Île Kodiak

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Île Kodiak
/ Kodiak Island (en)
Image satellite de l'île Kodiak captée en 2001.
Image satellite de l'île Kodiak captée en 2001.
Géographie
Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Archipel Archipel Kodiak
Localisation Océan Pacifique nord, golfe d'Alaska
Coordonnées 57° 28′ N, 153° 26′ O
Superficie 8 975 km2
Point culminant 1 353 m
Administration
État Alaska
Borough Île Kodiak
Démographie
Population 13 592 hab. (2010)
Densité 1,51 hab./km2
Plus grande ville Kodiak
Autres informations
Fuseau horaire UTC−09:00
Site officiel http://www.kodiak.org/
Géolocalisation sur la carte : Alaska
(Voir situation sur carte : Alaska)
Île Kodiak
Île Kodiak
Géolocalisation sur la carte : États-Unis
(Voir situation sur carte : États-Unis)
Île Kodiak
Île Kodiak
Île aux États-Unis

L'île Kodiak est une grande île côtière du sud de l'Alaska dont elle est séparée par le détroit de Chelikhov.

C'est la plus grande de l'Alaska et la seconde plus grande des États-Unis après celle d'Hawaï. Elle a une superficie de 8 975 km2 pour une longueur de 160 km et une largeur variant de 16 à 96 km.

Kodiak est l'île principale d'un archipel dont elle porte aussi le nom.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte du borough de l'île Kodiak l'y regroupant avec une bande continentale

Il s'agit d'une île montagneuse et couverte de forêts en ses nord et est, forêts un peu moins denses en son sud. Elle possède des baies profondes, libres de glace en hiver, permettant ainsi le mouillage de navires.

La plus grande partie de l'île est une réserve naturelle nationale (national wildlife refuge) réputée pour des espèces endogènes comme le crabe royal kodiak et surtout l'ours kodiak, sous-espèce d'ours (brun) considérée avec celle de l'ours blanc comme les plus grandes carnivores terrestres.

L'île Kodiak fait partie du borough d'Alaska, du même nom comme sa plus grande ville. Ses villages principaux sont Akhiok, Old Harbor, Karluk, Larsen Bay, Port Lions et Ouzinkie.

La pêche y est l'activité principale, surtout celles du saumon, du flétan et du crabe. La Karluk est célèbre pour ses remontées de saumons sauvages. L'exploitation forestière, l'élevage et de nombreuses conserveries complètent l'activité de l'île.

Kodiak abrite également la base de lancement Kodiak Launch Complex utilisé pour des tests de missile balistique ainsi qu'une grande base de l'United States Coast Guard, l' Integrated Support Command Kodiak.

Lacs[modifier | modifier le code]

Les principaux lacs de l'île Kodiak sont :

  • le lac Karluk Lake (38,5 km2) ;
  • Frazer Laze (16,6 km2) ;
  • Red Lake (7,8 km2).

Histoire[modifier | modifier le code]

Paysage de l'ancien établissement de Grigori Chelikhov sur l'île Kodiak.

Kodiak est la terre ancestrale de la nation alutiiq des Koniagas, dont les premiers habitants y vivaient de chasse, pêche, culture et cueillette.

Les Russes sont les premiers Européens connus à l'explorer, d'abord en 1763 par le marchand de fourrures Stepan Glotov, puis par l'explorateur Grigori Chelikhov qui, après avoir perpétré le massacre d'Awa'uq en 1784, crée une première colonie sur Kodiak au fond de la Three Saints Bay ou baie des Trois-Saints, à côté de l'actuel village d’Old Harbor. La colonie est déplacée en 1792 vers le site de l'actuelle Kodiak ville et devient le centre du commerce de la fourrure pour l'Amérique russe.

Après l'achat de l'Alaska par les États-Unis en 1867, des Américains s'installent dans l'île essentiellement pour la chasse et l'élevage de renards. Mais des missions chrétiennes orthodoxes américaines, auxquelles se joignent des prêtres russes, poursuivent l'évangélisation des habitants, comme la mission dont fait partie Tikhon Chalamov père de Varlam Chalamov, qui passe ainsi douze années comme missionnaire sur Kodiak à la fin du XIXe siècle[1].

En 1912, l'éruption du volcan Novarupta sur la partie continentale de l'Alaska, attribuée alors de manière erronée au volcan plus connu du mont Katmai, recouvre l'île de cendres volcaniques, provoquant d'importantes destructions et tuant de nombreuses personnes. L'île est ensuite frappée en 1964 par un tremblement de terre dit du vendredi saint et un tsunami en découlant détruisant la majeure partie de Kodiak ville.

Ethnologie[modifier | modifier le code]

Les Amérindiens koniagas ont été étudiés par de nombreux explorateurs européens qui s'étonnaient de leur pratique du concubinage masculin : une mère kodiak choisit son plus beau et plus prometteur garçon, l'habille et l'élève comme une fille, ne lui enseignant que les tâches domestiques, le gardant pour les travaux féminins, l'associant aux autres femmes et filles du village dans le but de le rendre complètement efféminé. Et d'après Richard Francis Burton dans son livre Terminal Essay, arrivé à l'âge de l'adolescence il est marié à un homme vigoureux qui considère un tel compagnon comme une grande acquisition.

Ces concubinages mâles sont appelés Achnutschik ou Schopans. Ils ont été étudiés dans des études ethnologiques de Henrik Johan Holmberg (en), Georg Heinrich von Langsdorff, Joseph Billings, Choris, Iouri Lisianski et Marchand.

Culture[modifier | modifier le code]

Le linguiste et ethnologue Alphonse Pinart (1852-1911) a constitué une collection unique au monde de quatre-vingts masques provenant de l'île Kodiak, au cours de son expédition en Alaska entre 1871 et 1872. Cette collection est aujourd'hui exposée au château-musée de Boulogne-sur-Mer dans la région des Hauts-de-France[2] .

Références[modifier | modifier le code]

  1. Varlam Chalamov (trad. Sophie Benech), La quatrième Vologda, Lagrasse, Verdier, coll. « Slovo », , 187 p. (ISBN 978-2-86432-553-6), p. 71 et 165.
  2. D'une culture à l'autre - Amérique du Nord, Alaska Musée Boulogne-sur-Mer

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]