Île Callot

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Île Callot
Kalod (br)
Partie nord de l'île Callot avec le "Mazarin", rocher peint en blanc car utilisé comme amer
Partie nord de l'île Callot avec le "Mazarin", rocher peint en blanc car utilisé comme amer
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localisation Baie de Morlaix (océan Atlantique)
Coordonnées 48° 41′ 20″ N, 3° 55′ 30″ O
Point culminant non nommé (38 m (chapelle) m)
Géologie Île continentale
Administration
Région Région Bretagne
Département Finistère
Commune Carantec
Autres informations
Découverte Préhistoire
Fuseau horaire UTC+1

Géolocalisation sur la carte : Finistère

(Voir situation sur carte : Finistère)
Île Callot
Île Callot

Géolocalisation sur la carte : Bretagne

(Voir situation sur carte : Bretagne)
Île Callot
Île Callot

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Île Callot
Île Callot
Îles en France

L'île Callot est une île bretonne située en face du port de Carantec.


Géographie[modifier | modifier le code]

L'Île Callot est accessible à marée basse par une chaussée qui se couvre et se découvre avec la marée, ainsi que par la Passe aux Moutons, banc de sable naturel sur lequel se trouvent les îles des Rulands. La passe aux Moutons, appelée ainsi sans doute car l'île fut par le passé un terrain communal où les troupeaux des éleveurs du continent jouissaient du droit de vaine pâture, est située approximativement au niveau de mi-marée. L'île fait 2,2 km de longueur et sa largeur est variable, de quelques dizaines de mètres à 500 mètres. Le point culminant est de 38 mètres au-dessus du niveau de la mer au niveau de la chapelle. L'île était habitée par 9 familles (en 2007) et possède une école désaffectée qui accueille des expositions (sculptures, photographies, peintures) temporaires durant l'été.

Louis Chauris a dénombré 65 pierrières de granit différentes, exploitées à des dates et durées variables et indéterminées, sur l'Île Callot[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

Vue d'ensemble de la baie de Morlaix

L'histoire de l'île Callot s'avère en réalité étroitement liée à l'invasion de l'île par les Danois à la fin du Ve siècle. Ils investissaient l'île pour y stocker les butins issus de pillages, auxquels ils s'adonnaient sur le continent.

Jusqu'au jour où le chef Breton, Rivallon Murmaczon décida de lancer une attaque contre le pirate Danois Korsolde.

Selon la légende d'Albert Le Grand, avant de lancer l'assaut, il pria la Vierge Toute-Puissante, afin que celle-ci lui assure sa protection durant la bataille. Il lui promit d'édifier un sanctuaire à l'emplacement de la tente du chef Danois, s'il sortait victorieux de cette lutte. Le combat fut sanglant, plusieurs milliers de Danois furent tués.

En l'an 513, Murmaczon posait la première pierre de la petite chapelle : c'est alors que les Bretons baptisèrent l'île : Enez-Itron-Varia-ar Galloud (Notre Dame de Toute Puissance).

Depuis ce temps, la chapelle constitue un lieu de pèlerinage. "Sous les traits de Notre-Dame de Callot, c'est en fait l'antique patronne de la mer des cultes antérieurs au christianisme que les fidèles invoquent, comme en témoignent les nombreux ex-votos qui l'entourent" a écrit Anatole Le Bras.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Au XVIIe siècle, les corsaires morlaisiens la saluaient d'un coup de canon, lorsqu'ils quittaient le port pour attaquer les navires anglais.

Au XVIIe siècle, la châtellenie de Daoudour est subdivisée en deux juridictions : celle de "Daoudour-Landivisiau", dite aussi "Daoudour-Coëtmeur", qui avait son siège à Landivisiau et comprenait Plouvorn et ses trèves de Mespaul et Sainte-Catherine, Plougourvest et sa trève de Landivisiau, Guiclan, Saint-Thégonnec, Guimiliau, Lampaul-Bodénès, Pleyber-Christ, Commana et sa trève de Saint-Sauveur, Plounéour-Ménez et pour partie Plouénan ; et celle de "Daoudour-Penzé", qui avait son siège à Penzé et comprenait Taulé et ses trèves de Callot, Carantec, Henvic et Penzé, Locquénolé, Saint-Martin-des-Champs et sa trève de Sainte-Sève[2].

Révolution française et XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Pendant la Révolution, elle fut abîmée et transformée en poste militaire. Entre 1801 et 1808, sur demande du recteur M. Nédellec et du Maire, la chapelle fut restaurée.

L'île Callot est un ensemble granitique dont l'exploitation fut massive au XVIIe siècle. L'hôpital, la manufacture des tabacs de Morlaix, une partie du Viaduc et de nombreuses bâtisses de la région furent construites avec du granit de Callot.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Anatole Le Braz écrit au début du XXe siècle que le goémon « est la grande ressource actuelle de l'île. Les vastes assises de granit sur laquelle elle repose sont riches en fucus, en zostères, en varech de toutes les espèces, qui, fauchés dans la saison de leur maturité, puis séchés à l'air libre, sont finalement expédiés, par batelées, aux usines de Plouescat où l'on extrait l'iode »[3].

Légendes[modifier | modifier le code]

Un butin datant d'une invasion danoise du Ve siècle serait caché quelque part sur l'île. Pour certains la chapelle Notre-Dame, située au sommet d'une colline, protègerait la cachette du trésor.

Un peu plus loin, dans une grotte du nom de Toul-ar-Serpant, la légende rapporte que saint Karantec y aurait terrassé un dragon dont les griffes auraient laissé leurs empreintes, visibles sur un rocher avoisinant.

Espace naturel protégé au nord de la presqu'île Callot

Espace naturel protégé[modifier | modifier le code]

La partie nord de la presqu'île est désormais une zone protégée et propriété du Conseil général du Finistère.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Serj Le Maléfan, "Granites de Bretagne", Coop Breizh, 2013, (ISBN 978-2-84346-588-8)
  2. Arthur de La Borderie, Les grandes seigneuries de Bretagne. La vicomté ou principauté de Léon, "Revue de Bretagne et de Vendée", 1889, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207871k/f108.image.r=Daoudour?rk=21459;2
  3. Anatole Le Braz, Vieilles chapelles de Bretagne, Terre de Brume, 2003 (ISBN 2-84362-214-X).