Émilie Gamelin

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Émilie Gamelin
Mere Veuve Gamelin 1890.jpg

Mère Veuve Gamelin

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 51 ans)
MontréalVoir et modifier les données sur Wikidata
Nom de naissance
Marie-Émilie-Eugène TavernierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Autres informations
Étape de canonisation
Mère Émilie Gamelin,
sculpture de Raoul Hunter

La Bienheureuse Émilie Gamelin, née Émilie Tavernier ( - )[1], est une religieuse canadienne, fondatrice des Sœurs de la Providence de Montréal.

Biographie[modifier | modifier le code]

Marie-Émilie-Eugénie Tavernier naît à Montréal en 1800[2]. Elle est la 15e d’une famille de 15 enfants mais 9 de ses frères et sœurs sont déjà décédés à sa naissance. Sa mère meurt en 1804 et son père décède en 1814. Au décès de sa mère, elle est confiée à sa tante paternelle, madame Marie-Anne Tavernier et son mari Joseph Perrault, qui ont quatre enfants. Elle étudie au pensionnat des Sœurs de la Congrégation Notre-Dame de 1814 à 1815. À dix-huit ans, elle tient la maison de son frère François, devenu veuf, et accueille avec compassion les pauvres qui s’y présentent. Lorsque son frère se remarie, elle retourne habiter chez sa tante, mais la santé de celle-ci ne lui permettant plus de prendre soin d'Émilie, elle la confie à sa fille aînée, Agathe Perrault née en 1787. Émilie et elle deviennent très proches.

Elle habite ensuite à Québec pour aider bénévolement une autre cousine qui a plusieurs jeunes enfants. Après son retour à Montréal, en 1823, elle épouse Jean-Baptiste Gamelin, de vingt-sept ans son aîné. Il mourra quatre années plus tard, laissant Émilie veuve. Après le décès de son époux, elle continua à prendre soin d’un jeune homme déficient mental appelé Dodais qui avait sauvé la vie de Jean-Baptiste avant leur mariage. De son union, Émilie Gamelin a eu 3 enfants qui sont tous décédés en bas âge.

Œuvres charitables[modifier | modifier le code]

Sur le conseil de Jean-Jacques Lartigue et de Jean-Baptiste Bréguier dit Saint-Pierre, son directeur spirituel, qui l’invite à prier la Vierge des Douleurs, elle s'intéresse aux œuvres caritatives. Membre de la Confrérie de la Sainte-Famille et de l'association des dames de la charité, elle fournit un effort dévoué au sein de ces organisations.

Ayant pris la décision de vendre ses propriétés, elle ouvre au total trois refuges, principalement pour les femmes âgées et infirmes, dès 1830 avec l'aide du curé Claude Fay. Lors des épidémies cholériques de 1832 et 1834, elle n'hésite pas à venir visiter les malades et réconforter les familles. Une maison se trouvant près du nouvel évêché de Montréal lui est offerte par Antoine-Olivier Berthelet. La « Maison de la Providence » sera appelée communément la « Maison jaune ».

Maison-mère et chapelle des Sœurs de la Providence, vers 1890

Déjà sensible au sort des prisonniers et prisonnières de la ville, elle visite, de 1837 à 1839, les prisonniers politiques et condamnés de la rébellion à la prison Au Pied du Courant. Elle attrape la fièvre typhoïde en 1838 et se trouve à l’article de la mort avant de finalement en guérir. Mgr Ignace Bourget, nommé évêque de Montréal en 1840, désire faire immigrer de France des Filles de la charité de Saint-Vincent-de-Paul pour diriger l'œuvre de Madame Gamelin. L'Asile de la Providence sera construit grâce au dévouement de Mgr Bourget et de Madame Gamelin qui quêtent pour en défrayer les coûts. Il ouvrira ses portes en mai 1843.

Les Sœurs de la Providence[modifier | modifier le code]

Devant les délais migratoires des sœurs européennes, Mgr Bourget et Jean-Charles Prince d’une nouvelle congrégation religieuse canadienne. Le 25 mars 1843, 7 novices entrent chez les Filles de la Charité Servantes des Pauvres, communément appelées Sœurs de la Providence. Mme Gamelin sent en elle le désir de se donner tout entière. À la demande de Mgr Bourget, elle visitera Elizabeth Ann Bayley Seton aux États-Unis pour obtenir des renseignements sur la manière de gouverner une communauté. Revenue avec une copie de la règle de saint Vincent de Paul, elle est admise au noviciat le 8 octobre 1843, fait profession avec les six premières recrues, le 29 mars 1844, et est élue supérieure le 30 mars 1844.

Dans les années 1840 jusqu'en 1851, son institut mettra sur place de nombreuses œuvres de charité, dont l'hospice Saint-Joseph pour les prêtres âgés et infirmes (1844), une école régulière (1845) et une école pour sourdes et muettes (1851) à la Longue-Pointe, une maison à La Prairie (1846), un couvent à Sainte-Élisabeth (1849) près de L'Industrie ainsi qu'un bureau de placement pour jeunes filles et un centre de soins pour les malades mentaux pour lequel elle reçoit le soutien du gouverneur Louis-Hippolyte La Fontaine. Elle est une intervenante précieuse en 1847 lors de l'épidémie de typhus (Hospice Saint-Jérôme Émilien/Hôpital Saint-Patrice) et en 1849 lors de l'épidémie de choléra (Hôpital Saint-Camille).

