Élie Munk

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Élie Munk

Nom de naissance Élie Munk
Naissance 15 septembre 1900
Paris
Décès 5 juin 1981 (à 80 ans)
New York
Nationalité Drapeau : France Française
Pays de résidence Allemagne, France, États-Unis
Diplôme
Activité principale Rabbin
Conjoint
Fanny Goldberger
Descendants
7 enfants



Élie Munk (Paris, 15 septembre 1900, Paris5 juin 1981, New York) est un rabbin orthodoxe français non consistorial du XXe siècle, et un auteur prolifique de réputation internationale, d'origine allemande.

Il fut le rabbin de la synagogue Adas Yereim, aussi appelée « synagogue de la rue Cadet » ou encore « communauté israélite de la Stricte Observance » à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Naissance et premières années à Paris[modifier | modifier le code]

Élie Munk est né à Paris le 15 septembre 1900 (21 Eloul 5660)[1],[2],[3],[4], d'une famille de rabbins.

Ses parents étaient Samuel Munk et Amélie Munk née Strauss. Ils ont trois fils[5]. Son père Samuel (Shmuel) est un négociant en cuir[6]. Sa mère décède lorsqu'il a onze ans. Son père décide de retourner à Berlin où il a de la famille[6].

Son nom d'Élie Munk était déjà celui de son grand-père, Elias Munk, rabbin de Altona.

Berlin et Ansbach[modifier | modifier le code]

Il étudie au séminaire rabbinique Hildesheimer[7] de Berlin, où il reçoit son diplôme de rabbin en 1925.

Il devient docteur en philosophie de l'université de Berlin en 1926. Sa thèse traite de "La philosophie dans les oeuvres de Victor Hugo"[6].

Il est rabbin à Ansbach, en Bavière, de 1927 à 1937. Avant de devenir rabbin à Ansbach, il doit, c'est une condition, se marier. Il épouse Fanny[8] Goldberger, fille de Nathan Goldberger, le président de la communauté orthodoxe de Nuremberg[6].

La montée du nazisme[modifier | modifier le code]

Au début de la montée du nazisme, il ne saisit pas les buts ultimes de Hitler. Il croit même que ce régime a des aspects positifs, maintenant une certaine moralité[9],[10]. On lui reprochera de prononcer la prière pour le Führer! Il ne sera pas le seul à se tromper[11]. Le réveil sera brutal!.

À l'âge de 28 ans, il termine son premier ouvrage, qui restera un classique, Le Monde des Prières, traduit en français, en anglais et en hébreu.

Le retour à Paris[modifier | modifier le code]

Ayant finalement réalisé l'étendue de la menace nazie, il quitte l'Allemagne, en 1937, ayant été élu rabbin de la communauté Adas Yereim, encore appelée la Synagogue de la Rue Cadet, ou aussi appelée Communauté Israélite de la Stricte Observance (CISO) à Paris.

Arrestation puis libération[modifier | modifier le code]

Comme il est à cette époque de nationalité allemande, le Rabbin Élie Munk doit se présenter, au stade de Colombes, le 6 septembre 1939. Il y retrouve parmi les 15 000 hommes convoqués, des amis comme Marc Breuer[12].

Dans ce stade de Colombes, les juifs religieux d’origine allemande ou autrichienne vont s’organiser, créant des groupes de prière (minyonim) et d'étude (shiurim). Ils passent Roch Hachana dans le stade. La communauté juive leur avait fait parvenir des vivres pour la fête. Deux jours avant Yom Kippour, un groupe de 120 hommes dirigés par le Rabbin Élie Munk est transféré par bus à la gare d’Orléans et de là à Maroles, un village de la Val de Loire, à environ 150 kilomètres au sud de Paris. À cet endroit, le soir, le Rabbin Élie Munk donne des cours (shiurim)[13].

Nice et la Suisse[modifier | modifier le code]

En juin 1940, la famille Munk quitte Paris et se réfugie d'abord à Nice, puis finalement en Suisse, la veille de Rosh Hashanah 1942[14] où elle vit jusqu'à la fin de la guerre[15].

La Rue Cadet[modifier | modifier le code]

Après la guerre (en août 1945)[15] et jusqu'à sa retraite, il demeure à la tête de la Synagogue de la Rue Cadet.

La retraite à New York[modifier | modifier le code]

En 1973, il se retire à New York, près de sa famille. Il avait eu un accident cérébrovasculaire. De plus, sur ses 7 enfants, six habitent à New York[16].

Les enfants Munk sont: Ruth (épouse Neuberger), Miriam (épouse Bronspiegel)[17], Yakov, Amélie Jakobovits[18],[19],[20] ,[21],[22], Nosson, Yehudis (épouse Fasman) et Françoise (épouse Birnhack)[23].

