Énergie en Bretagne

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Le secteur économique de l'énergie en Bretagne comprend la production locale et l’importation d’énergies primaires, leur transformation éventuelle en agents énergétiques secondaires, le transport de ces agents et leur consommation finale, ainsi que les flux d'importations et d'exportations d’énergies.

Consommation[modifier | modifier le code]

La consommation finale d’énergie en Bretagne se fait sous la forme de produits pétroliers (transport, chauffage, processus industriel, etc.), de gaz naturel (chauffage, industrie, habitat…), d'électricité (chauffage, habitat, industrie…) et d'énergies renouvelables.

Ressources énergétiques[modifier | modifier le code]

En Bretagne se trouvent différentes ressources énergétiques, essentiellement renouvelables (éolien, hydrolien, hydrélectricité, solaire). En revanche, le sol est très pauvre en énergie fossile : absence de pétrole, de charbon ou de gaz ; la tourbe a été cependant exploitée autrefois. L'uranium présent dans le sol a été exploité jusque dans les années 1980[1].

Électricité[modifier | modifier le code]

Production[modifier | modifier le code]

Au 31 décembre 2015, le parc installé en Bretagne est de 2,1 GW dont 63 % provenant d'énergies renouvelables[2]. La production en 2015 a été 3,1 TWh, en hausse de 12,4 % par rapport à 2014, hausse principalement liée à la croissance du parc éolien et à la production thermique fossile.

La Bretagne ne produisait en 2008 que 8 % de l’électricité qu’elle consommait, puis 6 % en 2010. Mais entre 2000 et 2014, la production électrique a augmenté de 163 % couvrant ainsi 11,4 % de la consommation en 2013, 13 % en 2014 et 15 % en 2015.

Cette électricité provient principalement de deux sources :

l'énergie marémotrice 
avec l'usine marémotrice de la Rance, d'une puissance de 240 MW, qui produit en moyenne annuelle 500 GWh soit 18 % de la production totale de la région[3] ;
l'énergie éolienne 
avec 142 parcs éoliens terrestres[4], soit 505 éoliennes, d’une puissance totale de 826 MW à fin 2014[4].

Le site nucléaire de Brennilis dans le Finistère est une centrale à eau lourde dont la mise en production a commencé en 1962. Elle ne produisait que 70 mégawatts. Elle est en cours de démantèlement et ne produit plus depuis 1985. Le projet de la centrale Plogoff était d'une toute autre ampleur, la mobilisation de ses habitants ayant abouti à son abandon en 1981.

Dans le cadre du Pacte électrique breton, une centrale à cycle combiné au gaz est en cours de construction à Landivisiau d'une capacité de 422 MW. La centrale émettra une grande quantité de gaz à effet de serre (GES) ce qui en fait un projet très controversé à l'heure de la lutte contre le changement climatique. Le , lors de la présentation du Bilan énergétique 2018 pour la Bretagne, RTE a indiqué que la centrale est toujours en chantier et que les travaux de raccordement au réseau devraient démarrer « au second semestre 2019 »[5].

Pour l'année 2018[6], la répartition de la production électrique par filière, en Bretagne, a été la suivante, par rapport à celle de 2012[7], à celle de 2013[8], à celle de 2014[9], à celle de 2015[2], à celle de 2016[10], à celle de 2017[11] :

Production par filière 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018
Éolien 54 % 56 % 51 % 53 % 40 % 45,1 % 40 %
Hydraulique 23 % 20 % 22 % 18 % 12 % 16,9 % 11 %
Thermique fossile 11 % 10 % 12 % 13 % 37,5 % 21,8 % 38 %
Thermique renouvelable / Bioénergies 6 % 8 % 9 % 10 % 2,5 % 10,2 % 3 %
Photovoltaique / Solaire 6 % 6 % 6 % 6 % 8 % 6 % 8 %

En 2015, l'augmentation du thermique fossile est en partie due à la baisse de la production hydraulique[2].

