Épidémie de choléra de 1884 à Marseille
| Maladie | |
|---|---|
| Agent infectieux | |
| Origine | |
| Localisation | |
| Date de fin |
1884 |
| Morts |
1 779 |
|---|
L'épidémie de choléra qui touche Marseille en 1884 est une manifestation de la cinquième pandémie qui frappe le monde entre 1881 et 1896.
Arrivée du choléra
[modifier | modifier le code]Les premiers cas se déclarent dans le port de Toulon autour du 20 juin 1884[1]. Ils apparaissent dans différents navires qui viennent du Tonkin et de Saïgon et stationnent à Toulon : sur La Sarthe, mais aussi sur le Montebello, le Jupiter et l'Alexandre[2], rendant difficile l'identification précise du bateau à l'origine de l'épidémie.
Si des cas de choléra sporadique se manifestent à Marseille avant la fin juin, le premier décès a lieu le 26 juin. Il s'agit d'un jeune homme de 17 ans, étudiant au lycée de Toulon et rentré à Marseille deux jours plus tôt[3] .
Réactions des autorités
[modifier | modifier le code]Dès l'annonce des premiers cas à Toulon, le maire de Marseille Emmanuel Allard met en place une Commission sanitaire municipale (24 juin). De son côté le Préfet des Bouches-du-Rhône Émile-Honoré Cazelle constitue un Comité de vigilance (28 juin). Les deux organes prendront des mesures afin de lutter contre le déploiement de la maladie au sein de la ville et du département.
L'une des principales mesures qui est mise en œuvre l'aménagement du Palais du Pharo en hôpital dans le but de prendre en charge les malades. D'autres mesures de prophylaxie permettent de contenir l'épidémie et d'en limiter le développement : désinfection immédiate des habitations, destruction des linges et des vêtements des malades, aide aux familles de victimes...
L'arrivée du choléra dans le sud de la France bénéficie d'une importante couverture de la part de la presse nationale, les nouvelles quotidiennes étant facilitées par le télégraphe électrique[4]. Le rôle de la presse fera l'objet de critiques, et, afin de mettre fin aux rumeurs, la ville publiera quotidiennement le nombre de décès[5].
Cette épidémie intervient à un moment clé des recherches médicales sur le choléra : le 10 juillet Robert Koch est en visite à Marseille, il réalise une conférence au Palais du Pharo pour présenter ses travaux et transmettre ses connaissances sur la maladie et sa propagation[3] .
Nombre de décès
[modifier | modifier le code]D'après le bulletin mensuel de statistique démographique et médical publié dans Marseille médical[6]
| Mois | Nombre total de décès | Nombre d'adultes | Nombre d'enfants |
|---|---|---|---|
| Juin | 10 | 8 | 2 |
| Juillet | 1215 | 1124 | 91 |
| Août | 391 | 347 | 44 |
| Septembre | 114 | 105 | 9 |
| Octobre | 49 | 43 | 3 |
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Rapport sur l'épidémie de choléra qui a régné en 1884 dans le département des Bouches-du-Rhône, Comité sanitaire départemental de vigilance Marseille, 1885.
- Bertrand Mafart et Marc Morillon, « Les épidémies à Marseille au XIXe siècle », Bulletins et Mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris, t. 10 fascicule 1-2, , p. 81-98 (lire en ligne).
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ « Le choléra à Toulon », Le Temps, (lire en ligne)
- ↑ (en) Franck M. Snowden, Naples in the time of choléra (1884-1911), Cambridge, Cambridge University Press, , 478 p., p. 62-63
- « Le choléra à Marseille », Marseille Médical, , p. 388-404 (lire en ligne
)
- ↑ Agnès Sandras, « L’humour face aux épidémies – Partie IV. Epidémie d’épidémies et inconscient collectif », sur Blog Hypothèse - L'histoire à la BNF, (consulté le )
- ↑ Hippolyte Mireur, Étude historique et pratique sur la prophylaxie et le traitement du choléra : basée sur les observations fournies par l'épidémie de Marseille, Paris, G. Masson, , 193 p. (lire en ligne), p. 69
- ↑ Marseille Médical, Marseille, Barlatier-Feissat Père & Fils, , 768 p. (lire en ligne)