Étroit du Siaix

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L'Étroit du Siaix est un étroit situé en France dans la vallée de la Tarentaise où coule l'Isère, sur la commune de Saint Marcel en Savoie.

Description[modifier | modifier le code]

L’Étroit du Siaix qui tire son nom du latin saxum : le rocher, est un verrou glaciaire formé par deux rochers déchirés par le passage des eaux tumultueuses de l'Isère. Il culmine à 1 100 mètres avec le Dos de l'Aigle rive droite et 1 185 mètres avec Le Torrond rive gauche[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

Les premiers habitants de Tarentaise n'avait pas la technique pour édifier des murs de soutènement ou percer des tunnels, aussi pour franchir cet impressionnant verrou naturel sur la route de l'Italie, les Ceutrons durent aménager un passage le long de l'Isère au fond de l'étroit suivant un chemin utilisé antérieurement (IIIe millénaire av. J.-C.). L’Étroit du Siaix aurait peut-être vu le combat le plus meurtrier que l'armée d'Hannibal a subi durant son passage des Alpes en -218. Polybe en décrit les péripéties mais sans donner de précision géographique[2], la concordance avec la topographie des lieux est hypothétique.

Tunnel du Siaix entre 1913 et 1920.

Les Romains pour faciliter le passage des Alpes par les Légions de César, ont réaménagé l'ancien chemin préhistorique. C'est la voie romaine de l'Alpis Graia construite entre 45 av. J.-C. et le Ier siècle de notre ère. Au niveau de l'étroit du Siaix la voie suit le tracé du vieux chemin Ceutron en longeant le cours de l’Isère. Cette voie romaine ne fait que 3 mètres de large (un mur de 3,6 mètres de haut et 16 mètres de long subsiste)[3]. Ce passage est utilisé jusqu'en 1766.

Les crues de l'Isère et les éboulements réguliers de la falaise rendent périlleux la traversée de ce défilé. Pour protéger les voyageurs qui empruntent l'antique voie, Charles-Emmanuel III ordonne l'aménagement d'un nouveau passage. Son tracé abandonne le fond de la vallée pour un passage plus osé mais mieux protégé des chutes de pierres. Construite à flanc de montagne, cette route Sarde (ou route Napoléon) demande un grand savoir-faire au vu des longueurs et des hauteurs des murs de soutènement à réaliser. Malgré l'importance des travaux, la route est toujours menacée et est régulièrement coupée par des blocs de pierre.

Pour pallier ce problème un projet de nouvelle route est étudié dès 1866. Des tunnels sont percés entre 1872 et 1874 pour parer aux chutes et éboulis de roche. Cette route est utilisée jusqu'en 1990 par des milliers de touristes fréquentant les stations de sports d'hivers de Haute-Tarentaise : Tignes, Val-d'Isère, La Plagne... . Le percement du tunnel du Siaix en 1990 apporte une solution définitive au problème d’instabilité de la falaise et permet d'accroitre le trafic sur cet axe très fréquenté en période hivernale.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Geoportail.fr », IGN (consulté le 6 novembre 2011)
  2. Polybe, Histoires, livre III, X [1]
  3. Aimé Bocquet, Hannibal chez les Allobroges: 218 avant Jésus-Christ La Grande Traversée des Alpes, La Fontaine de Siloé, , 221 p. (ISBN 9782842064198)