Éric Alauzet

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Éric Alauzet
Illustration.
Éric Alauzet en 2017.
Fonctions
Député français
En fonction depuis le
(8 ans, 4 mois et 2 jours)
Élection 17 juin 2012
Réélection 18 juin 2017
Circonscription 2e du Doubs
Législature XIVe et XVe
Groupe politique ECO (2012-2016)
SER (2016-2017)
LREM (depuis 2017)
Prédécesseur Jacques Grosperrin
Conseiller municipal de Besançon

(29 ans, 11 mois et 14 jours)
Réélection 18 juin 1995
Maire Robert Schwint
Jean-Louis Fousseret
Anne Vignot
Conseiller général du Doubs

(6 ans et 9 jours)
Élection 16 mars 2008
Circonscription Canton de Besançon-Est
Prédécesseur Jacques Grosperrin
Successeur Patricia Olivares
Conseiller régional de Franche-Comté

(6 ans et 10 jours)
Élection 15 mars 1998
Président Jean-François Humbert
Biographie
Date de naissance (62 ans)
Lieu de naissance Nancy (Meurthe-et-Moselle)
Nationalité française
Parti politique LV (1988-2010)
EÉLV (2010-2017)
LREM (depuis 2017)
TdP (depuis 2020)[1]
Diplômé de université Nancy-I
université Paris-XIII
Profession médecin

Éric Alauzet, né le à Nancy (France), est un homme politique français.

D’abord membre des Verts, il exerce plusieurs mandats locaux à partir de 1990, en particulier dans la ville de Besançon et au conseil régional de Franche-Comté. Élu député de la deuxième circonscription du Doubs en 2012, il est membre du groupe écologiste puis socialiste. Il est réélu lors des élections législatives de 2017, après lesquelles il siège au sein du groupe La République en marche.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Premiers mandats locaux[modifier | modifier le code]

Éric Alauzet devient conseiller municipal de Besançon le , à la suite de la démission d’un membre du conseil municipal[2]. Dans le cadre des municipales de 2001, il mène une liste Les Verts face au PS de Jean-Louis Fousseret et au RPR Jean Rosselot. À l'issue du premier tour, il obtient 16 % des voix arrivant troisième, contraignant les socialistes à une fusion négociée au second tour[3] puisque Rosselot cumulant à près de 20 %[4]. L'une des décisions alors actée lors de cet arrangement est la tenue d'un référendum quant à la création de la gare de Besançon Franche-Comté TGV, position soutenue par le PS mais rejetée par Les Verts, ou le développement de la gare de Besançon-Viotte, aux soutiens logiquement inversés ; le , plus de deux électeurs sur trois rejettent la création d'une nouvelle gare[5], décision qui ne fut pas respectée. Avec neuf conseillers municipaux au sein de la majorité dont trois adjoints[3], Les Verts devient la troisième force politique de la mairie.

Éric Alauzet est candidat aux élections cantonales de 2008 pour le canton de Besançon-Est, sous l'étiquette EÉLV et soutenu par le PS face au sortant UMP Jacques Grosperrin ; il crée la surprise en gagnant[3] et obtient environ 52,5 % des voix contre 47,5 % pour son adversaire pourtant en tête au premier tour, sur fond d'une abstention de près de 50 %[6].

Député du Doubs[modifier | modifier le code]

Législature 2012-2017[modifier | modifier le code]

Éric Alauzet, Barbara Romagnan, Dominique Voynet et Laurence Rossignol lors de la campagne pour les élections législatives de 2012.

Dans le cadre d'un accord national, le PS et Europe Écologie Les Verts (EÉLV) décident de se partager les candidatures dans le Doubs aux législatives de 2012 afin de maximiser les chances de victoires de la gauche[7],[8]. Éric Alauzet est alors pressenti pour être candidat à la deuxième circonscription du Doubs[8],[7], son camp estimant ses chances de l'emporter après les scores aux municipales de 2001 et aux cantonales de 2008.

Toutefois, localement, le PS s'oppose fermement à cette optique, et plusieurs crises internes importantes résultent de la situation : Jean-Louis Fousseret annonce dès 2011 sa volonté de récupérer en plus de ses fonctions ce siège de député[9],[7], une motion est majoritairement adoptée par les militants socialistes bisontins pour exiger l'annulation de l'attribution[10],[7], le président PS du conseil général de Haute-Saône Yves Krattinger annonce vouloir aussi se présenter[10], plusieurs adjoints au maire de Besançon annoncent publiquement faire défection de tout soutien à l'écologiste[11], puis Fousseret tente de s'imposer[12] invoquant son scepticisme quant à la victoire de son allié[13] allant jusqu'à escompter une liste dissidente que seule la menace d’une exclusion fait reculer in-extremis quatre semaines avant le scrutin[14]. Barbara Romagnan, candidate PS sur la première circonscription du Doubs et une des rares à ne pas prendre position contre Aulauzet, tente d'apaiser les choses[15], relais pris par le premier concerné à la suite de la victoire de François Hollande parlant d'une union indispensable[16], alors que d'autres recours pour invalider l'accord PS-EÉLV échouent[17], le confortant définitivement comme candidat[18]. Plusieurs conférences sont organisées, et surtout un grand débat France Bleu/MaCommune.info face au sortant UMP Jacques Grosperrin[19]. Alauzet est élu député de justesse avec 50,12 % des voix, Grosperrin échouant à 89 voix près à la suite d'un recours avec 49,88 %[20].

