Émile Thibaud

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Émile Thibaud
Émile Thibaud.jpeg

Photographie d'Émile Thibaud

Naissance
Décès
Nom de naissance
Pierre Jean Thibaud
Nationalité
Activité
Peintre-verrier
Œuvres réputées

Émile Thibaud, né Pierre Jean Thibaud le 11 décembre 1806 à Riom et mort le 28 août 1896 à Lamazière-Haute, est un vitrailliste du XIXe siècle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Pierre-Jean Thibaud naît à la fin de 1806 rue des Taules à Riom, dans une famille d'imprimeurs : son grand-père maternel et son père ont lancé puis édité le Journal hebdomadaire du département du Puy-de-Dôme, publication officielle du gouvernement à partir de décembre 1805 et dont la ligne éditoriale, après les Cent-Jours, est légitimiste[1], dont la suite est assurée par deux des frères d'Émile : Charles et Ferdinand[2].

Émile est l'aîné de huit enfants. En tant qu'héritier de la dynastie entrepreneuriale, il est envoyé à Paris en 1821 pour y faire des études à l'Université royale. Mais le jeune garçon s'intéresse plus au dessin, à la lithographie, à l'archéologie et aux beaux-arts, soutenu en cela par son grand-oncle Michel-Amable Richier, sous-inspecteur des bâtiments du roi. De 1828 à 1830, Émile fait partie du régiment de la Garde royale, jusqu'à la chute de Charles X, puis rentre en Auvergne, où il se lance dans une activité de maître-verrier[2].

Il se marie à une date inconnue avec Marie Virginie Dallet[3].

Église de Pérignat-lès-Sarliève, construite en 1870 sous l'impulsion d'Émile Thibaud.

Par ailleurs, il s'implique dans la vie publique. À sa retraite, en 1869[3], il milite pour détacher d'Aubière le village où il réside, Petit-Pérignat, qui devient Pérignat-lès-Sarliève, et dont il est élu premier maire le 28 septembre 1873, poste qu'il conserve jusqu'au 18 mai 1888 ; il est en particulier le maître d'ouvrage de la construction de l'église du village, en 1870. Sur ses deniers privés, il finance encore la construction et la gestion d'une école pour filles, d'un bureau de bienfaisance, d'une compagnie de sapeurs-pompiers ; il s'occupe de la voirie ainsi que de l'alimentation en eau, des fontaines et du lavoir. Fidèle aux convictions politiques familiales, il milite dans les rangs légitimistes et se présente même à l'élection législative de 1876, qu'il perd contre Agénor Bardoux[2].

Le 25 octobre 1881, il épouse en secondes noces à Lamazière-Haute Marie Louise Serve et s'installe à la Vervialle[3], dans cette même commune de Lamazière-Haute, où il réside jusqu'à sa mort, le 28 août 1896[2].

Réalisation[modifier | modifier le code]

Vitraux[modifier | modifier le code]

Vitrail du Couronnement de la Vierge, situé dans l'église Notre-Dame de Marmande.

L'œuvre d'Émile Thibaud est assez vaste. À Lyon, au début de sa carrière, il a collaboré en septembre 1836 avec Antoine-Marie Chenavard pour restaurer les vitraux du chœur de la primatiale Saint-Jean. Néanmoins, cette restauration est jugée assez sévèrement, l'artiste ayant faussement interprété certaines scènes, et remplacé en conséquence des éléments de la vie de Cyprien de Carthage par des représentations de Pothin et Irénée. De surcroît, le nuancier de couleurs ainsi que la sécheresse de la figuration sont reprochés au vitrailliste[4].

La plus grande partie de ses œuvres se situe dans le Massif central ou à proximité, les ateliers d'Émilie Thibaud étant à Clermont-Ferrand : Notre-Dame de Villefranche-de-Rouergue[5],[6], Notre-Dame-des-Miracles de Mauriac[7], chœur de l'abbatiale de la chartreuse de Champmol[8], Saint-Sidoine d'Aydat, Saint-Philibert de Charlieu.

Mais il œuvre également dans le sud-ouest de la France, notamment pour les églises Notre-Dame de Marmande ou Saint-Jacques de Pau, ou encore Saint-Hilaire de Castelmoron-sur-Lot. En Île-de-France, il a notamment réalisé les vitraux de Notre-Dame des Victoires, Sainte-Clotilde[3] et Sainte-Marie des Batignolles, toutes trois à Paris, ainsi que ceux de l'église Notre-Dame-de-l'Assomption de Château-Landon. Enfin, il travaille sur plusieurs autres cathédrales que celle de Lyon : Coutances, Rodez et Moulins[3].

Sa production, considérable en France, est également exportée, en Europe, Amérique et même Asie. Il utilise notamment les facilités d'édition que lui procure sa famille pour se faire connaître[2], ainsi que les expositions universelles de Londres en 1862 et Paris en 1867[3].

Autres œuvres[modifier | modifier le code]

Toujours passionné par l'archéologie du bâti, Émile Thibaud se fait le chantre du renouveau du style gothique ; il réalise en outre ne nombreux dessins, des gravures, des tableaux et des décors de pièces de théâtre, ainsi que des ouvrages divers d'archéologie, d'histoire de la peinture sur verre, et des guides touristiques[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jeudy, « Journal hebdomadaire du département du Puy-de-Dôme » (consulté le 20 juillet 2015).
  2. a, b, c, d, e et f « Émile Thibaud était bien plus qu’un maître verrier », La Montagne,‎ (lire en ligne).
  3. a, b, c, d, e et f « Émile Thibaud », sur Domaine de La Vervialle (consulté le 20 juillet 2015).
  4. Martine Callias Bey, Nicole Blondel et Véronique Chaussée, « Le vitrail archéologique : fidélité ou trahison du Moyen Âge ? », Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest, Persée, vol. 93, no 4,‎ , p. 379 (DOI 10.3406/abpo.1986.3232, lire en ligne).
  5. « Vue de la verrière, par le peintre-verrier Émile Thibaud, 1847 », sur Patrimoine de Midi-Pyrénées, (consulté le 20 juillet 2015).
  6. Xavier-Philippe Guiochon, Luc Tournemire et Aurélie Lajeunie, « Ensemble de 9 verrières de style néo-gothique », sur Ministère de la Culture, (consulté le 20 juillet 2015).
  7. Pierre Moulier, La Basilique Notre-Dame des Miracles de Mauriac : Une visite, une histoire, Saint-Just-près-Brioude, Éditions CRÉER, , 143 p. (ISBN 9782848190662, lire en ligne), p. 117-118.
  8. « La chapelle du centre hospitalier: vestige de la Chartreuse de Champmol », sur Chartreuse de Champmol (consulté le 20 juillet 2015).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]