Érostrate

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Érostrate (en grec ancien Ἡρόστρατος / Hêróstratos) est l'incendiaire du temple d'Artémis à Éphèse.

En juillet 356 av. J.-C., un dénommé Érostrate cause volontairement un incendie qui détruit totalement le temple d'Artémis à Éphèse[1]. Selon Plutarque, l'événement a lieu le jour même de la naissance d'Alexandre le Grand[2], ce qui inspire à Hégésias de Magnésie, auteur d'une biographie du conquérant, le commentaire suivant : « on comprend que le temple ait brûlé, puisque Artémis était occupée à mettre Alexandre au monde[3] ! »

Interrogé sous la torture, Érostrate avoue les motivations de son geste : il cherche à tout prix la célébrité et n'a pas d'autre moyen d'y parvenir ; les Éphésiens interdisent alors de citer son nom[4]. L'historien Théopompe le mentionne néanmoins dans ses Helléniques ; il est repris sur ce point par Strabon[5], Élien[6] et Solinus[7] qui font connaître le nom d'Érostrate à la postérité.

Dans sa nouvelle « Érostrate », publiée dans le recueil de nouvelles Le Mur (1939), Jean-Paul Sartre résume l'histoire en quelques lignes :

« — Je le connais votre type, me dit-il. Il s'appelle Érostrate. Il voulait devenir illustre et il n'a rien trouvé de mieux que de brûler le temple d'Éphèse, une des sept merveilles du monde.
— Et comment s'appelait l'architecte de ce temple ?
— Je ne me rappelle plus, confessa-t-il, je crois même qu'on ne sait pas son nom.
— Vraiment ? Et vous vous rappelez le nom d'Érostrate ? Vous voyez qu'il n'avait pas fait un si mauvais calcul. »

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Lucien de Samosate, Sur la mort de Pérégrinus [lire en ligne], 22
  2. Plutarque, Vies parallèles [détail des éditions] [lire en ligne] (Alexandre, III, 5).
  3. Cité par Plutarque, loc. cit. Extrait libre de la traduction d'Anne-Marie Ozanam pour Gallimard, 2001.
  4. Valère Maxime, Dits et faits mémorables [lire en ligne] (VIII, 14, 5).
  5. Strabon, Géographie [détail des éditions] [lire en ligne] (XIV, 1, 22).
  6. Élien, La Personnalité des animaux (VI, 40).
  7. Solinus (XL, 2-4).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Alain Nadaud, La mémoire d'Érostrate, Le Seuil,‎ 1992