Étienne Marie Antoine Champion de Nansouty

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Étienne Marie Antoine Champion de Nansouty
Le général comte de Nansouty.
Le général comte de Nansouty.

Naissance
Bordeaux, Gironde
Décès (à 46 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 17821815
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Commandement 9e régiment de cuirassiers
Distinctions Légion d'honneur
(Grand aigle)
Ordre royal et militaire de Saint-Louis
(Chevalier)
Comte d'Empire
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 16e colonne

Étienne Marie Antoine Champion, 1er comte de Nansouty, né le à Bordeaux dans l'actuel département de la Gironde et mort le à Paris, fut un général français de la Révolution et de l’Empire. Après s'être distingué brillamment au cours des guerres révolutionnaires à la tête d'unités de cavalerie, il fut élevé au grade de général de division en 1803 et occupa par la suite d'importantes responsabilités militaires lors des guerres napoléoniennes.

Issu de la noblesse bourguignonne, il étudia à l'école militaire de Brienne et devint diplômé de l'École militaire de Paris. La carrière de Nansouty commença en 1785 en tant que sous-lieutenant au régiment de Bourgogne-Infanterie où son père avait servi sous le règne de Louis XV. Devenu officier de cavalerie au moment où la guerre éclate en 1792, Nansouty fut affecté comme aide de camp auprès du maréchal Luckner. Durant la guerre de la Première Coalition, il fit campagne avec les armées françaises sur le Rhin et en Allemagne avec le grade de lieutenant-colonel et chef d'escadron au 9e régiment de cavalerie. Il fut promu colonel en 1793 et prit le commandement du 9e de cavalerie avec lequel il se fit remarquer en diverses circonstances par des charges habilement exécutées. Nommé général de brigade en 1799 après avoir refusé plusieurs fois cette promotion, Nansouty combattit l'année suivante sous les ordres du général Jean Victor Marie Moreau en Allemagne du Sud lors de la campagne de Hohenlinden.

Promu en 1803 au grade le plus élevé de la hiérarchie militaire française, celui de général de division, Nansouty fut appelé au commandement de la 1re division de grosse cavalerie de la Grande Armée qui venait d'être formée par Napoléon. À la tête de cette division de 1804 à 1809, Nansouty participa à quelques-unes des batailles les plus fameuses des Troisième, Quatrième et Cinquième Coalitions, se signalant à Austerlitz, Friedland, Eckmühl, Essling et Wagram. En 1812, pendant la campagne de Russie, Nansouty commandait le Ier corps de cavalerie qu'il dirigea avec talent à Ostrowno et à la Moskova où il fut sévèrement blessé au genou. L'année d'après, il commanda la cavalerie de la Garde impériale et prit part aux batailles de Dresde, Leipzig et Hanau où il fut encore blessé. Sa cavalerie joua encore un rôle significatif dans les multiples engagements de la campagne de France en 1814, en particulier à La Rothière, Montmirail, Vauchamps et Craonne, jusqu'à ce que ses nombreuses blessures le contraignent à quitter le service.

Appartenant à l'élite militaire française du Premier Empire et décoré du grand-aigle de la Légion d'honneur, Nansouty intégra la Maison militaire de l'Empereur en qualité de premier écuyer et fut également titulaire du poste de colonel-général des dragons. Sous la Première Restauration, Louis XVIII attribua au général décorations et commandements, parmi lesquels celui d'une compagnie de sa Maison militaire. Nansouty mourut en février 1815 et fut enterré à Paris au cimetière du Père-Lachaise. Son nom est inscrit sous l'arc de triomphe de l'Étoile et une rue du 14e arrondissement de Paris a été baptisée en son honneur.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est admis à l'École militaire de Paris le 21 octobre 1782. Cadet-gentilhomme avec rang de sous-lieutenant le 30 mai 1783, il passe sous-lieutenant au régiment de Bourgogne le 26 mars 1785, capitaine de remplacement au régiment de Franche-Comté-Cavalerie le 6 avril 1788, et le 24 mai, au régiment de hussards de Lauzun, devenu 6e régiment.

Nommé lieutenant-colonel du 9e régiment de cavalerie le 4 avril 1792, il fait les campagnes de 1792, 1793, et de l'an II à l'an VII aux armées sur le Rhin. Nansouty se fait bientôt remarquer de ses chefs par sa bravoure, ses heureuses dispositions et ses talents. Il sait se rendre utile dans chacun des grades qu'il obtient, et conserve dans son régiment la discipline qu'il est si difficile de maintenir alors.

Nommé chef de brigade le 9 décembre 1793, il justifie l'opinion que le général en chef Jean Victor Marie Moreau a conçue de sa prudence et de sa valeur ; mais, aussi modeste que brave, il refuse plusieurs fois le grade de général de brigade, qu'il n'accepte que le 29 août 1799. Employé à l'armée de réserve le 15 ventôse an VIII (6 mars 1800), il rentre bientôt dans l'armée du Rhin. Appelé sur un plus vaste théâtre, le général Nansouty rend des services plus efficaces et contribue puissamment aux succès de l'armée du Rhin. Il seconde le général en chef Ney dans les différentes attaques qu'il fait faire depuis Seltz jusqu'à Mayence. Nansouty surprend, à Sundhoffen, une compagnie de uhlans, qu'il ramène prisonnière de guerre sans avoir perdu un seul homme.

