Éliane Reyes

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Éliane Reyes, née à Verviers le [1], est une pianiste belge qui est connue à la fois en tant que soliste et chambriste.

Actuellement elle est, à la fois, professeur de piano au Conservatoire royal de Bruxelles et au Conservatoire national supérieur de Paris. En 2016, par décret du gouvernement français, elle devient chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

Fille de mère belge et de père franco-mexicain, tous deux musiciens (elle, professeur de piano et créatrice du Centre musical Guillaume Lekeu et lui violoniste à l’Orchestre philharmonique de Liège), Éliane Reyes fait preuve d’une grande précocité : elle reçoit ses premiers cours de sa mère à l’âge de trois ans et donne son premier récital à l’âge de cinq ans[1]. Cette même année elle remporte le prix César Franck sous l'égide de Jörg Demus.

À l’âge de neuf ans, pour la première fois dans l'émission L'École des fans sur France 2, dont l'invité était Cyprien Katsaris, Jacques Martin lui réclame un bis ! Elle remporte un vif succès avec deux valses de Frédéric Chopin[2].

Quelques mois plus tard, elle devient également l’une des plus jeunes lauréates de la fondation du célèbre pianiste Gyorgy Cziffra à Senlis.

À dix ans, elle représente la Belgique lors du tournoi Européen des jeunes musiciens à Amsterdam et se produit dans le concerto de Haydn en majeur avec l'orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam sous la baguette de Sergiu Comissiona.

À onze ans, elle joue aux Palais des beaux-arts de Bruxelles avec l’Orchestre national de Belgique, dans le cadre des festivités pour les 50 ans des Jeunesses musicales, le double concerto de Mozart avec Jean-Claude Vanden Eynden sous la direction de Grant Llewellyn (en)[réf. nécessaire]. Toujours au cours de cette année, elle se produit en tant que soliste sous la direction de René Defossez et André Vandernoot et l'année suivante, on la retrouve dans le 2e concerto de Chopin avec l'Orchestre national de Belgique dirigé par Gilbert Varga.

À treize ans, elle obtient son premier prix de piano au Conservatoire royal de Bruxelles. Peu après, Éliane Reyes fait preuve d'audace en se présentant spontanément au domicile de Martha Argerich à Bruxelles et en jouant pour elle. Depuis lors, elles se sont souvent vues et Éliane considère la grande pianiste argentine comme son modèle pianistique et spirituel.

En 1995, elle est invitée à se produire en trio avec Ronald van Spaendonck[3] et Marie Hallynck pour le concert du nouvel an au Palais Royal (Bruxelles).

Entre ses dix ans, jusqu'à vingt ans, Eliane Reyes a le privilège d’être parrainée par György Cziffra, Martha Argerich et Vladimir Ashkenazy.

Formation[modifier | modifier le code]

Ayant été formée par sa mère dès l’âge de trois ans, ses études l’ont menée au Conservatoire Royal de Bruxelles (1990–1992)[1] à la « Chapelle musicale Reine Élisabeth » (1992–1995) à la Hochschule der Künste de Berlin (1996–1999), au Mozarteum de Salzbourg, à l'Institut Lemmens (Louvain) et au Conservatoire national supérieur de musique de Paris (CNSM), sous l’égide de Jean-Claude Vanden Eynden, Hans Leygraf, Alan Weiss, Brigitte Engerer, Jacques Rouvier et Michel Béroff (2003–2005)[1]. Elle a participé à des masterclass de Paul Badura-Skoda, Abdel Rahman El Bacha, Alexander Lonquich, Murray Perahia, Menahem Pressler, György Sebök, Fou T’Song et, avec comme partenaire Marie Hallynck, Natalia Gutman et Mstislav Rostropovitch.

Carrière[modifier | modifier le code]

Lauréate de plusieurs concours internationaux (1er prix à Ettlingen, Allemagne ; 1er prix du concours Cervantes à Cuba, 1er prix Tenuto et Pro Civitate ; finaliste des Concours musical international de Montréal, Clara Schumann à Düsseldorf, 2e prix Emmanuel Durlet, Maria Canals en musique de chambre, etc.), Eliane Reyes se produit dans le monde entier en tant que récitaliste dans des festivals tels le Festival de Wallonie, klavier Festival de la Ruhr, le Festival Chopin de Nohant, les Flâneries Musicales de Reims ainsi qu’en Asie, en Amérique et sur tout le continent Européen.

