Élisabeth Bouissonade

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Élisabeth Bouissonade
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Biographie
Activité

Élisabeth Bouissonade, ou Boissonnade, nom initial, plus usité dans tout le Languedoc, est connue pour avoir participé à Montpellier à une sédition de femmes, qui fit trembler jusqu'au Roi. Son nom est en effet mentionné par des chroniques du XVIIe siècle[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

En 1643, à l'occasion du couronnement de Louis XIV un impôt exceptionnel, "Le don du joyeux avènement du Roi à la couronne" est instauré. À Montpellier, le 29 juin 1645, autour d'Élisabeth Bouissonade, une géante, surnommée La Branlaïre, 400 à 500 femmes de "basse condition" s’émeuvent de la levée. Le bruit court qu'elle sera proportionnelle au nombre d’enfants, et qu'on la rendra permanente. Elles pourchassent à travers ville les très impopulaires « partisans » ou fermiers généraux chargés de collecter l’impôt, brûlant leurs papiers et leurs maisons.

La troupe tire sur la foule ; mais les hommes rallient leurs épouses et devant la détermination des manifestants, les soldats se replient dans la citadelle. 3 000 personnes barricadent les ruelles de la cité. L’émeute dure 4 jours ; on relève une vingtaine de morts. Louis XIV encore mineur à l'époque, s’est ému de l’affaire. En 1647, il accorde son pardon, qui ne s’étend pas à Élisabeth Bouissonade : elle est pendue en place publique le 9 mars en compagnie d'une nommée Marie Chassarde. Ayant demandé à être enterrées en sépulture chrétienne, toutes deux sont inhumées dans les ruines de l'église Saint Firmin. Courageuse occitane qui s’est battue jusqu’à la mort pour vivre dignement, Élisabeth Bouissonade a acquis la dimension d’un symbole des luttes féminines. Un centre d'accueil pour les femmes porte aujourd'hui son nom à Montpellier.

Ces femmes s'insurgent contre la misère et, pour défendre leur survie et celle de leur famille. Leur démarche est celle de toujours chez les artisans : femmes et enfants manifestent, afin que soit entendu leur problème, car on ne tire pas (en principe) sur les femmes et les enfants ; mais les hommes sont à l'arrière, prêts à intervenir et ils sont armés au cas où l'armée ferait usage de ses armes : c'est ce qui s'est passé en 1645. L'insurrection s'étend ensuite à toute la ville (J. Redon)Source insuffisante 

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Barthes, Marie. et Impr. Mondial livre), Décider de vivre : lutte contre la violence familiale : genèse du centre d'hébergement Élizabeth Bouissonnade, Champ social éd, dl 2008 (ISBN 9782353710232, OCLC 470973279, lire en ligne), p. 121-127

Sources[modifier | modifier le code]

  • Minute de la lettre des consuls adressée au Parlement de Toulouse,
  • Mémorial consulaire de Pierre Sabatier, greffier et notaire communal
  • Annales du Midi, 1908 ("La sédition de Montpellier de 1645")
  • Dom Vic & Dom Vaissette, Histoire Générale du Languedoc, 1840-1846
  • Charles d'Aigrefeuille, Histoire de la ville de Montpellier, 1739
  • Mémoires Inédits D’André Delort sur la Ville de Montpellier au XVIIe Siècle (1621-1693)