Éric Fottorino

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Éric Fottorino
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Éric Fottorino au salon du livre Radio France, le 26 novembre 2011.

Naissance (55 ans)
Nice
Activité principale
journaliste, écrivain
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture français

Œuvres principales

Éric Fottorino, né le à Nice[1], est un journaliste et écrivain français. Après 25 années passées au quotidien Le Monde, qu’il dirigea de 2007 à février 2011, il est le cofondateur avec Laurent Greilsamer et Natalie Thiriez de l'hebdomadaire Le 1[2] lancé en avril 2014.

Journaliste[modifier | modifier le code]

En 1984, après des études à la faculté de droit de l'Université de La Rochelle et Paris X puis à l'Institut d'études politiques de Paris[1], Éric Fottorino débute comme pigiste à Libération avant de rejoindre l’équipe fondatrice de La Tribune de l'économie[1] où il explore l’univers des matières premières. Une spécialité encore peu traitée dans la presse française, qu’il développera dans de nombreux journaux économiques (La Vie française) comme dans les colonnes de La Croix, s’attachant à mettre en lumière leur dimension humaine, sociale, géopolitique et mythique. Ce thème lui inspirera son premier essai, Le Festin de la Terre, paru en 1988.

Entre temps, il a rejoint le quotidien Le Monde (1986)[3], d'abord pour suivre les dossiers des matières premières et de la bourse, puis de l'agriculture et de l'Afrique. Chargé des questions de développement, il multiplie les reportages en Afrique, de l’Éthiopie frappée par la famine jusqu’à la fin de l’apartheid en Afrique du Sud. Il voyage aussi dans les pays de l’Est après la chute du Mur de Berlin (Russie, Pologne, Hongrie) et sera l’envoyé spécial du Monde dans plusieurs pays d’Amérique du Sud, Panama, Mexique, Colombie essentiellement. Nommé grand reporter (1995-1997), il effectue des enquêtes scientifiques sur la mémoire de l’eau et l’affaire Benveniste ainsi que sur le fonctionnement du cerveau humain. Il réalise de nombreux portraits, de Mitterrand à Tabarly en passant par Mobutu, Jane Birkin ou Roland Dumas. Au total quelque 2000 textes parus dans Le Monde, dont une sélection a été publiée en 4 volumes sous le titre Carte de presse (En Afrique ; Partout sauf en Afrique, Mes Monstres sacrés, J’ai vu les derniers paysans. Denoël). Il est nommé rédacteur en chef en 1998[3], puis chroniqueur de dernière page en 2003[1].

Chargé de concevoir et de lancer une nouvelle formule du quotidien en 2005[3], il est nommé directeur de la rédaction du journal Le Monde en [1]. Après l'éviction de Jean-Marie Colombani à la suite du vote négatif de la Société des rédacteurs du Monde, il est élu directeur du Monde [4] en juin 2007, devenant le 7e directeur du quotidien depuis 1944.

Le 19 décembre 2007, il démissionne de son poste en compagnie des deux autres membres du directoire du groupe La Vie-Le Monde, Pierre Jeantet et Bruno Patino, en raison de désaccords d'ordre financier avec la Société des rédacteurs du Monde (SRM)[5]. Dans une déclaration à France Inter, il accuse celle-ci de « jouer les pompiers-pyromanes » en remettant en cause la stratégie du groupe[5]. Le , alors que Pierre Jeantet et Bruno Patino confirment leur démission, Éric Fottorino décide finalement de ne pas aller au bout[6]. Le , dans l'éditorial du journal, il explique qu'il revient sur sa démission pour ne pas ajouter la crise à la crise[7] et se porte candidat au poste de président[8] du directoire du groupe La Vie-Le Monde avec le soutien de la SRM, d'abord pour un mandat de six ans[9]. Fort de ce soutien, il décide finalement de postuler à un mandat complet, afin d'éviter qu'Alain Minc, président du conseil de surveillance poussé lui aussi vers la sortie, ne nomme un administrateur provisoire[10].