En 1850, une école fut fondée à Sorel. En cette même année, Mère Gamelin va visiter les hôpitaux pour malades mentaux aux États-Unis dans le but d’ouvrir un établissement semblable à Montréal; ce qui n’arrivera pas de son vivant. Affaiblie par son œuvre caritative exceptionnelle, elle est emportée le 23 septembre 1851 par l'épidémie de choléra qui sévit à nouveau cette année-là à Montréal.

Héritage[modifier | modifier le code]

Affiche historique à la place Émilie-Gamelin.

Son institut, qui comptait à sa mort cinquante-et-une sœurs et dix-neuf novices et prenait soin de près d’un millier de personnes, a définitivement ouvert la porte aux instituts caritatifs fondés par la suite.

Montréal honore depuis quelques années son nom, le square Berri ayant été rebaptisé la place Émilie-Gamelin (1995). Elle est située entre les rues Berri et Saint-Hubert et fait face à la rue Sainte-Catherine, occupant l'ancien emplacement de l'Asile de la Providence (détruit en 1963). Une statue à son effigie, sculptée par l’artiste Raoul Hunter, orne la sortie de la rue Sainte-Catherine au métro Berri-UQAM depuis l'an 2000.

Le Centre international des Sœurs de la Providence situé à Montréal abrite, entre autres, le Centre Émilie-Gamelin et le Musée des Sœurs de la Providence. Ceci comporte deux salles d’exposition permanentes et une salle d’exposition thématique.

Les Sœurs de la Providence servent encore les plus démunis dans neuf pays (Canada, États-Unis, Chili, Salvador, Argentine, Haïti, Cameroun, Philippines et Égypte).

Cause Émilie Tavernier-Gamelin[modifier | modifier le code]

Des recherches historiques ont été entreprises en 1960 afin de préparer le dossier pour la possible béatification et canonisation d’Émilie Tavernier-Gamelin. Le 31 mai 1981, la cause d'Émilie Gamelin est officiellement introduite dans l'Archidiocèse de Montréal. Elle est donc proclamée Servante de Dieu, la première des quatre étapes sur le chemin de la sainteté de l’Église catholique[3].

En 1983, la Commission historique terminait l’étude de la documentation colligée. Un tribunal diocésain entendait les témoins et soumettait à Rome les documents exprimant le grand désir que soit reconnue la sainteté de vie de la Servante de Dieu. En 1989, un volumineux ensemble de preuves sur la renommée de sainteté, la vie et les vertus d'Émilie, qui s'est vouée à la cause des pauvres et des démunis, est présenté à la Congrégation pour les Causes des Saints à Rome. Ce dossier se nomme Positio. Des historiens et des théologiens de Rome se sont alors penchés sur le dossier en demandant au pape Jean-Paul II de reconnaître les vertus héroïques d'Émilie Tavernier-Gamelin. Le Saint Père a proclamé son héroïcité le 23 décembre 1993. C’est la deuxième étape vers la sainteté[3].

En 1983, Yannick Fréchette, un jeune garçon de 13 ans, obtient rémission complète de sa leucémie grâce à l’intercession de Mère Gamelin. Après une enquête diocésaine, le dossier médical est soumis en 1997 à l'étude des médecins de Rome qui, en 1999, émettent un jugement positif unanime sur ce cas jugé inexplicable par la science médicale. Le 18 décembre 2000, le pape Jean-Paul II reconnaît la vertu et l'intercession d'Émilie Tavernier-Gamelin, de même que l'authenticité du miracle. Il la présente au peuple chrétien en tant que bienheureuse, le 7 octobre 2001, à la Place Saint-Pierre, et permet un culte public dans les régions qui lui sont associées. C’est la troisième et dernière étape avant la canonisation[3].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anonyme, Vie de mère Gamelin, fondatrice et première supérieure des Sœurs de la Charité de la Providence, Éditions Eusèbe Senécal, Montréal, 1900.
  • Collectif, Biographies De La Mère Gamelin et De Ses Six Compagnes Fondatrices De L'institut Des Filles De La charité Servantes Des Pauvres Dites Sœurs De La Providence De Montréal, Providence Maison Mère, Montréal, 1918.
  • Collectif, Mere Gamelin Fondatrice Des Sœurs De La Providence De Montreal, Sœurs De La Providence, Montreal, 1924.
  • Collectif, L'Institut de la Providence. Histoire des Filles de la Charité Servantes des Pauvres dites Sœurs de la Providence, Providence Maison Mère, Montréal, 1925.
  • Maurice H.Beaulieu, S. J, Mère Gamelin, Imp. Chaumont, Montreal, 1942.
  • Denise Robillard, Émilie Tavernier-Gamelin, Éditions Du Meridien, Laval, Québec, 1988.
  • Mgr André Marie Cimichella, Émilie Tavernier-Gamelin. La grande dame de Montreal fondatrice des sœurs de la Providence, Éditions Carte Blanche, 2002.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Marguerite Jean, « TAVERNIER, ÉMILIE », dans Dictionnaire biographique du Canada, vol. 8, Université Laval/University of Toronto, 2003– , consulté le 8 avril 2014.
  2. Encyclopédie de l'Agora
  3. a, b et c « Centre Émilie-Gamelin - Les Soeurs de la Providence », sur www.providenceintl.org (consulté le 13 novembre 2015)

Liens externes[modifier | modifier le code]