Il décède à New York à l'âge de 81 ans, le 5 juin 1981 (3 Sivan 5741) et est enterré à Jérusalem, Israël, au Mont des Oliviers[24].

Témoignages[modifier | modifier le code]

  • Une de ses filles, Amélie, qui deviendra par mariage[25] - plus tard - Lady Amélie[26], épouse Immanuel Jakobovits, le futur Lord Jakobovits[27]. Il décrit ainsi son beau-père: ...mon révéré beau-père, le Rabbin Élie Munk, à cette époque le chef largement estimé de l'Orthodoxie indépendante à Paris[28].
  • En 1986, le Rabbin Nosson Scherman, devenu depuis sans doute l'éditeur contemporain le plus important d'ouvrages religieux juifs[29], et neveu[30] du Rabbin Élie Munk, dédie à la mémoire de son oncle[31] son ouvrage Birkat Kohanim (Bénédictions des Prêtres):

S'il existait un Cohen [le Rabbin Élie Munk était un Cohen] de notre génération qui soit le Aaron de son temps, ce fut lui. Il aimait et recherchait la paix, il aimait les gens et les attirait avec amour vers la Torah. A Ansbach et à Paris, sa combinaison d'érudition dans la Torah, sa foi entière en Dieu, sa dévotion complète à la communauté, sa langue éloquente, et son don de l'écriture ont créé des chapitres d'accomplissements inspirants et inoubliables. Son Monde des Prières et sa Voix de la Torah sont durant sa vie devenus des classiques.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vers l'Harmonie de Elie Munk
  2. Elie (Eliahu) Munk
  3. Dans l'ouvrage publié par ses enfants, Marc Breuer relate que le Rabbin Élie Munk est né à Paris, car son père, Samuel Munk, était un homme d'affaires, en poste à Paris. Voir, Kirschner & Breuer, p. 51
  4. Sa famille étant originaire d'Allemagne, et lui-même ayant servi à une époque en tant que rabbin en Allemagne, il y a parfois une confusion sur son lieu de naissance. Cette confusion se confirmera durant la Seconde Guerre mondiale, puisqu'il sera considéré comme un étranger, puisque alors de nationalité allemande!
  5. Voir "Rabbi Eliyahu Munk (1900-1981)" [p. 448-453] In:Scheinbaum, 2010, p. 448.
  6. a, b, c et d Voir, Scheinbaum, 2010, p. 448.
  7. Voir, Azriel Hildesheimer.
  8. Son prénom en hébreu est Frumet. Voir, Rebbetzin Amelie Jakobovits a"h. Matzav.com. The Online Voice of Torah Jewry.
  9. Diaspora tales. Geoffrey Alderman takes issue with a history of the Jews in Letters to Auntie Fori by Martin Gilbert. The Guardian, Saturday, April 27, 2002.
  10. Corrections and clarifications from The Guardian, UK., May 9, 2002
  11. Le Guardian, en 2002, mentionne aussi le cas du Rabbin Jehiel Jacob Weinberg.
  12. Voir Kirschner & Breuer, 1997, p. 51
  13. Voir Kirschner & Breuer, 1997, p. 51-52.
  14. Voir, Shira Yehudit Djlilmand. Legacy of a Noble Lady. Mishpacha Magazine. Wednesday, May 25, 2011.
  15. a et b Voir, Scheinbaum, 2010, p. 449.
  16. Voir, Scheinbaum, 2010, p. 453.
  17. Miriam est décédée. Le rabbin Abba Bronspiegel, autrefois professeur à Yeshiva University s'est remarié et dirige une communauté à Monsey, New York.
  18. Son prénom en hébreu est Mayla
  19. Elle est décédée le 7 mai 2010, à Londres, à l'âge de 83 ans, des suites d'une pneumonie. Voir, Rebbetzin Amelie Jakobovits a"h. Matzav.com. The Online Voice of Torah Jewry.</
  20. Voir, Chief Rabbi Lord Sacks. Lady Jakovovits z"l.
  21. Voir, Simon Rocker. Lady Jakobovits has died. The Jewish Chronicle. May 7, 2010.
  22. Voir, 'Lady J,' Widow of Former British Chief Rabbi Jakobovitz, Dead at 81 (mistakes in the name and the age). Forward. com
  23. Voir, Scheinbaum, 2010, p. 450.
  24. Voir, Serge Golan. Le rabbin Elie Munk Zatsal, pilier du renouveau du judaïsme orthodoxe. 01 juin 2011. Hamodia.fr.
  25. En 1949, voir note 11.
  26. the Peerage.com - Person Page 23712
  27. Chief Rabbi of the British Commonwealth.
  28. Voir, Jakobovits, 1986, p. 19.
  29. Il est le maître d'oeuvre des Editions Mesorah/ArtScroll, basés à New York, qui ont révolutionné le judaïsme contemporain en mettant les ouvrages les plus importants du judaïsme à la disposition du grand public, en différentes langues, y compris le français.
  30. Neveu par alliance, son épouse Chana étant la nièce de Élie Munk.
  31. Voir Gold & Scherman, 1986, Overview, à la fin.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Elie Munk (Rabbiner Dr. in Ansbach). DIE WELT DER GEBETE: kommentar zu den werktages und sabbat gebeten nebst uebersetzung. Hermon: Frankfurt-am-Main, 1933.
  • Elie Munk. La Justice sociale en Israël. Préface de Joshua Jéhouda. 1947.
  • Elie Munk. La Législation criminelle dans le droit mosaïque. 1954.
  • Elie Munk et Jean Schwarz. Rachel ou les Devoirs de la Femme juive. 2ème édition, 1955.
  • Elie Munk. Man. Lincoln Institute, 1956.
  • Elie Munk. Le Monde des Prières. Commentaire des Prières Quotidiennes avec Traduction. Librairie A. Durlacher: Paris, 1958.
  • Elie Munk. Les Prières du Chabbat. Keren Hasefer ve Halimud. (ISBN 2904068422)
  • Elie Munk. The Jewish way of life: Index to the mitsvot. Jerusalem Academy Publications, 1973 (5733).
  • Elie Munk. La Voix De La Thora. 5 Volumes. La Genèse. L'Exode. Le Lévitique. Les Nombres. Le Deutéronome. Fondation Samuel et Odette Levy: Paris, 1981
  • Elie Munk. Vers l'Harmonie. Colbo: Paris, 1986. (ISBN 2-85332-002-2)
  • Elie Munk. The Call of the Torah: An Anthology of Interpretation and Commentary on the Five Books of Moses. Mesorah: Brooklyn, New York, 1993 (ISBN 9780899060460)