En 2016, des conditions de vent défavorables ont conduit à une diminution de 10,5 % par rapport à 2015, de la production issue de la filière éolienne. D'autre part, la mise en service de nouvelles entités de type cogénération conduit à une augmentation de la production thermique fossile[10].

En 2017, la région Bretagne a produit 3 432 GWh en hausse de 9 % par rapport à 2016. La production thermique fossile augmente nettement de 29,6 % à 748 GWh (hausse due entre autres à la vigueur de la vague de froid hivernale). Elle représente 22 % de la production totale de la région. La production d'électricité d'origine renouvelable (EnR) augmente également de 4 % à 2 564 GWh. Elle représente 75 % de la production totale de la région[11].

En 2018, la région Bretagne s’inscrit dans la tendance nationale avec une production d’électricité d’origine renouvelable (EnR) en hausse de 12 %, due à l’installation de nouvelles capacités de production éolienne et solaire et à des conditions météorologiques plus favorables qu’en 2017. Si les énergies renouvelables ont fourni 75 % de l’électricité produite en Bretagne, celle-ci reste fortement importatrice en électricité[6].

Hydroélectrique[modifier | modifier le code]

Principales usines hydroélectriques de Bretagne[12]
Nom Rivière Dpt Turbines Puissance Production
Usine marémotrice de la Rance Rance 35 24 groupes bulbes 240 MW 500 GWh/an
Usine hydroélectrique de Rophemel[13] Rance 22 2 turbines Kaplan 1,4 MW 4 GWh/an
Usine hydroélectrique de Saint-Herbot Éllez 29 3 turbines Francis (3, 2, et 1 MW) 7 MW 13 GWh/an
Usine hydroélectrique de Talhouet Blavet 56 1 turbine Kaplan 0,3 MW ?
Usine hydroélectrique de Saint-Aignan Blavet 22 1 turbine Kaplan 0,5 MW ?
Barrage et usine de Guerlédan Blavet 22 4 turbines Francis 15 MW 20 GWh/an
Usine hydroélectrique de Pont-Rolland Gouessant 22 2 turbines Kaplan 5,3 MW 5 GWh/an

Éolien[modifier | modifier le code]

En 2015, la Bretagne a produit 1,65 TWh d'électricité d'origine éolienne, soit 8 % de la production totale en France, ce qui la place au 5e rang des régions (derrière les régions Grand Est, Hauts-de-France, Occitanie et Centre-Val de Loire). Elle possède le deuxième potentiel éolien de France. La préfecture et le conseil régional ont défini des zones de développement (ZDE) ainsi qu'un schéma régional éolien[14].

Photovoltaïque[modifier | modifier le code]

Le solaire photovoltaïque (PV) installé en Bretagne a produit en 2015 187 GWh. Le potentiel est moins important que dans d'autres régions françaises mais la croissance des installations a été très importante depuis 2007 (doublement de la production en 2012).

La région est aussi le siège du développeur de centrales solaires Armorgreen[15].

Cogénération[modifier | modifier le code]

Bois-énergie[modifier | modifier le code]

Plusieurs usines de cogénération bois-énergie sont en cours d'installation[Où ?][Quand ?]. Celle de Rennes située aux « Boëdriers »[16], produit 83 GWh/an d'électricité depuis l'été 2013 (Source Dalkia[réf. non conforme]).

Biogaz[modifier | modifier le code]

Depuis 2005, toutes les usines d'incinération (UIOM) sont équipées de génératrices de cogénération. La production s'établit à 80 GWh/an (source : énergie Bretagne ed2009[réf. non conforme]).

Les installations de cogénération biogaz se développent, particulièrement dans des grosses installations agricoles (serres, fermes), ou portées par des villes ou collectivités publiques[17].

Au , 29 installations étaient en production[18].