Elle se produit en duo lors d’une tournée « Rising Star »avec Lorenzo Gatto en 2011, au Concertgebouw (Amsterdam), Megaron (Athènes), Festspielhaus (Baden-Baden), Auditori ( Barcelone), The Sage- Gasteshead (Birmingham) , Palais des beaux-arts de Bruxelles (Bozar), Philharmonie (Cologne), Philharmonie (Luxembourg), Laieszhalle (Hambourg), Cité de la musique (Paris), Konserthus (Stockholm) , Musikverein (Vienne) et avec d’autres partenaires, au Festival van Vlaanderen, au festival David Oistrakh en Estonie, l’Al Bustan au Liban, Festival de Val-Dieu, Schwetzinger Festspiele (Allemagne), et en tant que soliste dans des salles aussi prestigieuses que le Musikverein à Vienne, le Konzerthaus à Berlin, la Liederhalle à Stuttgart, le Festspielhaus Baden-Baden, la Musikhalle à Hambourg, le Rudolfinum à Prague entre autres.

Eliane Reyes joue sous la direction de chefs tels que Rudolph Barshai, Heribert Beissel, Roberto Benzi, Lionel Bringuier, Jan Cayaers, Sergiu Commissionna, René Defossez, Jacques van Herenthals, Jean-Jacques Kantorow, Daejin Kim, Jacques Lacombe, Martin Lebel, Grant Llewellyn, Georges Octors, Gilbert Varga, Tibor Varga, André Vandernoot et Rudolf Werthen.

Invitée en récital à Berlin par le pianiste Vladimir Ashkenazy ainsi qu’au festival « Progetto Martha Argerich » à Lugano, Eliane a eu l’occasion de se produire avec des artistes tels que Misha Maisky, Gary Hoffman, Frank Braley, Anne Queffelec, Ivry Gitlis, José van Dam et Augustin Dumay.

Ses partenaires de musique de chambre sont, entre autres, Philippe Bernold, Frank Braley, Fanny Clamagirand, Marc Coppey, Jodie Devos, Henri Demarquette, Lorenzo Gatto, Philippe Graffin, Justus Grimm, Philippe et Laurence Koch, Florent Héau, Gary Hoffman, Noé Inui, Ivan Karizna, Aleksandr Khramouchin, Adrien la Marca, Jean-Marc Luisada, Michel Michalakakos, Pierre Lénert, Frédéric Pelassy, Anne Queffelec, Marc Sabbah, Tatiana Samouil, Céline Scheen, Raphaël Sévère, Ronald Van Spaendonck, Jean-Claude Vanden Eynden, le trio Vuillaume, les quatuors Quatuor Danel, Elysée, Voce et Parkanyi.

En 2005 et 2009, elle a été pianiste-accompagnatrice officielle du Concours musical international Reine Élisabeth de Belgique.

Avec l’humoriste Bruno Coppens, elle crée également en duo un spectacle musical interactif autour de l’histoire du piano pour le jeune public, de même qu’avec l’humoriste Sandra Zidani, elles tournent avec Babar et font l’ouverture du festival musiqu’3.

Plusieurs compositeurs lui ont dédié des œuvres, ils ont pour nom Nicolas Bacri, Jacques Leduc, Guy-Philippe Luypaerts, Michel Lysight, Benoit Mernier et Félix Snyers.

À l’occasion de l’enregistrement discographique de leurs œuvres, elle a également collaboré avec Josef Horovitz, Jean-Marie Simonis et, pour de nombreux concerts, Guillaume Connesson, Jean-Luc Fafchamps, Anthony Girard, Baudoin de Jaer, Claude Ledoux, Laurent Pigeolet, Frederic van Rossum

Elle a eu l’honneur d’interpréter pour la première fois en Belgique la  « Fantaisie » pour violon et piano d’Olivier Messiaen, avec Antoine Maisonhaute, dans le cadre d’un concert-conférence d’Harry Hallbreich en l’église des Brigittines à Bruxelles en 2010 et d’interpréter en création mondiale un hommage à Henri Dutilleux en sa présence, commandé à Nicolas Bacri ( Automne) pour les vingt ans du Festival d’Auvers-sur-Oise.

Eliane Reyes est aussi une invitée régulière d’émissions de radio et de télévision belges, françaises et étrangères. Pour n’en citer que quelques-unes : « Dans la cour des grands » par Gaëlle Le Gallic (France Musique), Francoise Davoine (Radio Canada), Musiq'3 (RTBF/musiqu’3), « coup de cœur » Arnaud Merlin (France Musique), « Changez de disque » d’Emilie Munera (Radio France) « Le Journal du Classique » par Laure Mézan (Radio Classique), « Carrefour de Lodéon » (France inter)...

Éliane Reyes s’est vu décerner en Belgique  une « Octave de la musique », distinction accordée par un jury composé de personnalités des médias et du monde de la musique belge pour l’ensemble de sa carrière.

