Émeute raciale de Tulsa

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Bâtiment en feu lors de l'émeute raciale de Tulsa.

L'émeute raciale de Tulsa (en anglais : Tulsa race riots) est une émeute ethnique qui s'est déroulée dans le quartier de Greenwood à Tulsa dans l'Oklahoma entre le 31 mai et le . Une foule d'américains blancs a attaqué les habitants et les entreprises de la communauté afro-américaine de Greenwood dans ce qui est considéré comme l'un des pires incidents de violence raciale dans l'histoire des États-Unis[1].

Les événements[modifier | modifier le code]

Les estimations sont de 45 morts selon les statistiques officielles de 1921[2] (36 noirs et 9 blancs) et de 100 à 300 morts selon le rapport final de 2001 de la Commission d'Oklahoma sur les émeutes de Tulsa[3], La Croix-Rouge a refusé de donner un chiffre officiel. Les émeutes font en outre huit mille sans-abris en raison des incendies provoqués par les émeutiers[4],[5]. L'émeute, mené au sol et par les airs, détruit plus de 35 blocks du district, à l'époque la plus riche communauté noire de la nation. Plus de 800 personnes sont admises à l’hôpital et plus de 6 000 noirs sont arrêtés et détenus, beaucoup plusieurs jours[6]. Une foule de citoyens blancs attaqua des résidents et des entreprises de la communauté afro-américaine de Greenwood à Tulsa, dans l'Oklahoma. Ceci est considéré comme l'un des pires incidents de violence raciale de l'histoire des États-Unis . L’attaque, terrestre et aérienne, a détruit plus de 35 pâtés de maisons du district, qui était à l’époque la plus riche des communautés noires des États-Unis.

Plus de 800 personnes ont été admises à l'hôpital et plus de 6 000 résidents noirs ont été arrêtés et détenus, nombre d'entre eux pendant plusieurs jours. Le Bureau des statistiques de l'état civil de l'Oklahoma a officiellement enregistré 36 morts, mais la Croix-Rouge américaine a refusé de fournir une estimation.

L’émeute a débuté le week-end du « Memorial Day » après que Dick Rowland, un cireur de chaussures noir, âgé de 19 ans, ait été accusé d’avoir agressé Sarah Page, une téléphoniste blanche de 17 ans dans un ascenseur située à proximité de Drexel. Après sa mise en détention, des rumeurs ont couru dans la communauté noire selon lesquelles il risquait d'être lynché.

Un groupe d'hommes afro-américains armés s'est précipité au poste de police où le jeune suspect était détenu pour empêcher un lynchage, alors qu'une foule blanche s'était aussi rassemblée. Une confrontation s'est développée entre noirs et blancs; des coups de feu ont été tirés et douze personnes ont été tuées, dix blanches et deux noires. Alors que la nouvelle de ces morts se propageait dans toute la ville, la violence de la foule explosa. Des milliers de Blancs ont envahi la communauté noire cette nuit-là et le lendemain, tuant hommes et femmes, incendiant et pillant des magasins et des maisons. Environ 10 000 Noirs se sont retrouvés sans abri et les dommages matériels se sont élevés à plus de 1,5 million de dollars en biens immobiliers et à 750 000 dollars en biens personnels (31 millions de dollars en 2018).

Certaines personnes noires ont dit que des policiers avaient rejoint la foule; d'autres ont déclaré que des gardes nationaux avaient tiré avec une mitraillette sur la communauté noire et qu'un avion avait largué des bâtons de dynamite. Dans un récit de témoin oculaire découvert en 2015, l'avocat de Greenwood, Buck Colbert Franklin, a décrit l'observation d'une dizaine d'avions, qui avaient été dépêchés par la police de la ville pour larguer des boules de térébenthine en feu sur les toits de Greenwood.

Beaucoup de survivants ont quitté Tulsa. Les résidents noirs et blancs qui sont restés dans la ville sont restés silencieux pendant des décennies sur la terreur, la violence et les pertes lié a cet événement. L’émeute a été en grande partie omise des histoires locales, étatiques et nationales: L’émeute raciale de Tulsa de 1921 a rarement été mentionnée dans les livres d’histoire, dans les salles de classe ou même en privé. Les Noirs et les Blancs ont atteint l’âge moyen sans savoir ce qui leur avait pris.

En 1996, soixante-quinze ans après l’émeute et le nombre de survivants en diminution, un groupe bipartisan de la législature de l’État a autorisé la formation de la Commission de l’Oklahoma chargée d’étudier l’émeute de Tulsa Race en 1921. Des membres ont été nommés pour enquêter sur des événements, réaliser des entretiens avec les survivants, entendre le témoignage du public et préparer un rapport sur les événements. Le processus visait à sensibiliser le public à ces événements. Le rapport final de la Commission, publié en 2001, indiquait que la ville avait conspiré avec la foule de citoyens blancs contre la communauté noire de Tulsa; il recommandait un programme de réparation pour les survivants et leurs descendants.

