Étoile de type B à pulsation lente

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Une étoile de type B à pulsation lente[1] (en anglais slowly pulsating B-type star, abrégé SPB), anciennement connue comme une (étoile) variable de type 53 Persei, est un type d'étoile variable pulsante. Il s'agit d'étoiles de la séquence principale de type B2 à B9 (c'est-à-dire 3 à 9 fois plus massive que le Soleil) qui pulsent avec des périodes comprises entre une demi-journée et cinq jours environ[2] ; en fait, la plupart des étoiles de ce type combinent plusieurs périodes d'oscillation[3]. Elles montrent une variabilité à la fois dans leur luminosité et dans le profil de leurs raies spectrales. La variation en luminosité est généralement inférieure à 0,1 magnitude[2], si bien que leurs variations sont difficilement perceptibles à l’œil nu. La variabilité de ces étoiles s'accroît quand on les observe dans des longueurs d'ondes plus courtes[3], si bien qu'elle est plus évidente dans l'ultraviolet qu'en lumière visible. Leurs pulsations sont non-radiales, c'est-à-dire qu'elles varient en forme mais pas en volume ; certaines parties de l'étoile s'étendent, tandis qu'au même moment d'autres se contractent[4].

Les étoiles de type B à pulsation lente ont été identifiées pour la première fois par les astronomes Christoffel Waelkens et Fredy Rufener en 1985 alors qu'ils analysaient la variabilité des étoiles bleues, chaudes. Les améliorations réalisées en photométrie ont permis de mettre plus facilement en évidence de petites variations de magnitude, et ils ont alors trouvé qu'une grande partie des étoiles chaudes étaient intrinsèquement variables. Il les ont désignées en tant qu'étoiles de type 53 Persei d'après leur prototype, 53 Persei[5]. Dix d'entre-elles étaient connues en 1993. Cependant, Waelkens n'était pas certain que leur prototype en soit effectivement membre, et il recommanda de désigner le groupe comme les étoiles de type B à pulsation lente (slowly pulsating B (SPB) stars)[3]. Le General Catalogue of Variable Stars utilise l'acronyme LPB pour désigner les « étoiles pulsantes de type B à période comparativement longue (dépassant un jour) » [6], bien que cette terminologie soit rarement utilisée ailleurs[7].

Les variables de type Beta Cephei voisines ont des périodes plus courtes et pulsent selon le mode p, alors que les étoiles SPB pulsent selon le mode g[8]. En 2007, 51 étoiles SPB étaient confirmées et 65 autres étoiles étaient considérées comme en étant possiblement membres. Six étoiles, Iota Herculis, 53 Piscium, Nu Eridani, Gamma Pegasi, HD 13745 (V354 Persei) et 53 Arietis montent à la fois une variabilité de type Beta Cephei et de type SPB[9].

Liste[modifier | modifier le code]

La liste suivant contient une sélection d'étoiles de type B à pulsation lente qui sont d'intérêt pour les astronomes amateurs ou professsionnels. Sauf mention contraire, les magnitudes données sont dans la bande V.