En , Laurent de Boissieu le situe à la « droite pro-gouvernementale » du groupe écologiste[21]. Le , avec cinq autres députés, il quitte le groupe écologiste, provoquant sa dissolution, et rejoint le groupe socialiste[22]. Bien que toujours membre d'EÉLV, il choisit dans le cadre de la primaire citoyenne de 2017 de soutenir François de Rugy[23], alors que son parti a déjà désigné Yannick Jadot comme candidat officiel. Une fois Benoît Hamon élu, il mène de son propre aveu une « campagne minimaliste » ; il soutient Emmanuel Macron au second tour[24].

Législature 2017-2022[modifier | modifier le code]

Il est réélu député de la 2e circonscription du Doubs aux élections législatives françaises de 2017[25] avec 66,12 % des voix[26], sous l'étiquette « majorité présidentielle »[27], dans une circonscription où La République en marche (LREM) a choisi de ne présenter aucun candidat face à lui, alors que EÉLV lui retire son investiture[24]. Il est le seul député EÉLV de la XVe législature[28] et siège comme membre du groupe parlementaire LREM. Il est membre de la commission des Finances, de l'Économie générale et du Contrôle budgétaire[27].

En , il s'associe à Blandine Brocard pour réclamer un moratoire avant d'étendre les obligations vaccinales pour les jeunes enfants, comme prévu par le gouvernement[29]. Après six mois de législature, il est le 11e député le plus actif selon le classement établi par Capital[30]. Défendant les réformes fiscales du gouvernement sur les retraites, il déclare en au journal le Parisien : « Les retraités d’aujourd’hui font partie d’une génération dorée. Et s'ils ont travaillé toute leur vie, ça ne suffit pas comme argument au moment où il faut trouver de l'argent pour renflouer les caisses de l'État[31] » ; cette déclaration, dans laquelle il précise toutefois des compensations et des efforts répartis, fait polémique, l'amenant à réitérer en détail ces explications et à présenter des excuses « si le terme a pu blesser ou choquer[32] ».

En , il vote contre la ratification de l'Accord économique et commercial global, dit CETA, estimant que ce texte « ne permet pas de répondre aux enjeux actuels, au premier rang desquels le climat et la biodiversité[33]. »

Élections municipales de 2020 à Besançon[modifier | modifier le code]

En , Éric Alauzet annonce son intention de briguer l'investiture LREM en vue des élections municipales de 2020 à Besançon[34]. Il est notamment soutenu par Fannette Charvier, députée de la 1re circonscription du Doubs, par des conseillers municipaux et par la plupart des militants LREM locaux[34],[35]. Il est investi par le parti en [36]. Alors qu'il était en concurrence avec Alexandra Cordier, référente départementale LREM depuis 2016 et conseillère du maire sortant Jean-Louis Fousseret (LREM) avec qui Éric Alauzet est en froid depuis plusieurs années, sa désignation suscite des tensions au sein du bureau exécutif du parti au sujet de la parité[37],[35]. Alexandra Cordier maintient sa candidature et se voit ainsi exclure de LREM, mais conserve le soutien de Jean-Louis Fousseret : selon Mediapart, elle est « persuadée d’incarner le renouveau prôné par son parti » et « sa demande de briguer le poste de première adjointe a été refusée par l’équipe Alauzet »[35].

Dans son programme municipal, Éric Alauzet se dit notamment favorable à équiper les policiers municipaux d'armes létales[38].

Un temps favori, il arrive en troisième position au premier tour, avec 18,9 % des voix, et se maintient au second tour pour une triangulaire[35],[39]. Alors que la liste LREM dissidente a obtenu 4,5 % des voix, il dénonce « un sabotage local » et accuse implicitement Jean-Louis Fousseret d’être responsable de la situation[35]. Deux de ses colistiers appellent à voter pour le candidat LR, tandis que la liste d'union de la gauche fait figure de favorite[35]. Durant la campagne avant le second tour, dans la nuit du 29 au , deux voitures sont incendiées sur le parking de l'immeuble où il habite. Un groupuscule anarchiste revendique l'acte, estimant avoir incendié le véhicule personnel d'Alauzet ; ce n'est cependant pas le cas, les incendiaires ayant fait erreur[40].