L'État a adopté une loi visant à créer des bourses pour les descendants des survivants, à encourager le développement économique de Greenwood et à créer un parc commémoratif à Tulsa pour les victimes des émeutes. Le parc a été dédié en 2010.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Le contexte historique de l’Amérique dans les années 1920 était particulièrement tendu. Les États-Unis sortaient tout juste de la première guerre mondiale, bien qu’ils en soient sortis victorieux, les esprits étaient toujours fortement marqués. Les tensions se sont d’autant plus amplifiées avec la renaissance du Ku Klux Klan[7] et un retour en force de la haine raciale dans les années 1920. Le Klan a connu pendant cette période une croissance considérable avec plus de 5 millions de membres. A cette époque, la communauté noire était relativement importante à Tulsa dans le quartier de Greenwood, avec notamment une économie noire en plein essor et la création de « Black Wall Street »[8]. L’enchaînement de ces événements a mené à de fortes tensions.

La création de l’État d’Oklahoma le 16 novembre 1907 a débouché sur la mise en place immédiate des lois sur la ségrégation, communément appelées les lois Jim Crow[9]. Bien que la population noire ait obtenue sa citoyenneté en 1865 avec le XIVème amendement et le droit de vote pour les hommes, les lynchages[10] étaient fréquent au début du 20ème siècle et les États passaient des lois pour empêcher les noirs de voter et d'occuper toutes fonctions publiques. La suprématie blanche était affirmée en Amérique.


Après la première guerre mondiale , de nombreux soldats devaient réintégrer le marché du travail. Mais  la rude competition entre les chercheurs d’emploi amplifiait les tensions sociale ainsi que le sentiment raciste contre les noirs du au fait que de nombreux soldats noirs considéraient avoir mérité leur citoyenneté après leurs efforts pendant la guerre. Cela donna naissance à une période surnommé « L’Été Rouge » (The Red Summer) en référence au terme utilisé par l’écrivain James Weldon Johnson.[11] Durant cette période de nombreuses villes industrielles du nord au midwest américain ont subis de violentes révoltes raciales, majoritairement à l’encontre des Noirs, souvent orchestrées par des groupes d’immigrants de retour de la guerre qui étaient en forte concurrence avec les Noirs pour des emplois mal-payés. Les Noirs se sont défendus par la force dans des villes comme Chicago même s’ils étaient en sous nombre.

Tulsa était également connu pour son quartier de Greenwood mise en place après le tour de l’Arkansas, des territoires indiens et de l’Oklahoma de Booker T.Washington en 1906. Le quartier de Greenwood étant tellement prospère économiquement qu’il fut surnommé le « Negro Wall Street » ( plus connu sous la forme « Black Wall Street »)[12].

Commission sur le massacre de Tulsa[modifier | modifier le code]

En 1996, à l’approche du 75ème anniversaire de cet événement, l’état a autorisé une commission d’investigation situé en Oklahoma d’enquêter sur l’émeute raciale de Tulsa. Pour cela, elle a chargée plusieurs personnes d’étudier et préparer un rapport détaillant les comptes rendus historiques de l’émeute. Cette autorisation d’enquête a « suscité un grand appui des membres des deux partis politiques et de toutes tendances politiques ». La commission était originellement appelée la « commission de l’émeute raciale de Tulsa », mais en Novembre 2018 le nom à officiellement été changé pour « la Commission du massacre de Tulsa »[13].

En plus de diriger des interviews et d’entendre des témoignages, la commission à mis en place une fouille archéologique non-invasive du parc de Newblock, du cimetière de Oaklawn, et du cimetière de Booker T. Washington qui ont été identifiés comme possibles lieux de fosses communes pour les victimes noires de ces violences[14].

La documentation et le temps suggérait que les blancs auraient enterré les noirs dans les deux premiers lieux. Il est dit que la communauté noire a enterré les victimes noires dans le troisième lieu une fois l’émeute terminée. Les personnes enterrées au cimetière de Booker T. Washington, qui est réservé aux personnes de couleur noires, étaient probablement celles qui étaient mortes des suites de leurs blessures après la fin de l’émeute car il s’agissait du cimetière le plus éloigné de la ville.

Des investigations dans les trois possibles fosses communes ont été organisés en 1997 et en 1998. Bien que la totalité des lieux ne pouvaient pas être pris en compte, des données préliminaires suggéraient qu’il n’y avait pas de fosses communes dans ces lieux. En 1999, un témoin oculaire qui aurait vu des blancs enterrer des noirs au cimetière d’Oaklawn a été retrouvé. Une équipe a enquêté la zone potentielle avec plus d’équipements.

