Île de Tiran

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Île de Tiran
جزيرة تيران (ar)
Vue de l'île de Tiran.
Vue de l'île de Tiran.
Géographie
Pays Drapeau de l'Arabie saoudite Arabie saoudite
Localisation Mer Rouge
Coordonnées 27° 57′ N, 34° 33′ E
Superficie 80 km2
Point culminant Djebel Tiran (524 m)
Administration
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Fuseau horaire UTC+03:00
Géolocalisation sur la carte : Arabie saoudite
(Voir situation sur carte : Arabie saoudite)
Île de Tiran
Île de Tiran

L'île de Tiran (en arabe : جزيرة تيران, Jazīrat Tīrān, aussi connue sous le nom de Jezîret Tīrān et Yotvat Island) est une île de la mer Rouge, située à la sortie du golfe d'Aqaba entre la péninsule du Sinaï, dont elle est séparée par le détroit de Tiran, et la péninsule Arabique. D'une superficie de 80 km2, elle est bordée à l'est par l'île plus petite de Sanafir.

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Lucius Seius Strabo écrit que l'île fut d'abord occupée par des peuples pacifiques avant de s'adonner à la piraterie des bateaux en provenance d'Égypte, avant d'être victimes de représailles[1].

Procope de Césarée écrit qu'il y avait une communauté juive autonome sur l'île, alors appelée Iotabe, à l'époque, au VIe siècle, où avec d'autres îles de la mer Rouge et Socotra, elle faisait partie de l'Empire byzantin[a]. Cela montre qu'à l'époque, la pluviométrie était plus importante : des citernes existaient sur l'île. De nos jours, la pluie est quasi inexistante sur l'ile, et il faudrait installer une usine pour enlever le sel de l'eau de mer pour installer une population permanente.

L'ile possède de nombreux sites archéologiques, dont des ruines d'aménagements d'un petit port, qui datent surtout de la fin de la période des Ptolémée, de l'époque romaine, et byzantine.

Sous les Ptolémée et l'époque romaine et byzantine, les iles étaient sans doute des postes de douane, et avaient des dépôts pour entreposer diverses marchandises, qui venaient de Perse (en temps de paix), du monde indien, et peut-être de Chine ou de l'Extrême-Orient, les deux iles étant sans doute l'un des débouchés de la route de la soie.

Les deux iles de Tiran et Sanafir furent sans doute abandonnées entre la fin du règne de Justinien, vers 565 ou vers 610 lors des débuts du règne de Héraclius. La cause de l'abandon était le manque d'eau, pour maintenir une population permanente, et la chute de la pluviométrie, et la désertification de l'archipel.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

L'État d'Israël a occupé l'île brièvement durant la crise de Suez et à nouveau entre 1967 et 1982 à la suite de la guerre des Six Jours.

2017 : transfert à l'Arabie saoudite[modifier | modifier le code]

En , un accord est passé entre l'Égypte et l'Arabie saoudite pour la construction d'un pont reliant les deux pays et passant par l'île de Tiran, un projet s'élevant à 16 milliards de dollars. Un accord est signé dans la foulée pour céder l'île de Tiran à l'Arabie saoudite[2].

Un accord inter-États sur la délimitation de la frontière maritime entre l'Égypte et l'Arabie saoudite[3], datant d', prévoyait la cession des îles Tiran et Sanafir à l'Arabie saoudite, mais celui-ci est annulé par le Tribunal administratif égyptien en [4], celui-ci ayant été saisi par l'opposant Khaled Ali[5]. Le Parlement égyptien avalise le transfert des îles le [6], qui sont restituées le à l'Arabie saoudite, cet acte de rétrocession ayant été rendu officiel par le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi[7]. Le , la décision est validée par la Cour constitutionnelle suprême[8].

