Aller au contenu

Émile Krantz

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Émile Krantz
Cliché d’Aron Gerschel dans l’Est républicain.
Fonction
Doyen
Faculté des lettres de Nancy (d)
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nationalité
Activités
Conjoint
Alphonsine Marie Richard (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Autres informations
Membre de
Distinctions
signature d'Émile Krantz
Signature dans son dossier de Légion d’honneur.

Émile Krantz, né le à Nancy où il est mort le , est un professeur et dramaturge français.

Fils d’un bijoutier de la rue des Dominicains, Émile Krantz, accomplit de brillantes études au lycée de Nancy[1]. Étudiant à l'École normale supérieure de Paris de 1873 à 1876, il en sort troisième en 1877[2] Agrégé de philosophie en 1877, il revient, dès , à Nancy, pour occuper la chaire de maître de conférences de littérature française, à la Faculté des lettres. Féru d’art, il a encouragé les débuts des peintres [3], pour qui il faisait un cours d’histoire de l’art à l'École des beaux-arts de Nancy, à partir de 1881[4].

En juin 1882, il est docteur ès lettres en Sorbonne, après avoir présenté une thèse en latin sur l’amitié chez Aristote et une thèse sur l’Esthétique de Descartes. Quoiqu’il n’existe pas, à proprement parler, d’esthétique de Descartes, en tant que doctrine énoncée par le maitre ou développée par ses disciples[5], cette thèse, qui a été récompensée par un prix Montyon de l’Académie française en 1883, étudie les rapports entre la philosophie cartésienne et la littérature classique du XVIIe siècle[6].

Le , il est désigné comme maitre de conférences de littérature française à l’Université et chargé de cours, en remplacement de Charles Benoît (d)[7], à l'université de Nancy, où il enseigne notamment un cours intitulé « l’Évolution du Théâtre en France ; la Comédie et le drame au XIXe siècle »[8], ainsi que la poésie d’Alfred de Musset, les théâtres de Beaumarchais, d’Émile Augier, d’Alexandre Dumas fils, et surtout de Molière[3]. Un an plus tard, il succède à Benoît, comme professeur titulaire[7].

En 1890, nommé doyen de la Faculté des Lettres, puis doyen honoraire, en 1902[7], il a formé au culte des belles-lettres de nombreuses générations, au nombre desquels on compte Émile Moselly, Louis Madelin, René Perrout ou Charles Guérin[2][a][b].

Admis à la retraite en 1919[2], il a rédigé la préface des Charmeurs de nuages et de la Bonne Déesse de Pierre Weiss et d’Au Chant du grillon de René d'Avril. Il a également donné, avec Louis Ganderax, une pièce en trois actes, intitulée Miss Fanfare, au Gymnase dramatique, le [12],[c].

Très attaché à sa ville, il avait néanmoins dû fuir, avec sa famille, les bombardements de Nancy, en 1917, pour aller habiter Autun, place des Marbres, où il a séjourné jusqu’à la fin de la guerre[9].

À l’issue de ses obsèques, le , en la cathédrale de Nancy, il a été inhumé au cimetière de Préville[1], où son successeur au décanat, Bertrand Auerbach, lui a rendu hommage[3]. Il était le cousin de son homonyme, ancien ministre de la Guerre, Émile Krantz[13].

« Cet humaniste, au meilleur sens du mot. reliait le présent au passé classique, grâce à sa parfaite connaissance de la période romantique sur laquelle il se répandait volontiers en ingénieux aperçus[3]. »

Publications principales

[modifier | modifier le code]
  • Essai sur l'esthétique de Descartes étudiée dans les rapports de la doctrine cartésienne avec la littérature classique française au XVIIe siècle, Paris, Germer-Baillière, , iv-371 p., in-8º (OCLC 763275625, lire en ligne sur Gallica). — Prix Montyon 1883. * De amicitia apud Aristotelem, Facultati litterarum parisiensi thesim proponebat, Paris, Germer Baillière, , 58 p., in-8º (OCLC 763232203, lire en ligne sur Gallica).
  • avec Louis Ganderax, Miss Fanfare, pièce en trois actes, Paris, Gymnase dramatique, 21 mars 1881, Paris, C. Lévy, , 67 p., 18 cm (OCLC 16972957, lire en ligne).
  • Sur le traité de la Vieillesse de Cicéron, Nancy, Berger-Levrault, , 33 p., in-8º (OCLC 962027901).
  • Un décadent lorrain : M. Charles Guérin : l'agonie du soleil, joies grises, Extrait des Annales de l’Est, juillet 1894. Nancy, Berger-Levrault, , 21 p., 24 cm (OCLC 82434978).
  • « Le Pessimisme de Leopardi », Revue philosophique de la France et de l'étranger, vol. 10,‎ , p. 396-413 (ISSN 2104-385X, lire en ligne).
  • « L’Art en Lorraine », dans XVe congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, Nancy et la Lorraine : Notice historique et scientifique, dressée à l'occasion du quinzième congrès de l'Association française pour l'avancement des sciences, Nancy, Berger-Levrault & Cie, , 499 p., illustr., in-16 (OCLC 35515665, lire en ligne), p. 161-209.
  • « Études sur J.-L. Grandville », dans Ministère de l’Instruction publique et des beaux-arts, Inventaire général des richesses d’art de la France : Province Monuments civils, t. 4, Paris, E. Plon et Cie, , 604 p., 8 vol. (OCLC 1346721146, lire en ligne), p. 349-51. — Émile Krantz a prononcé un discours, le , à l’occasion de l’inauguration d’un buste, dû à Ernest Bussière, à l’effigie de Grandville à l'extrémité sud de la rue homonyme. Aucune publication relative à ce monument n'a été conservée.