Cogénération biogaz 2012 Nombre Energie primaire (tep) Puissance électrique installée (KWe) Production électrique (MWe)
Côtes d'Armor 9 4716 2715 20665
Finistère 5 1919 380 3044
Ille et Vilaine 9 2544 1070 8302
Morbihan 6 6476 3660 28771
Total 29 15655 7825 60782

Le bilan national méthanisation, de juillet 2011 à juillet 2013, de l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie, montre qu'avec 31 installations sur 239, la Bretagne est la région de France qui dispose du plus grand nombre d'unités de cogénération biogaz identifiées, et qu'elles se situent majoritairement en milieu agricole[19].

Biométhane injecté[modifier | modifier le code]

Le biogaz produit par méthanisation peut aussi être injecté dans les réseaux de transport de gaz naturel. Avant injection dans le réseau, le biométhane doit être épuré (élimination principalement, du CO2 et du H2S) et rendu compatible avec les exigences des réseaux de distribution de gaz naturel[20].

En France, sur les 16 installations de méthanisation identifiées, il n'y a qu'une en Bretagne, soit 6,25 %, qui produit, à partir de déchets agricoles (effluents d'élevage et déchets végétaux), l'équivalent de 5 GWh (832 000 Nm3/an)[21], revendus à GrdF[22].

Consommation électrique[modifier | modifier le code]

La consommation d’électricité en Bretagne était de 21,6 TWh en 2013[23], en augmentation de 21 % depuis 2003, soit très supérieure à la croissance de la consommation en France qui n'est sur cette période que 5,7 %.

Sur la période 2006-2014, la consommation corrigée d’électricité en Bretagne était en augmentation de 9,9 %, soit une croissance plus rapide qu'en France, qui n'était sur cette période, que de 2,9 %[9].

En 2014, la consommation finale régionale était de 20,4 TWh, soit une baisse de 6,1 %, sous l'effet des températures douces.

En Bretagne, 73 % de l'électricité est consommée par des bâtiments résidentiels ou à usage tertiaire.

En 2011, 37 % des résidences principales (contre 31 % en France) se chauffent à l'électricité.

En 2015, la consommation finale régionale était de 20,8 TWh, soit une hausse de 2,4 %, sous l'effet, selon RTE, « de la croissance démographique et de l'attrait du littoral » (augmentation de 200 000 habitants). L'augmentation n'est que 1,8 %, en tenant compte des variations climatiques (hiver doux, mais plus long)[2].

En 2016, la consommation finale régionale atteint 21,3 TWh. Elle augmente de 2,3 % par rapport à 2015. Corrigée de l’aléa climatique, la consommation finale est stable, bien que la population bretonne ait continué à augmenter (+0,55 %)[10].

2006 2011 2012 2013 2014 2015 2016
Consommation annuelle (en GWh) 19 549 20 233 21 092 21 723 20 391 20 843 21 317[10]
Consommation annuelle corrigée des variations climatiques 18 935 20 725 20 860 20 994 20 840 21 146 21 040[10]

Dans le cadre du Pacte électrique breton signé en 2010, les signataires (État, Région, ...) se sont engagés à diviser par 3 entre 2010 et 2020, la croissance de la consommation électrique en Bretagne.

Importation et exportation[modifier | modifier le code]

