Électricité aux États-Unis

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Centrale à gaz naturel de Ravenswood à Queens, près de New York, en 2017.
Centrale de Bowen en Géorgie, la plus puissante centrale à charbon des États-Unis (3 500 MW).

Le secteur de l'électricité aux États-Unis se caractérise par une large prédominance des combustibles fossiles : leur part dans la production d'électricité atteint 62,1 % en 2019, dont 23,3 % pour le charbon et 38,4 % pour le gaz ; la part du nucléaire est de 19,5 % et celle des énergies renouvelables de 18,1 % (hydroélectricité : 6,5 %, éolien : 7,2 %, solaire : 2,6 %, etc.).

Les États-Unis se placent aux tout premiers rangs dans la plupart des domaines : au 1er rang mondial pour la production d'électricité nucléaire et pour celles à partir du gaz naturel et de la géothermie, ainsi que pour les importations d'électricité, au 2e rang mondial pour la production totale d'électricité et pour celle à base de charbon, de l'éolien, du solaire et de la biomasse et au 4e rang pour la production hydroélectrique.

La consommation d'électricité se répartit en 38,3 % pour le secteur résidentiel, 36,1 % pour le secteur tertiaire et 25,4 % pour l'industrie.

La consommation d'électricité par habitant était en 2017 de 12 573 kWh, soit 4 fois la moyenne mondiale, 2,8 fois celle de la Chine et 1,7 fois celle de la France.

Comparaisons internationales[modifier | modifier le code]

Les statistiques de l'Agence internationale de l’énergie classent les États-Unis aux tout premiers rangs pour la plupart des indicateurs du domaine de l'électricité :

Place des États-Unis dans les classements mondiaux
Source d'énergie indicateur rang année quantité unité % monde commentaires
Électricité[k 1] Production 2e 2017 4264 TWh 16,7 % 1er : Chine (6 602 TWh)
Importation nette 1er 2017 56 TWh 16,2 % 2e : Italie (38 TWh)
Prod.élec.par source**[k 2] Charbon/lignite 2e 2017 1321 TWh 13,4 % 1er : Chine (4 485 TWh), 3e : Inde (1 134 TWh)
Pétrole 6e 2017 32 TWh 3,8 % 1er : Arabie saoudite (126 TWh)
Gaz naturel 1er 2017 1338 TWh 22,7 % 2e : Russie (519 TWh)
Renouvelables 2e 2017 718 TWh 11,5 % 1er : Chine (1 662 TWh)
Nucléaire[k 3] Production 1er 2017 839 TWh 31,8 % 2e : France (398 TWh), 3e : Chine (248 TWh)
Puissance installée 1er 2017 100 GW 25,5 % 2e : France (63 GW)
% nucléaire/élec* 6e 2017 19,7 % 1er : France (71,5 %)
Hydroélectricité[k 4] Production 4e 2017 325 TWh 7,7 % 1er : Chine (1 190 TWh)
Puissance installée 2e 2017 103 GW 8,1 % 1er : Chine (344 GW)
% hydro/élec* 10e 2017 7,6 % 1er : Norvège (95,7 %)
Énergie éolienne[k 5] Production 2e 2017 257 TWh 22,8 % 1er : Chine (295 TWh)
Puissance installée 2e 2017 88,3 GW 17,1 % 1er : Chine (163,7 GW)
% éolien/élec* 6e 2017 6,0 % 1er : Espagne (17,8 %)
Solaire photovoltaïque[k 6] Production élec. 2e 2017 67 TWh 15,2 % 1er : Chine (131 TWh), 3e : Japon (55 TWh), 4e : Allemagne (39 TWh)
Puissance installée 2e 2017 52 GW 13,1 % 1er : Chine (130,6 GW)
% solaire PV/élec* 10e 2017 1,6 % 1er : Italie (8,2 %)
Biomasse[1] Production élec. 2e 2017 60,7 TWh 12,6 % 1er : Chine (79,4 TWh), 3e : Brésil (52,3 TWh), 4e : Allemagne (45,0 TWh)
Géothermie[1] Production élec. 1er 2017 18,7 TWh 21,9 % 2e : Indonésie (12,8 TWh)
* % source (nucléaire, hydro, éolien, PV)/total production d'électricité
** production d'électricité par source d'énergie

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire de l'hydroélectricité aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Centrale au charbon[modifier | modifier le code]

La première centrale électrique de New York, la Pearl Street Station, a été mise en service le par Thomas Edison dans le bas-Manhattan, ce qui a permis de faire fonctionner l'éclairage électrique des bureaux du quotidien The New York Times et d'autres bâtiments aux alentours de Wall Street. La centrale ne délivrant que du courant continu ne pouvait fournir efficacement qu'un petit secteur géographique. Elle a fonctionné jusqu'en 1895 après avoir subi un incendie en janvier 1890[2].

