Étienne Bazeries

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Étienne Bazeries
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Le commandant Étienne Bazeries (né le à Port-Vendres - mort le ) est un cryptanalyste militaire français actif entre 1890 et la Première Guerre mondiale. Il est plus connu pour avoir développé le cylindre de Bazeries, une version améliorée du cylindre de Jefferson. L'appareil de chiffrement M-94 (en) de l'US Army en bénéficia plus tard.

L'historien David Kahn le décrit comme « le pragmatiste de la cryptologie ». Pour lui, ses contributions sur la théorie sont insignifiantes, mais il est l'un des meilleurs cryptanalystes naturels que la science a connu[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un policier monté, il s'engage en 1863 dans l'armée et combat contre la Prusse[2]. Là il est fait prisonnier de guerre mais parvient à s'échapper plus tard, déguisé en maçon. En 1874, il est promu au grade de lieutenant et envoyé en Algérie en 1875. Il retourne en France l'année suivante et épouse Marie-Louise-Élodie Berthon, avec qui il a trois filles : Césarine, Fernande et Paule.

Il s'intéresse à la cryptographie à travers les jeux de cryptogrammes trouvés dans la presse et utilise rapidement ses talents dans un contexte militaire. En 1880, il décrypte des messages chiffrés avec le système militaire français officiel de transposition, aboutissant à l'adoption d'une nouvelle méthode par le ministère de la Guerre. En 1891, des nouvelles de ses compétences s'étaient répandues et il commence à travailler pour le Bureau du Chiffre du Ministère des Affaires étrangères[3], par exemple le télégramme de Panizzardi. Dans les années 1890, il casse le fameux « Grand Chiffre », système de chiffrement par substitution créé par les Rossignol (famille qui a servi la couronne pendant plusieurs générations) au XVIIe siècle notamment pour Louis XIV. L'un des messages chiffrés faisait référence à l'Homme au masque de fer et proposait une solution possible à ce mystère.

Bazeries continue son travail de cryptanalyste, même après sa retraite de l'armée en 1899, prêtant son assistance pour casser les communications de l'ambassade japonaise à Paris pendant la guerre russo-japonaise[4], puis les codes allemands pendant la Première Guerre mondiale. Il met un terme à sa carrière en 1924, âgé alors de 78 ans.

On lui doit le livre Les Chiffres secrets dévoilés considéré, soit comme un repère de la littérature cryptographique, soit comme assez anecdotique (David Kahn, préface de La cryptographie dans l’armée française 1881-1914 par Alexandre Ollier).

Travaux[modifier | modifier le code]

  • Chiffre Bazeries: Table chiffrante et déchiffrante, 1893.
  • Les "Chiffres" de Napoléon pendant la campagne de 1813, épisodes du siège de Hambourg, documents inédits trouvés à Aix-la-Chapelle, tirés des Archives nationales et du Dépôt de la guerre, 1896.
  • Les Chiffres secrets dévoilés. Etude historique sur les chiffres..., 1901.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David Kahn, The Codebreakers: The Comprehensive History of Secret Communication from Ancient Times to the Internet, Simon and Schuster,‎ (ISBN 9781439103555)
  • Sébastien Laurent, Politiques de l'ombre: État, renseignement et surveillance en France, Fayard,‎
  • (en) Matthew Aid et Cees Wiebes, Secrets of Signals Intelligence During the Cold War : From Cold War to Globalization, Routledge,‎ (ISBN 9781135280987)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kahn 1996, p. 244
  2. Laurent 2009, p. 249
  3. Gérald Arboit, « La fin d'un monde : le Bureau du Chiffre du Quai d'Orsay en 1904 », sur Centre français de recherches sur le renseignement,‎ (consulté le 28 février 2015)
  4. Aid et Wiebes 2013, p. 178

Liens externes[modifier | modifier le code]