Élisabeth Fuchs

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Élisabeth Fuchs
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité
Responsable de l'Union chrétienne de jeunes filles de la rue de Naples
Pionnière du scoutisme féminin
Père
Mère
Henriette Fuchs (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Paul Fuchs (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Membre de
Distinction

Élisabeth Fuchs, née le à Wintzenheim et morte le à Paris, est une dirigeante associative française. Fondatrice de l'Union chrétienne des jeunes filles (UCJF) de la rue de Naples, ainsi que d'un foyer de jeunes filles, elle fait partie des pionnières du scoutisme féminin laïque[1],[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Cadette d'une fratrie de quatre enfants, Élisabeth Fuchs est née dans une famille protestante alsacienne. De petite taille, elle aurait été diagnostiquée naine[3]. Son père, Edmond Fuchs, est géologue et ingénieur du corps des mines[2]. Sa mère, Henriette Fuchs, née Ledoux, est musicienne[4], fondatrice de la société chorale Concordia et autrice de L’Opéra et le Drame musical d’après l’Œuvre de Richard Wagner[5],[6]. Son frère, Paul Fuchs, est journaliste au Figaro[7].

Responsable de l'Union chrétienne de jeunes filles rue de Naples[modifier | modifier le code]

À partir des années 1890, elle s'implique dans une section de l'Union chrétienne des jeunes filles (UCJF), rue de Naples à Paris, qui sera le lieu principal de ses activités. Avec la volonté d'y construire un foyer d'hébergement pour jeunes filles, elle anime pendant plusieurs années une recherche de financements. C'est dans ce contexte qu'elle rencontre en 1910 Marguerite de Pourtalès, proche du Conseil national des femmes françaises, dont le concours sera précieux. Celle-ci devient présidente de l'UCJF de Naples, et Élisabeth Fuchs vice-présidente[8]. Un journal mensuel est édité, Le Muguet et de nombreuses causeries et expositions y ont lieu.

Le foyer ouvre ses portes le , et Élisabeth Fuchs en est directrice. Il peut accueillir initialement 85 jeunes filles, ayant fait leur communion, étudiantes ou travailleuses. Il héberge également une section de la Ligue pour le suffrage des femmes[2]. Élisabeth Fuchs conduit par la suite plusieurs travaux d'extension, portant la capacité à 160 places en 1922[9].

Le foyer, en plus de l'hébergement, propose aussi des activités : études bibliques, cours d'hygiène, séjours à la campagne, conférences, cours de gymnastique[10]. Ces derniers sont animés par Irène Popard[11].

Pionnière du scoutisme féminin[modifier | modifier le code]

À partir de 1911, la naissance du scoutisme pour les jeunes garçons conduit, au sein de la région Seine de l'UCJF, à des discussions sur une adaptation pour les filles. Ces discussion sont animées notamment par Suzanne Carr, figure importante des œuvres caritatives protestantes[12],[13]. Élisabeth Fuchs fait partie des premières femmes à initier une section de girl guides, qui prend rapidement le nom d'Éclaireuses[1],[2],[14]. Cette section, rattachée au foyer de la rue de Naples, réalise sa première sortie le à Chaville[8]. D'autres sections naissent en parallèle, notamment à la Maison Verte, un lieu rattaché à la Mission populaire évangélique, sous l'impulsion de Camille Savary. En 1915, Antoinette Butte rencontre Élisabeth Fuchs, et s'inspire entre autres de l'expérience pour créer le mouvement des Éclaireuses unionistes[15].

Sous l'impulsion d’Élisabeth Fuchs, la section des éclaireuses de Paris-Naples se constitue en association indépendante en 1914, tandis que les sections d'éclaireuses unionistes s'organisent initialement au sein des UCJF. Julie Siegfried est présidente d'honneur de cette association, et Renée de Montmort siège à son comité[13]. Bien que le foyer soit rattaché à une paroisse protestante, Élisabeth Fuchs, secrétaire générale, fait le choix d'ouvrir l'adhésion à « toute jeune fille de 10 à 18 ans, sans distinction de religion »[8]. Cette volonté d'indépendance fait l'objet de critiques, tant initialement au sein des UCJF que plus tard, au sein de la Fédération française des éclaireuses[16] que les éclaireuses de la rue de Naples intègrent tardivement[13], au sein de la section neutre. Durant la Seconde Guerre mondiale, alors que le scoutisme est interdit en Zone occupée, Élisabeth Fuchs accompagne la poursuite des activités des éclaireuses de Naples sous des appellations différentes, par discrétion[3].

Après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la Première Guerre mondiale, elle part aux États-Unis dans une école unioniste, où elle réalise des conférences sur la jeune fille et la femme. Elle poursuit cette activité de conférencière à son retour en France[2],[17].

