Île de Peilz

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Île de Peilz
Vue de l'île de Peilz.
Vue de l'île de Peilz.
Géographie
Pays Drapeau de la Suisse Suisse
Archipel Aucun
Localisation Lac Léman
Coordonnées 46° 24′ 00″ N, 6° 54′ 50″ E
Point culminant 374 m
Géologie Île lacustre
Administration
Canton Canton de Vaud
Démographie
Population Aucun habitant
Autres informations
Découverte Construction en 1797
Fuseau horaire UTC+01:00

Géolocalisation sur la carte : Suisse

(Voir situation sur carte : Suisse)
Île de Peilz
Île de Peilz
Îles en Suisse

L'île de Peilz est un îlot de Suisse situé à l'extrémité Est du lac Léman, au large de Villeneuve[1], dans le canton de Vaud.

Jadis simple rocher émergeant à peine des eaux du lac, il aurait été surélevé en 1797 par des habitants de Villeneuve[réf. nécessaire]. Le mur de soutènement a été plusieurs fois réparé au cours du siècle passé et une maison en bois aurait été construite.

L'île a une superficie comprise entre 20 m2[1], 40 m2[2] et 77 m2[3] selon les sources.

L'origine de l'arbre de Peilz remonte au XIXe siècle. En 1851, trois platanes sont mis en terre[4]. En 1944, un des arbres est sec. En 1970, il reste un monumental platane et un marronnier malade. Actuellement, le marronnier a disparu et l'arbre séculaire règne sans partage au-dessus de quelques petits buissons[5].

Île de Peilz vidéo

L'île tire son nom de la commune de La Tour-de-Peilz, qui bien que située sur la rive nord du lac Léman, possédait autrefois des terrains sur la rive droite de l'embouchure du Rhône, dans le sillage duquel se trouve l'île ; « peilz » vient du latin pilosus signifiant « poilu », ce qui renvoie de manière métaphorique à l'existence passée d'une importante forêt dans la région de La Tour-de-Peilz[6]. Dans son livre « Noms de lieux des pays franco-provençaux[7] », Georges Richard Wipf écrit que « le gallois blaidd étant à l'origine des termes bela, belau, bele et bel, ce qui postule blebel, on peut penser que * bleiz a aussi pu évoluer [...] en * beilz, d'où * peilz[7]. » L'auteur prend toutefois soin de préciser qu'« il ne s'agit que d'une hypothèse, mais elle expliquerait le nom de Peilz[7]. »

L'île a été décrite en 1816 par Lord Byron dans Le Prisonnier de Chillon[8],[9], poème narratif dont l'action se déroule au XVIe siècle dans le château de Chillon voisin : « Vis-à-vis de moi, il y avait une petite île qui semblait me sourire ; la seule que je pusse voir ; une petite île verte ; à peine me paraissait-elle plus grande que ma prison ; mais il y croissait trois grands arbres ; la brise des montagnes y soufflait ; les ondes se brisaient doucement sur son rivage, et elle était émaillée d'une multitude de fleurs de couleurs brillantes et d'un parfum ravissant. »[10].

Une histoire circule à Villeneuve sur la création de l'île : vers le milieu du XIXe siècle, deux jeunes fiancés anglais séjournaient à l'hôtel Byron, près du château de Chillon. Au cours d'une baignade, le jeune homme se noya et, à l'endroit où le corps fut retrouvé, la fiancée fit édifier en sa mémoire l'« Île de Paix », dont le nom se serait déformé en « île de Peilz » également appelée « île des deux amants[1] ». Une légende semblable figure à la fin d'un conte d'Andersen, où Villeneuve est citée[11]. Cette « possession anglaise » aurait été offerte quelques années plus tard par le Conseil fédéral à la reine Victoria qui séjournait dans la région. Selon les versions de cette histoire, soit la reine aurait par la suite découvert que la Suisse lui demandait des impôts en vertu de cette possession, si bien qu'elle aurait rendu l'île ; soit elle aurait transmis ce patrimoine à ses descendants jusqu'à nos jours[12].

Selon l'Association pour la cohabitation dans les Grangettes et son porte-parole Jean-Charles Kollros, les racines du platane mettent progressivement en danger l'île, qui devrait être renforcée comme l'île Rousseau[13]. Ces travaux sont prévus pour début 2010[14].

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Émile de Kératry (directeur de publication), Revue moderne, vol. 48, Paris, bureaux de la Revue moderne, Lacroix, Verboeckhoven & Cie, (ISSN 1246-0028, notice BnF no FRBNF32860778, lire en ligne), pp. 490-491
    « La seconde » (île) « est à un quart de lieue en avant du port de Villeneuve ; elle est plantée de peupliers et n'a guère plus de 20 mètres carrés. Elle porte le nom d'île de Peilz ; on lui a aussi donné récemment celui d'île des Deux-Amants, après une triste catastrophe dont elle fut le théâtre. »
  2. François Berger, « Les îles du bout du lac », 24 heures,‎ (lire en ligne).
  3. Paul Guichonnet, Nature et histoire du Léman : Le Guide du Léman, Yens-sur-Morges, Cabédita, , 235 p. (ISBN 2-88295-120-5), p. 19.
  4. Annik Jacquier, « Iles étaient une fois... », Le bulletin du sauveteur, no 22,‎ (lire en ligne).
  5. Archives communales de Villeneuve.
  6. Charles Kraege et Gilbert Künzi, Rivières romandes : À la source de leurs noms, Yens-sur-Morges, Cabédita, , 133 p. (ISBN 2-88295-247-3), p. 87-88.
  7. a, b et c Georges Richard Wipf, Noms de lieux des pays franco-provençaux : région Rhône-Alpes, Suisse romande, Val d'Aoste : histoire et étymologie, La Ravoire, imprimeries réunies de Chambéry, , 342 p. (ISBN 2-904234-00-4, notice BnF no FRBNF34728901, lire en ligne), p. 223
  8. Peggy Frey, « Pérégrinations insulaires sur le Léman: Bienvenue chez les jumelles! », La Liberté,‎ , p. 10 (lire en ligne).
  9. Ric Berger et Jean-Gabriel Linder, La Côte vaudoise, Morges, Cabédita, , 172 p. (ISBN 2-88295-010-1), p. 156.
  10. Traduction tirée de Louise Swanton-Belloc, Lord Byron, vol. 1, Antoine-Augustin Renouard, , p. 108 [lire en ligne] ; texte original en anglais : « And then there was a little isle, / Which in my very face did smile, / The only one in view; / A small green isle, it seem'd no more, / Scarce broader than my dungeon floor, / But in it there were three tall trees, / And o'er it blew the mountain breeze, / And by it there were waters flowing, / And on it there were young flowers growing, / Of gentle breath and hue. » [lire sur Wikisource].
  11. La Vierge des glaces (Iisjomfruen), 1861
  12. Annika Gil, « L’île de Peilz est-elle vraiment anglaise? », La Gazette : Journal de la fonction publique, no 181,‎ , p. 10 (lire en ligne).
  13. Laszlo Molnar, « Il faut sauver L'île de Peilz », sur LeMatin.ch, 3 avril 2009.
  14. Marie Dorsaz, « L'île de Peilz sera sauvée des eaux », sur LeNouvelliste.ch, 22 août 2009.

Lien externe[modifier | modifier le code]

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