Elle est régulièrement invitée comme membre de jurys de concours Internationaux (Epinal, Concours André Dumortier, Maria Cullell, Maria Canals, concours Nacional de Guadalajara, Concours-piano-festival.com, Concours Alain Marinaro, etc.)

Citoyenne d’honneur de sa ville natale à Verviers (Belgique) en octobre 2016, Reyes devient la première pianiste belge à recevoir les insignes de Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres en France[4].

En 2017, elle est membre du jury du concours international Maria Canals à Barcelone, se produit en soliste avec l'Orchestre symphonique national (Mexique), sous la direction de Gilbert Varga et sera en tournée en Asie (Chine, Japon, Corée et Thaïlande) entre autres avec le Suwon Philharmonic Orchestra sous la baguette de Daejin Kim.

Un documentaire de 45 minutes sur son parcours musical « Jeunes solistes, grands destins »[5] réalisé par Thierry Loreau et Pierre Barré lui est consacré à la télévision nationale belge RTBF. Elle apparaîtra également dans un documentaire consacré à Clara Haskil, diffusé sur Arte[6].

Avec Patrick Poivre d'Arvor, ils créent leur concert-lecture « Valses poétiques » autour de l’amour et de Chopin dont la première a eu lieu au Château d'Arcangues. En septembre, 2017, dans le cadre du festival « les inattendus » à Tournai, elle a participé à un concert-lecture avec le philosophe Michel Onfray[7].

En février 2018, Eliane Reyes fut invitée à présenter un programme de Chopin pendant le prestigieux festival de La Folle Journée de Nantes.[réf. nécessaire]

Style et répertoire[modifier | modifier le code]

Éliane Reyes a une prédilection pour la musique française et défend de nombreux compositeurs contemporains. Éclectique dans ses choix musicaux, elle est dédicataire de plusieurs œuvres, notamment de Nicolas Bacri, Benoît Mernier, Michel Lysight, Jacques Leduc et Guy-Philippe Luypaerts et a fait la création de L'Ibis Rouge d'Édith Canat de Chizy, ainsi que du Tigre de l'Amour de Johannes Schöllhorn.

Critiques[modifier | modifier le code]

Elle est très appréciée d’un nombre considérable de personnalités de premier plan du monde musical dont Vladimir Ashkenazy qui, en parlant d’elle, déclare : « Cela fait plusieurs années que personne ne m’a autant impressionné que cette jeune pianiste » ; de même que Martha Argerich : « Un merveilleux talent pour la musique » et Tibor Varga qui, après l’avoir dirigée à l’âge de dix ans dans un concerto de Joseph Haydn, loue son interprétation : « …touchant, prenant, inoubliable ».

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

  • 1995 : Médaillée du Concours Maria Canals en musique de chambre avec Marie Hallynck.
  • 1996 : Premier Prix à l'unanimité et prix spécial de la meilleure interprétation artistique au Concours International d'Ettlingen (1996).
  • 1997 : Diplômée du Concours Clara Schumann à Düsseldorf.
  • 2002 : Lauréate de la Fondation Georg Solti.
  • 2003 : Lauréate de la Fondation belge de la vocation.
  • 2004 : Finaliste du Concours international de Montréal (Canada).
  • 2005 : Lauréate de la Fondation Bluthner.
  • 2005 : Remporte le concours international Julio Cervantes à Cuba (la Havane).
  • 2010 : Éliane Reyes se voit décerner une Octave de la musique, distinction accordée par un jury d’une centaine de personnalités de la presse, des médias, et du monde de la musique belge pour l’ensemble de sa carrière.
  • 2011 : La prestigieuse revue en ligne, ResMusica décerne un Clef ResMusica à Éliane Reyes pour son disque des 24 Intermezzi d'Alexandre Tansman.
  • 2012 : Eliane Reyes a été nommée à trois reprises aux International Classical Music Awards en 2011, 2012 et 2014.
  • 2016 : Éliane Reyes est nommée Chevalier[8] de l'Ordre des Arts et des Lettres, par le gouvernement français. Elle est la première pianiste belge à être ainsi honorée.

Documentaire[modifier | modifier le code]

En 2017, un documentaire sur Éliane Reyes, est produit et diffusé par la RTBF, dans le cadre le sa série Jeunes solistes grands destins[9].