Histoire du nucléaire aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Le réacteur de Shippingport, premier réacteur électronucléaire civil des États-Unis.
Construction mondiale des réacteurs nucléaires. L'accident nucléaire de Three Mile Island, en Pennsylvanie en 1979, marque un tournant.

Le président Eisenhower lance le programme Atoms for Peace à l'Assemblée générale des Nations unies, le 8 décembre 1953. L'année suivante, l'Atomic Energy Act Amendments permet l'application commerciale de l'énergie nucléaire.

Le réacteur nucléaire de Shippingport est construit dans le cadre de ce programme. Ce réacteur est situé à la centrale nucléaire de Beaver Valley sur l'Ohio en Pennsylvanie près de Pittsburgh. C'est le premier réacteur à eau pressurisée à avoir produit de l'électricité, il a été mis en service le , et maintenu en exploitation jusqu'en 1982.

Le réacteur était à l'origine un réacteur à eau pressurisée d'une puissance de 60 MWe dont la conception dérive directement des réacteurs de la propulsion nucléaire navale américains. L'amiral Hyman Rickover, père de la propulsion nucléaire navale américaine, en est le promoteur.

Deux objectifs étaient poursuivis à l'origine :

  1. préfigurer les réacteurs destinés à équiper les porte-avions de l'US Navy ;
  2. prototyper la production d'électricité à partir de la fission nucléaire.

La construction de réacteurs nucléaires électrogènes se développa rapidement au cours des années 1960 et 1970 ; à la différence de la France, il n'y a pas eu de programme nucléaire centralisé confié par l'État à une entreprise publique, mais de multiples initiatives au niveau local, la production d'électricité étant dispersée entre un grand nombre d'entreprises opérant chacune au niveau d'un État ; les centrales nucléaires ont donc chacune un petit nombre de réacteurs (rarement plus de 2).

En 1979, un accident de niveau 5 sur l'échelle INES (qui va de 0 à 7) a lieu à la centrale nucléaire de Three Mile Island, quinze jours après la sortie du film Le Syndrome chinois (The China Syndrome), avec Jane Fonda, jouant sur le thème de l'accident nucléaire. Selon l'AIEA, l'accident de Three Mile Island marqua un tournant dans l'utilisation mondiale de l'énergie nucléaire. En effet, alors que la construction mondiale de réacteurs augmenta de manière continuelle de 1963 à 1979 (mis à part 1971 et 1978), celle-ci déclina de 1980 à 1998[3]. Le président Jimmy Carter ordonna une enquête sur l'accident. Les opérations de nettoyage commencèrent en août 1979 et se sont poursuivies jusqu'à décembre 1993, coûtant 975 millions de dollars. De 1981 à 1984, 51 projets de construction de réacteurs nucléaires furent annulés aux États-Unis, dont une bonne partie provenant de Babcock & Wilcox, l'entreprise qui avait fabriqué celui de Three Mile Island.

Après Three Mile Island, le développement du nucléaire s'arrête ; la firme Westinghouse, un des grands constructeurs américains, est rachetée en 2006 par la firme japonaise Toshiba. Tous les réacteurs actuels ont été mis en construction avant 1974. Il a fallu attendre 2011 pour que des travaux soient entrepris sur de nouveaux réacteurs dans des centrales existantes.

Le problème du stockage des déchets nucléaires a connu de longues et laborieuses tractations ; le 7 janvier 1983, le président Reagan signe le Nuclear Waste Policy Act, la première loi complète du pays sur les déchets nucléaires. Le 22 décembre 1987, le Congrès approuve un amendement désignant Yucca Mountain, dans le Nevada, comme le seul site à considérer pour le stockage des déchets nucléaires de haute activité[4]. Lorsque le président George W. Bush notifie au Congrès le 15 février 2002 qu'il considère Yucca Mountain qualifié pour son permis de construction, le gouverneur du Nevada Kenny Guinn oppose le 8 avril 2002 son veto à la décision présidentielle, et il faut un vote de chacune des deux chambres pour annuler le veto du gouverneur en juillet[5].

