Émile Taufflieb

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Marie Émile Adolphe Taufflieb
Inauguration du monument aux mortsde la 69e division (1922)
Inauguration du monument aux morts
de la 69e division (1922)

Naissance
Strasbourg
Décès (à 81 ans)
Cannes
Origine Drapeau de la France France
Grade Général de division
Années de service 1876-1919
Conflits Première Guerre mondiale
Commandement 5e Régiment de Hussards
[6 ème brigade de cuirassiers]
69e Division d'Infanterie
37e Corps d'Armée
Distinctions Grand-officier de la Légion d'honneur
Croix de Guerre 1914-1918

Marie Émile Adolphe Taufflieb (1857-1938), est un général français de la Première Guerre mondiale et sénateur du Bas-Rhin.

Né le à Strasbourg (Bas-Rhin), il est le fils d'Adolphe Taufflieb, ancien officier du 8e régiment de hussards et directeur d'une compagnie d'assurance, et d'Émilie Schaeffer.

Après l'occupation de l'Alsace par la Prusse, ses parents ayant décidé de quitter Strasbourg, Emile Taufflieb continua ses études au lycée Condorcet à Paris.

Après avoir envisagé de préparer le concours d'entrée à l'École polytechnique, il réussit le concours d'entrée à l'école de St-Cyr où il fut admis le 26 octobre 1876 (promotion de Plewna, 1876-1878)

Carrière militaire et états de service[modifier | modifier le code]

  • Nommé sous-lieutenant le , il suit les cours de l'école d'application de cavalerie à Saumur et opte pour le 17e Régiment de Dragons en garnison à Carcassonne, qu'il rejoint en octobre 1879: affecté au 5e escadron, puis au 4e escadron, il est nommé lieutenant le 11 juin 1882, au 1er escadron.
  • En 1883, il se marie avec Mlle Jeanne Redon et part à Saumur suivre les cours des lieutenants d'instruction. Nommé lieutenant en premier au 2e escadron du 17e Dragons, il devient officier d'ordonnance du général de Bouligny en 1886 et 1887.
  • En 1888, il est nommé capitaine (14 mai 1888) et prépare l'école de Guerre. Après la réussite à ce concours, il est affecté à l'État-Major de la 10e Division d'Infanterie (Orléans).
  • En 1894, il est affecté comme capitaine en second au 2e escadron du 9e Régiment de Hussards (Marseille), mais doit très rapidement s'occuper de l'organisation de l'embarquement des troupes pour l'expédition de Madagascar. Il devient en 1896, officier d'ordonnance du général de Colbert.
  • Nommé en 1897, capitaine commandant au 8e Régiment de Cuirassiers, puis chef d'escadron au même régiment en 1898, il est affecté à l'État-Major du 15e Corps d'Armée en 1900.
  • Nommé lieutenant-colonel du 3e Régiment de Dragons (Nantes) en 1903, avant de devenir sous-chef d'État-Major du 17e Corps d'Armée en 1905.
  • Nommé colonel du 5e Régiment de Hussards (Nancy) en 1907, il devient membre du Comité d'État-Major en 1911.
  • En 1912, il est promu général de brigade, chef d'état-major d'armée mais a la douleur de perdre son épouse
  • En 1913, il prend le commandement de la 6e brigade de cuirassiers (7e Division de Cavalerie) : 11e et 12e Cuirassiers à Saint-Germain-en-Laye. Il commande cette brigade sur le front d'août 1914 à février 1915, en participant à la course à la mer
  • Le 12 février 1915, il prend le commandement de la 62e brigade d'infanterie (122e RI et 142e RI).
  • Le 23 avril 1915, il est nommé général de division et prend le commandement de la 69e Division d'Infanterie, composée de régiments d'infanterie de réserve (251e, 254e, 267e, 287e, 306e et 332e RI). Il participe aux très violents combats du Mort-Homme sur la Rive Gauche de la Meuse lors de la bataille de Verdun en 1916. Le "monument du squelette", situé au sommet du Mort-Homme (également appelée ("côte 295" car située à 295 m au-dessus de la mer) comporte une plaque exprimant la reconnaissance du général Taufflieb aux combattants sur ce promontoire (successivement occupé par les Allemands et les Français) avec notamment l'inscription suivante "ils n'ont pas passé. Aux morts de la 69ème division [...] leurs admirateurs, leurs camarades, leur chef reconnaissant le général Taufflieb". Ce monument est l'œuvre du sculpteur Jacques Froment-Meurice, issu d'une des grandes dynasties d'orfèvres du XIXe siècle et frère de l'officier d'ordonnance du général Taufflieb, le capitaine Marc Froment-Meurice.
  • Le 28 mai 1916, il prend le commandement du 37e Corps d'Armée
  • En mai 1917, il réprime sévèrement et efficacement une mutinerie qui agite son corps d'armée, en descendant lui-même dans les creuttes pour faire remonter les mutins au front. Il est cité en exemple par Pétain. Cette action est souvent mentionnée par les historiens. Par ailleurs, en contestant les décisions de la justice militaire sur les sanctions appliquées aux mutins, il fait l'objet d'une enquête par le ministre de la guerre et de débats parlementaires virulents à huis clos à la chambre des députés (mais pas au Sénat) en juillet 1917.
  • En janvier 1918, le 37e Corps d'Armée est dissous, dans le cadre de la réorganisation des unités de l'armée française. Le général Taufflieb est nommé le 19 février 1918 pour prendre le commandement du 31e Corps d'Armée en Italie, mais cette décision est annulée par Pétain (par ailleurs, l'un de ses camarades de promotion à Saint-Cyr). À cette époque, il se remarie avec Mme Julia Catlin, une veuve américaine qui s'occupe d'un service de santé sur le front et qui met à disposition, à ses frais, sa résidence, le château d'Annel près de Compiègne en hôpital militaire (ce qui lui vaudra d'être l'une des premières femmes étrangères d'être nommée chevalier de la Légion d'honneur).
  • Le 27 mars 1918, il prend la commandement de la Direction des Etapes et Services du Groupe d'Armée du Nord (qui devient Groupe d'Armée du Centre le 6 juillet 1918).

