Éva Circé-Côté

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Éva Circé-Côté

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Éva Circé-Côté

Nom de naissance Éva Circé[1]
Autres noms Pseudonymes : Colombine, Musette, Jean Nay, Fantasio, Arthur Maheu, Julien Saint-Michel, Paul S. Bédard
Activités Écrivaine, journaliste, bibliothécaire
Naissance 31 janvier 1871
à Montréal (Québec)
Décès 4 mai 1949 (à 78 ans)
à Montréal
Langue d'écriture Français
Genres Théâtre, essai

Œuvres principales

  • Bleu, Blanc, Rouge (1903)
  • Papineau, son influence sur la pensée canadienne (1924)

Compléments

Éva Circé-Côté, aussi connue comme Ève Circé-Côté, (née le 31 janvier 1871 à Montréal, morte le 4 mai 1949 à Montréal) est une journaliste, une dramaturge et une bibliothécaire québécoise. Elle est aussi connue pour son militantisme en faveur de l'éducation, contre l'ingérence du clergé dans la politique et pour l'émancipation des femmes.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est la fille d'Ezilda Décarie (1846-1926) et de Narcisse Circé (1842-1911), marchand de Montréal[2]. Elle fait ses études au couvent des Sœurs de Sainte-Anne, à Lachine[3].

En 1900, alors qu'elle est déjà connue comme poète et comme conférencière, elle entreprend sa carrière journalistique dans Les Débats. Ses essais et ses poèmes lui attirent des critiques élogieuses. De 1900 à 1942, elle collabore aux journaux L'Avenir, Le Monde illustré, L'Avenir du Nord, Le Nationaliste[3], Le Pays et Le Monde ouvrier[4]. En 1902, avec d'autres jeunes écrivains[5], elle fonde L'Étincelle, un journal littéraire. Elle signe quelque 1100 chroniques dans divers journaux d'opinion, sous les pseudonymes de Colombine, Musette, Jean Nay, Fantasio, Arthur Maheu, Julien Saint-Michel, Paul S. Bédard[6]. Francophile, elle intitule son recueil de poèmes et d'essais Bleu, Blanc, Rouge.

En 1903, elle est nommée première bibliothécaire de la Bibliothèque technique, la première bibliothèque publique de Montréal. Elle aura le titre de bibliothécaire adjointe de la bibliothèque de la ville de Montréal de 1915 à 1932[6].

En 1905, elle épouse le docteur Pierre-Salomon Côté, qui est connu comme le médecin des pauvres[6] du quartier Saint-Jean-Baptiste. Ils ont une fille, Ève. Après le décès de son mari en 1909, conformément à ses dernières volontés, elle le fait incinérer, ce qui lui attire la foudre des journaux catholiques[6]. Elle fréquente les milieux progressistes et francs-maçons[7] de Montréal[6].

Dès la fin du XIXe siècle, elle prononce des conférences sur l'éducation des filles[6]. En 1908, avec la journaliste Georgina Bélanger[8], elle ouvre à Montréal un lycée laïc pour filles, qui ferme toutefois en 1910[9]. En janvier 1910, elle entame sa collaboration à l'hebdomadaire libéral radical Le Pays dirigé par Godfroy Langlois. Dès la fondation du Monde ouvrier par Gustave Francq, elle se joint à son l'équipe et publie dans le journal syndical jusqu'en 1942. À partir de 1937, elle publie aussi dans le journal protestant francophone L'Aurore.

Ses quatre pièces de théâtre, des drames historiques ou des satires comiques, se méritent chacune un prix. En 1922, elle est élue vice-présidente de la section française de la Société des auteurs canadiens dont elle est membre fondatrice.

Libérale et progressiste, elle dénonce l'impérialisme, l'antisémitisme et le pouvoir religieux[6] de l'époque au Québec. Elle lutte pour la libre pensée, la séparation de l'Église et de l'État, l'éducation gratuite, obligatoire et laïque[6]. Féministe, elle affirme que « L'heure de l'évolution d'un peuple sonne quand la femme cesse d'être esclave. »[6] Elle défend les droits des travailleuses et réclame la réforme des dispositions du Code civil sur le statut des femmes mariées[6].

