Émile Krantz
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Alphonsine Marie Richard (d) |
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Émile Krantz, né le à Nancy où il est mort le , est un professeur et dramaturge français.
Biographie
[modifier | modifier le code]Fils d’un bijoutier de la rue des Dominicains, Émile Krantz, accomplit de brillantes études au lycée de Nancy[1]. Étudiant à l'École normale supérieure de Paris de 1873 à 1876, il en sort troisième en 1877[2] Agrégé de philosophie en 1877, il revient, dès , à Nancy, pour occuper la chaire de maître de conférences de littérature française, à la Faculté des lettres. Féru d’art, il a encouragé les débuts des peintres [3], pour qui il faisait un cours d’histoire de l’art à l'École des beaux-arts de Nancy, à partir de 1881[4].
En juin 1882, il est docteur ès lettres en Sorbonne, après avoir présenté une thèse en latin sur l’amitié chez Aristote et une thèse sur l’Esthétique de Descartes. Quoiqu’il n’existe pas, à proprement parler, d’esthétique de Descartes, en tant que doctrine énoncée par le maitre ou développée par ses disciples[5], cette thèse, qui a été récompensée par un prix Montyon de l’Académie française en 1883, étudie les rapports entre la philosophie cartésienne et la littérature classique du XVIIe siècle[6].
Le , il est désigné comme maitre de conférences de littérature française à l’Université et chargé de cours, en remplacement de Charles Benoît (d)[7], à l'université de Nancy, où il enseigne notamment un cours intitulé « l’Évolution du Théâtre en France ; la Comédie et le drame au XIXe siècle »[8], ainsi que la poésie d’Alfred de Musset, les théâtres de Beaumarchais, d’Émile Augier, d’Alexandre Dumas fils, et surtout de Molière[3]. Un an plus tard, il succède à Benoît, comme professeur titulaire[7].
En 1890, nommé doyen de la Faculté des Lettres, puis doyen honoraire, en 1902[7], il a formé au culte des belles-lettres de nombreuses générations, au nombre desquels on compte Émile Moselly, Louis Madelin, René Perrout ou Charles Guérin[2][a][b].
Admis à la retraite en 1919[2], il a rédigé la préface des Charmeurs de nuages et de la Bonne Déesse de Pierre Weiss et d’Au Chant du grillon de René d'Avril. Il a également donné, avec Louis Ganderax, une pièce en trois actes, intitulée Miss Fanfare, au Gymnase dramatique, le [12],[c].
Très attaché à sa ville, il avait néanmoins dû fuir, avec sa famille, les bombardements de Nancy, en 1917, pour aller habiter Autun, place des Marbres, où il a séjourné jusqu’à la fin de la guerre[9].
À l’issue de ses obsèques, le , en la cathédrale de Nancy, il a été inhumé au cimetière de Préville[1], où son successeur au décanat, Bertrand Auerbach, lui a rendu hommage[3]. Il était le cousin de son homonyme, ancien ministre de la Guerre, Émile Krantz[13].
Jugements
[modifier | modifier le code]« Cet humaniste, au meilleur sens du mot. reliait le présent au passé classique, grâce à sa parfaite connaissance de la période romantique sur laquelle il se répandait volontiers en ingénieux aperçus[3]. »
Publications principales
[modifier | modifier le code]- Essai sur l'esthétique de Descartes étudiée dans les rapports de la doctrine cartésienne avec la littérature classique française au XVIIe siècle, Paris, Germer-Baillière, , iv-371 p., in-8º (OCLC 763275625, lire en ligne sur Gallica). — Prix Montyon 1883. * De amicitia apud Aristotelem, Facultati litterarum parisiensi thesim proponebat, Paris, Germer Baillière, , 58 p., in-8º (OCLC 763232203, lire en ligne sur Gallica).
- avec Louis Ganderax, Miss Fanfare, pièce en trois actes, Paris, Gymnase dramatique, 21 mars 1881, Paris, C. Lévy, , 67 p., 18 cm (OCLC 16972957, lire en ligne).
- Sur le traité de la Vieillesse de Cicéron, Nancy, Berger-Levrault, , 33 p., in-8º (OCLC 962027901).
- Un décadent lorrain : M. Charles Guérin : l'agonie du soleil, joies grises, Extrait des Annales de l’Est, juillet 1894. Nancy, Berger-Levrault, , 21 p., 24 cm (OCLC 82434978).
- « Le Pessimisme de Leopardi », Revue philosophique de la France et de l'étranger, vol. 10, , p. 396-413 (ISSN 2104-385X, lire en ligne).
- « L’Art en Lorraine », dans XVe congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, Nancy et la Lorraine : Notice historique et scientifique, dressée à l'occasion du quinzième congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, Nancy, Berger-Levrault & Cie, , 499 p., illustr., in-16 (OCLC 35515665, lire en ligne), p. 161-209.