La commission à rendu sont rapport final le 21 février 2001[15].

En plus de la documentation minutieuse des causes et des dommages de cette émeute, le rapport a recommandé d’entreprendre des actions pour considérablement dédommager la communauté noire. Cités ci-dessous par ordre de priorité:

  1. Le dédommagement financier immédiat des survivants (des émeutes raciales de Tulsa de 1921).
  2. Le dédommagement financier immédiat des descendant des survivants (des émeutes raciales de Tulsa de 1921).
  3. Une bourse de scolarité disponible pour tous les étudiants affectés par les émeutes raciales de Tulsa
  4. La mise en place d’une zone d’entreprise pour le centre de développement économique du quartier historique de Greenwood.  
  5. Un mémorial pour le ré-enterrement des dépouilles des victimes du soulèvement.
  6. Comme le suggérait la commission d’Oklahoma, la coalition des réparations de Tulsa, sponsorisé par le centre pour la Justice Raciale à été créée le 7 avril 2001 pour obtenir réparation sur les dommages subis par la communauté afro-américaine/noire de Tulsa.

En juin 2001, l’état fédéral de L’Oklahoma a passé une loi intitulé « 1921 Tulsa Race Riot Reconciliation Act ». Cette loi est parue comme bien moindre vis à vis des recommandations de la Commission. Elle accordait seulement[16],[17]:

  1. plus de 300 bourses d’études supérieures pour les descendants des résidents de Greenwood.
  2. La création d’un mémorial en souvenir de ceux qui sont morts dans les émeutes. Le 27 octobre 2011, un parc avec des statues nommé Parc réconciliateur de John Hope Franklin a été inauguré en 2010 en l’honneur d’un historian Afro-American originaire de Tulsa.
  3. Le développement économique à Greenwood[18].

Références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.okhistory.org/publications/enc/entry.php?entry=TU013
  2. greenwoodculturalcenter.com
  3. https://web.archive.org/web/20120325210103/http://nyu.academia.edu/RobertOxford/Papers/586151/Come_Prepared_Or_Not_At_All_The_Racial_Definitions_and_Boundaries_of_Oklahoma
  4. citées dans Tulsa Race Riot, A Report by the Oklahoma Com mission to Study the Tulsa Race Riot of 1921, 2001, p. 124 (134e page du PDF)
  5. Our real problem is white rage, Edward Wyckoff Williams, Salon, 15 July 2013
  6. Messer, Chris M., Krystal Beamon, and Patricia A. Bell. "The Tulsa Riot of 1921: Collective Violence and Racial Frames", The Western Journal of Black Studies 37, no. 1 (2013): 50–59.
  7. (en) Jean-Éric Branaa, « La renaissance du Ku Klux Klan », sur The Conversation (consulté le 11 avril 2019)
  8. (en) « "Black Wall Street": ou l'organisation économique des Noirs en Oklahoma », sur NOFI, (consulté le 11 avril 2019)
  9. (en) « Jim Crow ou la Ségrégation raciale dans le sud des USA », sur NOFI, (consulté le 11 avril 2019)
  10. « Lynching | The Encyclopedia of Oklahoma History and Culture », sur www.okhistory.org (consulté le 11 avril 2019)
  11. « États-Unis -- 1919 (Émeutes raciales) », sur data.bnf.fr (consulté le 11 avril 2019)
  12. B. World Team, « Le massacre de BLACK WALL STREET », sur B.World Connection (consulté le 11 avril 2019)
  13. (en) « Group renamed Tulsa Race Massacre Commission », sur KJRH, (consulté le 4 avril 2019)
  14. ICI Radio-Canada Première- Radio-Canada.ca, « ICI Radio-Canada Première | Émissions, horaire, fréquences radio », sur L'heure du monde | ICI Radio-Canada.ca Première (consulté le 4 avril 2019)
  15. https://www.okhistory.org/research/forms/freport.pdf
  16. (en) Ronni Michelle Greenwood, « Remembrance, Responsibility, and Reparations: The Use of Emotions in Talk about the 1921 Tulsa Race Riot », Journal of Social Issues, vol. 71, no 2,‎ , p. 338–355 (ISSN 1540-4560, DOI 10.1111/josi.12114, lire en ligne, consulté le 4 avril 2019)
  17. (en-US) « In June 2001, the Oklahoma State legislature passes the 1921 Tulsa Race Riot Reconciliation Act. », sur FOR Truth & Reparations, (consulté le 4 avril 2019)
  18. « Il était une fois le racisme », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 4 avril 2019)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Olivia Hooker, dernière survivante connue du massacre morte en 2018.