Émile Durier

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Émile Durier
Émile Durier.JPEG
Fonction
Bâtonnier
Ordre des avocats de Paris
-
Auguste Martini (d)
Biographie
Naissance
Décès
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Louis-Émile Durier, né le 19 décembre 1828 à Paris et mort le 20 décembre 1890 à Paris, est un avocat, adjoint au maire de Paris (1870), secrétaire général du ministère de la Justice (1871-1873), Bâtonnier de l'Ordre des avocats au Barreau de Paris (1887-1889), Conseiller d'État.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il est né à Paris en 1828. Sa famille, originaire de la Franche-Comté, appartenait à la bourgeoisie libérale. Son père était sous-chef de bureau au Ministère de la Justice. Jusqu'à l'âge de quatorze ans, Durier fut élevé exclusivement dans sa famille. Il fit des études classiques au collège Bourbon, aujourd'hui Lycée Condorcet, lauréat au concours général, il eut pour camarades Prévost-Paradol, Taine et Lanfrey qui restèrent ses amis. Puis, à l'École de Droit, où il fut l'élève de Bugnet[Qui ?]. Lauréat de la Faculté de droit , il remporta l'un des prix de fin d'année.

Entré d'abord, sous les auspices de son ami Ernest Picard, au conseil de surveillance du journal Le Siècle, le seul journal d'opposition à cette époque, il prenait bientôt part aux campagnes électorales où commençait à se manifester la protestation contre l'Empire. C'est ainsi que, dès 1848, il prêtait un concours dévoué aux candidatures de son ancien maître Liouville[Qui ?], de Carnot, de Michel Goudchaux, de Cavaignac.

Avocat au Barreau de Paris, à partir de 1850, On le remarqua dans la défense des prévenus politiques que poursuivait le gouvernement de l'Empire. Il a plaidé notamment pour Le Siècle, L'Opinion nationale, Le Courrier du Dimanche, L'Avenir national, pour les écrivains de cette presse indépendante, Jourdan, Alphonse Peyrat, Grégory Ganesco, Emile de Girardin. Une de ces affaires eut un retentissement particulier la poursuite contre Ulysse Parent pour délit d'attroupement.

Attaché en qualité de collaborateur au cabinet de Liouville, le bâtonnier Berryer appela Durier au secrétariat de la Conférence, en 1853.

Ennemi déclaré de l'Empire, républicain convaincu, il avait pris place au Palais dans le groupe des opposants, avec Charles Floquet, Jules Ferry, Ferdinand Hérold, Anne-Charles Hérisson, Jean-Jules Clamageran, Dréo, Clément Laurier, Léon Gambetta. En 1863, il devenait un des membres les plus actifs du comité électoral organisé Rue Saint-Marc sous la présidence de Garnier-Pagès et qui donna lieu à ce fameux procès des Treize en 1864. Avec Garnier-Pagès, Lazare Carnot, Treize républicains[note 1] qui s’étaient réunis chez Garnier-Pagès peu avant des élections à Paris sont arrêtés pour réunion non autorisée et condamnés à 500 Francs d’amende. Durier fut défendu par Dufaure. C'est des études de ce comité qu'est sorti le manuel qui devait servir de code à l'opposition lors des élections de 1869.

Aux élections de 1869, Durier se présente contre Émile Ollivier; puis se désiste en faveur de François-Désiré Bancel récemment rentré de l'exil.

L'Empire le désigna en 1870 secrétaire du Gouvernement de la défense nationale. Membre du comité des jurisconsultes républicains; Après la Commune, adjoint à la mairie de Paris, il devint secrétaire général du ministère de la Justice, en février 1871 sous l'administration du garde des sceaux Dufaure, il conserva ce poste, jusqu'à la chute de Thiers le 24 mai 1873. En 1872, il devint Conseiller d'État en service extraordinaire;

Durier pris part, aux élections de 1876, à la campagne qui se termina par la victoire de Thiers dans le neuvième arrondissement.

En 1876, les suffrages de ses confrères portent Durier au Conseil de l'ordre, et le nomment bâtonnier en 1887. Les secrétaires d'Émile Durier ont été : Fréminet, Beurdclry, Dreyfus, Bulut, Lucien Henri, Anatole Léon, Duhamel, Lebluis, Bouchage, Jamais, Jantct, Tronquois, Genets, Bouillon, Courtois, Cosnard, Félix Liouville, Duprey, Pontremoli, Duviard, Duguey, Crémieux, Henri Ruliert, Menant, Vczin et de Bénazé.

Nommé membre du Comité consultatif de la Préfecture de la Seine en 1879

Il plaida pour la duchesse de Chaulnes, pour le roi de Portugal contre les porteurs de l'emprunt de Dom Miguel, pour David Raynal, poursuivant Numa Gilly. Durier avait également plaidé contre le Figaro, dans l'affaire Erckmann-Chatrian. C'est lui aussi qui a défendu Henri Chambige [note 2] devant la cour d'assises de Constantine, en 1888. Parmi ses derniers plaidoyers, celui qu'il a prononcé, pour Lavrenius, dans l'affaire des révolutionnaires russes, dans le procès des bombes, en 1890[note 3],[1].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Émile Durier avait épousé Héloïse Ruffine de Bénazé (1830-1863, morte prématurément à Villiers-le- Bel, dans la propriété familiale). Celle-ci était issue d'une famille d'origine bretonne noble et d'extraction chevaleresque établie à Paris depuis la fin du XVIIIe siècle pour sa branche de La Villejosse, branche puînée issue de Pierre-René-François de Bénazé (1721-1766). La famille de Bénazé s'est éteinte (dans toutes ses branches) par Jean de Bénazé (mort pour la France en 1940, seul fils et seul enfant de Gaston-Léon de Bénazé (1867-1947). Elle n'a aucun rapport avec la famille Duhil de Bénazé (de Bretagne et du Poitou). Ils n'eurent pas d'enfant.

Décorations[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Garnier-Pagès, Hippolyte Carnot, Ferdinand Hérold , Amaury Dréo, Charles Floquet, Jules Ferry, Anne-Charles Hérisson, Corbon (sculpteur), Paul Jozon, Jean-Jules Clamageran, Julien Melsheim, Jacques-Thomas Bory et Émile Durier ont été accusés du délit d'avoir fait partie d'une association non autorisée de plus de vingt personnes et implicitement d'avoir collaboré au manuel électoral qui venait d'être publié.
    Les défenseurs sont : Jules Favre, Marie, Jules Grévy, Ernest Picard, Henry Didier, Pierre-Antoine Berryer, Dufaure, Antoine Sénard, Ernest Desmarest, Emmanuel Arago, Michel Hébert, Théodore Bac
  2. L'affaire Chambige inspira le roman Le Disciple de Paul Bourget
  3. Abraham Landesen alias Arcadi Mikhaïlovich Harting, un agent provocateur, avait établi au Raincy, avec Piotr Ratchkovski un atelier de fabrication de bombes destinées à tuer Alexandre III. Lorsque les bombes furent prêtes, il dénonça le groupe de révolutionnaires Narodnaïa Volia, que par ailleurs il avait recruté, à la Sûreté parisienne, qui les emprisonna. Le but de l’opération était d’ouvrir une brèche dans le soutien dont jouissaient dans l’opinion française les révolutionnaires russes

Références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]