État monastique des chevaliers teutoniques

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État monastique des chevaliers teutoniques

1226 – 1525

Drapeau Blason
Description de l'image Ordensland1410.png.
Informations générales
Statut théocratie
Capitale Marienburg (1226-1454)
Königsberg (1454-1525)
Langue bas allemand oriental, balte, latin
Religion catholicisme romain
Monnaie mark
Histoire et événements
1193 Le pape Célestin III lance officiellement les croisades baltes.
1199 Fondation de l'ordre Teutonique à Saint-Jean-d'Acre par des pélerins germaniques lors de la troisième croisade.
1226 Bulle d'or de Rimini : Frédéric II du Saint-Empire accorde à l'Ordre sa souveraineté sur les territoires qu'il conquiert en Prusse, souveraineté aussi accordée par les Polonais (Traité de Kruschwitz en 1230) et le Pape (Bulle de Rieti en 1234).
1237 Absorption de la Livonie par incorporation des Chevaliers Porte-Glaive.
1242 Bataille du lac Peïpous : échec de la conversion de la Russie orthodoxe au catholicisme face au prince de Novgorod. Fin de l'expansion liée aux croisades. Début du soulèvement prussien balte contre les Teutons.
1291 La prise de Saint-Jean-d'Acre par les Mamelouks oblige les chevaliers à quitter la Terre sainte.
1308 Prise de Dantzig contre la Marche de Brandebourg et la Pologne. Accord de Soldin (1309) : achat de la Pomérélie à la Marche.
1326-1332 Guerre polono-teutonique : Traité de Kalisz (1343) : la Pologne renonce à la Pomérélie et au pays de Chełmno.
1346 Rachat de l'Estonie au Danemark.
1402 Acquisition de la Nouvelle-Marche de Brandebourg. L'Ordre atteint son apogée.
1410 Bataille de Grunwald : échec contre l'Union de Pologne-Lituanie. Signature du premier traité de Thorn (1411).
1454-1455 Traités de Cölln et Mewe : vente de la Nouvelle Marche au prince-électeur de Brandebourg.
1454-1466 Guerre de Treize Ans : échec face à la Ligue de Prusse et à la Pologne. Signature du second traité de Thorn : réduit à la Prusse orientale après cession de la Prusse royale, l'Ordre devient vassal de la Pologne.
1519-1521 Guerre polono-teutonique : prend officiellement fin en 1525 avec le traité de Cracovie, par lequel le grand maître Albert de Brandebourg, converti au protestantisme luthérien, accepte de passer sous suzeraineté polonaise en tant que duc en Prusse.
grand maître de l'ordre Teutonique
(1er) 1209-1239 Hermann von Salza
(Der) 1511-1525 Albert de Brandebourg

L'État monastique des chevaliers Teutoniques ou État teutonique[1], fut fondé, en 1226[1], par les chevaliers de l'ordre Teutonique. Il se transforma, en 1525, en duché de Prusse, future province de Prusse-Orientale, part de l'État prussien.

Histoire[modifier | modifier le code]

La montée en puissance[modifier | modifier le code]

Bannière de l'État monastique des chevaliers Teutoniques.

Après des tentatives en 997 et 1147 pour soumettre les Baltes occidentaux, le duché de Mazovie intensifia ses attaques, à partir de 1209, pour soumettre ces peuples païens. En représailles, ceux-ci firent des incursions en Mazovie. Ne parvenant pas à les vaincre, le duc Conrad Ier de Mazovie invita, d'abord, les chevaliers de l’ordre Teutonique à s’installer en Pologne, à la frontière avec les Borusses, puis les encouragea à pénétrer sur les territoires de ceux-ci en 1231. Au milieu du XIIIe siècle, les Borusses tentèrent une ultime révolte qui ne fit que précipiter leur déclin. Les Prussiens du sud-ouest furent vaincus et conquis en une dizaine d'années ; ceux du sud-est et du nord-est furent conquis dans la seconde moitié du XIIIe siècle.

L'empereur Frédéric II de Hohenstaufen, plus intéressé par l'action politique que religieuse de l'ordre (composé surtout de chevaliers allemands), octroya au grand maître de l'Ordre tous les privilèges d'un prince d’Empire, dont le droit de souveraineté sur les territoires nouvellement conquis. Par cette bulle signée à Catane, en 1224, la Prusse, la Livonie et plusieurs provinces voisines furent déclarée Reichsfreie. Ce décret soumit les provinces susmentionnées directement à l'autorité de l'empereur du Saint-Empire et à l'Église. En outre, par la bulle d'or impériale de Rimini (mars 1226) et la bulle d'or papale de Rieti (1234), la Prusse devint possession officielle de l'ordre Teutonique. La bulle d'or de Rieti autorisait également les membres de l'ordre de Dobrin — qui avait échoué dans sa mission de christianiser les Prussiens et dont les effectifs étaient restés modestes — à rejoindre l'ordre Teutonique. Ce dernier fusionna en 1237, avec les chevaliers Porte-Glaive (ou ordre de Livonie), ce qui lui permit de s'étendre au nord et de se renforcer.

Malgré leur défaite à la bataille du lac Peïpous (1242), face à la principauté de Novgorod, les chevaliers Teutoniques étendent rapidement leur domination, régnant sur la Prusse, la Courlande (en Lettonie actuelle) et la Livonie, sans compter un grand nombre d’établissements de toute sorte essentiellement localisés en Allemagne (Empire romain germanique). En l'an 1300, tous les peuples baltes, sauf les Lituaniens, étaient sous l'autorité de l'ordre Teutonique. La Prusse devint une terre de colonisation allemande : des terres agricoles furent données généreusement aux colons venus des régions de langue allemande.