Entre 2007 et 2009, 13 compagnies ont déposé auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire américaine des demandes de permis de construction et d'exploitation pour 25 nouveaux réacteurs aux États-Unis. Mais les perspectives de relance des constructions de centrales ont été érodées par l'abondante disponibilité de gaz naturel (boom du gaz de schiste), la baisse de la demande d'électricité liée à la crise de 2008, le manque de financements et les incertitudes créées par l'accident nucléaire de Fukushima[6]. De nombreuses demandes de permis pour de nouveaux réacteurs furent suspendues ou annulées[7],[8].

En novembre 2018, l'Union of Concerned Scientists (UCS) publie un rapport sur l'état du parc nucléaire américain (99 réacteurs répartis dans 60 centrales, produisant 20 % de l'électricité du pays) ; il évalue à 35 % la part des réacteurs (22 % de la puissance du parc) qui sont menacés de fermeture anticipée ou déjà en instance de fermeture, et montre qu'en l'absence de nouvelle politique, la production de ces réacteurs serait remplacée par celle de centrales à gaz, ce qui pourrait entrainer une augmentation de 4 à 6 % des émissions de gaz à effet de serre du secteur électrique américain. L'UCS appelle donc les autorités à adopter des politiques de réduction du carbone, avec la fixation d'un prix du carbone, des normes d'électricité bas-carbone et un soutien financier aux centrales nucléaires[9].

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

Production d'électricité par sources aux États-Unis en 2016.
Production d'électricité par sources aux États-Unis 1949-2014 (données EIA).
Répartition par source (en %) de la production d'électricité de 1950 à 2016.

Le tableau ci-dessous et les graphiques ci-contre permettent de noter :