Général n'ayant jamais fait de "limogeage", contrairement à de nombreux généraux/maréchaux, il est mis à la retraite en 1919.

Sénateur du Bas Rhin[modifier | modifier le code]

Ex libris (1920)
Le général Taufflieb dans la Cour d'honneur du Sénat (1920)

Le général Taufflieb est élu sénateur du Bas-Rhin, le 11 janvier 1920. Membre des commissions de la défense nationale et de l'Alsace-Lorraine, il participe activement aux travaux parlementaires. Il est l'auteur de plusieurs propositions de lois sur la réorganisation de la défense nationale. Son mandat se termine le 8 janvier 1927, ayant été sévèrement battu pour avoir soutenu la position du centre-gauche anti-clérical, refusant d'accorder une autonomie à l'Alsace. Il profite de sa retraite pour présider de nombreuses associations patriotiques, prononcer des discours aux États-Unis sur la menace allemande et pour rédiger ses mémoires.

Décédé le , le général Taufllieb est enterré au cimetière de Sèvres (Hauts de Seine). Emplacement: division A, section 2, rang 1 et sépulture 5.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Les leçons de la guerre, Imprimerie Alsacienne, Strasbourg, 1920, 35 p.gallica.bnf
  • Comment doit être conçue la réorganisation de la défense nationale pour le cas de guerre, Imprimerie Alsacienne, Strasbourg, 1925, 90 p.gallica.bnf
  • Souvenirs d'un enfant de l'Alsace, 1870-1914, Imprimerie Alsacienne, Strasbourg, 1934, 444 p.

Décorations[modifier | modifier le code]

  • chevalier de la Légion d'honneur, le 29 décembre 1900
  • officier de la Légion d'honneur, le 14 juillet 1914
  • commandeur de la Légion d'honneur, le 21 mai 1916
  • grand' officier de la Légion d'honneur, le 16 juin 1920
  • croix de guerre 1914-1918 (avec palme)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Baechler, « Marie Émile Adolphe Taufflieb », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 36, p. 3835
  • Guy Pedroncini,Les mutineries de 1917, PUF (4e édition, 1999)
  • Nicolas Offenstadt, Les fusillés de la GrandeGguerre et la mémoire collective (1914-1999), éditions Odile Jacob (1999)
  • John Williams, « Les mutineries de 1917 », extraits dans Historia hors série 8 1914-1918 la Première Guerre Mondiale, 2 1916-1918 de l'abîme au triomphe
  • Denis Rolland,La grève des tranchées-les mutineries de 1917, Imago (2005)
  • Henri Castex, L'affaire du Chemin des Dames, Imago (réédition 1998)
  • André Loez, 14-18. Le refus de la guerre, une histoire des mutins, Gallimard Folio histoire (2010)
  • Jacques Péricard, Verdun 1916, Nouvelle Librairie de France (réédition 1997)
  • Miquel, Pierre. Mourir à Verdun, Editions Tallandier, collection Texto (réédition 2011)
  • Les Armées Françaises dans la Grande Guerre, Tome IV, 1er volume (pages 413 à 469)
  • Pierre Miquel, Le Chemin des Dames, Perrin (1997)
  • Pierre Miquel, Les enfants de la patrie. Sur le chemin des dames, Roman, Fayard (2002)
  • Pierre Miquel, Le Gâchis des Généraux. Les erreurs de commandement pendant la guerre de 14 -18, Editions Plon et du Club France Loisirs (2001)
  • François Cocher et Rémy Porte,(sous la direction de), Dictionnaire de la grande guerre 1914 - 1918, Robert Laffont, collection Bouquins (2008)
  • Charles-Henri Taufflieb, « Les mutineries de 1917 : L'exemple du 37e corps d'armée », dans la revue Guerres Mondiales et Conflits contemporains, PUF, avril 1996, no 182, p. 123-138
  • Étienne Taufflieb, « Les mutineries de 1917 : un exemple du fonctionnement de la justice militaire et des débats parlementaires - Un Saint-Germanois concerné, le Général Taufflieb », in Bulletin des Amis du Vieux Saint Germain, année 2007 (numéro 44)
  • Nos généraux : général Taufflieb, commandant le 37e corps d'Armée, né à Strasbourg, Imprimerie Alsacienne, Strasbourg (brochure en français et en allemand publiée lors des élections sénatoriales en 1920)
  • Ville Saint-Germain-en-Laye Saint-Germain 14-19, cassette et DVD résultants des travaux de la commission du patrimoine et des musées; récitant: Michel Péricard (député-maire de Saint-Germain-en-Laye, président de la Commission des Affaires Cultures, Sociales et Familiales de L'Assemblée Nationale, éditée par l'ECPA (1993)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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