Étienne Tabourot

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Étienne Tabourot
Description de l'image Etienne Tabourot.jpg.
Alias
Seigneur des Accords
Le Sieur des Accords
Naissance 1547
à Dijon
Décès 1590
à Dijon
Activité principale
Écrivain,Procureur du roi au bailliage de Dijon
Auteur
Langue d’écriture Français , latin
Mouvement Humaniste

Œuvres principales

  • Les Bigarrures
  • Les Touches
  • Les Apophtegmes du sieur Gaulard
  • les Escraignes dijonnoises

Étienne Tabourot, poète et écrivain décédé à l'âge de 41 ans sur son lieu de naissance (Dijon). En plus d'être un homme de lettres, il fut procureur pour le roi au bailliage de Dijon c'est-à-dire un agent de l’autorité du roi. On le qualifie « d’humaniste à l’esprit facétieux » signifiant qu’il aime bien faire des plaisanteries.

Biographie[modifier | modifier le code]

Durant toute sa vie (1549 -1590) Etienne Tabourot se fait appeler de différentes manières c’est ce qu’on appelle un pseudonyme ou encore un nom de plume:

  • Étienne Tabourot des Accords ;
  • Seigneur Des Accords ;
  • André Pasquet ;
  • Joannes-Baptista Lichardus.

Le fait d’utiliser un autre nom est une manière pour Etienne Tabourot de passer inaperçu, ayant une forme d’écriture assez comique voire farceuse. Il obtient ces différentes appellations par la devise « à tous accords », qu’il a mis à la fin d’un sonnet.


Vers l’âge de dix-sept ans, il publie son premier recueil. Il s’exerce sur des tours de force poétiques, ce qui fut un exploit pour son jeune âge. Puis plus tard dans sa vie, lors de la sortie de sa première œuvre, qui connaît un très grand succès jusqu’au XVIIe siècle, il définit son projet comme divertissant et instructif pour son public.

En 1572 est imprimé, à Paris, les bigarrures et les Touches du seigneur des accords, ce qui engendre plusieurs rééditions jusqu’en 1662. Elle est conçue avec un mélange de différents sujets et de formes diverses, ce qui lui permet une connaissance profonde et vaste dans son écrit.


Dans les années 1582, Andrès Pasquet alias Etienne Tabourot va acheter un bureau de « procureur du roi » dans la juridiction de dijon, puis devient par la suite un membre actif de la Ligue Catholique pendant les nombreuses guerres de religion Française.


Étienne Tabourot des  Accord, doit sa célébrité à quatre ouvrages:

  • Les bigarrure (1583-1588)
  • Les touches (1585-1588)
  • Les apophtegmes du sieur Gaulard et les Escraignes dijonnaises (1603).

Les bigarrures est un livre attaché à des questions de langage, de rhétorique et poétique, qui a pour but : l’invention et la praticité (des lettres rébus, mais encore les équivoques, les anagrammes, les singularités du vers français…)


Durant sa vie, il fonde, augmente puis édite Le Dictionnaire des rimes Françaises de Jehan Le Fèvre à Paris dans les années 1588. Il a également écrit des œuvres en latin.  

Résolution d’une énigme[modifier | modifier le code]

Etape N°1: retranscrire la graphie du XVIe en graphie du XXIe


Tout d’abord, les énigmes du XVIe sont écrites en ancien/moyen français, compliquant ainsi la tâche de la résolution pour nous, lecteurs modernes. Notre première étape sera donc la retranscription de certains termes de l’énigme, sauf ceux qu’il n’est pas nécessaire de modifier, comme par exemple:

  • Les s longues devenant des s du XXIe
  • Les i en j lorsque nous le devons
  • déchiffrer les diacritiques


Nos deux énigmes étant des rébus, nous n’avons aucun besoin de traduire,sauf pour les termes que nous ne comprenons pas dans le rébus.


Etape N°2: comprendre le sens et le lexique de l’énigme


Le français dans lequel est écrit la solution étant différent de celui que nous connaissons, il faut donc en traduire le sens pour mieux la comprendre. Afin de faire ceci, nous avons quelques outils à notre disposition, tels que Le Dictionnaire du Moyen Français ou bien encore le site Trésor de la langue française. Nous pouvons donc comprendre que le terme “mors” est la barre métallique qu’à le cheval dans sa bouche qui, relié aux rênes, contraint l’animal à obéir à son cavalier, confondu dans le rébus avec le terme “mort” désignant la fin de la vie.


Étape N°3: retrouver l’énigme dans son ouvrage.


Pour retrouver l’énigme dans l'œuvre, on peut utiliser des signatures qui se retrouvent dans le paratexte afin de trouver sa place dans l’ouvrage dont il est issu.

En revanche dans les rébus présentés il n’y a aucune indication pour les retrouver dans l'œuvre.


Étape N°4: trouver le titre, la date et l’auteur.


Afin de trouver une énigme il y a deux solutions, soit en cherchant des indices dans le texte (dates, annotations) ou des outils de recherches sur internet tels que Gallica ou Google Books.

Ici, afin de trouver nos rébus, nous pouvons rechercher sur Gallica en tapant entre guillemets dans la barre de recherche un ver de l’énigme.


Etape N° 5: Résolution d’une énigme


Il est tout à fait possible de rencontrer deux types d’ouvrage d’énigmes:

  • Des énigmes avec solution
  • Des énigmes sans solution ⇒ le lecteur est dans l’obligation de réfléchir afin de trouver la ou les solutions.


Si l’on revient à notre énigme, on peut constater que nous disposons de la solution avec quelques explications juste en dessous  à la suite du rébus.