  • le tassement de la production totale d'électricité depuis la crise de 2008 : -2,8 % de 2007 à 2017, après une multiplication par 12,4 entre 1950 et le pic de 2007 (4 157 TWh) ; mais en 2018 elle retrouve son niveau d'avant la crise ;
  • la prédominance des combustibles fossiles : 63 % ; le charbon, bien qu'en baisse depuis son apogée à 57 % atteint en 1987-88, représente encore 27 % de la production d'électricité en 2018, mais il a été dépassé par le gaz naturel en 2016 et recule de près de 5 % par an depuis 2010 ;
  • le lent recul des combustibles fossiles : -8 % de 2010 à 2018 ;
  • la forte remontée de la part du gaz naturel : tombé à 9 % en 1988, il atteint 35 % en 2018, battant son record de 1970 ; l'essor des gaz de schiste est la principale source de ce revival ;
  • la quasi-disparition du pétrole : 0,6 % en 2018 contre 17 % dans les années 1970 ;
  • la stabilité du nucléaire à 19-20 % depuis plus de 20 ans ;
  • la remontée progressive des énergies renouvelables : après un long déclin de 30,3 % en 1950 à 8,3 % en 2007, elles sont remontées à 17,5 % en 2018, grâce surtout à l'essor de l'éolien et plus récemment du solaire.
Historique de la production nette d'électricité des États-Unis
TWh 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010
Charbon 154,5 403,1 704,4 1161,6 1594,0 1966,3 1847,3
Gaz naturel 44,6 158,0 372,9 346,2 383,1 615,0 999,0
Pétrole 33,7 48,0 184,2 246,0 126,5 111,2 37,1
ss-total fossiles 232,8 609,0 1261,5 1753,8 2103,6 2692,5 2883,4
Nucléaire - 0,5 21,8 251,1 576,9 753,9 807,0
Hydroélectricité 100,9 149,4 251,0 279,2 292,9 275,6 260,2
- Pompage-turbinage - - - - -3,5 -5,5 -5,5
Bois 0,4 0,1 0,1 0,3 32,5 37,6 37,2
Déchets - - 0,2 0,2 13,3 23,1 18,9
Géothermie - 0,03 0,5 5,1 15,4 14,1 15,2
Solaire - - - - 0,4 0,5 1,2
Éolien - - - - 2,8 5,6 94,7
ss-total renouvelables 101,3 149,6 251,8 284,7 353,7 350,9 421,9
Total production 334,1 759,2 1535,1 2289,6 3037,8 3802,1 4125,1
% renouvelables 30,3 % 19,7 % 16,4 % 12,4 % 11,6 % 9,2 % 10,2 %
Source : Energy Information Administration [10]
Évolution récente de la production nette d'électricité des États-Unis
TWh 2010 2015 2016 2017 2018 2019 % 2019 Δ* 2019/18 Δ* 2019/10
Charbon 1 847,3 1 352,4 1 239,1 1 205,8 1 146,0 966,1 23,3 % -15,7 % -48 %
Gaz* 999,0 1 346,6 1 391,1 1 308,9 1 482,2 1 595,4 38,4 % +7,6 % +60 %
Pétrole 37,1 28,2 24,2 21,4 25,2 18,6 0,4 % -26 % -50 %
ss-total fossiles 2 883,4 2 727,2 2 654,4 2 536,1 2 653,4 2 580,1 62,1 % -2,8 % -10,5 %
Nucléaire 807,0 797,2 805,7 805,0 807,1 809,4 19,5 % +0,3 % +0,3 %
Hydroélectricité 260,2 249,1 267,8 300,3 292,5 273,7 6,6 % -6 % +5 %
- Pompage-turbinage -5,5 -5,1 -6,7 -6,5 -5,9 -5,3 -0,1 % ns ns
Bois 37,2 41,9 40,9 41,2 41,0 39,9 1,0 % -3 % +7 %
Déchets 18,9 21,7 21,8 21,6 20,9 18,6 0,4 % -11 % -2 %
Géothermie 15,2 15,9 15,8 15,9 16,0 16,0 0,4 % +0,3 % +5 %
Solaire PV* 0,4 35,8 51,5 74,0 92,6 104,1 2,5 % +16 % x246
Solaire therm.* 0,8 3,2 3,4 3,3 3,6 3,2 0,1 % -10 % +308 %
Éolien 94,7 190,7 227,0 254,3 272,6 300,1 7,2 % +8 % +217 %
ss-total renouvelables 421,9 558,4 621,6 704,1 730,5 750,2 18,1 % +2,7 % +78 %
Autres 12,9 14,0 13,8 13,1 13,0 13,3 0,3 % +3 % +3 %
Total production 4 125,1 4 091,7 4 095,5 4 058,3 4 203,9 4 153,1 100 % -1,2 % +0,7 %
% renouvelables 10,2 % 13,3 % 15,2 % 17,3 % 17,4 % 18,1 %
* Δ = variation ; gaz : gaz naturel + autres gaz ; solaire therm. : solaire thermodynamique
solaire PV (photovoltaïque) : y compris solaire réparti (petites installations), estimé à partir de 2014
Source : Energy Information Administration
[e 1],[e 2]

Selon les prévisions 2019 de l'Energy Information Administration, avec une consommation d'électricité progressant de 1 % par an, la part du gaz naturel passerait de 34 % en 2018 à 39 % en 2050, celle du charbon reculerait de 28 % à 17 %, celle du nucléaire de 19 % à 12 % et celle des énergies renouvelables passerait de 18 % à 31 % (répartie en 2050 en 48 % de solaire photovoltaïque, 25 % d'éolien, 18 % d'hydroélectricité, 4 % de géothermie et 5 % de divers)[11].

Taux de décarbonation de la production d'électricité[modifier | modifier le code]

Avec 19,5 % de nucléaire et 18,1 % d'énergies renouvelables, la production d'électricité est décarbonée à 37,6 % en 2019[e 1] ; 16 États dépassent même le seuil de 50 % d'électricité décarbonée et 9 autres sont entre 40 et 50 % :

