Éric Petetin

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Éric Petetin
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Biographie
Naissance
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Nationalité
Activité

Éric Petetin[1], dit « l'Indien », né à Paris le [2], est un écologiste, chrétien et libertaire français[3] qui a pris la tête du mouvement contre la construction du tunnel du Somport, tunnel destiné à faciliter la circulation entre la France et l'Espagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Éric Petetin passe son enfance dans le Sud-Ouest en déménageant à plusieurs reprises au gré des mutations de son père, cadre supérieur à la SNCF pour atterrir à Bordeaux en 1969 où il fera ses études. Il découvre, jeune, les Pyrénées. Épris de montagne, il parcourt la chaîne dans les années 1970. Puis il s’installe en vallée d'Aspe.

Diplômé de l'Institut d'études politiques de Bordeaux, et titulaire d'une maîtrise d'histoire sur la vie d'un jésuite bordelais atypique de la première moitié du XXe siècle, le père Dieuzayde, il passe sa période d'objection de conscience dans la famille de Jean Lassalle, avant que ce dernier ne devienne son farouche adversaire[4].

Il tient l'auberge des randonneurs à Etsaut. En 1984 avec deux amis, il obtient la location de l'ancienne gare de Cette-Eygun renommée la Goutte d'eau. Il participe activement à la vie de la vallée et s’implique particulièrement dans l’équipement des voies d’escalade de la Mâture avec Christian Ravier. Il devient guide de haute montagne. Il crée en un gîte d’étape à la Goutte d'eau, où il organise des stages d’escalade. Le lieu regroupe l'association, un café et un refuge d'une trentaine de lits et reçoit l'agrément Jeunesse et Sports. Le premier stage d’initiateur d’escalade de la FFM[5] passe par le chemin de la Mâture et Éric Petetin dans le milieu des années 1980.

Le projet de tunnel du Somport et la protection des espèces telles que l'ours des Pyrénées éveillent en lui une fibre écologique. Surnommé « l'Indien », du fait de la plume de vautour qu'il met dans ses cheveux, il est d'abord connu comme étant un militant écologiste et associatif qui a pris la tête du mouvement contre la construction du tunnel, destiné à faciliter la circulation entre la France et l'Espagne notamment l'hiver. Il a mené diverses actions, notamment en contestant la nécessité du tunnel, en élaborant un contre-projet par rail au projet officiel de tunnel routier puis en organisant des sabotages d'engins de travaux et des tentatives pour retarder le chantier.

Arrêté de très nombreuses fois par la police, il est condamné à une série de peines représentant au total 14 mois de prison[6]. Emprisonné, il est soutenu par des personnalités telles que le chanteur Renaud ou l'écrivain Christian Laborde. Il est gracié par le président François Mitterrand en 1993.

Il devient alors une cible et un wagon aménagé de la Goutte d'eau est incendié par des inconnus en 1992[7], 23 Aspois sont inculpés dans cette affaire [8]. Une seconde expédition punitive a lieu en 1993.

En Petetin prend la tête de la plus grande manifestation de l'histoire de la vallée d'Aspe avec 8 000 manifestants. Le cortège s'achèvera par des échauffourées avec les forces de l'ordre. Avec d'autres militants, il fait une grève de la faim, du au , et est conduit à l'hôpital psychiatrique pendant quelques jours par décision de justice, en 2000.

L'histoire de la lutte contre le tunnel du Somport s'est un peu achevée au début de l'année 2003, date de l'inauguration (discrète) du tunnel, 12 ans après le début des travaux. La bataille du tunnel est perdue mais pas celle contre l'Axe E7 Bordeaux/Valence qui est loin d'être réalisé puisqu'il manque l'autoroute Bordeaux/Pau/Oloron et que dans la vallée, seul un petit tiers de la vieille RN 134 a été transformé en Axe aux normes européennes. Les nuisances de la circulation que son ouverture entraine débouche naturellement sur de vives polémiques. Selon un reportage du journal Le Monde même les élus locaux qui avaient combattu le mouvement initié par Petetin ont « changé de ton[9] ». Le conseil régional d'Aquitaine parle régulièrement de la réhabilitation de la ligne de chemin de fer Pau Canfranc comme le demandaient les écologistes depuis des décennies. Ils sont enfin écoutés à la fin des années 2000 lorsque le conseil régional vote en faveur d'une réouverture partielle de la voie ferrée, jusqu'à Bedous à 23 km d'Oloron. Les travaux de réouverture démarrent en 2014 et le train arrive en effet à Bedous au printemps 2016.

Quant à la Goutte d'Eau, son histoire se termine en octobre 2005, où les forces de l'ordre ont évacué les derniers occupants de la maison[10], et le propriétaire, Réseau ferré de France, a retiré toutes les portes et fenêtres de la gare pour la rendre inhabitable[11],[12]. Après l'expulsion, l'ancienne gare est restée abandonnée sans que son propriétaire entreprenne le moindre travail de réhabilitation.

Après son départ de la vallée d'Aspe, Éric Petetin travaille, entre 2003 et la fin 2010, à la mairie de Bègles[13],[14].

