Émile Dorand

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Émile Dorand
Jean-Baptiste Émile Dorand
Naissance
Semur-en-Auxois (Côte-d'Or)
Décès (à 56 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Arme Roundel of France.svg Aéronautique militaire
Grade colonel
Années de service -
Conflits Première Guerre mondiale
Famille Père de l'ingénieur français, spécialiste des hélicoptères, Pierre René Léon Bernard Dorand (1898-1981).

Émile Dorand, né le à Semur-en-Auxois (Côte-d'Or) et mort le à Paris, est un militaire français, pionnier de l’aéronautique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance et formation[modifier | modifier le code]

Né le à Semur-en-Auxois[1], en Côte d'Or, Jean-Baptiste Émile Dorand débute sa carrière militaire à vingt ans lors de son admission à l'École Polytechnique en 1886. À sa sortie en 1888, il rejoint l'École d'application de Fontainebleau qu'il quitte deux ans plus tard avec le grade de lieutenant.

Émile Dorand accomplit l'ensemble de sa carrière dans l'aéronautique militaire, au sein de laquelle il exerce plusieurs fonctions, surtout de direction[2].

Première période aéronautique[modifier | modifier le code]

En 1891, il travaille pour l'aéronautique militaire, en service dans le 3e régiment du Génie à Arras jusqu'en 1894. Il rejoint ensuite le 1er régiment à Chalais-Meudon où il rencontre le pionnier des dirigeables Charles Renard et est alors autorisé par le ministre de la Guerre à diriger des ascensions libres en ballon[2]. Ses études sur les cerfs-volants le conduisent à en améliorer les qualités aérodynamiques. Il analyse avec patience les problèmes du vol, se passionne pour la réalisation d’une machine volante, puis pour différents travaux : téléphotographie, méthodologie des essais en vol, hélices sustentatrices[3].

Période coloniale[modifier | modifier le code]

D'avril 1895 à juillet 1896, Dorand participe à la campagne de Madagascar pendant laquelle il est affecté au corps expéditionnaire du Génie, au service des aérostats et pontonniers[1] qui a pour mission de construire des moyens de débarquement sur l'île et est doté de matériel de pontage et d'un petit parc aérostatique, avec trois ballons et cinq gonflements d'hydrogène comprimé[2].

Seconde période aéronautique[modifier | modifier le code]

Il revient en France avec le grade de capitaine et est affecté au 7e régiment du Génie à Avignon jusqu'en 1900. Il rejoint ensuite l'État-major particulier de la Guerre à Dijon de 1900 à 1903, puis le 1er régiment du Génie à Versailles.

En 1907, il se fixe au Laboratoire de recherches relatives à l'aérostation militaire, qui devient ensuite le Laboratoire d'aéronautique militaire, et au sein duquel il préside la Commission d'études du Génie en 1908. L'année 1912 marque pour Dorand un tournant dans sa carrière, puisqu'il devient à la fois chef de bataillon du Génie et chef du Laboratoire d'aéronautique militaire de Chalais-Meudon. En 1914, il en devient le directeur et le reste jusqu'à sa fermeture en 1915 en raison de la Première Guerre mondiale. C'est au sein de cette structure qu'il développe plusieurs de ses inventions pour lesquelles il dépose des brevets, comme le dispositif amortissant le choc des appareils d'aviation à l'atterrissage en 1908 ou l'organe de liaison entre un appareil d'aviation et sa nacelle en 1910.

En 1913, il conçoit un nouveau modèle d'avion de reconnaissance biplan, le Dorand DO.1. Celui-ci présente la particularité d'avoir des plaques de blindage de 90 kg chacune, qui protègent l'équipage des tirs venus du sol. Bien que robuste et assez facile à piloter, le DO.1 souffrait de performances très médiocres[4]. Il fut refusé par la commission de sélection des avions[5]. Une douzaine d'appareils furent néanmoins fabriqués, permettant de constituer deux escadrilles, la DO 14 et la DO 22[6],[4]. Les DO.1 ne servirent que dans les premiers mois de la guerre, et furent très rapidement remplacés par des Maurice Farman MF.11. Cependant le DO.1 servit de base de travail en 1916, pour la création du nouvel appareil Dorand AR.1[4] (voir ci-dessous).