États des États-Unis dont la production d'électricité est majoritairement décarbonée en 2019
GWh Prod.élec.*
[e 3]
Nucléaire
[e 4]
Renouv.
[e 5]
dont hydr.*
[e 6],[e 7]
dont éolien
[e 8]
dont solaire*
[e 9],[e 10]
% renouv. % décarboné
Drapeau du Vermont Vermont 2 337 2 334 1 198 384 328 99,9 % 99,9 %
Drapeau du district de Columbia Washington, D.C. 180 154 99 85,6 % 85,6 %
Drapeau de l'État de Washington Washington 105 929 8 866 75 768 66 190 7 724 252 71,5 % 79,9 %
Drapeau du Maine Maine 10 194 8 131 3 115 2 408 88 79,8 % 79,8 %
Drapeau de l'Idaho Idaho 16 494 12 933 9 112 2 657 600 78,4 % 78,4 %
Drapeau du New Hampshire New Hampshire 18 081 10 907 3 164 1 233 409 130 17,5 % 77,8 %
Drapeau du Dakota du Sud Dakota du Sud 12 614 8 637 5 620 3 015 3 68,5 % 68,5 %
Drapeau de l'Illinois Illinois 181 668 98 735 14 633 131 13 831 253 8,1 % 62,4 %
Drapeau de l'Oregon Oregon 62 545 38 845 29 526 7 169 922 62,1 % 62,1 %
Drapeau de l'État de New York New York 134 536 44 865 38 475 29 225 4 850 2 505 28,6 % 61,9 %
Drapeau de la Caroline du Sud Caroline du Sud 100 816 56 103 5 471 1 927 0 1 125 5,4 % 61,1 %
Drapeau de la Californie Californie 220 214 16 165 115 980 40 020 14 970 43 800 52,7 % 60,0 %
Drapeau du Kansas Kansas 51 913 9 248 21 639 20 21 501 57 41,7 % 59,5 %
Drapeau du Tennessee Tennessee 81 828 35 720 10 639 9 242 41 427 13,0 % 56,7 %
Drapeau de l'Iowa Iowa 63 428 5 236 27 705 749 26 558 176 43,7 % 51,9 %
Drapeau du Minnesota Minnesota 57 975 14 105 14 891 887 11 040 1 614 25,7 % 50,01 %
* Prod.élec. = production des centrales + production solaire répartie ; Renouv. = Renouvelables ;
hydr. = hydroélectricité (hors pompage). Source : EIA.

A la fin de 2018, 29 États ainsi que le district fédéral de Columbia ont adopté des « normes de portefeuille renouvelable » (renewable portfolio standards) qui imposent aux fournisseurs d'électricité des quotas d'électricité renouvelable ou de technologies éligibles. En septembre 2019, sept d'entre eux se sont fixé des objectifs de 100 % d'« électricité propre » (ou « décarbonée » ou « neutre en carbone ») d'ici 2050 : Maine, New York, Californie, Hawaï, Nevada, Nouveau Mexique, Washington et le District fédéral de Columbia[12].

Réglementation[modifier | modifier le code]

Organisation du secteur[modifier | modifier le code]

Le secteur électrique est encore aujourd'hui en grande partie aux mains des utilities, entreprises publiques ou privées historiquement responsables de l'approvisionnement en électricité sur le territoire d'un État. Le terme anglais « utility » pourrait être traduit par « entreprise de service public », bien que son sens soit légèrement différent : elle peut être publique ou privée, mais est toujours soumise à un arsenal réglementaire contraignant destiné à garantir le respect d'une série d'objectifs considérés comme étant d'intérêt général. La plupart de ces réglementations concernent les segments du marché électrique qui constituent des monopoles naturels : transport et distribution ; il s'agit bien entendu d'éviter tout abus de monopole ; la production et la commercialisation, étant des activités pleinement concurrentielles, jouissent d'une liberté beaucoup plus large.

Chaque état dispose d'une Public utilities commission chargée de contrôler les utilities, de réglementer leurs tarifs et leurs services.

Dans plusieurs états existent des Utility cooperatives, coopératives de service public, dont les membres sont leurs clients ; elles ont été créées dans les régions rurales à l'époque du New Deal pour promouvoir l'électrification rurale ; elles sont aidées par le Rural Utilities Service, agence du département de l'Agriculture des États-Unis.

Le Public Utility Holding Company Act[13], loi votée en 1935 par le Congrès des États-Unis pour renforcer la régulation des groupes opérant dans les services publics, notamment les groupes électriques, leur imposait deux mesures restrictives :

  • limitation de leur activité à un seul État des États-Unis, afin de soumettre les sociétés concernées à la régulation sectorielle, notamment tarifaire, qui s'exerce au niveau des États ;
  • recentrage de leurs activités sur le domaine régulé : avant tout engagement dans des activités non régulées, elles devaient obtenir une approbation préalable de la Securities and Exchange Commission (SEC) et, le cas échéant, organiser une séparation stricte entre activités régulées et non régulées.