Détail des mandats et fonctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. https://territoiresdeprogres.com/parlementaires-territoires-de-progres/
  2. Voir sur datasets.grandbesancon.fr.
  3. a b et c « Les Verts à Besançon, la seconde force politique ? » sur MaCommune.info (consulté le ).
  4. Résultats des élections municipales 2001 sur le site du ministère de l'Intérieur (consulté le ).
  5. « Les faux pas de Fousseret » sur le site de L'Express (consulté le ).
  6. Résultats des élections cantonales 2008 sur le site du ministère de l'Intérieur (consulté le ).
  7. a b c et d Législatives : Jean-Louis Fousseret s’élève contre l’accord PS-Europe Ecologie sur MaCommune.info (consulté le ).
  8. a et b Législatives à Besançon : Jean-Louis Fousseret ou Eric Alauzet ? sur MaCommune.info (consulté le ).
  9. « Législatives : Jean Louis Fousseret confirme sa candidature » sur MaCommune.info (consulté le ).
  10. a et b « Législatives : Yves Krattinger veut en découdre avec les écologistes à Besançon » sur MaCommune.info (consulté le ).
  11. Législatives : la candidature d’Eric Alauzet déchire le PS sur MaCommune.info (consulté le ).
  12. « Législatives : l’insoutenable… dilemme de Jean-Louis Fousseret » sur MaCommune.info (consulté le ).
  13. Jean-Louis Fousseret, l'autre vainqueur des législatives sur le site de France 3 Franche-Comté (consulté le ).
  14. « Besançon : Fin de la brouille PS/Verts » sur le site de France 3 Franche-Comté (consulté le ).
  15. « Barbara Romagnan : “La priorité c’est de soutenir François Hollande” » sur MaCommune.info (consulté le ).
  16. « Eric Alauzet : “Un véritable espoir de changement” » sur MaCommune.info (consulté le ).
  17. « EELV-PS : la candidature d’Eric Alauzet n’est pas remise en cause » sur MaCommune.info (consulté le ).
  18. « Législatives : Éric Alauzet (Europe Écologie Les Verts) » sur MaCommune.info (consulté le ).
  19. Revivez le "Grand Débat" Grosperrin/Alauzet sur MaCommune.info (consulté le ).
  20. « Doubs-2 : Eric Alauzet prend le siège de Jacques Grosperrin (50,12 %) » sur MaCommune.info (consulté le 17 juin 2012).
  21. Laurent de Boissieu, « Les députés Écologistes: combien de divisions internes? », sur ipolitique.fr, (consulté le 5 juillet 2017).
  22. Louis Hausalter, « Les députés écolos se font hara-kiri à l'Assemblée », marianne.net, 19 mai 2016.
  23. « Qui soutient François de Rugy à la primaire PS ? », sur la-croix.com, (consulté le 24 janvier 2016).
  24. a et b Lucas Chedeville, « Éric Alauzet, un dernier Vert pour la route », sur StreetPress.com, (consulté le 19 juillet 2017).
  25. Ministère de l'Intérieur, « Élections législatives 2017 », sur elections.interieur.gouv.fr, (consulté le 19 mai 2018).
  26. « Eric Alauzet, réélu député de la deuxième circonscription du Doubs » sur MaCommune.info (consulté le ).
  27. a et b Fiche d'Éric Alauzet sur le site de l'assemblée nationale (consulté le ).
  28. « Résultats législatives 2017 : qui est le dernier élu écologiste à l'Assemblée ? », RTL, 19 juin 2017.
  29. « Vaccins obligatoires : des députés de la majorité demandent un "moratoire" », sur europe1.fr, (consulté le 4 octobre 2017).
  30. « Les députés d'En marche, cancres de l'Assemblée… Notre classement », sur Capital.fr, (consulté le 22 décembre 2017).
  31. « Les retraités d’aujourd’hui font partie d’une génération dorée », leparisien.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 6 mars 2018).
  32. « Les retraités “font partie d’une génération dorée” : Eric Alauzet s’explique… » sur le journal MaCommune.info (consulté le ).
  33. Marie Zafimehy, « Ceta : ces députés LREM qui ont voté contre l’accord de libre-échange avec le Canada », sur leparisien.fr, (consulté le 23 juillet 2019).
  34. a et b Voir sur france3-regions.francetvinfo.fr.
  35. a b c d e et f Guillaume Clerc, « Municipales: LREM se saborde à Besançon », sur Mediapart, (consulté le 22 juin 2020).
  36. Éric Daviatte, « Municipales 2020, Éric Alauzet sera le candidat LREM », sur L'Est républicain, (consulté le 13 juillet 2019).
  37. Nathalie Schuck, « Municipales : gros coup de gueule sur la parité chez LREM », sur leparisien.fr, (consulté le 14 juillet 2019).
  38. « Besançon. Municipales 2020 : Éric Alauzet propose d’armer les policiers municipaux », sur www.estrepublicain.fr (consulté le 4 décembre 2019).
  39. « Élections municipale et communautaires 2020 », sur Ministère de l'Intérieur (consulté le 18 mars 2020).
  40. Sophie Courageot, Jérémy Chevreuil, « Besançon : un groupuscule anarchiste a-t-il voulu incendier la voiture du député LREM du Doubs Eric Alauzet ? », sur france3-regions.francetvinfo.fr, (consulté le 1er juin 2020).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]