Épilobe en épi

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Chamerion angustifolium

Chamerion angustifolium sur fond de Saint-Laurent, Québec

L’Épilobe en épi, l’Épilobe à feuilles étroites[1] ou Laurier de Saint-Antoine (Chamerion angustifolium), ou encore Osier fleuri, est une espèce de plante herbacée vivace du genre Chamerion de la famille des Onagraceae.

On trouve cette espèce dans toutes les zones tempérées de l'hémisphère nord.

Certains auteurs utilisent encore le nom scientifique Epilobium angustifolium L. mais des études depuis 1999 tendent à prouver que cette espèce appartient à un genre voisin, Chamerion[2].

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'épilobe est la francisation d'Epilobium, du grec epi, sur, et lobion, petite cosse. En effet, les sépales et pétales sont situés au sommet d'un ovaire infère qui ressemble à une petite gousse. Les feuilles effilées de cette espèce ressemblent, avec un peu d'imagination, à celles du laurier, Laurus nobilis. L'épithète du nom scientifique dérive du latin angustus, « étroit » et folium, « feuille  »[3].

Le genre Chamerion vient du grec Chamai, « bride » et erion, « laine », allusion aux graines de la plante surmontées de soies plumeuses très aisément dispersées par le vent[4].

Description[modifier | modifier le code]

Planche botanique d’Epilobium angustifolium
  • Forme : tige atteignant de 0,5 m à 2,5 m de hauteur. Une espèce naine parente, ''Epilobium latifolium'', pousse de 0,3 à 0,6 m de haut.
  • Racine : souche rampante
  • Feuilles : nombreuses mais

peu denses (éparses), alternes, sessiles, entières, lancéolées et très allongées. Keur bord est souvent partiellement enroulé et leurs nervures forment un réseau.

  • Fleurs : grandes d’un rose-pourpre vif, de bonne taille (jusqu’à 3 cm de diamètre), en longue grappes fournies terminales (type racèmes symétriques). Chaque fleur possède 4 pétales étalés en croix, un peu inégaux. Les 8 étamines et le style sont incurvés vers le bas. Quatre stigmates blancs s’étalent aussi en croix à maturité. Le nectar est sécrété au sommet de l'ovaire ; il est protégé de la pluie par les bases dilatées des étamines et par la rangée de poils du style. Le pollen est violet foncé le matin seulement.
  • Floraison : basifuge, de juin à septembre, plutôt juillet-août en plaine ; chaque fleur reste ouverte deux jours environ, ce qui permet une longue floraison de chaque pied.
  • Fruit : capsule linéaire rouge-brun pleine de semences, qui s'ouvre par des fentes au sommet. Elle porte de nombreuses graines brunes, environ 300 à 400 par fruit et 80 000 par plante. Les graines ont des poils soyeux qui facilitent l'anémochorie (dispersion par le vent) favorisant la colonisation rapide des milieux propices. Une fois établie, la plante se propage aussi largement par ses racines qui se rejoignent sous le sol.
  • Habitat : l'épilobe est une espèce pionnière présente en colonie dense dans tous les terrains dégagés, comme les coupes de bois, clairières, lisières, talus, ravins humides, lieux incendiés. S’étend à la faveur des déboisements et des incendies.
  • Altitude : jusqu’à 2 500 m.
  • Toxicité : non.
  • Plante protégée : non.
Capsule contenant les graines

Les feuilles d'épilobe en épi sont uniques en ce sens que les nervures des feuilles sont circulaires et ne prennent pas fin sur les bords de la feuille, mais forment des boucles qui se rejoignent sur le bord extérieur des feuilles. Cette caractéristique rend ces plantes très faciles à identifier à tous les stades de leur croissance.

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

L’épilobe en épi est réparti sur tout l'hémisphère nord : Asie, Afrique, Amérique du Nord et Europe[5].

