Élisabeth Bégon

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Élisabeth Bégon
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Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Marie-Isabelle-Élisabeth Rocbert de La MorandièreVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
Père
Conjoint

Élisabeth Bégon, née Marie-Isabelle Rocbert de La Morandière à Montréal en 1696 et morte à Rochefort en 1755, est une épistolière de la Nouvelle-France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Élisabeth Bégon est née à Montréal le . Fille d'Élisabeth Duverger et d'Étienne Rocbert de La Morandière, garde-magasin du roi, elle épouse en 1718 le lieutenant de vaisseau Claude-Michel Bégon de La Cour, un Français établi en Nouvelle-France, qui meurt gouverneur de Trois-Rivières en 1748. Ce dernier est également frère cadet de Michel Bégon de La Picardière, alors intendant de la Nouvelle-France, qui s'opposera à leur mariage[1].

De 1748 à 1752, Elisabeth Bégon adresse à son gendre, Michel de Villebois de La Rouvillière, dont elle est tombée vaguement amoureuse (il est veuf comme elle) et qui la précédera dans la tombe, une correspondance qui n'est découverte que dans les années 1930 dans les archives du ministère français de la Marine.

Édité par Claude de Bonnault en 1935 puis par Nicole Deschamps en 1972, ce recueil, que l'on désigne sous le titre de Lettres au cher fils (titre que lui donne Deschamps), occupe une place importante au sein de la littérature québécoise. Élément majeur du corpus littéraire féminin du Régime français en Nouvelle-France (1534-1760), il a pour particularité d'être écrit par une laïque[1].

Élisabeth Bégon est considérée par certains comme l'une des premières « littéraires » de la Nouvelle-France et ses correspondances sont riches en informations sur l'époque[1]. On y apprend sur son rôle de mère et de gestionnaire du foyer, sur le mode de vie des élites, sur le coût de la vie ou encore sur ses perceptions de la métropole française (et de la colonie lorsqu'elle rentre en France à la fin de sa vie).

De 1749 à 1760, la maisonnée des Bégon à Montréal sera occupée par François Bigot, dernier intendant de la Nouvelle-France et son emplacement sera le futur site du marché Bonsecours.

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • « Correspondance de Mme Bégon », Rapport de l'archiviste de la province de Québec, 1934–1935, p. 5-186 (texte modernisé) et p. 187–277 (texte original).
  • Élisabeth Bégon. Textes choisis, présentés et annotés par Céline Dupré, Montréal, Fides, coll. « Classiques canadiens », no 19, 1961, 94 p.
  • Lettres au cher fils. Correspondance d’Élisabeth Bégon avec son gendre (1748-1753), Montréal, Hurtubise HMH, coll. « Reconnaissances », 1972, 221 p. Préface de Nicole Deschamps.
  • Lettres au cher fils. Correspondance d’Élisabeth Bégon avec son gendre (1748-1753), Montréal, Boréal, coll. « Compact classique », no 59, 1994, 431 p. Établissement du texte, notes et avant-propos de Nicole Deschamps. (ISBN 2890526267)