Discographie[modifier | modifier le code]

La discographie d'Éliane Reyes est principalement enregistré pour le label Naxos, mais aussi : Azur Classical, Dux, Grand Piano, Kalidisc, Fuga Libera, Intégrale Classic et Pavane, avec des œuvres de Nicolas Bacri, Woldemar Bargiel, Johannes Brahms, Claude Debussy, Benjamin Godard, Michel Lysight, Sergueï Rachmaninov, Dmitri Chostakovitch, Jean-Marie Simonis, et Alexandre Tansman, qui lui on valu de nombreuses récompenses telles que : « Pianiste maestro » dans la revue Pianiste, « Ring » de Classic info, « Joker » de Crescendo, « Supersonic » dans Pizzicato, 4 étoiles dans Classica , « 5 clés » dans Diapason ainsi qu’un Award Recomendado dans le magazine musical espagnol CD Compact. Elle a par ailleurs obtenu la « Clé d’or » de l’année 2011 Res musica pour son enregistrement en solo des 24 Intermezzi d’A. Tansman.

  • Michael Lysight, Enigma - avec Ronald Van Spaendonck, clarinette ; Jean-Marc Fessard, clarinette et clarinette basse (septembre 2005, Dux) (OCLC 961211542)
  • Frédéric Chopin, Intégrale des Valses (Azur Classical)
  • Tansman, Musique de chambre avec clarinette - Jean-Marc Fessard, clarinette, clarinette basse ; Quatuor Elysée (20-23 avril 2006, Naxos) (OCLC 156796372)
  • Milhaud, Suite pour clarinette, violon et piano - avec Jean-Marc Fessard, clarinette ; Frédéric Pélassy, violon (4-6 juillet/14-16 octobre 2008, Naxos) (OCLC 659740657)
  • Sonatines pour clarinette et piano : Arnold, Martinů, Bacri, Sancan, Chevreuille, Poot et Joseph Horovitz - avec Ronald van Spaendonck, clarinette (11-14 juin 2009, Fuga Libera) (OCLC 599913776)
  • Tansman, 24 Intermezzi ; Petite suite (décembre 2009/février 2010, Naxos 8.572266)[10] (OCLC 681509814) — première mondiale
  • Bacri, Musique pour piano : Prélude et fugue op. 91 ; Sonate no 2… (mai-juin 2010, Naxos 8.572530)[11] (OCLC 884918936)
  • Chostakovitch, Sonate pour alto, op. 147 ; Sonate pour violoncelle et piano, op. 40 [arr. pour alto] - Pierre Lénert, alto (septembre 2011, Intégrale Classic INT 221.243)[12]
  • Au fil de l'eau… : Ravel, Debussy et Chopin (2012, Azur Classical) (OCLC 1040955235)
  • Tansman, Musique pour piano (janvier, mai et juillet 2013, Naxos 8.573021)[13] (OCLC 893822006)
  • Benjamin Godard, Œuvres pour piano, deux volumes (31 janvier/26-27 avril/22 mai 2014, Grand Piano) (OCLC 954728398 et 933308827)
  • Brahms, Bargiel et Brüll, Sonates pour deux pianos - avec Jean-Claude Vanden Eynden (Azur Classical)[14]

D'autres œuvres : voir liste complet sur le site officiel d'Éliane Reyes

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d « Éliane Reyes », sur pianobleu.com, Piano bleu.
  2. Gérard Mignot, « Éliane, la petite virtuose belge aime Chopin… et Lio! », sur eliane-reyes.com, Paris-Match, .
  3. Ronald van Spaendonck
  4. François Namur, « Eliane Reyes, Chevalier de l'Ordre des Arts et des Lettres », sur tvcom.be, .
  5. Documentaire : coproduction de la RTBF et de FDP Production ; Jeunes solistes, grands destins (avril 2017) sur rtbf.be.
  6. Documentaire Clara Haskil (extrait) sur vimeo.com.
  7. « La raison des sortilèges musicaux », sur lesinattendues.be, Les [rencontres] Inattendues, musiques et philosophie, .
  8. Éliane Reyes est nommée Chevalier sur rtbf.be
  9. Jeunes solistes grands destins sur rtbf.be.
  10. Jean-Christophe Le Toquin, « Intermezzi de Tansman, entre guerre et exil », sur resmusica.com, .
  11. Jean-Christophe Le Toquin, « Le piano intemporel de nicolas bacri par Éliane Reyes », sur resmusica.com, .
  12. Jean-Luc Caron, « Sonates de Chostakovitch par Éliane Reyes et Pierre Lénert », sur resmusica.com, .
  13. Nicolas Mesnier-Nature, « Le piano d’Alexandre Tansman à découvrir », sur resmusica.com, .
  14. Agnès Simon, « Éliane Reyes et Jean-Claude Vanden Eynden captivants pour Brahms », sur resmusica.com, .

Liens externes[modifier | modifier le code]