Chamerion angustifolium

Cette espèce peut être indicatrice des mégaphorbiaies eutrophiles. Elle a tendance à coloniser rapidement les zones ouvertes et humides où il y a peu de concurrence, tels que les sites incendiés ou les clairières des forêts. Elle pousse aussi longtemps que l'espace est ouvert et qu'elle dispose de beaucoup de lumière, puis quand les arbres et les broussailles grandissent, les épilobes meurent, mais les graines restent viables dans le sol pendant de nombreuses années.

En France, l’épilobe en épi est commun en moyenne montagne dans les espaces forestiers ouverts. Il apparait en grand nombre après les coupes de bois, puis se raréfie à mesure que la forêt se referme. L'espèce pénètre peu dans le midi, mais est présente jusqu'en basse Provence en ubac des massifs de la Sainte-Baume et de la montagne Sainte-Victoire. Elle y est cependant très rare puisque la Sainte-Baume ne compte qu'une vingtaine d'individus en deux stations vers 800 m d’altitude dans la hêtraie ; elle est encore plus rare à la Sainte-Victoire. On a découvert en mai 2004 une quinzaine de pieds vers 740 m d’altitude dans un vallon frais au-dessus du Delubre.

Synonymes[modifier | modifier le code]

  • Epilobium angustifolium L.
  • Chamaenerion angustifolium (L.) Scop.
  • Epilobium spicatum Lam.

Intérêts[modifier | modifier le code]

En 1793, elle permet au botaniste allemand Christian Konrad Sprengel d'imaginer la théorie de la pollinisation des plantes par les insectes (entomogamie).

Les jeunes pousses issues de turions sont comestibles (elles sont blanchies comme les asperges, ce qui vaut à la plante le nom d'asperge des bois), mais n'ont pas beaucoup de goût et sont laxatives si elles sont mangées en grosse quantité. En thérapeutique, les feuilles utilisées en tisane sont indiquées pour traiter les maux de tête, migraines, troubles du sommeil ; en décoction, elles sont intéressantes pour cicatriser les petites plaies[6].

Les Amérindiens employaient son suc pour soulager les irritations de la peau et les brûlures, pratique qui a également cours en Europe. En médecine populaire européenne et nord-américaine, on l'utilisait sous forme de tisane pour soulager les troubles gastriques et respiratoires et la constipation. Ces usages peuvent être expliqués par la forte teneur dans ses parties fleuries et ses feuilles en tannins, mucilage, phytostérols et acides triterpéniques. Cela explique ses noms vernaculaires de laurier ou d'osier de Saint Antoine, d'Antoinette, en référence à Antoine le Grand, Saint guérisseur réputé soigner les maladies de peaux[7].

Cet épilobe entre dans la composition des miels multifloraux de montagne. Si les massifs de cette fleur sont très importants, il est possible de récolter un miel d'épilobe limpide aux teintes cendrées (devenant blanc de neige en cristallisant), doux, d'une grande richesse aromatique et d'une texture particulièrement fine. Ce miel monofloral, rare, est très recherché[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Luc Brouillet et al., « Chamerion angustifolium subsp. angustifolium (Linnaeus) Holub », sur VASCAN, la Base de données des plantes vasculaires du Canada,‎ 2010+ (consulté le 25 juin 2011)
  2. émission Votre jardin sur RMC, 5 mars 2011
  3. François Couplan, Les plantes et leurs noms : Histoires insolite, Éditions Quae, (lire en ligne), p. 57
  4. (en) Alan M. Cvancara, Wildflower Personalities, Xlibris Corporation, , p. 30
  5. GRIN, op. cit.
  6. Jacqueline Launay, Pour notre terre, choisir l'agriculture durable... écologique, ÉDITIONS Edilivre, , p. 177
  7. Ernest Small, Paul M. Catling, Les cultures médicinales canadiennes, NRC Research Press, , p. 71
  8. Henri Clement, L'Apiculture Pour les Nuls, First Éditions, , p. 78

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]