En 1978, la loi Public Utility Regulatory Policies Act (PURPA) impose, afin de promouvoir les énergies renouvelables, aux utilities, opérateurs électriques bénéficiant d'un monopole naturel (= propriétaires de réseaux), l'obligation d'achat d'électricité d'autres producteurs plus efficaces, si le coût de cet achat est inférieur au « coût évité » de l'utility elle-même pour le consommateur ; le coût évité est égal à la somme des coûts additionnels que l'utility devrait engager pour produire elle-même l'électricité requise, ou le cas échéant, pour l'acheter auprès d'une autre source. Cette loi instituait donc de fait une libéralisation du marché de la production d'électricité ; elle déclencha une avalanche de construction de nouvelles centrales par des Independent Power Producers (IPP - producteurs indépendants d'électricité), en particulier des centrales de cogénération. Cependant, bien qu'il s'agisse d'une loi fédérale, son application était confiée aux états fédérés, de sorte que certains firent peu et d'autres beaucoup pour l'appliquer.

La loi Energy Policy Act de 1992 rédigée par la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) a été l'étape cruciale vers la déréglementation de l'électricité en Amérique du Nord, et a été complétée par les ordonnances 888 et 889 de la FERC en 1996, qui établissaient les fondements pour la déréglementation formalisée de cette industrie en organisant la création du réseau nodal d'Open Access Same-Time Information System (OASIS - Système d'information en temps réel du libre accès au réseau), pas de géant dans l'interconnexion des réseaux américains.

Le 8 août 2005, l'Energy Policy Act voté par les deux chambres du Congrès abolit les restrictions issues de PUHCA, en dépit des objections des organisations de consommateurs, de protection de l'environnement, des syndicats et des agences de notation. L'abolition devint effective le 8 février 2006.

Politique énergétique[modifier | modifier le code]

Les nombreuses interventions de l'état fédéral ont surtout visé à ouvrir le secteur à la concurrence, à réduire la dépendance énergétique du pays en soutenant la production d'électricité à partir de ressources nationales ou en promouvant les économies d'énergie, ou à combattre la pollution. Mais aucune réglementation d'envergure n'avait été mise en place pour lutter contre le réchauffement climatique.

À six mois de la Conférence de Paris de 2015 sur le climat, le président des États-Unis a dévoilé le 3 août 2015 un plan de lutte contre le réchauffement climatique dans le secteur de l'électricité : le « Clean Power Plan (en) ». Les nouvelles règles édictées dans ce plan visent à réduire de 32  % d’ici à 2030, par rapport à 2005, les émissions de CO2 des centrales électriques, qui représentent 31  % des émissions totales de gaz à effet de serre du pays ; leurs émissions de dioxyde de soufre seront réduites de 90 % et celles d'oxydes d'azote de 72 %. La part des énergies renouvelables sera portée à 28 % d’ici à 2030, contre 13 % en 2014[14],[15]. Les nouvelles règles édictées dans ce plan vont au-delà des propositions émises en 2014 par l’Agence de protection de l’environnement (EPA) : 32 % de réduction des émissions de carbone au lieu des 30 % proposés par l'EPA et 28 % d'énergies renouvelables au lieu de 22 %[16]. En 2014, plus de 500 centrales électriques au charbon alimentent le pays ; c’est la première source d’électricité dans une vingtaine d’états, du Wyoming à l’Utah, en passant par l’Arizona. Si le plan pour une énergie propre est mis en application, la part de ce combustible dans la production d’électricité aux États-Unis passera de 39  % en 2014 à 27  % en 2030. La Maison-Blanche estime que l'EPA peut imposer ces règles aux états, s’appuyant sur une décision de la Cour suprême datant de 2007, qui, donnant tort à l’administration Bush, avait alors jugé que les GES étaient des «polluants» et avait estimé que l’EPA avait autorité pour réguler les émissions de gaz à effet de serre, en vertu du Clean Air Act de 1963[17].

L'objectif de réduction de 32 % des émissions de CO2 du secteur électrique par rapport à 2005 est moins ambitieux qu'il ne parait : en effet, ces émissions ont déjà baissé de 15,1 % de 2005 (2 415,6 millions de m3 de CO2) à 2014 (2 051,3 millions de m3 de CO2, dont 77 % émis par les centrales au charbon) ; près de la moitié de la réduction a donc été déjà réalisée en 9 années sur 25[18].

