Évrard des Barres

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Évrard des Barres
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Évrard des Barres lors de l'Assemblée des Croisés à Ptolémaïs en 1148
Fonctions
Grand maître de l'ordre du Temple
-
Maître de province de l'Ordre du Temple
-
Biographie
Naissance
Décès
Activité
TemplierVoir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
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Religion
Conflits
Armoiries Evrard des Barres.svg
blason

Évrard des Barres (ou Éverard des Barres, se prononce "évrar"-"dé"-"bar", e v ʁ a ʁ - d - b a ʁ), né en 1113 à Meaux en Champagne[1] et mort à Clairvaux le [2], est le troisième maître de l'ordre du Temple.

La date exacte de sa réception dans l'ordre n'est pas connue, mais il y rentre très jeune[3], si bien qu'à l'âge de trente ans, il est nommé précepteur de l'ordre pour la France, fonction qu'il occupe pendant quatre ans. En 1149[4] à la suite de la mort du précédent grand maître Robert de Craon[4], il est élu à la tête de des Templiers.

Évrard des Barres tient un rôle déterminant lors de la deuxième croisade et les bienfaits de ses Templiers sont largement loués par le roi de France Louis VII.

L'abbé de Saint-Denis Odon de Deuil, auteur d'une chronique consacrée à cette croisade, parle d'Évrard comme d'un « homme respectable par son caractère religieux et modèle de valeur pour les chevalier »[5].

Il abdique de sa fonction de grand maître en 1151 pour embrasser une vie monastique à l'abbaye de Clairvaux.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Évrard est né en à Meaux en Champagne. Il est issu d'une famille de sept frères, dont le père, Fredelus des Barres (alias Jean des Barres), est chevalier et seigneur d'Oissery, en Brie-Champenoise[6].

L'un des frères d'Évrard, Guillaume Ier des Barres (le quatrième[7] de la fratrie), est le premier membre historique reconnu de la maison des Barres.

Blason d'armes des Barres: d'azur, au chevron d'or, accompagné de trois coquilles du même. Tenants : deux sauvages. Couronne de comte.

Parcours dans l'ordre[modifier | modifier le code]

La date exacte et ses conditions de réception dans l'ordre sont peu documentées, mais l'on sait qu'il y rentre très jeune, si bien qu'à l'âge de 30 ans, en 1143[8], il fut nommé au poste précepteur de l'ordre pour la France[9], fonction qu'il occupe jusqu'en 1147[10].

C'est après le décès du précédent grand maître Robert de Craon le qu'il devient grand maître de l'ordre.

Rôle dans la deuxième croisade[modifier | modifier le code]

Le est réuni à Paris un chapitre général de l'Ordre du Temple. Évrard s'engage pour la deuxième croisade devant le pape Eugène III, Louis VII le Jeune, ses Templiers et de nombreux prélats. Il en est chef des armées au côté de Thierry d'Alsace[11], comte de Flandre.

Chapitre de l'Ordre du Temple tenu à Paris (22 avril 1147), tableau de Granet, 1844, dans la deuxième salle des Croisades, château de Versailles. Évrard des Barres pourrait être le Templier qui se tient debout à la gauche du roi.

En , dès le début de la progression de l'armée française en Anatolie, les Templiers font preuve de courage et de bravoure en sauvant Louis VII d'une embuscade turque dans les gorges de Pisidie, près du mont Cadmos[12]. Plus tard en , une grande assemblée est convoquée à Ptolémaïs pour y décider avec quels moyens renforcer le trône de Jérusalem. L’empereur Conrad, Louis VII le Jeune et Baudouin III, le jeune roi de Jérusalem, y sont accompagnés de leurs barons et de leurs chevaliers. Y siègent aussi les chefs du clergé, la reine Mélisende et la marquise d'Autriche assistent aussi aux délibérations. On y résout le siège de Damas.

Assemblée des croisés à Ptolémaïs, 1148

L'attaque est un échec et met fin à la croisade si bien que le roi se replie en Occident. Il charge alors le maître de l'ordre d'emprunter en son nom à Acre. Après s'être acquitté de cette mission, Évrard des Barres, embrasse à son retour de croisade une vie monastique à Clairvaux et, malgré les pressions des Templiers pour qu'il reste à leur tête, il abdique en 1152[13] et est remplacé par Bernard de Tramelay.