La solution donnée par l’auteur est « bran autour du cu mors dedans” et pour la deuxième, la solution étant “Deux coeurs en un, s’entre aimer jusqu’à la fin, comme au commencement.”.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Fort précoce, Tabourot était encore élevé au collège de Bourgogne à Paris, lorsqu’il fit La Coupe et La Marmite, pièces où la mesure variée des vers figurait l’objet décrit. À dix-sept ans, il publiait son premier recueil consistant essentiellement en tours de force poétiques très en faveur à son époque : acrostiches, anagrammes, échos, rébus, contrepèteries, vers léonins, monosyllabiques, rapportés, lettrisés, etc.

Il fit des poésies d’un esprit ingénieux, des épigrammes bien tournées, des pièces d’une gaieté rabelaisienne et même quelques stances graves. Il a publié plusieurs ouvrages facétieux, le plus connu est Les Bigarrures et les Touches du seigneur des Accords, imprimé à Paris à partir de 1572 et plusieurs fois réédité jusque vers 1662.

  • Synathrisie, ou Recueil confus (Dijon, 1566 ou 1567, 4°.)
  • Les Bigarrures (Paris, 1572, 8°, réédité jusque vers 1660. C'est un recueil de pièces diverses, gaies, bizarres et curieuses.)
  • Les Touches ou Épigrammes (Paris, 1585, 8°).
  • Les Apophtegmes du sieur Gaulard
  • Les Escraignes dijonnoises.

Tous ces ouvrages ont été publiés ensemble et plusieurs fois réédités (1614).

  • Almanach ou Prognostication des laboureurs réduite selon le kalendrier grégorien, avec quelques observations particulières sur l'année 1588 de si long temps menacée... par Jean Vostet, Breton [anagramme de Estienne Tabourot]. (Paris : Jean Richer, 1588. 8°, 80 p. Paris BNF : V-29287(1). Ouvrage erronément attribué à Jean Tabourot dans le catalogue de la BNF.)

Tabourot a également édité, en le refondant et l’augmentant, le Dictionnaire des rimes françaises de Iean Le Fèvre (Paris, 1588, in-8°).

Descendance[modifier | modifier le code]

Theodecte Thabourot Chanoine de Langres, seigneur des Accords, a laissé des ex-libris manuscrits dans les ouvrages ci-dessous :

  • Marin Mersenne (sous le pseudonyme du Sieur de Sermes), Traité de l’Harmonie universelle..., Paris : Baudry, 1627.
    • L'exemplaire de Paris, Bibl. de l'Arsenal (8° S 14459) porte sur la page de titre son ex-libris manuscrit daté 1630 (« Tabourot S? 1630 »), et sa devise « À tous accords » sur la page de garde supérieure. L'ex-libris est accompagné du dessin d'un tambour.
  • Johannes Reuchlin, De Verbo mirifico, [Bâle,] Johannes Amerbach [post 21 IV 1494].
    • L'exemplaire de Paris, Bibl. de l'Arsenal (fol. T 544) porte sur la page de titre son ex-libris manuscrit (« T. Taborati sum »), avec la devise « À tous accords » et le dessin d'un tambour.
  • [Hortus sanitatis. Fr. :] Le Jardin de santé, Paris, Antoine Vérard, 1500.
    • mention manuscrite rayée sur l'exemplaire de la Bibliothèque de l'École nationale supérieure des beaux-arts (Masson 661) : « A Mons. Theodecte Thabourot Chanoine de Langres. A tous Accords » sur le folio de titre restitué, accompagné de dessins de 3 tambours (daté du XVIe siècle par Dominique Coq)[1]

Source[modifier | modifier le code]

  • Gustave Vapereau, Dictionnaire universel des littératures, Paris, Hachette, 1876, p. 1934-1935
  • https://www.cairn.info/revue-reforme-humanisme-renaissance-2017-1-page-47.htm
  • https://data.bnf.fr/fr/12510830/etienne_tabourot/
  • https://fracademic.com/dic.nsf/frwiki/599066
  • https://www.larousse.fr/encyclopedie/litterature/%EF%BF%BDtienne_Tabourot/177263
  • https://www.persee.fr/search?ta=article&q=ETIENNE+TABOUROT
  • https://www.larousse.fr/encyclopedie/litterature/%EF%BF%BDtienne_Tabourot/17726

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Perrenet, Estienne Tabourot, sa famille et son temps, Dijon, Aux éditions du Raisin, , 80 p. (lire en ligne)
  • Tabourot (1549-1590) : pratique et critique des genres, Réforme, Humanisme, Renaissance, 2000, no 51-52, p. 9-2 (lire en ligne) :
    • Marie-Luce Demonet, « Le statut de l'écrit et du visible dans les genres traités par Tabourot », p. 11-28 (lire en ligne)
    • Jean-Michel Messiaen, « Les « Bigarrures », de Tabourot : une conception originale du signifiant », p. 29-41 (lire en ligne)
    • Marthe Paquant, « Tabourot des Accords dans la lexicographie traditionnelle », p. 43-56 (lire en ligne)
    • Volker Mecking, « À propos du vocabulaire de Tabourot des Accords (1549-1590) et de son intérêt pour le français préclassique (1500-1650) », p. 57-72 (lire en ligne)
    • Noël Dazord, « La mesure de Tabourot des Accords », p. 73-90 (lire en ligne)
    • Emmanuel Naya, « Tabourot, songeur drolatique », p. 103-120 (lire en ligne)
    • Gabriel-André Perouse, « Le dialogue de la prose et des vers dans l'œuvre de Tabourot des Accords », p. 121-134 (lire en ligne)
    • Michel Simonin, « Enquête sur les Escraignes », p. 217-230 (lire en ligne)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Coq, Dominique. Catalogues régionaux des incunables des Bibliothèques publiques de France. Vol.XVIII: Bibliothèque de l'Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts. Genève, 2012, n° 282"