À partir de 1919, elle fait partie du conseil provisoire de la branche française de la Young Women's Christian Association (YWCA), constituée après la guerre afin d'améliorer les conditions des femmes en France. Elle y siège notamment avec Antoinette Butte et Violette Mouchon[13].

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 1934, Élisabeth Fuchs est faite chevalier de la Légion d’honneur pour ses multiples responsabilités au sein de l'Union chrétienne de jeunes filles et pour la création des éclaireuses en 1912[18].

En 1941, elle reçoit le prix Audiffred décerné par l'Académie des sciences morales et politiques[19].

Le prix Marie Laurent lui est décerné à titre posthume par l'Académie des sciences morales et politiques, pour récompenser l'accomplissement d'actes de vertu ou de dévouement[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Didier, Béatrice. Fouque, Antoinette. Calle-Gruber, Mireille, 1945- Rykiel, Sonia, 1930-, Notice "Elisabeth Fuchs" in Le dictionnaire universel des créatrices, Paris, Des femmes, , 4982 p. (ISBN 978-2-7210-0631-8, 2-7210-0631-2 et 978-2-7210-0628-8, OCLC 940824128, lire en ligne)
  2. a b c d e et f Cova, Anne., Destins de femmes : religion, culture et société (France, XIXe-XXe siècles), Paris, Letouzey & Ané, , 466 p. (ISBN 978-2-7063-0275-6 et 2-7063-0275-5, OCLC 717267700, lire en ligne)
  3. a et b « A propos de Paris-Naples, section EN » (consultable à la Société de l'histoire du protestantisme français), Débrouillum Tibi, journal des anciennes de la FFE, no 61,‎ (ISSN 1163-2682)
  4. André Encrevé, « Henriette (née Ledoux) Fuchs », dans Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours : D-G, t. 2, Éditions de Paris/Max Chaleil, (ISBN 978-2-8462-1288-5), p. 688
  5. Fuchs, Henriette., L'opéra et le drame musical d'après l’œuvre de Richard Wagner, Librairie Fischbacher, (OCLC 716323858, lire en ligne)
  6. « Le Temps », sur Gallica, (consulté le )
  7. « Le Figaro - édition du 22 juillet 1927 », sur Gallica, (consulté le )
  8. a b et c [Thèse en histoire et civilisations] Takako Tobita, La Fédération française des Éclaireurs (FFE) : une histoire de jeunes filles et de femmes dans un mouvement scout féminin en France (1911-1970), École des hautes études en sciences sociales, (lire en ligne)
  9. « Historique du Foyer de Naples », sur UCJF (consulté le )
  10. Anne-Sophie Faullimmel, « Aux origines du scoutisme féminin en France : la naissance de la Fédération française des éclaireuses (1912-1927) », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, vol. 143,‎ , p. 439–501 (ISSN 0037-9050, lire en ligne, consulté le )
  11. (en) Jacqueline Robinson, Modern Dance in France (1920-1970) : An Adventure, Routledge, , 478 p. (ISBN 978-1-134-39678-8, lire en ligne)
  12. « Suzanne CARR - Dictionnaire créatrices », sur www.dictionnaire-creatrices.com (consulté le )
  13. a b c et d Anne-Sophie Faullimmel, « Aux origines du scoutisme féminin en France : la naissance de la Fédération française des éclaireuses (1912-1927) », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français (1903-2015), vol. 143,‎ , p. 439–501 (ISSN 0037-9050, lire en ligne, consulté le )
  14. Cholvy, Gérard, 1932- ..., Comte, Bernard, 1930- ..., Feroldi, Vincent, 1952- ... et Centre national de la recherche scientifique (France). Groupement de recherche (1095), Jeunesses chrétiennes au XXe siècle : [actes des journées d'étude de Lyon, 1er-2 mars 1990], Les Éd. ouvrières, (ISBN 2-7082-2882-X et 978-2-7082-2882-5, OCLC 463559887, lire en ligne)
  15. Didier, Béatrice., Fouque, Antoinette. et Calle-Gruber, Mireille, 1945-, Notice "Antoinette Butte", in Le dictionnaire universel des créatrices, Paris, Des femmes-A. Fouque, , 4982 p. (ISBN 978-2-7210-0631-8, 2-7210-0631-2 et 978-2-7210-0628-8, OCLC 864873770, lire en ligne)
  16. Poujol, Geneviève, 19.-, Un féminisme sous tutelle : les protestantes françaises, 1810-1960, Paris, Ed. de Paris, , 286 p. (ISBN 2-84621-031-4 et 978-2-84621-031-7, OCLC 402106125, lire en ligne)
  17. « L'Ouest-Éclair : journal quotidien d'informations, politique, littéraire, commercial », sur Gallica, (consulté le )
  18. « Elisabeth Fuchs sur la Base Léonore », sur Base Léonore (consulté le )
  19. Groupe Bayard Auteur du texte, « La Croix », sur Gallica, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]