Fin 2010, sorti de sa déprime en ayant retrouvé la foi[2], il retourne en vallée d'Aspe, relance l'association des Amis de la Goutte d'eau[15],[16]. Avec deux compagnons aspaches (« indiens » de la vallée d'Aspe, selon ses mots[17]), il se réinstalle dans l'ancienne gare de Cette-Eygun à Noël 2010, réhabilitant les lieux et relançant l'activité militante contre l’extension de l'axe autoroutier européen E7 à la vallée d'Aspe.

Le , le tribunal d'Oloron-Sainte-Marie, saisi par Réseau ferré de France (RFF) ordonne son expulsion. Il fait appel et demande le au préfet d'y surseoir[18]. En fin de compte, à la surprise générale, RFF accepte son retour et signe avec lui et ses amis, à la mairie de Cette-Eygun, en présence du sous-préfet d'Oloron-Sainte-Marie, une convention d'occupation précaire de la gare, en décembre 2011.

En il rejoint les insurgés de Notre-Dame-des-Landes et débarque sur la ZAD le , cinq jours avant la grande manifestation de réoccupation, et y restera un an et demi, tout en allant aussi sur la ZAD de Décines à Lyon, contre le « stade des lumières » qu'il rebaptise « stade des Ténèbres ».

Le 3 juin 2014 une trentaine de gendarmes débarquent à la Goutte d'Eau pour procéder à l'expulsion de la dizaine de ses habitants. La maison est vidée de tous ses meubles,les portes et les fenêtres sont murées, les cabanes détruites, dont la sublime "Luna", une pelleteuse retourne tout le terrain et de gros rochers sont amenés et déposés pour empêcher l'accès du moindre véhicule.

Le 28 novembre 2015, il est arrêté après un contrôle routier qui dégénère en période de tension, la veille de manifestations interdites pour le climat, sous l'état d'urgence. Il est condamné à six mois de prison ferme pour « outrage raciste et coups sur un agent à la peau noire »[19], accusation qu'il nie.

Au cinéma[modifier | modifier le code]

  • Inspiré par le personnage d'Éric Petetin, le film Insurrection / résurrection, réalisé par Pierre Merejkowsky, est sorti le [20].
  • Il intervient dans le documentaire La Possibilité d'être humain de Thierry Kruger et Pablo Girault, sorti en 2013, où il apporte son soutien aux 87 inculpés du procès de Marmande, en , accusés collectivement d'avoir fauchés des OGM.
  • No pasaran[21], 2009, film d'Éric Martin et d'Emmanuel Caussé tourné en Ariège, comédie inspirée de la lutte en vallée d’Aspe lors de la construction de la Nationale 134 et du tunnel du Somport.
  • Eric Petetin fait un caméo musical dans le film d'Yves Robert[réf. nécessaire] Le Tunnel inspiré de la lutte de la vallée d'Aspe.

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Son nom est souvent mal orthographié, il ne comporte pas d'accent sur les « e ».
  2. a et b « Éric Petetin : Le retour de l’Aspache dans la vallée », Laurent Vissuzaine, La République des Pyrénées, 2 septembre 2010, repris le 6 septembre sur le blog de Jean Lassalle.
  3. Laurène Daycard, Hicham Rami, « Le doyen des zadistes », Terra Eco, 29 juillet 2015, lire en ligne.
  4. « Le repaire des anti-tunnel », Xavier Sota, Sud Ouest Béarn, 23 juillet 2008.
  5. Pas encore la FFME — Fédération française de la montagne et de l'escalade.
  6. « Éric Petetin, militant écologiste condamné à une série de peines ! », l'Humanité, .
  7. « Vallée d'Aspe : le wagon part, les problèmes restent », La République des Pyrénées, .
  8. « Cette-Eygun (Vallée d’Aspe) : le wagon de la Goutte d’Eau est parti à la casse », Sud Ouest,
  9. « La bataille perdue des écologistes pour la vallée d'Aspe », Le Monde, 17 janvier 2003, reproduit sur le site écologiste APE.
  10. « Une assemblée générale pour relancer la Goutte d'eau », S.L., La République des Pyrénées, 27 octobre 2010.
  11. « La fin de la Goutte d'Eau », Marcel Bedaxagar, Sud Ouest, 26 octobre 2005.
  12. « Le wagon a quitté la vallée d'Aspe » Sud Ouest, 1er septembre 2010.
  13. « Éric Petetin revient après “10 années de ténèbres” », Sébastien Lamarque, La République des Pyrénées, 6 septembre 2010.
  14. « L'Indien a repris racine », Thomas Longué, Sud Ouest, 21 février 2011.
  15. L'association des Amis de la Goutte d'eau, dont il est président, a tenu son assemblée générale à Lées-Athas, le 30 octobre 2010. « Éric Petetin veut relancer la goutte d'eau », Sébastien Lamarque, La République des Pyrénées, 2 novembre 2010.
  16. « Éric Petetin, l'Indien, entre le tipi et la hache de guerre », M. L.-L., Sud Ouest, 1er novembre 2010.
  17. Commentaire d'Éric Petetin du 18 novembre 2010 sur la page consacrée à la Goutte d'eau de Forbidden Places.
  18. « Éric Petetin demande un sursis à son expulsion », Sud Ouest, 4 juillet 2011.
  19. « Incidents de Paris en justice : forte amende et peine de prison ferme », sur France info (consulté le 2 décembre 2015).
  20. Fiche du film Insurrection / résurrection sur allocine.fr.
  21. Site du film.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]