En Égypte, cette cession de ces deux iles, qui furent toujours associées à l'histoire du pays, font un tollé, autant du côté des nationalistes, dont les nasseriens, et les démocrates, et tout autant du côté des Frères musulmans. Cette cession est globalement vue comme une reculade, et une soumission toujours plus croissante à l'Arabie saoudite et ses pétrodollars.

L'Arabie saoudite n'envisage pas de faire de ces deux îles des espaces touristiques. L'avenir des îles va certainement voir l'installation de deux bases militaires de l'armée saoudienne[réf. nécessaire]. Selon Brennan Cusack du magazine Forbes, l'Arabie saoudite a souhaité récupérer l'île de Tiran pour faire avancer son projet pharaonique Neom[9].

Géographie[modifier | modifier le code]

Tiran fait partie du parc naturel Ras Muhammad, remarquable pour ses récifs coralliens et sa faune sous-marine. Sans eau, elle est actuellement inhabitée. Les îles de Tiran de Sanafir sont très arides, la chaleur en été approche 50°. En hiver, le climat est plus doux, et proche de 25°. Son relief très accidenté n'encourage pas aussi une implantation humaine. Cependant, sa position stratégique en a fait une base militaire occasionnelle.

Économie[modifier | modifier le code]

Les rivages attirent de nombreux touristes amateurs de plongée sous-marine. Des excursions sont proposées aux touristes séjournant dans la station balnéaire toute proche de Charm el-Cheikh.

Depuis la cession des deux îles de Tiran et Sanafir par l'Égypte, les Saoudiens n'autorisent plus les touristes à se rendre sur les îles ni les eaux territoriales, désormais saoudiennes. Deux corvettes de l'armée saoudienne patrouillent désormais dans les eaux territoriales des îles. La présence de touristes en bikini sur les plages de l'île a scandalisé des plongeurs saoudiens qui ont demandé l'application de la Chariaâ sur l'île[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ces îles byzantines de la mer Rouge figurent dans le Périple de la mer Érythrée (Περίπλους τῆς Ἐρυθρᾶς Θαλάσσης en grec, souvent cité sous son titre latin Periplus Maris Erythraei), récit maritime provenant d'un manuscrit byzantin du Xe siècle appartenant au fonds de la bibliothèque universitaire d'Heidelberg et d'une copie de celui-ci datant du XIVe ou XVe siècle appartenant au British Museum, et édité dès 1553 par Sigismund Gelenius.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Ancient Egyptian overseas trade, www.reshafim.org.il (consulté le 31 juillet 2018)
  2. Samer R. Zoughaib, Sur la Mer Rouge:le pont de la paix entre les Saoud et «Israël», www.palestine-solidarite.org, 18 avril 2016 (consulté le 31 juillet 2018)
  3. Sputnik, « Deux îles égyptiennes contestées passent à l'Arabie saoudite », sur fr.sputniknews.com (consulté le 11 avril 2016)
  4. La justice égyptienne rejette la cession des deux îles à l'Arabie Saoudite sur RFI le 21 juin 2016.
  5. AFP, « Présidentielle en Egypte: un autre candidat jette l’éponge face à Sissi », sur Libération, (consulté le 24 janvier 2018)
  6. Alexandre Buccianti, L'Égypte confie finalement l'avenir des îles Tiran et Sanafir à l'Arabie saoudite, www.rfi.fr, 15 juin 2017 (consulté le 31 juillet 2018)
  7. L’Égypte rend deux îlots stratégiques de la mer Rouge à l’Arabie saoudite, Le Monde, 24 juin 2017
  8. « Egypte: une cour lève les obstacles juridiques au transfert de deux îlots à Riyad », sur L'Orient-Le Jour (consulté le 3 mars 2018)
  9. (en) Brennan Cusack, Happiness May Make Or Break Saudi Arabia's City Of The Future, www.forbes.com, 22 juillet 2018 (consulté le 7 août 2018)
  10. Des saoudiens exaspérés par la présence de touristes en bikini à Tiran, www.tunisienumerique.com, 14 mai 2016 (consulté le 31 juillet 2018)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]