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bonnault, Claude de, « Saintonge et Canada : les Tilly », Le Bulletin des recherches historiques, vol. 41, no 4, , p. 238-256.
  • Bonnault, Claude de, « Saintonge et Canada : les Tilly (suite et fin) », Le Bulletin des recherches historiques, vol. 41, no 5, , p. 296-313.
  • Landels, Isabel, « La correspondance de Madame Bégon », Québec, Université Laval, thèse de doctorat, 1947, v/238 p.
  • Éthier-Blais, Jean, « Madame Bégon. Sévigné du désert », dans Signets II, Montréal, Cercle du livre de France, 1967, p. 65-69.
  • Rubinger, Catherine, « Mme Bégon, a Colonial Salon Hostess », Man and Nature/L’homme et la nature (Canadian Society for Eighteenth-Century Studies/Société canadienne d’étude du dix-huitième siècle), no 3, 1984. p. 89-100. (ISSN 0824-3298) (ISBN 0-920980-04-X) (ISBN 0-920980-05-8)
  • Nakos, Dorothy, « Les noms propres dans la correspondance de Mme Bégon (1748-1755) », La Nouvelle Revue d'onomastique, nos 15-16, 1990, p. 209-214. (ISSN 0755-7752)
  • Théry, Chantal, « Les écrivaines de la Nouvelle-France : entre le mal du pays et prendre pays », Québec Studies, no 12, printemps-été 1991, p. 11-19. (ISSN 0737-3759)
  • Rubinger, Catherine, « Love, or Family Love, in New France. A New Reading of The Letters of Madame Bégon », Man and Nature/L’homme et la nature (Canadian Society for Eighteenth-Century Studies/Société canadienne d’étude du dix-huitième siècle), no 11, 1992, p. 187-199. (ISSN 0824-3298)
  • Théry, Chantal, « Entre humilité et héroïsation. Des femmes de plume et de tête en Nouvelle-France », dans Annette Hayward et Agnès Whitfield (sous la dir. de), Critique et littérature québécoise. Critique de la littérature/Littérature de la critique, Montréal, Triptyque, 1992, p. 183-198. (ISBN 2-890-311-422)
  • Melançon, François, « Façonner et surveiller l’intime : lire en Nouvelle-France », dans Manon Brunet et Serge Gagnon (sous la dir. de), Discours et pratique de l’intime, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1993, p. 17-45. (ISBN 2-89224-195-2)
  • Rubinger, Catherine, « The Influence of Women in Eighteenth Century New France », dans Roland Bonnel et Catherine Rubinger (sous la dir. de), Femmes savantes et femmes d’esprit. Women Intellectuals of the French Eighteenth Century, New York, Peter Lang, coll. « Eighteenth Century French Intellectual History », no 1, 1994, p. 419-444. (ISBN 0-8204-2475-7) (ISSN 1073-8657)
  • Deschamps, Nicole et Martin Robitaille, « De l’acte d’écrire comme tiers épistolaire : l’œuvre d’Élisabeth Bégon », dans Georges Bérubé et Marie-France Silver (sous la dir. de), La lettre au XVIIIe siècle et ses avatars. Actes du Colloque international tenu au Collège universitaire Glendon. Université York. Toronto (Ontario) Canada. - , Toronto, Éditions du Gref, coll. « Dont actes », no 14, 1996, p. 291-304. (ISBN 0-921916-60-4)
  • Melançon, Benoît, « La configuration épistolaire : lecture sociale de la correspondance d’Élisabeth Bégon », Lumen. Travaux choisis de la Société canadienne d’étude du dix-huitième siècle. Selected Proceedings from the Canadian Society for Eighteenth-Century Studies, no XVI, 1997, p. 71-82. (ISSN 1209-3696) (ISBN 0-920980-69-4)[1]
  • Robitaille, Martin, « Du rapport à l'Image dans les lettres d'Élisabeth Bégon », SVEC, no 4, 2000. (ISBN 0 7294 0741 1)
  • Côté, Anne Marie, « Étude comparative de la langue française au Québec au XVIIe et XVIIIe siècles à partir de la Correspondance de Marie de l'Incarnation et des Lettres au cher fils d'Élisabeth Bégon », Paris, Université de la Sorbonne-Paris IV, mémoire de maîtrise, , 104 p.
  • Ferland, Rachel, « Du Nouveau Monde à l'Ancien : l'inscription d'un choc identitaire dans le réseau épistolaire et les Lettres au cher fils d'Élisabeth Bégon », dans Danielle Forget et France Martineau (sous la dir. de), Des identités en mutation : de l'Ancien au Nouveau Monde, Ottawa, Éditions David, coll. « Voix savantes », no 17, 2002, p. 141-169. (ISBN 2-922109-63-1)
  • Burla, Véronique, « Élisabeth Bégon. Un exemple de préceptorat féminin en Nouvelle-France », Trois-Rivières, Université du Québec à Trois-Rivières, mémoire de maîtrise, 2005.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Benoît Melançon, « La configuration épistolaire : lecture sociale de la correspondanced’Élisabeth Bégon », Lumen,‎ volume 16, 1997, p. 71-82 (lire en ligne)
  2. Fonds Famille Bégon (P2) - Bibliothèque et Archives nationales du Québec (BAnQ).