Admiratrice des Patriotes et de Louis-Joseph Papineau, en 1924 elle publie Papineau. Son influence sur la pensée canadienne. Essai de psychologie historique.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Pièces de théâtre

  • 1903 : Hindelang et DeLorimier (drame historique, cinq actes)
  • 1904 : Le Fumeur endiablé (comédie, 1 acte)
  • 1921 : Maisonneuve (drame historique, 4 actes)
  • 1922 : L'Anglomanie (comédie, 3 actes, prix de l'Action française)

Poésie

  • 1903 : Bleu, Blanc, Rouge. Poésie, paysages, causeries. (recueil de poèmes et d'essais, sous le pseudonyme Colombine), Déom Frères éditeurs, Montréal, 1903

Essai

  • 1924 : Papineau, son influence sur la pensée canadienne; essai de psychologie historique (essai), Ève Circé-Côté (éditeur), R.A. Regnault & cie imprimeurs, Montréal, 1924. Réédition : Lux, Montréal, 2002, 266 pages (ISBN 978-2-922494-54-9).

Articles

Sélection de textes reproduits en ligne :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Lisette Girouard, « Reconnaissances. Éva, Colombine, Julien », dans Arcade, 23 (hiver 1992), p. 61-65.
  • Andrée Lévesque, Éva Circé-Côté libre penseuse 1871-1949, Montréal, Remue-ménage, 2010, 478p.
  • Andrée Lévesque, « Les Québécoises et leur citoyenneté. La citoyenneté selon Éva Circé-Côté », dans Hans Ulrich Jost, Monique Pavillon et François Valloton, dir., La Politique des droits. Citoyenneté et construction des genres aux 19e et 20e siècles, Paris, Éditions Kimé, 1994.
  • Jenne MacLean, Parrots, Picnics and Psychic Phenomena: The Feminism, Nationalism and Social Reform of Eva Circé-Côté in Le monde ouvrier's Montreal, 1900–1940, mémoire de maîtrise, Queen's University, Toronto, 2000.
  • Andrée Lévesque, « Dix utopies qui ont forgé le Québec - Éva Circé-Côté, l'oubliée de la lutte pour l'égalité », dans Le Devoir, 11 juillet 2005
  • Andrée Lévesque, « Une visionnaire oubliée: Éva Circé-Côté (1871-1949) » dans J.-P. Warren, Mémoires d’un avenir, Montréal, Nota Bene, 2006.
  • Andrée Lévesque, « Social relations in Québec from 1900 to 1939 as seen through the eyes of a woman of letters: Éva Circé-Côté. » dans Nachdenken über das Soziale: Global, Lokal, individuell, Gesellschaft für Kanada-Studien, Association des études canadiennes, 2006, p. 36-46.
  • Andrée Lévesque, « Éva Circé-Côté, journaliste au-delà de la singularité: 1900-1916 ». Colloque « Femmes et médias », Université Laval, 28 septembre, dans Josette Brun, dir., Interrelations femmes-médias dans l'Amérique française, Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2009.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Baptisée Marie Arzélie Éva Circé. (réf. : www.nosorigines.qc.ca)
  2. Ils ont eu douze enfants, dont seulement trois atteignent l'âge adulte. (Lévesque, « Dix utopies qui ont forgé le Québec - Éva Circé-Côté, l'oubliée de la lutte pour l'égalité », dans Le Devoir, 11 juillet 2005)
  3. a et b Raphaël Ouimet, Biographies canadiennes-françaises, 4è année, Montréal, 1924, 564 pages, p. 459
  4. Andrée Lévesque, « Éva Circé-Côté (1871-1949) Femme de lettres », dans Bilan du siècle, Université de Sherbrooke, 5 novembre 2005, consulté le 5 novembre 2008
  5. Dont Charles Gill et Arsène Bessette. (Ouimet, Biographies canadiennes-françaises, op. cit.)
  6. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Andrée Lévesque, « Dix utopies qui ont forgé le Québec - Éva Circé-Côté, l'oubliée de la lutte pour l'égalité », dans Le Devoir, 11 juillet 2005
  7. Elle a des amis à la loge L'Émancipation et à la loge Force et Courage. Elle n'en est pas membre, les femmes n'y étant d'ailleurs pas admises. (Lévesque, « Dix utopies qui ont forgé le Québec... », op. cit.)
  8. Georgina Bélanger écrit sous divers pseudonymes, dont Gaëtane de Montreuil, notamment dans La Presse. (Lévesque, « Cent ans d'études supérieures pour les filles à Montréal », dans Le Devoir, 29 septembre 2008)
  9. « Cent ans d'études supérieures pour les filles à Montréal », dans Le Devoir, 29 septembre 2008

Lien externe[modifier | modifier le code]