Évangiles de Noailles

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Évangiles de Noailles
Évangiles de Noailles - BNF Lat323 f7v (incipit).jpeg
Première page du texte du livre, f.7v.
Date
Entre et Voir et modifier les données sur Wikidata
Commanditaire
Technique
enluminures sur parchemin
Dimensions (H × L)
23,5 × 17 cmVoir et modifier les données sur Wikidata
Format
201 folios reliés
Collection
N° d’inventaire
Latin 323Voir et modifier les données sur Wikidata
Localisation

Le Évangiles de Noailles est un manuscrit enluminé contenant les quatre évangiles, copié et enluminé à l'école du palais de Charles le Chauve dans le troisième quart du IXe siècle. Il a appartenu aux collections d'Adrien Maurice de Noailles, maréchal de France, qui lui a donné son nom conventionnel. Il est actuellement conservé à la Bibliothèque nationale de France (Lat.323).

Historique[modifier | modifier le code]

L'origine du manuscrit n'est pas connue. Seul le style des enluminures permettent de le rattacher à un groupe de 6 manuscrits des évangiles exécutés au sein du palais de Charles II le Chauve. Un censier a été rédigé au XIIIe siècle sur les pages de garde de l'ouvrage (f.1v, 6 et 199v-201), mais aucune mention de lieu n'y est indiqué. Au XVIIIe siècle, il appartient aux collections de Adrien Maurice de Noailles, maréchal de France. Ce dernier vend une partie de cette collection à la bibliothèque royale en 1740-1741, devenue depuis bibliothèque nationale. Le descriptif du manuscrit à son arrivée mentionne alors qu'il « a servi à l'empereur Charles le Chauve et il a encore les couvertures de ce tems là »[1].

Description[modifier | modifier le code]

Texte[modifier | modifier le code]

Il s'agit du texte des évangiles conforme à la Vulgate, accompagné de ses traditionnels préfaces[2] :

  • l'épître de saint Jérôme (f.7v-10v.)
  • le prologue (incomplet) (f.10v-12)
  • la lettre d'Eusèbe (f.12v-13)
  • les canons de concordances (f.13v-19v.)
  • l'évangile de Matthieu et son prologue (f.20-66v.)
  • l'évangile de Marc et son prologue (f.67-98v.)
  • l'évangile de Luc et son prologue (f.99-148)
  • l'évangile de Jean et son prologue (f.148-184)
  • la répartition des chapitres des évangiles en fonction des jours de l'année (f.184v-199v.)

Décorations[modifier | modifier le code]

Le manuscrit a probablement été décoré par des artistes de l'entourage de Charles II le Chauve, comme plusieurs autres manuscrits désignés sous le nom d'école du palais de Charles le Chauve. Contrairement aux autres manuscrits, celui n'est pas écrit à l'encre d'or mais brune. Seules les rubriques sont dorées et inscrites dans des bandes sur fond pourpre. Comme les autres manuscrits, les canons et les incipits sont entourés de cadres multicolores et rehaussés de points blancs[1].

Il contient en début d'ouvrage une représentation du Christ en majesté, peint en or sur un fond pourpre (f.13v.) puis les portraits de chaque évangéliste en pleine page au début de chaque évangile (f.71, Marc ; f.104, Luc ; f.150, Jean). Seul le portrait de Matthieu manque. Le style des personnages est marqué par l'influence du scriptorium de Tours[1].

Reliure[modifier | modifier le code]

La reliure actuelle du livre a été refaite en 1806 par un relieur du nom de Bozerian Jeune. Il a réutilisé pour cela les deux plaques d'ivoire d'éléphant de la reliure originelle, qui ont été produites aussi au sein d'un atelier de l'entourage de Charles le Chauve. Elles n'ont pas exactement la même taille et n'étaient peut-être pas destinées au même manuscrit à l'origine. Le plat supérieur représente le Christ en gloire assis dans une mandorle, entouré de deux anges, et de saint Paul et saint Pierre qui tendent un linge pour recevoir respectivement la loi et les clés du paradis. Le dieu Océan est représenté au pied du Christ avec deux pinces de crabe sur la tête. Le plat inférieur représente la Vierge et l'Enfant Odigitria, marqué par l'influence italienne et byzantine, entourée de deux anges qui montrent une influence plus carolingienne[1].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (de) Wilhelm Koehler, Florentine Mütherich, Die Karolingischen Miniaturen, tome 5, Deutscher Verlag für Kunstwissenschaft, Berlin 1982, p. 110-112
  • Marie-Pierre Laffitte et Charlotte Denoël, Trésors carolingiens : Livres manuscrits de Charlemagne à Charles le Chauve, Bibliothèque nationale de France - Seuil, , 240 p. (ISBN 978-2-7177-2377-9), p. 113-115 (notice 17)
  • Marie-Pierre Laffitte et Valérie Goupil, Reliures précieuses, Paris, Herscher : Bibliothèque nationale, 1991 (ISBN 2-7335-0191-7) planches 23-24

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Laffitte et Denoël 2007, p. 113-115
  2. Notice du catalogue de la BNF