Le 3 mai 1800, à la bataille de Stockach, il commande une brigade de grosse cavalerie, et ses habiles manœuvres préparent le succès de cette affaire. Lecourbe, dont il commande la réserve, déclare qu'il doit une partie du succès de cette bataille aux sages mesures et à l'intrépidité de Nansouty. Le 5, à la bataille de Moesskirch, il rompt souvent l'ennemi par des charges brillantes et réitérées à la tête de sa cavalerie. Lorsque le général Lecourbe reçoit l'ordre de marcher pour s'emparer d'un des ponts sur le Danube, depuis Dillingen jusqu'à Donauworth, Nansouty assure les arrières de l'armée française contre le prince de Reuss, dont le corps est stationné dans le Tyrol, et le bat chaque fois qu'il veut déboucher. Dans la journée du 24 prairial, le général ayant été attaqué par le prince de Reuss, il le repousse vigoureusement jusqu'à Füssen.

Ce général prend la part la plus glorieuse à toutes les affaires qui terminent la dernière campagne de cette guerre, et acquit la réputation d'un de nos bons généraux de cavalerie. À la tête de son régiment, il charge avec la valeur d'un soldat ; commandant d'une brigade, il la dirige avec la prudence, la précision et le coup d'œil qui, dans les moments critiques, décident la victoire.

Le 12 prairial an IX, employé près le corps d'observation de la Gironde, et mis à la disposition du gouvernement le 12 nivôse an X, Nansouty est attaché à la 22e division militaire le 28 ventôse suivant. Promu général de division le 3 germinal an XI (24 mars 1803), il commande le 5, le département de Seine-et-Oise, et le 8 floréal, il fait partie du camp de Nimègue. Membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII, il passe à l'armée des côtes de l'Océan, et reçoit la croix de commandeur de l'Ordre le 25 prairial suivant.

Le général Nansouty prend ensuite le commandement de la 1re division de grosse cavalerie de la Grande Armée, et fait les campagnes des ans XIV, 1806 et 1807, en Autriche, en Prusse et en Pologne. À la tête d'un corps de cuirassiers, il décide le succès du combat de Wertingen, se distingue à Ulm, et contribue puissamment à la victoire de la bataille d'Austerlitz. Nansouty fait des prodiges de valeur à Eylau et à Friedland. Le maréchal Lannes lui ayant commandé d'aller au-devant de l'armée française, il passe avec sa division de cavalerie sous un feu terrible, et contient jusqu'à six heures du soir les efforts d'une masse d'ennemis. Les Russes, trompés par ses habiles manœuvres, n'osent avancer, et Napoléon Ier a le temps d'arriver avec son armée.

Grand officier de la Légion d'honneur le 4 nivôse an XIV, Nansouty est, en récompense de sa belle conduite dans cette campagne, fait Grand aigle de la Légion d'honneur le 11 juillet 1807, et le titre de premier écuyer de l'Empereur l'année suivante. En cette qualité, il accompagne Napoléon en Espagne.

Il fait la campagne de Portugal avec Jean-Andoche Junot. Il prend part à la conquête du Hanovre sous Mortier.

Il accompagne Napoléon à Erfurt, reçoit des souverains l'accueil le plus honorable, et est créé comte de l'Empire le 27 juillet 1808.

En 1809, le général Nansouty prend le commandement de la division de réserve de grosse cavalerie à la grande armée en Allemagne, et met le comble à sa réputation en exécutant, à Essling et à Wagram, ces belles charges qui achevent de fixer la victoire sous les drapeaux français. L'Empereur lui accorde une dotation de 10 000 francs sur le domaine de Zeven, situé en Hanovre. Nansouty reprend près de Napoléon, ses fonctions de premier écuyer, emploie une partie de 1811 à faire des inspections générales de cavalerie, et passe le 25 décembre, au corps d'observation de l'Elbe.

En avril 1812, il commande en Russie le 1er corps de réserve de cavalerie de la grande armée, se trouve à la bataille de la Moskowa, où il rend les plus grands services et reçoit une balle au genou. Nommé colonel général des dragons le 16 janvier 1813, il redouble de courage à mesure que les dangers deviennent plus éminents ; Nansouty prend glorieusement parts aux affaires de Dresde, de Wachau, de Leipzig et de Hanau, où il verse de nouveau son sang pour la patrie. Le 29 juillet, il prend le commandement de la Garde impériale et mérite d'être cité honorablement dans les bulletins de la Grande Armée en Saxe.

Dans la Campagne de France, il fait des prodiges de valeur à Champ-Aubert, à Montmirail le 11 février 1814, où il y est blessé, au combat de Berry-au-Bac le 5 mars 1814, et à Craonne où il reçoit une nouvelle blessure.