La Bretagne est très déficitaire entre son volume d'électricité consommé et celui produit sur place, ainsi de fortes quantités d'électricité consommées en Bretagne sont produites ailleurs en France. Les gros sites de production les plus proches sont la centrale thermique de Cordemais dans l'estuaire de la Loire, et les centrales nucléaires de Flamanville (Cotentin) et Chinon (entre Angers et Tours). Si depuis 2008 la part des importations dans la consommation totale de la Bretagne s'est réduite grâce au développement des énergies renouvelables, la réduction en volume reste modeste en raison de l'accroissement de la consommation. La connexion entre ces deux sources extérieures a été renforcée en 2018 par l'ouverture d'une ligne à haute tension (225 000 volts) enterrée entre Lorient et Saint-Brieuc, ce qui permet aussi d'améliorer les conditions de raccordement des futurs parcs éoliens[24].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Mines d'uranium en Bretagne. De vives sources d'inquiétude », Le Télégramme, .
  2. a b c et d RTE, « Bilan électrique 2015 et perspectives » [PDF], sur rte-france.com, (consulté le 29 avril 2016).
  3. Les énergies marines renouvelables en Bretagne, bretagne-environnement.org, 16 juillet 2015.
  4. a et b L'éolien terrestre, sur le Portail de l'information environnementale en Bretagne, Bretagne Environnement.
  5. 20 Minutes, « Le réseau breton est toujours fragile » [PDF], sur 20minutes.fr, (consulté le 15 mai 2019).
  6. a et b Véronique Maignant, « Bretagne : une production d’électricité d’origine renouvelable (EnR) en hausse de 12 % », sur bretagne-economique.com, (consulté le 15 mai 2019).
  7. [PDF] RTE, « Bilan électrique 2012 de la région Bretagne », sur www.rte-france.com, (consulté le 17 septembre 2015).
  8. RTE Bilan électrique 2013 et perspectives, sur le site rte-france.com.
  9. a et b RTE, « Bilan électrique 2014 et perspectives » [PDF], sur rte-france.com, (consulté le 13 février 2016).
  10. a b c d et e RTE, « Bilan électrique 2016 et perspectives » [PDF], sur rte-france.com, (consulté le 22 mai 2017).
  11. a et b RTE, « L'essentiel 2017 en Région Bretagne » [PDF], sur rte-france.com, (consulté le 15 mai 2019).
  12. EDF, « Carte Groupe d'Exploitation Hydraulique Ouest », sur energie.edf.com (consulté le 17 septembre 2015).
  13. Notice no IA22001308, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  14. [PDF] Région Bretagne, « Schéma éolien terrestre en Bretagne », sur www.bretagne.developpement-durable.gouv.fr, année 2012 (consulté le 17 septembre 2015).
  15. Jérôme Gicquel, « Rennes: Armorgreen veut rayonner à l’international », sur 20minutes.fr, (consulté le 24 novembre 2018).
  16. Dalkia Biomasse Rennes, « Centrale de cogénération biomasse de Rennes » [PDF], sur ille-et-vilaine.pref.gouv.fr, (consulté le 24 février 2016).
  17. Association Technique Energie Environnement (ATEE), « Carte des installations biogaz en France », sur atee.fr, (consulté le 27 février 2016).
  18. Aile - Plan Biogaz, « Installations de valorisation du biogaz en Bretagne et Pays de la Loire » [PDF], sur pays-de-la-loire.developpement-durable.gouv.fr, (consulté le 24 février 2016).
  19. Ademe, « Bilan national des projets biogaz identifiés au  : Carte de France, page 13 » [PDF], sur sinoe.org, (consulté le 24 février 2016).
  20. Ale08, « Le biométhane progresse en France », sur ale08.org, (consulté le 24 février 2016).
  21. PlanET Biogaz France, « GAEC du Champ Fleury » [PDF], sur biogaz-planet.fr, (consulté le 24 février 2016).
  22. GrdF, « Les fiches du développement durable : Le biométhane issu du biogaz : une énergie renouvelable à part entière » [PDF], sur bibliotheque.grdf.fr (consulté le 28 février 2016).
  23. Vincent Briot - GIPBE, « L'électricité en Bretagne », sur bretagne-environnement.org, (consulté le 17 septembre 2015).
  24. Loïc Chauveau, « Une ligne électrique enterrée pour sécuriser la Bretagne », sur sciencesetavenir.fr, (consulté le 20 février 2018).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

Énergie éolienne  :

  • Tableau de bord des projets éoliens dans le Finistère, 2009, éditeur Direction départementale de l'équipement et de l'agriculture du Finistère, 28 pages
  • Schéma éolien du Pays de Saint-Brieuc, 2008, éditeur Pays de Saint-Brieuc, 89 pages
  • Schéma d'implantation des éoliennes dans le Morbihan, septembre 2005 (1re édition avril 2005), préfecture et CAUE du Morbihan, 60 pages.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]