Abbaye de Clairvaux, située dans la commune de Ville-sous-la-Ferté, dans le département de l'Aube

Légendes et postérité[modifier | modifier le code]

Les Templiers, banquiers du royaume[modifier | modifier le code]

Lors d'une correspondance avec l'abbé Suger, qui assure la régence du royaume pendant son absence, Louis VII écrivit combien les services des Templiers avait été essentiels, et demande que le royaume rembourse les frais engagés par l'ordre au plus vite[14].

La lignée des Barres[modifier | modifier le code]

Divisée en neuf branches, ses nombreux rameaux se sont successivement répandus en Nivernais, en Orléanais, en Beauce, en Franche-Comté et en Bourgogne.

Présence des Templiers au Château de Tortose et à Savigny-le-Temple[modifier | modifier le code]

Selon Marion Melville, Il fut donné à la garde des chevaliers du Temple vers 1165. Mais une partie de la ville leur avait été donnée à la suite d'un raid de Nûr Ad-Dîn dès 1152, et le maître de l'ordre, Évrard des Barres, s'engagea à y reconstruire un château doté d'une chapelle".

Aussi, au retour de croisade, Louis VII décide de remercier les Templiers en leur donnant ses terres de Savigny-sur-Melun et toutes leurs dépendances.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Les Maitres de l'Ordre du Temple : Evrard des Barres », sur www.templiers.org (consulté le )
  2. David Bailie, L'Art de vérifier les dates, vol. 10, Moreau, imprimeur, (présentation en ligne)
  3. « Les Maitres de l'Ordre du Temple : Evrard des Barres », sur www.templiers.org (consulté le )
  4. a et b Congrégation de Saint-Maur Auteur du texte, Dictionnaire de l'art de vérifier les dates des faits historiques, des chartes, des chroniques et autres anciens monuments, depuis la naissance de Notre Seigneur jusqu'en l'an 1750... / d'après les religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, (lire en ligne)
  5. Odon de Deuil, Histoire des croisades / par Foulcher de Chartres. Histoire de la croisade de Louis VII / par Odon de Deuil, (lire en ligne), p. 316
  6. Jean-Baptiste-Pierre (1759-1834) Auteur du texte Courcelles, Histoire généalogique et héraldique des pairs de France, des grands dignitaires de la couronne, des principales familles nobles du royaume, et des maisons princières de l'Europe ... par M. le chevalier de Courcelles,..., 1822-1833 (lire en ligne)
  7. Étienne Pattou 2006-2016, p. 2 et 3.
  8. Demurger 2008, p. 202
  9. Alain Demurger, Les templiers : une chevalerie chrétienne au Moyen Age, Éd. du Seuil, dl 2008 (ISBN 978-2-7578-1122-1 et 2-7578-1122-3, OCLC 690351566, lire en ligne), p. 161
  10. Victor Carrière, Histoire et cartulaire des templiers de Provins : avec une introduction sur les débuts du Temple en France, Paris, Laffitte reprints, (réimpr. 1978), 231 p. (présentation en ligne), p. 25
  11. Jules Radu, Nouvelles méthodes. Lecture, écriture, calcul, grammaire, géographie, histoire générale, par Jules Radu,..., (lire en ligne), p. 531
  12. se situe entre la Phrygie de la Pisidie
  13. Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (1re éd. 2005), 664 p., poche (ISBN 978-2-7578-1122-1)
  14. Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, Paris, Seuil, coll. « Points Histoire », (1re éd. 2005), 664 p., poche (ISBN 978-2-7578-1122-1), p. 611.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources médiévales[modifier | modifier le code]

Ouvrages contemporains[modifier | modifier le code]

  • Alain Demurger, Les Templiers, une chevalerie chrétienne au Moyen Âge, , 2e éd. (1re éd. 2005), 664 p. (ISBN 978-2-7578-1122-1)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]