Íñigo Errejón

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Íñigo Errejón
Illustration.
Íñigo Errejón en 2019.
Fonctions
Porte-parole du groupe Más Madrid à l'Assemblée de Madrid
En fonction depuis le
(5 mois)
Législature XIe
Prédécesseur Poste créé
Député à l'Assemblée de Madrid
En fonction depuis le
(5 mois)
Législature XIe
Porte-parole du groupe Podemos au Congrès des députés[a]

(2 ans, 1 mois et 1 jour)
Législature XIe, XIIe
Prédécesseur Poste créé
Successeur Irene Montero
Député aux Cortes Generales

(3 ans et 14 jours)
Élection
Réélection
Circonscription Madrid
Législature XIe, XIIe
Groupe politique Unidos Podemos
Successeur Sol Sánchez
Biographie
Nom de naissance Íñigo Errejón Galván
Date de naissance (35 ans)
Lieu de naissance Madrid (Espagne)
Nationalité Espagnol
Parti politique Podemos (2014-2019)
Más Madrid (depuis 2019)

Íñigo Errejón Galván [ˈiɲiɣo erreˈxon ɣal'βan][b], né le à Madrid, est un homme politique espagnol et chercheur en sciences politiques à l'université complutense de Madrid.

Ancien secrétaire politique de Podemos, il est député aux Cortes Generales de 2016 à 2019.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Íñigo Errejón Galván, né le à Madrid[1], est le fils d'un haut fonctionnaire dans les travaux publics et d'une mère au foyer, tous deux très engagés à gauche[1]. Son père est un « membre éminent » du mouvement Gauche anticapitaliste[2] qui est l'un des signataires du manifeste de Tenerife (es) de 1983 qui donna naissance au parti Les Verts[3].

Parcours universitaire[modifier | modifier le code]

Il consacre sa thèse de doctorat (reçu avec mention très bien[1]) à l’arrivée au pouvoir en Bolivie du Movimiento al Socialismo (MAS), le parti créé par Evo Morales ; il a pour cela vécu à La Paz[4]. Il a également travaillé à Caracas (capitale du Venezuela) comme politologue jusqu'en décembre 2013[4]. Il rencontre Pablo Iglesias à l'université complutense de Madrid, dont sont issus de nombreux cadres de Podemos[1]. Il est membre du comité de rédaction de la revue d'analyse politique Viento Sur[5].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Premiers pas[modifier | modifier le code]

Initialement proche du marxisme libertaire, il fait ses premiers pas dans l'activisme politique dans le « Collectif 1984 » à Pozuelo de Alarcón[6]. Íñigo Errejón fonde en 2006 Contrapoder, une association étudiante anticapitaliste ou anti-système[6],[7].

Cadre de Podemos (depuis 2014)[modifier | modifier le code]

Il est directeur de la campagne de Podemos lors des élections européennes de 2014[8]. En novembre 2014, il intègre, comme d'autres proches collaborateurs du secrétaire général Pablo Iglesias, le conseil de coordination de Podemos (considéré comme l'exécutif du mouvement) au poste de secrétaire politique[9].

Député (2016-2019)[modifier | modifier le code]

Il est directeur de la campagne de Podemos lors des élections générales de 2015[10]. Élu député aux Cortes Generales, il prend ses fonctions le . Six jours plus tard est créé le groupe confédéral Podemos-En Comú Podem-En Marea, dont la présidence revient à Pablo Iglesias, tandis qu'Íñigo Errejón en est désigné porte-parole avec quatre adjoints : Xavi Domènech d'En Comú Podem, Alexandra Fernández d'En Marea, et Irene Montero et Àngela Ballester de Podemos[11].

Devenu au fil des années un rival interne de Pablo Iglesias au sein de Podemos, il est défait par ce dernier lors des primaires préalable à la deuxième assemblée générale du parti en [12], puis relevé de ses deux responsabilités : Irene Montero le remplace comme porte-parole parlementaire et son poste de secrétaire politique est supprimé, même s'il devient secrétaire à l'Analyse stratégique et au Changement politique. Au sein du nouveau conseil de coordination, il ne compte que deux proches sur 15 membres, tandis que les soutiens d'Iglesias occupent dix places[13].

Rupture de 2019[modifier | modifier le code]

Il annonce dans une lettre ouverte et une vidéo — publiée sur le réseau social Twitter — le qu'il postulera aux élections du suivant dans la Communauté de Madrid sous les sigles de Más Madrid, le projet politique initié deux mois plus tôt par la maire de Madrid Manuela Carmena. Sa décision intervient après des tensions avec le secrétaire général régional de Podemos Ramón Espinar concernant l'accord de coalition électorale avec la Gauche unie (IU)[14]. Réagissant à cette décision, Iglesias souhaite « bonne chance à Íñigo dans ce nouveau projet » mais ajoute que « Podemos a une feuille de route choisie par les militants »[15]. Il démissionne quatre jours plus tard de son mandat parlementaire tout en affirmant continuer de faire partie de Podemos. Paradoxalement, son siège revient à Sol Sánchez de IU, alors que c'est l'accord qui prévoyait — entre autres — que Sánchez soit numéro deux d'Errejón aux régionales qui aurait provoqué le départ de ce dernier[16]. Irene Montero indique le que Podemos est prêt au dialogue, y compris avec Errejón, « pour atteindre la plus grande unité possible et vaincre le Parti populaire »[17].