Valdemar III, roi du Danemark, vendit à l'État monastique, en 1345, la province d'Estland et les villes de Nerva et Wassamberg. L'État teutonique affronte en 1398 le grand-duché de Lituanie sur lequel il conquiert la Samogitie ; ceci lui permet de joindre ses territoires du nord et du sud et de dominer toute la façade orientale de la mer Baltique. L'ordre Teutonique est à l'apogée de sa puissance à la fin du XIVe siècle.

À l'apogée de la puissance de l'Ordre, le grand maître qui résidait alors à Mariendal[2], avait sous ses ordres un grand-commandeur ou grand-maréchal qui résidait à Königsberg, et un grand-hospitalier résidant à Elbing. Le drapier et trésorier vivaient à la cour du grand maître. Plusieurs autres commandeurs vivaient à Thorn, Culm, Königsberg etc. Selon certaines sources, l'ordre aurait compté jusque 28 commanderies, 46 châteaux, 81 hospitaliers, 35 maîtres de couvents, 40 maîtres d’hôtels, 37 pourvoyeurs, 95 maîtres de moulins, 700 frères chevaliers, 162 frères de chœur ou prêtres et 6 200 serviteurs. La capitale du nouvel État est fixée à Marienbourg à compter de 1309.

Le déclin de l'État teutonique[modifier | modifier le code]

Le déclin de l'État monastique commence lors de la guerre du royaume de Pologne-Lituanie contre l'ordre Teutonique. La défaite à la bataille de Grunwald (1410) contraint l'ordre Teutonique à signer la première paix de Thorn (1411) à l'occasion de laquelle il doit faire d'importantes concessions territoriales à l'Union de Pologne-Lituanie et s'engage à payer une énorme rançon.

La population prussienne se révolte contre les chevaliers au milieu du XVe siècle et demande l'aide du royaume de Pologne. Celui-ci déclenche la guerre de Treize Ans (1454 à 1466) contre l'État monastique des chevaliers Teutoniques. La défaite de l'Ordre à la bataille de Puck, en 1462, contraint celui-ci de signer le second traité de Thorn (1466). Ce dernier prévoit que l'État monastique cède la Prusse-Occidentale, avec l'archevêché de Varmie, au royaume de Pologne, au sein duquel elle devient la province autonome de Prusse royale ; la Prusse-Orientale demeure sous la domination de l'ordre Teutonique, mais l'État monastique devient vassal du roi de Pologne. Par la même occasion, le grand maître de l'Ordre devient sénateur du royaume de Pologne.

La fin de l'État teutonique[modifier | modifier le code]

Dans l'espoir d'interrompre ce déclin, Albert de Brandebourg-Ansbach — de la famille souabe des Hohenzollern — fut élu trente-septième grand maître de l'Ordre en 1511. Albert de Brandebourg prit l'initiative de déclencher un nouveau conflit en 1519-1521, car les tensions étaient récurrentes avec le royaume de Pologne, depuis près d'un siècle. Cependant cette guerre se révéla désastreuse pour l’État teutonique. Après une trêve de quatre ans, il parut évident que le conflit allait reprendre bientôt. Albert négocia alors avec Sigismond Ier de Pologne (qui était, par ailleurs, son oncle) un accord qui l’autorisait à se convertir à la religion luthérienne et à séculariser l’État monastique des chevaliers Teutoniques. En contrepartie, les territoires restés entre les mains de l’Ordre, au lendemain du traité de Thorn de 1466, seraient transformés en duché héréditaire de Prusse, vassal du royaume de Pologne. Le traité de Cracovie fut signé le et la capitale du duché de Prusse fut installée à Königsberg. Ce fut donc la sécularisation la plus importante d’un État monastique.

Cet accord provoqua la scission avec l’ordre de Livonie — ordre autonome au sein de l'ordre Teutonique — qui se considéra comme le continuateur de l’ordre Teutonique. Celui-ci forma l'État indépendant de la Confédération de Livonie, ce qui causa la perte des territoires du nord (actuelles Estonie et Lettonie). En outre, Albert de Brandebourg fut cité à comparaître devant la Cour de justice impériale mais il ne s’y présenta pas. Il fut donc mis au ban du Saint-Empire romain germanique. Mais les princes allemands — éprouvés par les tumultes de la Réforme, la révolte des paysans (Bauernkrieg) et les guerres contre l’Empire ottoman — n’appliquèrent pas la proscription et la colère contre lui s’apaisa avec le temps.

Culture et civilisation[modifier | modifier le code]

Sous le gouvernement de l'ordre Teutonique, des forêts furent défrichées pour y construire des villages ou dégager des terres arables. En outre, les nombreux marais de la région furent asséchés pour être également transformés en terres agricoles.

L'État monastique des chevaliers Teutoniques se révéla, dès ses débuts, comme un grand bâtisseur tant pour défendre et consolider ses possessions que pour contribuer à la diffusion du christianisme. Des villes nouvelles, telles que Thorn (1231), Königsberg (1255) ou Marienbourg (1280), furent bâties.

Parmi les sites inscrits sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, il existe en Pologne un monastère fortifié de l'ordre Teutonique datant du XIIIe siècle appelé château de l’ordre Teutonique de Malbork[3], bâti dans le style exceptionnel de l’ordre Teutonique qui évolua indépendamment des châteaux contemporains européens.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]