Après la fermeture du Laboratoire d'aéronautique militaire, le lieutenant-colonel Dorand rejoint la Section technique de l'aéronautique militaire qui est chargée de toutes les questions concernant les appareils nouveaux et prend la tête de la première sous-section technique qui travaille sur l'aviation, avant de devenir directeur de la Section en 1916[2]. En 1916, il met au point un avion de reconnaissance biplan à hélice tractive doté d’un propulseur de 160 cv, le Dorand AR.1, qui a été fabriqué en série et engagé au combat[3].

En 1918, il devient Inspecteur général des essais et études techniques au ministère de la Guerre[1]. Cependant moins d'un an après sa nomination, il est promu colonel et désigné pour être le chef de la délégation française de la Commission interalliée de contrôle aéronautique en Allemagne. Cette commission, créée à la suite du Traité de Versailles, a notamment pour mission de recenser le matériel aéronautique se trouvant en territoire allemand, d'inspecter les usines construisant avions, ballons et moteurs d'aéronefs, les fabriques d'armes, munitions et explosifs pouvant être employés par les aéronefs, de visiter tous aérodromes, hangars, terrains d'atterrissage, parcs et dépôts, d'exercer, s'il y a lieu, le déplacement du matériel prévu et d'en prendre livraison. En plus d'y représenter la France, Dorand prend la tête en 1921 de la sous-commission de production. Cette instance a pour mission de vérifier que l'Allemagne respecte bien la clause du traité de paix qui lui interdit d'entreprendre un réarmement et qui limite sa production de matériel aéronautique[2].

Mort[modifier | modifier le code]

En place jusqu'à la suppression de la Commission interalliée de contrôle aéronautique qui laisse place au Comité de garantie en mai 1922, Émile Dorand décède à Paris le [1].

La fin de sa vie et de sa carrière est marquée par des polémiques liées à son ambition de faire évoluer l'aéronautique française, notamment par sa tentative de faire venir en France l'ingénieur d’origine française naturalisé allemand Claude Dornier. Les avions métalliques construits par celui-ci ayant démontré au cours de la Première Guerre mondiale leur supériorité sur les avions en bois et toile, le colonel Dorand cherche à doter son pays du même type de matériel. Cependant, la presse voit dans cette ambition une perte d'argent pour l'État, qui n'est pas supposé avoir besoin d'une flotte aérienne importante, étant alors en paix[2].

Vie de famille[modifier | modifier le code]

En avril 1897, il épouse Jeanne Marguerite Devanne, alors âgée de dix-neuf ans. Son fils René Dorand (1898-1981), ingénieur, se fait connaître par la mise au point avec Louis Charles Breguet d'un hélicoptère, le Breguet Gyroplane Laboratoire, en 1933. Également journaliste, René Dorand tente de réhabiliter la mémoire de son père, avec des articles de presse rappelant les importants progrès de l'aéronautique que la France lui doit[2].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Émile Dorand, Sécurité de l'aéroplane dans une descente moteur éteint, s. l., 1912.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, (ISBN 2-84734-060-2), p. 318.
  2. a b c d e f et g Jéromine GILET, « FONDS ÉMILE DORAND » [PDF], .
  3. a et b « HISTORIQUE DE NOTRE CLUB », sur Le site de l'Aéroclub de Semur en Auxois, (consulté le 1er juillet 2017).
  4. a b et c d9pouces, « Dorand Do.1 », (consulté le 6 juillet 2017).
  5. « L’escadrille Dorand blindée dont la commission de sélection des avions n’a pas voulu en 1913 s'entraîne intensivement », sur Les As oubliés de 14-18 (consulté le 2 juillet 2017).
  6. à l'époque, le numéro de l'escadrille était unique, mais le sigle indiquait sur quel type d'avion elle volait. Il était donc susceptible de changer quand l'unité était rééquipée. cf. http://gaubs.free.fr/ESCADRILLES/Escadrilles.htm

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, (ISBN 2-84734-060-2), p. 318.
  • Jéromine Gilet, « Fonds Émile Dorand » [PDF], .
  • « Historique de notre club », sur Le site de l'Aéroclub de Semur en Auxois, (consulté le 1er juillet 2017).
  • général Charles Christienne, Histoire de l'aviation militaire française, Paris, Charles-Lavauzelle, , 557 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 318.
  • Michel Benichou, « L'aéroplane militaire Dorand », Le Fanatique de l'aviation, no 153,‎ , p. 15-19.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]