Après un premier refus provisoire de sa candidature le 14 janvier[11], il est finalement élu à la présidence du directoire le [12], succédant ainsi à Pierre Jeantet. Il dresse un bilan critique de la direction du Monde sous Jean-Marie Colombani et Edwy Plenel. Ce premier lui répond en lui reprochant d'avoir précipité en trois ans et demi « la faillite » du journal[13].

Bien qu'ayant fait partie des supporters de l'offre de rachat Bergé-Niel-Pigasse du groupe Le Monde[14], il est révoqué, le 15 décembre 2010, par le conseil de surveillance du Monde et doit céder son fauteuil de président du directoire à Louis Dreyfus, un proche collaborateur de Matthieu Pigasse[15]. Peu après son renvoi du Monde, Éric Fottorino déclare que « Le Monde a rejoint la cohorte de ces titres renommés dont le sort est désormais lié au capital et au bon vouloir des capitaines d’industrie ou de finance »[16]. Eric Fottorino a publié en 2012 le récit de ses 25 ans passés au quotidien du soir dans Mon Tour du Monde (Gallimard).

Le 9 avril 2014 est paru le premier numéro de l’hebdomadaire Le 1, co-fondé par Eric Fottorino, Laurent Greilsamer, Natalie Thiriez et Henry Hermand. Une publication innovante dans la forme - une unique feuille pliée - comme sur le fond : Le 1 ne traite qu'un seul grand thème d'actualité à travers les regards d'écrivains, de chercheurs, d’experts et d’artistes[17]. Il ne laisse aucune place à la publicité et se veut exclusivement « un journal de lecteurs ». En novembre 2015, Le 1 a cédé une licence de son concept au grand quotidien italien La Stampa.

Écrivain[modifier | modifier le code]

Éric Fottorino est également connu comme romancier et comme essayiste. Depuis la parution de son premier roman Rochelle, en 1991, Eric Fottorino a publié dix romans. Il a reçu plusieurs prix pour son œuvre, et notamment le Prix Europe 1 et le prix des bibliothécaires pour Un territoire fragile (2000), le prix François-Mauriac de l'Académie française (prix annuel de littérature créé en 1994) pour Caresse de rouge (2004), le Prix Femina pour Baisers de cinéma (2007)[18] et le prix des lectrices de Elle 2010 pour L'homme qui m'aimait tout bas[19].

Ses grands reportages lui ont inspiré des textes de fiction comme Cœur d’Afrique (Stock, Prix Amerigo Vespuci) ou Nordeste (Stock). Mais l’essentiel de son œuvre place la quête des racines et de l’identité au cœur de personnages fragiles cherchant à se construire un destin[20]. L’enfance est pour lui une source d’inspiration sans cesse renouvelée, marquée par les grandes questions de la vie, les mensonges et les insuffisances des adultes. Enfant adopté par un pied-noir de Tunisie, Michel Fottorino, auquel il consacra un récit, L’Homme qui m’aimait tout bas (Gallimard 2009, Grand Prix des Lectrices de Elle), Eric Fottorino est le fils naturel d’un juif marocain natif de Fès. Ces deux hommes, l’un kinésithérapeute, l’autre gynécologue, ont inspiré Eric Fottorino à travers son roman Korsakov (Gallimard 2004) ou ses récits Questions à mon père (Gallimard 2010) et Le Marcheur de Fès (Calmann-Levy 2013, Folio 2014). L’enfance et ses blessures sont très présentes dans des romans comme Caresse de rouge (Gallimard 2004, prix François Mauriac de l’Académie française), Korsakov (Prix du Roman France-Télévisions, Prix des Libraires), Le Dos crawlé (Gallimard 2010) ou Chevrotine (Gallimard 2014). Eric Fottorino a reçu le Prix Femina en 2007 pour son roman Baisers de cinéma, où la quête du héros porte sur sa mère restée inconnue.

