Évêché d'Halberstadt

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Évêché d’Halberstadt
Bistum Halberstadt de

804-1648

Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
Les prince-évêchés d’Halberstadt, Hildesheim et Magdebourg (en violet), vers l'an 1250
Informations générales
Statut Principauté ecclésiastique, membre du Saint-Empire romain germanique
Capitale Halberstadt
Démographie
Population 101 000 hab. (1806)
Superficie
Superficie 1 503,5 km² (1806)
Histoire et événements
804 Création de l’évêché
1180 Prince-évêché
1648 Sécularisé par les Traités de Westphalie

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L’évêché d’Halberstadt est un ancien évêché fondé en 804, diocèse suffragant de la Province ecclésiastique de Mayence, dont le siège a été localisé à Halberstadt en Saxe. Avec le diocèse de Hildesheim, il fut un cœur de l’évangélisation de la région d'Ostphalie dans la Saxe païenne à l’époque carolingienne. Le prince-évêché d’Halberstadt (en allemand : Hochstift Halberstadt), une principauté ecclésiastique historique du Saint-Empire romain, a été formé vers l'an 1180.

Dans le contexte de la Réforme, des évêques protestants ont été ordonnés à partir de l'année 1566. Après la guerre de Trente ans, en 1648, l’évêché fut sécularisé et la principauté devint alors un fief laïque dirigé par les électeurs de Brandebourg-Prusse.

Histoire[modifier | modifier le code]

À la différence des autres peuples germaniques, les Saxons étaient encore au début du IXe siècle un peuple païen, sacrifiant aux divinités germaniques, et cela malgré diverses mesures spectaculaires comme la destruction d’Irminsul. Selon une charte de l’empereur Louis le Pieux, son père Charlemagne, au terme de 30 ans de guerre des Saxons, décida en 804 d'établir un premier évêché à Seligenstadt (Osterwieck) : par un capitulaire du 2 septembre 814, Louis attribua à l’évêque Hildegrin de Châlons, élève d'Alcuin à l’Académie palatine, l’autorité sur un nouveau diocèse à Halberstadt.

Certains historiens ont constaté que le document était selon toute vraisemblance un faux et que Hildegrin n’était jamais nommé évêque d’Halberstadt. Néanmoins, il prêchait la foi chrétienne dans l’Estphalie et une premiére église à Halberstadt est évoquée en 859. Dans un acte du roi Louis IV de Germanie de 902, l'existence de l’évêché est confirmée, s'étendant au nord jusqu'aux vallées de l’Aller et de l’Ohre, à l’est jusqu’à l’Elbe et la Saale, à l'ouest jusqu'à Oker, au sud-ouest jusqu'au pays d’Unstrut, Helme et Wipper et au sud jusqu’à Mersebourg et Zeitz. La région doit à la création de cette mission son premier développement culturel et économique.

Les projets de l'empereur Othon Ier de transférer le siège du diocèse à Magdebourg furent d'abord un échec, mais à long terme Halberstadt dut céder l’autorité sur la moitié est du pays à l'archevêché de Magdebourg fondé en 967. L’évêché reçut de l’empereur Henri III de nombreux droits comtaux, qui furent mis à profit pour se tailler dans le pays avoisinant un territoire en propre[1]. De 1036 à 1059, Burckard Ier, l’ancien chancelier de Conrad II, fut évêque d’Halberstadt. Il eut pour successeur Burckard II, un neveu de l’archevêque de Cologne Annon, partisan d’Hildebrand qui deviendra pape sous le nom de Grégoire VII, et qui appuya l'élection d’Alexandre II, ce qui déclencha la colère de l’empereur Henri IV.

Le prince-évêché d’Halberstadt vers 1400

Dans le territoire de l'ancien duché de Saxe, le prince-évêché se manifesté après la destitution du duc Henri le Lion par l'empereur Frédéric Barberousse en 1180. En 1479, l’archevêque Ernest de Magdebourg fut nommé « administrateur » du diocèse, union personnelle qui ne prit fin qu'en 1566 avec l’entrée en fonctions de l’évêque Henri-Jules : ce dernier fut d'ailleurs le premier évêque non-catholique d’Halberstadt. Le prince-évêché faisait partie du Cercle de Basse-Saxe, constitué en 1500.

Les bourgeois de la ville, gagnés aux idées de la Réforme, achetèrent en 1540 à l’archevêque de Magdebourg leur liberté de culte. Puis à l’issue de la Guerre de trente ans, en 1648, le diocèse d’Halberstadt fut sécularisé, son territoire annexé à l’Électorat de Brandebourg sous le nom de principauté d’Halberstadt. Les derniers catholiques se fédérèrent en 1669 en vicariat apostolique du Nord.

Le jubilé des 1 200 ans du diocèse a été commémoré en 2004 par force défilés, expositions et concerts.

Frontières et organisation[modifier | modifier le code]

Reconstitution de la résidence épiscopale de Groningue, aujourd’hui disparue

L'évêché, qui comprenait près de 100 institutions, monastères et commanderies, s'organisa au début du XIIIe siècle en 13 archidiaconats, nombre porté même à 37 à la fin des années 1400. Ces fiefs ecclésiastiques étaient le plus souvent administrés par des vidames, qui se faisaient eux-mêmes le plus souvent représenter par des archiprêtres. Ces officiers disposaient d'une administration en propre qui leur permettait dans une certaine mesure d'exercer un pouvoir temporel en marge des juridictions ecclésiastiques. Aux marches de l'évêché, certains d'entre eux bénéficiaient d'un adjoint.

Au sein de la petite principauté temporelle de l'évêque apparut au XIIIe siècle un avoué, chargé de prélever les contributions des vassaux de l'évêque. À partir de 1339, un conseil diocésain de clercs et de laïcs a exercé, présidé à la fin du XVe siècle par le chancelier. Outre le Conseiller des Finances, l'évêque nomma pour la première fois en 1377 un capitaine de l’Église, chargé des questions militaires de la principauté.

De même que le clergé était divisé en archidiaconats, le pouvoir temporel était organisé en bailliages et octrois.

Le chapitre[modifier | modifier le code]

Le territoire d’Halberstadt vers 1750

Le chapitre de chanoines, dont mention n'est faite dans les textes qu'à partir du XIIe siècle, était formé pour l’essentiel d’aristocrates de Basse-Saxe, où jusqu’au XVe siècle la haute-noblesse avait préséance. Les 22 chanoines étaient élus, mais le pape intervint de plus en plus souvent dans le scrutin. Les dignitaires étaient le prévôt, le doyen du chapitre et le grand cellérier, le vidame le cédant de plus en plus en influence au doyen à partir du XVe siècle.

Bien qu’en 1648 le diocèse fût sécularisé, le chapitre continua de siéger jusqu’à son suspension par le gouvernement du royaume de Westphalie en 1810.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rudi Fischer: 800 Jahre Calvörde – Eine Chronik bis 1991

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]