro Aguirre Cerda (en) et le refuge Gutierrez Vargas situé à proximité.

Le président argentin Arturo Frondizi visita l'île en 1961.

Le volcan étant jugé trop dangereux pour qu’on investisse dans de nouvelles stations, il n'en reste plus que deux, utilisées seulement en été : Gabriel de Castilla (Espagne)[3] et Decepciòn (en) (Argentine)[4]. Elles sont situées à l'ouest de la baie de Port Foster.

La Baie des Baleiniers et la totalité des vestiges situés à terre à proximité (vestiges de l'expédition baleinière chilienne de 1906-1912, ceux de la station baleinière norvégienne de 1912-1931, le site du cimetière et les restes de la base britannique de 1944-1969) sont classés comme site historique de l'Antarctique. De même, sur la rive de l'anse Pendulum, le site de la station chilienne Pedro Aguirre Cerda est classé aussi.

Dépeçage de baleine.

Écologie[modifier | modifier le code]

Manchots à jugulaire sur l'île, 1962.
Encore des manchots à jugulaire sur l'ile. Janvier 2016.

L'île de la Déception abrite plusieurs colonies de manchots à jugulaire, Baily Head (en), sur la côte ouest, étant la plus grande. L'ensemble constitue la plus importante colonie mondiale.

Comme il est possible de prendre un bain chaud en creusant dans le sable de l'anse, l'île est une destination prisée des croisières en Antarctique.

Le navire norvégien M/S Nordkapp s'échoua sur la côte de l'île le , perdant son combustible (environ 500-750 litres de diesel léger) dans la baie. Le de la même année, la base espagnole Gabriel de Castilla fit savoir que les tests faits sur l'eau et le sable de l'île ne montraient aucun signe de pollution.

L'île a des microclimats très variés. La température de l'eau peut s'élever jusqu'à 70 °C, et l'air près des régions volcaniques jusqu'à 40 °C.

Protection[modifier | modifier le code]

Deux des 72 zones spécialement protégées de l'Antarctique[5] sont sur l'île :

  • Parties de l'île (ASPA/ZSPA-140). La zone comprend 11 sous-sites, dans le sens des aiguilles d'une montre à partir du sud-ouest de la caldeira. En raison des éruptions volcaniques majeures en 1967, 1969 et 1970, l'île offre des opportunités rares pour étudier les processus de colonisation dans un environnement antarctique. La flore de l'île est unique en Antarctique, car elle est associée à des zones géothermiques, mais aussi en raison des surfaces récemment formées qui fournissent des habitats d'âge connu pour l'étude de la colonisation et d'autres processus écologiques dynamiques par les organismes terrestres.
  • Port Foster (ASPA/ZSPA-145). La zone comprend deux sous-zones : l'habitat benthique A, avec des profondeurs comprises entre 50 et 150 m; et l'habitat benthique B, entre 100 et 150 m de profondeur. La zone présente un intérêt écologique exceptionnel en raison de son caractère volcanique actif. Elle possède également une diversité de faune benthique sur deux types différents de substrats de fond marin. Ces deux zones d'habitat font l'objet de recherches à long terme sur le processus écologique de recolonisation après éruption volcanique, et il est nécessaire de réduire le risque d'interférences accidentelles qui pourraient mettre en péril ces études.

Gestion[modifier | modifier le code]

L'île, dans son ensemble, est l'une des 7 zones gérée spéciale de l'Antarctique destinée à faciliter la planification et la coordination des activités, éviter les conflits et améliorer la coopération. La ZGSA-4 comprend deux des trois volcans de l’Antarctique où ont été observées des éruptions volcaniques[6]. L’île présente d’importantes valeurs naturelles, scientifiques, historiques, éducatives et esthétiques et un environnement à l’état sauvage. Elle contient une caldeira en activité et en déformation permanente ; de futures éruptions sont prévisibles. On trouve une flore importante, dont 18 espèces sont endémiques de l' Antarctique ; 8 espèces d’oiseaux de mer se reproduisent sur l’île.

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Programme de protection
  2. (en) British Antarctic Survey, 4 avril 2004
  3. Base Gabriel de Castilla
  4. Photo de la base argentine Deceptiòn
  5. (en) « Antarctic Specially Protected Area », dans Wikipedia, (lire en ligne)
  6. Avec le mont Erebus.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Compléments[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]