Étoile
Magnitude
moyenne
Type
spectral
Période
(jours)
Distance
(parsecs)
Gamma Pegasi 2,84 B2IV [note 1] 113
Zeta Pegasi 3,41 B8V 0,96 63
Omicron Velorum 3,63 B3IV 2,80 151
Iota Herculis 3,80 B3IV 3,49 139
Gamma Muscae 3,88 B3V 2,73 100
Tau Herculis 3,90 B5IV 1,25 94
Nu Eridani 3,92 B2III [note 1] 207
Mu Eridani 4,00 B5IV [note 2] 160
Rho Lupi 4,05 B5V 0,45 97
HD 105382 4,47 B6IIIe 1,30 134
Tau8 Eridani 4,63 B5V 0,86 116
Nu Pavonis 4,64 B7III 0,86 135
HY Velorum 4,82 B3IV 1,55 148
HD 131120 5,01 B7IIIp 1,57 151
HR 5780 5,17 B5V 1,26 122
3 Vulpeculae 5,19 B6III 1,26 120
12 Lacertae 5,23 B2III [note 1] 411
WZ Columbae 5,29 B9,5V 1,38 131
V575 Persei 5,30 B5V 166
Xi Octantis 5,31 B6V 1,77 151
40 Tauri 5,33 B5V 1,53 196
25 Serpentis 5,39 B8III 0,87 188
GU Eridani 5,43 B5IV 1,87 200
HR 3600 5,54 B5V 132
KL Velorum 5,56[6] B8 2,91 212
HD 1976 5,58 B5IV 1,06 307
V450 Carinae 5,64 B9III+B8V 1,65 151
EO Leonis 5,66 B2V 2,78 289
V539 Arae 5,71 B2/B3Vnn [note 2] 303
HD 128207 5,73 B8V 0,48 147
HD 27563 5,84 B5III 3,80 242
26 Canis Majoris 5,90 B2IV/V 2,73 257
16 Monocerotis 5,92 B3V 1,94 263
V335 Velorum 5,93 B,25III 3,76 704
V869 Centauri 5,96 B9IV 1,46 251
V363 Puppis 5,97 B2,5V+B9V 0,70 278
V433 Aurigae 5,99 B2IV-V 4,64 325
V1141 Tauri 6,00 B8IV-V 0,62 170
HD 206540 6,05 B5IV 1,39 215
HR 1397 6,07 B6IV 1,26 198
V576 Persei 6,09 B7V 0,84 159
V2100 Cygni 6,11 B5III 2,61 239
HR 2517 6,15 B2,5III 2,56 2500
V492 Carinae 6,18 B3V 1,06 370
HR 1328 6,20 B9V 0,38 121
V4199 Sagittarii 6,26 B5III 1,24 240
HR 3562 6,26 B3IV 370
V4198 Sagittarii 6,28 B8V 1,19 186
V377 Lacertae 6,32 B7III 2,62 305
DY Chamaeleontis 6,32 B8IV 0,97 236
HR 2680 6,33 B3V [note 2] 258
V473 Carinae 6,35 B5V 0,95 218
V405 Lacertae 6,37 B5V 1,02 170
HD 34798 6,39 B5Vs 1,28 263
HD 176582 6,40 B5V 1,58 292
V1377 Orionis 6,41 B3III 1,01 476
HR 8768 6,42 B2V 3,25 326
GY Eridani 6,42 B3V 1,33 220
QZ Velorum 6,49 B1IIIn 1,03 813
V550 Lyrae 6,49 B3V 1,69 379
HD 208727 6,50 B8V 0,32 330
HD 43317 6,61 B3IV [note 1] 369
23 Sextantis 6,64 B3,2IV [note 1] 769
HD 33331 6,90 B5III 1,15 296
HD 163868 7,36 B5Ve [note 3] 588
HD 163899 8,30 B2Ib/II 23,20
HD 50209 8,36 B9Ve 0,67 694

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Également une variable de type Beta Cephei
  2. a b et c Également une variable de type Algol
  3. Également une étoile à enveloppe

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Le Télescope Spatial MOST », sur astro-canada.ca (consulté le 19 janvier 2020)
  2. a et b (en) S. A. Otero, C. Watson et P. Wils, « Variable Star Type Designations in the VSX », sur The International Variable Star Index, Association américaine des observateurs d'étoiles variables (consulté le 19 janvier 2020)
  3. a b et c (en) Christoffel Waelkens, New Perspectives on Stellar Pulsation and Pulsating Variable Stars: IAU Colloquium 139, J. M. NEMEC (Ed), Jaymie M. Matthews, , 180–82 p. (ISBN 978-0-521-44382-1, lire en ligne), « Slowly Pulsating B Stars »
  4. (en) John R. Percy, Understanding Variable Stars, Cambridge University Press, , 137–38, 200–02 p. (ISBN 978-1-139-46328-7, lire en ligne)
  5. (en) Christoffel Waelkens et Fredy Rufener, « Photometric variability of mid-B stars », Astronomy & Astrophysics, vol. 152, no 1,‎ , p. 6–14 (Bibcode 1985A&A...152....6W)
  6. a et b (en) N. N Samus', E. V. Kazarovets et al., « General Catalogue of Variable Stars: Version GCVS 5.1 », Astronomy Reports, vol. 61, no 1,‎ , p. 80-88 (DOI 10.1134/S1063772917010085, Bibcode 2017ARep...61...80S, lire en ligne)
  7. (en) « Variable star type designations in VSX », sur The International Variable Star Index, Association américaine des observateurs d'étoiles variables (consulté le 19 janvier 2020)
  8. (en) A. Miglio, « Revised instability domains of SPB and β Cephei stars », Communications in Asteroseismology, vol. 151,‎ , p. 48–56 (ISSN 1021-2043, DOI 10.1553/cia151s48, Bibcode 2007CoAst.151...48M, arXiv 0706.3632)
  9. (en) P. de Cat, « Observational Asteroseismology of slowly pulsating B stars », Communications in Asteroseismology, vol. 150,‎ , p. 167–74 (DOI 10.1553/cia150s167, Bibcode 2007CoAst.150..167D)