Épaulette (militaire)

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Composition d'une épaulette

L’épaulette est un ornement de passementerie situé sur l'épaule d'un uniforme militaire. Les épaulettes sont différentes selon les armes et les grades.

Forme et évolution[modifier | modifier le code]

L’épaulette, à l'origine, était un plaque de renfort destinée à protéger l'épaule des coups de sabre ou d'épée.

Elle a également pris la forme, plus tardivement, d'une patte de tissu (bretelle) fixée sur l’épaule gauche pour tenir la sangle de la giberne ou du baudrier

Cet accessoire a également reçu la fonction d'identifier le Grade militaire de celui qui la portait : les officiers portaient des épaulettes faites de fil métallique tressé, alors que la troupe était dotée d'épaulettes en laine. Cette distinction entre les catégories de grades est valable dans la majorité des armées du monde et a subsisté par la suite dans de nombreux insignes militaires.

Jusqu’au début du XIXe siècle, les épaulettes sont à franges souples.

Les épaulettes sont attachées à l'épaule par un passant ou par une patte de tissu parallèle à la couture d'épaule (appelée "attente") et par un bouton proche du col.

Dans certaines tenues militaires (exemple : tenue de général en France depuis 1945), l'épaulette laisse symboliquement la place à une simple attente brodée.

Histoire[modifier | modifier le code]

Épaulière d'armure

Au Moyen Âge, l’épaulière en fer de l’armure protégeait l’épaule et une partie du torse.

En France c’est le Maréchal de Belle-Isle, qui instaure par le règlement de 12 janvier 1759 des épaulettes d'or ou d'argent comme insigne de grade pour les officiers. La forme fut précisée par l'ordonnance de 10 décembre 1762 et modifiée par l'ordonnances de 25 avril 1767 et 21 février 1779 [1]. Les épaulettes vont être adoptée par tous les corps d’arme sauf par les hussards [2].

Au Royaume-Uni, l'épaulette a été officiellement incorporée dans les règlements d’uniformes en 1795, bien que quelques officiers les aient portées avant cette date[3].

Autrefois porté sur le champ de bataille, l'épaulette est aujourd’hui généralement réservée à l'uniforme d’apparat.

Couleur et grade[modifier | modifier le code]

L’infanterie porte les épaulettes en or, la cavalerie en argent, les grenadiers en laine rouge, les voltigeurs en laine jaune et en laine verte pour les fusiliers.

Les épaulettes à « graine d'épinards » (grosse torsade) indiquent un grade d'officier supérieur.

Une épaulette associé à une contre épaulette indiquent un grade de lieutenant-colonel ou de chef de bataillon, selon le sens.

Deux épaulettes indiquent un colonel (ou a certaines époques un lieutenant-colonel lorsque l'or et l'argent sont panachés).

Les épaulettes comportent parfois des étoiles :

  • 7 étoiles = maréchal de France ;
  • 5 étoiles = général d'armée (à partir des années 1920);
  • 4 étoiles = général de corps d'armée (à partir des années 1920) ; général en chef sous le 1er Empire ;
  • 3 étoiles = général de division (lieutenant-général sous l'ancien régime) ;
  • 2 étoiles = général de brigade (maréchal de camp sous l'ancien régime) ;
  • 1 étoile = adjudant-général sous le 1er Empire (brigadier du Roy sous l'ancien régime) ; grade supprimé depuis.

Les épaulettes à petites torsades métalliques fines et souples sont celles des officiers subalternes. Les sous-lieutenants portent l'épaulette à droite et les Lieutenants l'épaulette à gauche. (l'autre épaulette, dépourvue de franges, est appelée contre-épaulette), et deux épaulettes avec franges pour le grade de capitaine.

Les épaulettes à grosses torsades métalliques rigides sont celles des officiers supérieurs. Selon le même principe, les commandants (ou chefs d'escadron(s) ou de bataillon) portent l'épaulette complète à droite, les lieutenant-colonels à gauche, et les colonels en portent deux.

Aujourd'hui, certaines unités de l'armée française possèdent encore cet attribut pour la tenue de défilé des militaires du rang :

  • épaulettes rouges (garance) pour l'infanterie (il s'agit de celles de grenadiers du 1er Empire dont sont issus les fantassins d'aujourd'hui) ;
  • épaulettes vertes à tournante jonquille pour les chasseurs à pied ;
  • épaulettes rouges (écarlate) pour l'artillerie et l'artillerie de marine ;
  • épaulettes jaunes pour l'infanterie de marine (il s'agit de celles de l'infanterie légère du 2nd Empire) ;
  • épaulettes vertes à franges rouges pour la Légion étrangère ;

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Législation militaire: ou, Recueil methodique et raisonné des lois (etc.) sur toutes les branches de l'état militaire, par H. Berriat, Tome 1, Alexandrie 1812, page 13, note de bas de page no.5
  2. Yves Barjaud, Les Hussards : trois siècles de cavalerie légère en France, Caracole,‎ 1988, p. 195
  3. Copyright notice - National Maritime Museum

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire du costume par Maurice Leloir editions Gründ

Liens externes[modifier | modifier le code]