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Íñigo Errejón se décrit comme un « postmarxiste anti-essentialiste »[1]. Il s'inscrit dans la filiation d'Antonio Gramsci et de ses thèses sur l'hégémonie culturelle[1],[18], ainsi que d'Ernesto Laclau[4],[18]. Il se dit également proche de la politologue belge Chantal Mouffe[1], avec qui il a publié un livre d'entretiens en 2015[18]. Comme elle, il observe, selon le politologue Gaël Brustier, « un véritable épuisement intellectuel, stratégique et politique tant de la social-démocratie que de la gauche radicale la plus traditionnelle »[18]. Tributaire d'un positionnement transversal et remettant en cause le clivage droite-gauche, il défend également un positionnement patriotique et revendique l'appropriation de la notion d'ordre, comme il le déclare au site Le Vent Se Lève : « Le candidat qui l’emporte est celui qui est capable d’hégémoniser la nation, et non d’hégémoniser la gauche »[19].

Passé par le mouvement libertaire, il défend le fédéralisme dans l'organisation de Podemos tandis que Pablo Iglesias promeut le centralisme[1]. Il prône également un positionnement « transversal » de Podemos (« ni gauche ni droite »)[10].

Publications[modifier | modifier le code]

  • (es) Íñigo Errejón et Alfredo Serrano, ¡Ahora es cuándo, carajo! : Del asalto a la transformación del Estado en Bolivia, Barcelone, El Viejo Topo, , 300 p. (ISBN 978-84-15216-24-7)
  • (es) Íñigo Errejón et Chantal Mouffe, Construir pueblo : Hegemonía y radicalización de la democracia, Icaria Editorial, coll. « Más Madera », , 144 p. (ISBN 9788498886603)
    • Íñigo Errejón et Chantal Mouffe, Construire un peuple : Pour une radicalisation de la démocratie, Éditions du Cerf, coll. « Idées », , 256 p. (ISBN 9782204121545)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christophe Barret, Podemos : pour une autre Europe, Paris, Cerf, , 249 p. (ISBN 978-2-204-10503-3)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Groupe confédéral Podemos-En Comù Podem-En Marea jusqu'au , puis Unidos Podemos-En Comù Podem-En Marea.
  2. Prononciation en espagnol d'Espagne retranscrite selon la norme API.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d e f g et h François Musseau, « Iñigo Errejón : poupin, paix, liberté » sur Libération, 22 mars 2016
  2. Barret 2015, p. 40
  3. Segundo Sanz, « La 'casta' de Podemos: el padre de Errejón es alto cargo del Gobierno desde hace 30 años », Voz Pópuli,
  4. a b et c Ludovic Lamant, « La boîte à idées des intellos de Podemos », sur Mediapart, (consulté le 17 décembre 2015).
  5. (es) Segundo Sanz, « Quién es quién en Izquierda Anticapitalista, el partido que mueve los hilos dentro de Podemos », sur vozpopuli.com, (consulté le 22 avril 2016).
  6. a et b Iván Gil, « Íñigo Errejón: la forja de un líder del cambio con mochila ligera », El Confidencial,
  7. Tatiana G. Rivas, « El hermano de Errejón declarará en el juicio de Rita Maestre por hacer pintadas obscenas », ABC,
  8. (es) Segundo Sanz, « Iñigo Errejón, jefe de campaña de Pablo Iglesias, se convierte en el nuevo líder mediático de Podemos », sur vozpopuli.com, (consulté le 22 avril 2016).
  9. (es) Europa Press, « Iglesias diseña una Ejecutiva de once personas, en la que se incluyen sus más estrechos colaboradores », sur El Mundo.es, (consulté le 22 avril 2016).
  10. a et b Ludovic Lamant, « L’Espagne se rapproche un peu plus de nouvelles élections », sur Mediapart, (consulté le 13 avril 2016).
  11. (es) Alberto Lardiés, « Podemos 'naufraga': Compromís se desmarca y pide grupo propio », sur elespanol.com, (consulté le 19 janvier 2019).
  12. Mathieu de Taillac, « Espagne : Podemos au bord de l'implosion », sur lefigaro.fr, (consulté le 18 janvier 2019).
  13. (es) Alejandro López de Miguel, « Podemos pacta una Ejecutiva con Montero, Errejón, Urbán y mayoría de mujeres », sur publico.es, (consulté le 22 janvier 2019).
  14. (es) Gloria Rodríguez-Pina et Juan José Mateo, « Carmena y Errejón se alían y convocan primarias alternativas a las de Podemos », sur elpais.com, (consulté le 18 janvier 2019).
  15. (es) Aitor Riveiro, « Iglesias sitúa a Errejón fuera del partido y anuncia que Podemos e IU se presentarán contra él en las autonómicas », sur eldiario.es, (consulté le 18 janvier 2019).
  16. (es) Javier García, « Errejón deja su escaño en el Congreso... pero no se va de Podemos: "Lo he fundado y sigo siendo militante" », sur 20minutos.es, (consulté le 22 janvier 2019).
  17. (es) « Podemos plantea ahora llegar a un acuerdo con Errejón para la Comunidad de Madrid », sur publico.es, (consulté le 28 janvier 2019).
  18. a b c et d Gaël Brustier, « «Construire le peuple»: Iñigo Errejon, l’homme qui bouscule les certitudes des gauches européennes », sur Slate, (consulté le 22 avril 2016).
  19. Rédaction, « Íñigo Errejón : "On gagne lorsque l’on cesse d'être le candidat de la gauche pour devenir celui de la dignité et de la souveraineté nationale" », sur Le Vent Se Lève, (consulté le 29 juillet 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]