Malgré la décision de sortie de l'Accord de Paris sur le climat prise par Donald Trump en juin 2017, près de 13 gigawatts de capacités de production à partir de charbon devraient disparaître en 2018. Plus de 85 % des capacités éoliennes sont installées dans des districts qui ont voté Trump en 2016, selon l'AWEA (association des entreprises américaines de l'éolien). Le prix des modules photovoltaïques a été divisé par dix en dix ans et celui des turbines éoliennes par deux entre 2009 et 2017 ; au Texas, l'éolien est déjà la source d'énergie la moins chère du marché, selon Bloomberg New Energy Finance. En Californie, le solaire sera la source la moins onéreuse d'électricité dès le début des années 2020, malgré la baisse des crédits d'impôts[19].

Centrales thermiques fossiles[modifier | modifier le code]

Centrale de Castle Gate (190 MW) dans l'Utah en 2007.
centrale de Cumberland, dans l'État du Tennessee, 2 600 MW.

Le charbon, abondant aux États-Unis, y était la première source de production d'électricité jusqu'en 2015. Mais il a été dès 2012 quasiment évincé par le gaz naturel pour la construction des nouvelles centrales[20], et sa part dans la production électrique est passée de 52 % en 2000 à 23,3 % en 2019 contre 38,4 % pour le gaz naturel[e 1].

En 2017, le charbon était la source d'énergie la plus utilisée pour la production d'électricité dans 18 états, contre 28 en 2007 ; le gaz naturel était en tête dans 16 états contre 11 en 2007 ; le nucléaire dans 9 états contre 6 en 2007 et l'hydraulique dans 6 états contre 4 en 2007[21].

En 2016, les producteurs d'électricité ont consommé 664,7 Mt (millions de tonnes) de charbon, contre 1 045 Mt lors du pic de 2007 ; au premier semestre 2018, leur consommation encore a baissé de 4,8 %[22].

Nombre de centrales thermiques aux États-Unis par combustible[23]
Année Charbon Pétrole Gaz naturel Autres gaz Total
2006 616 1 148 1 659 46 3 469
2007 606 1 163 1 659 46 3 474
2010 580 1 169 1 657 48 3 454
2011 589 1 146 1 646 41 3 422
2012 557 1 129 1 714 44 3 444
2013 518 1 101 1 725 44 3 388
2014 491 1 082 1 749 43 3 365
2015 427 1 082 1 779 45 3 333
2016 381 1 076 1 801 45 3 303
2016/2006 -38 % -6,3 % +8,6 % -2 % -4,8 %
Principales centrales à charbon aux États-Unis[24]
Nom de la centrale État Date
de mise
en service
Puissance
en MW
centrale de Bowen Drapeau de la Géorgie Géorgie 1971-1975 3 500
centrale de Gibson Drapeau de l'Indiana Indiana 1975-1982 3 340
centrale de Monroe Drapeau du Michigan Michigan 1971-1974 3 280
centrale John E. Amos Drapeau de la Virginie-Occidentale Virginie-Occidentale 1971-1973 2 933
centrale James H.Miller Jr Drapeau de l'Alabama Alabama 1978-1991 2 822
centrale W. A. Parish Drapeau du Texas Texas 1977-1982 2 737
centrale de Cumberland Drapeau du Tennessee Tennessee 1973 2 600
centrale de Gavin Drapeau de l'Ohio Ohio 1974-1975 2 600
centrale de Rockport Drapeau de l'Indiana Indiana 1984-1989 2 600
centrale de Paradise Drapeau du Tennessee Tennessee 1963-1970 2 558
centrale de Roxboro Drapeau de la Caroline du Nord Caroline du Nord 1966-1980 2 558
Centrale à gaz naturel de Moss Landing en Californie.
Principales centrales à gaz naturel aux États-Unis[24]
Nom de la centrale État Date
de mise
en service
Puissance
en MW
West County Energy Center Drapeau de la Floride Floride 2009-2011 4 263
centrale Dynegy Moss Landing Drapeau de la Californie Californie 1967-2002 2 802
centrale de Ravenswood Drapeau de l'État de New York New York 1967-2002 2 625
centrale de Gila River Drapeau de l'Arizona Arizona 2003 2 476
centrale de Martin Drapeau de la Floride Floride 1994-2005 2 448
centrale Union Power Partners Drapeau de l'Arizona Arizona 2003 2 428
centrale de Sanford Drapeau de la Floride Floride 1969-2003 2 378
centrale Mystic Drapeau du Maryland Maryland 1975-2003 2 361
centrale H.L.Culbreath Bayside Drapeau de la Floride Floride 1965-2009 2 294
centrale Sherwood H Smith Jr Drapeau de la Caroline du Nord Caroline du Nord 2001-2011 2 282
Hines Energy Complex Drapeau de la Floride Floride 1999-2005 2 262
centrale McIntosh Drapeau de la Floride Floride 1994-2007 2 187
centrale de Willow Glen Drapeau de la Louisiane Louisiane 1960-1976 2 178
centrale de Fort Myers Drapeau de la Floride Floride 1958-2003 2 083
centrale de Cedar Bayou Drapeau du Texas Texas 1970-2009 2 065
centrale de Sabine Drapeau du Texas Texas 1962-1979 2 051
centrale H.Allen Franklin Drapeau de l'Alabama Alabama 2002-2008 1 996
centrale de Nine Mile Point Drapeau de la Louisiane Louisiane 1955-1973 1 960
AES Alamitos LLC Drapeau de la Californie Californie 1956-1966 1 922
centrale de Lauderdale Drapeau de la Floride Floride 1957-1993 1 863
Midland Cogeneration Venture Drapeau du Michigan Michigan 1989-1998 1 849
Forney Energy Center Drapeau du Texas Texas 2003 1 784
Lincoln Combustion Drapeau de la Caroline du Nord Caroline du Nord 1995-1996 1 754
centrale Haynes Drapeau de la Californie Californie 1962-2005 1 750
Midlothian Energy Facility Drapeau du Texas Texas 2000-2001 1 734
Elwood Energy LLC Drapeau de l'Illinois Illinois 1999-2001 1 728
centrale de Seminole Drapeau de l'Oklahoma Oklahoma 1971-1975 1 724
centrale de Lagoon Creek Drapeau du Tennessee Tennessee 2001-2010 1 625
centrale de Ormond Beach Drapeau de la Californie Californie 1971-1973 1 612

