Émile Hugot

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Emile HUGOT
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Emile HUGOT

Nom de naissance Paul Charles Émile HUGOT
Naissance
Saint Denis, La Réunion, France
Décès (à 89 ans)
Saint Denis, La Réunion, France
Nationalité Drapeau de France Français
Pays de résidence France
Profession
Formation
Conjoint
Marie Noëmie Renée Jeanne Reydellet


Né à Saint-Denis en 1904 et mort dans la même ville en 1993, Paul Charles Émile Hugot est un homme d'affaires réunionnais qui a marqué l'industrie locale de la canne à sucre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et jeunesse[modifier | modifier le code]

Émile Hugot est le fils de Anatole Hugot (1869-1946), un agent de change et homme d’affaire renommé qui dirigea également des usines sucrières. Il rachète l'usine sucrière de l'Éperon alors qu'Émile entre au lycée[1].

En 1920, Émile Hugot entre au Lycée Saint-Louis, puis en 1922 il intègre l'École centrale des arts et manufactures de Paris. Il rejoint ensuite l'armée : Élève-officier à Poitiers, puis sous-lieutenant d’artillerie. Il devient chimiste de sucreries avant de rentrer à La Réunion en 1928. Il démarre comme ingénieur géomètre à la Société Hydro-Electrique de la Réunion et étudie l'ingénierie du pompage d'eau dans la rivière des Marsouins. Puis il s'intéresse au sucre et se rapproche des affaires de son père. Il devient administrateur délégué de la Société Adam de Villiers en 1932, et dirige par la suite plusieurs usines sucrières : l'Éperon, Savanna, ou encore l'usine de Grands-Bois[1].

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Émile Hugot est mobilisé en tant que commandant de la batterie d'artillerie de la Pointe des Galets. Lors de la bataille de La Réunion, il résiste et fait tirer sur les Forces françaises libres. Après la reddition, il est transféré en Angleterre. À Londres, il est affecté à l'état-major général des FFL et participe à la campagne d'Alsace avant d'être envoyé sur le front des Alpes. Il est promu au grade de capitaine le 25 septembre puis déchargé le 28 septembre 1945[1].

Après la guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, les usines de betterave de la métropole ayant subi les dégâts des affronts, le sucre de canne réunionnais connait instantanément une très forte demande. Il est le PDG des Sucreries de Bourbon dès leur création en 1948 et reste à ce poste jusqu'en 1979. Il est le fondateur de la distillerie de Savanna.

Les nombreuses publications Émile Hugot sur les sucreries sont devenues des références mondiales dans ce domaine. Émile Hugot, surnommé « Monsieur Sucre », a participé aux Congrès internationaux du sucre, à plusieurs missions à Hawaï, Cuba, Porto Rico, au Brésil ou encore à Taïwan.

En 1985, Émile Hugot disait au sujet de l'évolution de l'industrie sucrière à Bourbon dans Témoins architecturaux et mécaniques de l'industrie sucrière à La Réunion : « La technique, elle, n'a cessé de monter. Au début, la canne était pressée entre des cylindres de bois verticaux, mus par bœufs ou mulets. Il y eut des moulins à vent et à eau ; la vapeur fit son apparition au milieu du XIXe siècle, le moulin à vent prit sa disposition moderne, et ne cessa de grossir. Le multiple effet se répandit à la même époque, ainsi que les centrifuges. Le nombre des usines ne cessa de croître jusqu'à la crise des années 1860, pour atteindre la centaine, et de décroitre depuis lors. L'histoire de l'île, depuis le XIXe siècle, est entièrement liée à ces avatars. Il en reste des traces éparses, mais la population a été fort peu respectueuse de ces ruines marquant les étapes successives et l'Administration ne s'est préoccupée que récemment de les protéger et de veiller à leur conservation. »    À son décès à Saint-Denis en 1993, le centre de documentation du Muséum Stella Matutina où une grande partie de sa bibliothèque personnelle relative à l’activité sucrière est consultable, prend le nom d’Émile Hugot.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Émile Hugot a eu six enfants avec Marie Noëmie Renée Jeanne Reydellet.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Sabine Thirel, « Émile Hugot, l’empreinte d’un siècle », (consulté le 15 janvier 2017)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • La Sucrerie de cannes, manuel de l'ingénieur, Paris, Dunod ; (Laval, impr. de Barnéoud frères), 1950. In-4 ̊ (275 x 195), XLII-821 p., fig., planche.
  • La Sucrerie de cannes, 2e édition. Paris : Dunod, 1970. 26 cm, XXX-990 p., ill., dépl.
  • La Sucrerie de cannes, 3e éd. Paris : Tec et Doc, 1987. 1 018 p. : ill. ; 24 cm.
  • Le Centre  de Documentation Emile Hugot, Muséum Stella Matutina.
  • Témoins architecturaux et mécaniques de l'industrie sucrière à La Réunion.
  • Bois Rouge - Une sucrerie réunionnaise - Bernard Leveneur-Sucrerie Bois Rouge.