Amateur de cyclisme[modifier | modifier le code]

Passionné de cyclisme, sport qu’il pratiqua en amateur entre 1975 et 1980, il a participé comme coureur au Grand Prix du Midi libre 2001, une épreuve cycliste de moyenne montagne (alors organisée par le groupe Le Monde), expérience qu'il relate dans ses livres Je pars demain ( Prix Louis Nucéra) et Petit éloge de la bicyclette.

Eric Fottorino a publié plusieurs ouvrages consacrés à la Petite reine, comme La France vue du Tour (Prix Antoine-Blondin, avec Jacques Augendre) et Petit éloge du Tour de France (Folio).

En 2013, pour le 100e Tour de France, Éric Fottorino constitue l'équipe tour de Fête tour de Fête, effectuant toutes les étapes de la grande boucle un jour avant les professionnels.

En 2015, il rejoint durant l'été les commentateurs du Tour de France sur France 2, succédant à Jean-Paul Ollivier, parti à la retraite. Il est aux côtés de Thierry Adam et Laurent Jalabert pour mettre en perspective historique les exploits des coureurs et valoriser le patrimoine touristique et naturel des régions parcourues par le Tour de France. Il intervient aussi dans l'émission Vélo Club de Gérard Holtz après l'étape du jour pour évoquer les anciens coureurs qui ont fait la légende du Tour de France.

Enseignant[modifier | modifier le code]

Entre 1992 et 1995, Éric Fottorino a été enseignant à l'Institut d'études politiques de Paris[1].

Famille[modifier | modifier le code]

Sa fille Elsa Fottorino née en 1985 est aussi romancière[21].

Œuvre[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h et i « Éric Fottorino » sur La République des Lettres,
  2. « Le 1 », nouvel hebdo lancé par Éric Fottorino, pour « comprendre le monde qui vient », 7 mars 2014
  3. a, b et c « Éric Fottorino a été élu président du directoire du Groupe Le Monde » dans Le Monde du
  4. « Éric Fottorino, nouveau directeur du journal Le Monde », Le Monde.fr,
  5. a et b « Démission du directoire du Monde: Fottorino accuse la Société des rédacteurs », AFP,
  6. « Le Monde : 2 démissions sur 3 au Directoire », sur JeanMarcMorandini.com,‎
  7. Editorial du Monde du 6 janvier 2008 par Éric Fottorino.
  8. Éric Fottorino candidat à la présidence du directoire du Groupe Le Monde[1], Le Monde, 9 janvier 2008.
  9. Éric Fottorino doit présenter son plan devant les actionnaires le 14 janvier, Le Monde du 12 janvier 2008
  10. Éric Fottorino a été élu président du directoire du Groupe Le Monde, Le Monde, 27 janvier 2008.
  11. « Les administrateurs partenaires du groupe Le Monde n'ont pas donné leur accord à la candidature d'Éric Fottorino » LeMonde.fr,
  12. « Un nouveau patron pour Le Monde mais des tensions subsistent », sur JeanMarcMorandini.com,‎
  13. Éric Fottorino, patron du Monde, a-t-il signé sa disgrâce ?, Nolwenn Le Blevennec, rue89.com, 8 novembre 2010
  14. Le Monde : Fottorino « déçu » et « trahi », lejdd.fr, 7 décembre 2010
  15. Éric Fottorino révoqué de la présidence du directoire du groupe Le Monde, Le Monde du 15 décembre 2010
  16. Serge Halimi, Vingt années qui ont changé « Le Monde » Le Monde diplomatique, juillet 2012
  17. Éric Fottorino, l'ex-dirigeant du Monde, lance un hebdo à 2,80 €, Challenges, 7 mars 2014
  18. Courte biographie, en anglais
  19. Éric Fottorino – Questions à mon père, enfinlivre.blog.lemonde.fr, 9 juin 2010
  20. [2]
  21. Régis Soubrouillard, « Le Monde a a-do-ré le roman… de la fille de son patron », Marianne,‎

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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