Élise Thiers

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Élise Thiers
Image illustrative de l’article Élise Thiers
Épouse du président de la République française
31 août 1871 – 24 mai 1873
(1 an, 8 mois et 23 jours)
Président Adolphe Thiers
Prédécesseur Instauration de la IIIe République
Successeur Élisabeth de Mac Mahon
Biographie
Nom de naissance Eulalie Élise Dosne
Date de naissance
Lieu de naissance Paris
Date de décès
(à 62 ans)
Lieu de décès Paris
Conjoint Adolphe Thiers

Élise Thiers, née Eulalie Élise Dosne le à Paris et morte le dans la même ville, est l'épouse d'Adolphe Thiers, président de la République française du au .

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Adolphe Thiers, son époux.

Eulalie Élise Dosne est la fille d'Alexis Dosne (1789-1849), agent de change, propriétaire du château de Thun[1] à Vaux-sur-Seine (alors commune de Triel-sur-Seine), receveur général des finances du Finistère et régent de la Banque de France, et d'Euridyce Dosne, née Matheron (1794-1869). Elle a une sœur, Félicie Dosne (1823-1906).

Mariage[modifier | modifier le code]

En 1827, Adolphe Thiers se lie d'amitié avec la famille Dosne, surtout pour la relation secrète qu'il entretient avec la maîtresse de maison, Eurydice (elle a alors 32 ans et lui 30). En 1833, il épouse la fille aînée, Élise, ce qui lui permet de continuer à voir sa mère. Élise apporte en dot un hôtel particulier situé place Saint-Georges, qui abrite aujourd'hui la fondation Dosne-Thiers[2]. Il s'entiche également de la seconde fille de la famille, Félicie.

La presse parle alors des « trois moitiés de M. Thiers »[3]. En 1871, Eurydice est décédée mais Adolphe Thiers continue de mener une double relation avec les deux sœurs. Des chansonniers de l'époque composent les vers suivants :

« Je n'ai ni Montespan, ni Fontanges, La Vallière, ni Maintenon
Mais j'ai Madame Thiers, un ange Et Félicie un joli nom[3] »

Sous la présidence Thiers[modifier | modifier le code]

Le couple et la belle-sœur du président habitent Versailles car Élise a peur de Paris. La chute de la Commune est en effet récente. Elle déclare ainsi : « Nous ne serions pas quinze jours à Paris, sans que Monsieur Thiers soit assassiné ».

Chaque matin, elle va faire le marché à Versailles et ne déroge pas à sa réputation de femme économe. Lors d'un déjeuner mondain en l'honneur de la princesse Troubetskoi, elle va même jusqu'à refuser que le président change les fruits pourris posés sur la table avec ceux, frais, déposés non loin. Elle précise : « Non, mon ami, ceux-là sont pour ce soir »[3]. Cette radinerie lui attire beaucoup de critiques, notamment de la part de Pauline von Metternich, qui la dit « froide ». Tandis qu'Élise se comporte en femme austère, sa sœur Félicie s'habille à la dernière mode et semble mieux apprécier qu'elle son rôle de maîtresse de maison.

Chaque été, le président, son épouse et la sœur de celle-ci séjournent à Dinard et à Trouville, marchant sur la plage comme les bourgeois de l'époque en ont l'habitude.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Élise Thiers
Perles de Madame Thiers.

Le , Adolphe Thiers démissionne de la fonction présidentielle et va s'installer au bord du lac Léman. Il meurt entouré d'Élise et Félicie le . Lors des obsèques, Élise Thiers demande un discours à Jules Grévy, faisant de lui l'héritier naturel et le successeur d'Adolphe Thiers[réf. nécessaire]. Elle achète alors une grande concession au cimetière du Père-Lachaise, souhaitant construire sur ce terrain de 144 mètres carrés le plus grand des mausolées.

Elle meurt le , dans son hôtel particulier, place Saint-Georges. Ses obsèques sont célébrées le , en l'église Notre-Dame de Lorette. François-Auguste Mignet, et surtout sa sœur Félicie, créent par la suite la fondation Dosne-Thiers. Une note datée du , aujourd'hui à la bibliothèque nationale de France, confirme que l'idée de la fondation est bien d'Élise Thiers. Elle aurait ainsi parlé d'une « fondation d'une école destinée par son objet à rappeler le souvenir des grands travaux de M. Thiers ». La note d'Élise précise que l'accès à cette fondation sera réservé à des étudiants brillants[4].

Félicie s'éteint le . En 1900, elle avait légué tous les papiers de son beau-frère à la bibliothèque nationale de France et au musée du Louvre. En 1924, une vente aux enchères disperse les bijoux d'Élise Thiers : elle atteint des records de prix, la pièce maîtresse étant un collier offert par la reine d'Espagne Isabelle II, parti pour 11 280 000 francs[3].

Hommage[modifier | modifier le code]

Une salle du musée du Louvre porte le nom de « salle Élise Dosne-Thiers ». Elle présente le legs qu'elle fit peu avant sa mort au musée, constitué d'une collection de porcelaines qu'elle avait rassemblée. L'origine des 600 pièces à décor floral est essentiellement de la manufacture de Vincennes-Sèvres[5].

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

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