Articles[modifier | modifier le code]

  • Elie Munk. Maïmonide, docteur de la Loi, Revue d'histoire de la médecine hébraïque, No. 31, mai 1956. [Réimprimé in Gad Freudenthal & Samuel S. Kottek, editors, Mélanges d’histoire de la médecine hébraïque : études choisies de la revue d’histoire de la médecine hébraïque ( 1948-1985). Brill: Netherlands, 2003]. (ISBN 978-900-412-522-3)
  • Elie Munk. Nos conclusions après la guerre, Trait d'Union. Bulletin Mensuel du Judaïsme Traditionaliste. No. 143-144. 15eme année, juillet-août 1967

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • B. Krakowski. Méditations sur le Pentateuque.Préface de Elie Munk. Département de la Culture et de l'Education par la Torah, 1958
  • Meyer Waxman. Introduction à la vie juive. Préface de Elie Munk. Collection Spiritualités vivantes. Série Judaïsme. Albin Michel: Paris, 1958

Direction de collection[modifier | modifier le code]

  • Israël Salzer. La Guemara: Sanhedrin. Le Talmud de Babylone, traduit par les Membres du Rabbinat Français: Collection dirigée par M. le Rabbin Elie Munk. Keren Hasefer ve-Halimoud, 1974

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en)Avie Gold & Nosson Scherman. Birkas Kohanim: The Priestly Blessings with translation and detailed commentary. Mesorah: Brooklyn, 1986 (ISBN 089906 1834)
  • (en)Immanuel Jakobovits. If only My People...' Zionism in my life. B'nai Brith Books: Washington, D.C., 1986. (ISBN 0-910250-10-3)
  • (en)Annette Kirschner & Paul Breuer. Ask Thy Father [And He Will Tell You...]. A Recounting of family history, recollections and experiences. [Private Édition]. New York, 1997
  • (en)Marc B. Shapiro. Between The Yeshiva World And Modern Orthodoxy. The Life and Works of Rabbi Jehiel Jacob Weinberg 1884-1966. The Littman Library of Jewish Civilization: Oxford, Portland, Oregon, 2007. (ISBN 978-1-874774-91-4)
  • (en)A. Leib Scheinbaum (Rabbi). The World That Was. ASHKENAZ. The Legacy Of German Jewry 843-1945. Survival and Perseverance in Defiance of Prejudice and Adversity. The Living Memorial. À Project Of The Hebrew Academy Of Cleveland. 2010. (ISBN 1-4226-0964-2 et 978-1-4226-0964-4)
  • (he) Mikael Bitton (Rabbin). Rabbi Mordechai Pogramansky. Jérusalem, 2013.