Notes et références

[modifier | modifier le code]
  1. Krantz aurait été, selon le Courrier de Saône-et-Loire, « le professeur et l’ami intime de Maurice Barrès[9] », mais il semble qu’il été que correcteur d’une de ses copies lors d’un concours littéraire entre étudiants de droit et des lettres des Facultés de Nancy[10], même s’ils ont correspondu à l’occasion d’un article de Krantz sur les Histoires lorraines de René Perrout, le , dans le nº 4 du Pays Lorrain, qui mentionnait, à diverses reprises, le nom de Maurice Barrès[11].
  2. Krantz a, par ailleurs, donné des études littéraires sur Perrout et Guérin au Pays lorrain[2].
  3. En 1885, il adhère à la Société des auteurs et compositeurs dramatiques.

Références

[modifier | modifier le code]
  1. a et b N. D., « Émile Krantz : Doyen Honoraire de la Faculté des Lettres », Le Télégramme des Vosges, Épinal, vol. 8, no 2388,‎ , p. 3 (ISSN 2592-2122, lire en ligne sur Gallica).
  2. a b c et d Société d'archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, « Nouvelles lorraines », Le Pays lorrain, Paris, vol. 17,‎ , p. 287 (ISSN 2540-3745, lire en ligne).
  3. a b c et d Léon Malgras, « Émile Krantz : 1850-1925 », L’Express de l’Est et des Vosges, Épinal, vol. 5, no 1419,‎ , p. 2 (ISSN 2592-2270, lire en ligne sur Gallica).
  4. « Émile Krantz », sur academie-stanislas.org, Académie de Stanislas, (consulté le ).
  5. Ferdinand Brunetière, « Revue littéraire : Descartes et la littérature classique », Revue des Deux Mondes, Paris, vol. 53, no 2,‎ , p. 446-65 (ISSN 2266-4734, lire en ligne).
  6. Thibaut Gress, « De la beauté des idées cartésiennes », dans Descartes : Admiration et sensibilité, Paris, Presses Universitaires de France, , 155-62 p. (lire en ligne).
  7. a b et c « Mort de M. le doyen Krantz », L’Est républicain, Nancy, Heillecourt, vol. 37, no 13683,‎ , p. 3 (ISSN 2274-5912, lire en ligne sur Gallica).
  8. Université de Nancy, Séance d'inauguration de l'Université de Nancy, Nancy, Impr. coopérative de l'Est, , 188 p., in-8º (OCLC 41566852, lire en ligne), p. 124.
  9. a et b « Nécrologie », Le Courrier de Saône-et-Loire, Chalon-sur-Saône, vol. 85, no 27483,‎ , p. 2 (ISSN 2540-3133, lire en ligne sur Gallica).
  10. Bibliothèque nationale, Maurice Barrès : 1862-1923, Paris, Bibliothèque nationale, , xv-92 p., illustr., facsim., portr. ; 21 cm (OCLC 3253041, lire en ligne), p. 6.
  11. « Maurice Barrès et le Pays lorrain : lettres inédites », Le Pays lorrain, Société d’archéologie lorraine et du Musée historique lorrain, vol. 16,‎ , p. 164-5 (ISSN 0031-3394, OCLC 2718679, lire en ligne).
  12. Guillaume Perrier, « Critique littéraire et conscience critique : lecture d’un prétendu conte de Noël », dans Yuji Murakami, Guillaume Perrier, Proust et l'acte critique : recherches proustiennes, Paris, Honoré Champion, , 293 p., 24 cm (ISBN 978-2-74535-232-3, OCLC 1140486684, lire en ligne).
  13. « Nécrologie », Le Creusotin, Le Creusot, vol. 14, no 190,‎ , p. 2 (ISSN 2534-0182, lire en ligne sur Gallica).

Liens externes

[modifier | modifier le code]