Il se rallie aux Bourbons en 1814. Le 20 avril suivant, membre de la commission des officiers généraux pour la Garde, il passe dans la 18e division militaire le 22 comme commissaire extraordinaire du Roi. Créé chevalier de Saint-Louis le 1er juin, inspecteur général des dragons le 14 juillet, il devient ensuite capitaine-lieutenant de la 1re compagnie des mousquetaires.

Le général Nansouty meurt à Paris, des suites de ses blessures et des fatigues de la guerre le 12 février 1815. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise (division 27)[1].

Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté Est.


Vie familiale[modifier | modifier le code]

Fils de Jean-Baptiste Champion (né en 1730), seigneur de Nan-sous-Thil, Capitaine des grenadiers au régiment de Bourgogne, puis major du Château Trompette à Bordeaux et Antoinette Hélène Harpailler, il se marie en 1801 avec Jeanne Françoise Adélaïde Gravier de Vergennes (1781 † 1849), petite-nièce du ministre d'État de Louis XVI, Charles Gravier de Vergennes. Ensemble, ils ont :

État de service[modifier | modifier le code]

  • Admis à l'École militaire de Paris le 21 octobre 1782 ;
  • Cadet-gentilhomme avec rang de sous-lieutenant le 30 mai 1783 ;
  • Sous-lieutenant au régiment de Bourgogne le 26 mars 1785 ;
  • Capitaine de remplacement au régiment de Franche-Comté-Cavalerie le 6 avril 1788 ;
  • Capitaine au régiment de hussards de Lauzun, devenu 6e, puis 5e régiment de hussards le 24 mai 1788 ;
  • Lieutenant-colonel du 9e régiment de cavalerie le 4 avril 1792 ;
  • Chef de brigade le 19 frimaire an II ;
  • Général de brigade le 12 fructidor an VII ;
  • Général de division le 3 germinal an XI ;
  • Affecté à l'Armée du Rhin de 1792 au 1er juin 1801 ;
  • Affecté au corps d'observation de la Gironde du 1er juin 1801 au 1er janvier 1802 ;
  • Mis en disponibilité le 1er janvier 1802 ;
  • Affecté dans la 22e division militaire du 19 mars 1802 au 25 mars 1802 ;
  • Commandant du département de Seine-et-Oise du 25 mars 1802 au 3 mai 1803 ;
  • Commandant de la Cavalerie de l'armée de Hanovre du 3 mai 1803 au 31 janvier 1804 ;
  • Commandant de la 6e division de réserve au camp de Boulogne du 3 août 1805 au 24 août 1805 ;
  • Commandant de la 1re division de cuirassiers du corps de réserve de cavalerie de la Grande Armée du 24 août 1805 au 12 octobre 1808 ;
  • Commandant de la 1re division de grosse cavalerie du corps de réserve de cavalerie de la Grande Armée du 12 octobre 1808 au 17 octobre 1809 ;
  • Premier inspecteur général des Dragons de 1809 au 19 octobre 1811 ;
  • Commandant des 2e et 4e divisions de cuirassiers du 19 octobre 1811 au 15 janvier 1812 ;
  • Commandant de la 2e division de cuirassiers du 15 janvier 1812 au 15 février 1812 ;
  • Commandant du 1er corps de cavalerie de réserve de la Grande Armée du 15 février 1812 au 14 janvier 1813 ;
  • Commandant en chef de la Cavalerie de la Garde Impériale du 29 juillet 1813 à avril 1814 ;
  • commissaire extraordinaire du Roi dans la 18e division militaire du 22 avril 1814 au 14 juillet 1814 ;
  • Inspecteur général des Dragons du 14 juillet 1814 au 12 février 1815.

Blessures[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Hommage, Honneurs, Mentions…[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Pensions, rentes[modifier | modifier le code]

  • L'Empereur lui accorde une dotation de 10 000 francs sur le domaine de Zeven, situé en Hanovre.

Règlement d'armoiries[modifier | modifier le code]

« Armes de la famille sous l'Ancien Régime : D'azur, à un homme courant, armé et cuirassé de toutes pièces d'or, tenant une épée et un bouclier du même. Supports: deux licornes. Devise: TEGIT HAEC NECAT ALTERA.[2] »

« Sous le Premier Empire : Ecartelé : au I du quartier des comtes militaies de l'Empire ; au II, de gueules à trois merlettes d'argent 2 et 1, celle en chef à dextre contournée ; au III de gueules à une à une croix d'argent chargée en cœur d'un écusson de sable à une vigne feuillée et terrassée de sinople, fruitée de gueules, au chef d'azur chargée d'une étoile rayonnante d'or ; au IV, d'azur au sauvage d'or tenant sa massue sur l'épaule dextre.[3] »

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, (ISBN 978-2914611480), p. 589-590
  2. Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses Compléments
  3. Source : www.heraldique-europeenne.org