- « Études sur J.-L. Grandville », dans Ministère de l’Instruction publique et des beaux-arts, Inventaire général des richesses d’art de la France : Province Monuments civils, t. 4, Paris, E. Plon et Cie, , 604 p., 8 vol. (OCLC 1346721146, lire en ligne), p. 349-51. — Émile Krantz a prononcé un discours, le , à l’occasion de l’inauguration d’un buste, dû à Ernest Bussière, à l’effigie de Grandville à l'extrémité sud de la rue homonyme. Aucune publication relative à ce monument n'a été conservée.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Krantz aurait été, selon le Courrier de Saône-et-Loire, « le professeur et l’ami intime de Maurice Barrès[9] », mais il semble qu’il été que correcteur d’une de ses copies lors d’un concours littéraire entre étudiants de droit et des lettres des Facultés de Nancy[10], même s’ils ont correspondu à l’occasion d’un article de Krantz sur les Histoires lorraines de René Perrout, le , dans le nº 4 du Pays Lorrain, qui mentionnait, à diverses reprises, le nom de Maurice Barrès[11].
- ↑ Krantz a, par ailleurs, donné des études littéraires sur Perrout et Guérin au Pays lorrain[2].
- ↑ En 1885, il adhère à la Société des auteurs et compositeurs dramatiques.
Références
[modifier | modifier le code]- N. D., « Émile Krantz : Doyen Honoraire de la Faculté des Lettres », Le Télégramme des Vosges, Épinal, vol. 8, no 2388, , p. 3 (ISSN 2592-2122, lire en ligne sur Gallica).
- Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, « Nouvelles lorraines », Le Pays lorrain, Paris, vol. 17, , p. 287 (ISSN 2540-3745, lire en ligne).
- Léon Malgras, « Émile Krantz : 1850-1925 », L’Express de l’Est et des Vosges, Épinal, vol. 5, no 1419, , p. 2 (ISSN 2592-2270, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ « Émile Krantz », sur academie-stanislas.org, Académie de Stanislas, (consulté le ).
- ↑ Ferdinand Brunetière, « Revue littéraire : Descartes et la littérature classique », Revue des Deux Mondes, Paris, vol. 53, no 2, , p. 446-65 (ISSN 2266-4734, lire en ligne).
- ↑ Thibaut Gress, « De la beauté des idées cartésiennes », dans Descartes : Admiration et sensibilité, Paris, Presses Universitaires de France, , 155-62 p. (lire en ligne).
- « Mort de M. le doyen Krantz », L’Est républicain, Nancy, Heillecourt, vol. 37, no 13683, , p. 3 (ISSN 2274-5912, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ Université de Nancy, Séance d'inauguration de l'Université de Nancy, Nancy, Impr. coopérative de l'Est, , 188 p., in-8º (OCLC 41566852, lire en ligne), p. 124.
- « Nécrologie », Le Courrier de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, vol. 85, no 27483, , p. 2 (ISSN 2540-3133, lire en ligne sur Gallica).
- ↑ Bibliothèque nationale, Maurice Barrès : 1862-1923, Paris, Bibliothèque nationale, , xv-92 p., illustr., facsim., portr. ; 21 cm (OCLC 3253041, lire en ligne), p. 6.
- ↑ « Maurice Barrès et le Pays lorrain : lettres inédites », Le Pays lorrain, Société d’archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, vol. 16, , p. 164-5 (ISSN 0031-3394, OCLC 2718679, lire en ligne).
- ↑ Guillaume Perrier, « Critique littéraire et conscience critique : lecture d’un prétendu conte de Noël », dans Yuji Murakami, Guillaume Perrier, Proust et l'acte critique : recherches proustiennes, Paris, Honoré Champion, , 293 p., 24 cm (ISBN 978-2-74535-232-3, OCLC 1140486684, lire en ligne).
- ↑ « Nécrologie », Le Creusotin, Le Creusot, vol. 14, no 190, , p. 2 (ISSN 2534-0182, lire en ligne sur Gallica).
Liens externes
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- Ressource relative à la recherche :
- Ressource relative à la vie publique :
- Philologue français
- Enseignant français du XIXe siècle
- Enseignant français du XXe siècle
- Historien français de l'art
- Dramaturge français du XIXe siècle
- Élève de l'École normale supérieure
- Enseignant à l'université de Lorraine
- Chevalier de la Légion d'honneur décoré en 1895
- Officier de l'Instruction publique
- Agrégé de philosophie
- Naissance à Nancy
- Naissance en septembre 1849
- Décès à Nancy
- Décès en juin 1925
- Décès à 75 ans
- Personnalité inhumée au cimetière de Préville