Plusieurs de ces centrales brûlent également divers produits pétroliers.

Énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

Carte des centrales nucléaires des États-Unis.
source : U.S. Nuclear Regulatory Commission.

Les centrales nucléaires ont produit 809,4 TWh en 2019, soit 19,5 % de la production nette nationale d'électricité[e 1].

En 2017, avec 98 réacteurs nucléaires en activité, qui ont produit 804,95 TWh, soit 20,05 % de la production nette nationale d'électricité, les États-Unis sont au premier rang mondial de la production d'énergie d'origine nucléaire ; 2 réacteurs sont en construction, et 35 ont été arrêtés définitivement[25]. Les 98 réacteurs américains représentent 21,8 % du nombre total de réacteurs dans le monde, et leur puissance nette totale : 99,06 GW représente 25,0 % du total mondial. Pour comparaison, le numéro deux, la France, a 58 réacteurs d'une puissance totale de 63,1 GW (15,9 %) et la Chine a 46 réacteurs d'une puissance totale de 42,8 GW (10,8 %)[26].

Rentabilité des centrales et aides publiques[modifier | modifier le code]

Une étude de Bloomberg New Energy Finance (BNEF) publiée en juin 2017 révèle que 34 centrales nucléaires américaines sur les 61 étudiées perdent de l'argent, leur coût étant supérieur à celui des centrales à gaz, du fait de l'abondance et du prix bas du gaz de schiste. Quatre centrales nucléaires sont en cours de fermeture, tandis que quatre autres ont fermé au cours des quatre dernières années. Les États de New York et de l'Illinois ont déjà accordé des aides pour la poursuite de l'exploitation de centrales nucléaires et des aides similaires sont demandées dans l'Ohio et la Pennsylvanie[27].

Alors qu'en 2006 le thème de la « renaissance du nucléaire » était abondamment évoqué aux États-Unis, où le japonais Toshiba investissait 5,4 milliards de dollars pour racheter l'américain Westinghouse et dévoilait des plans ambitieux prévoyant l'installation dans le pays de 45 nouveaux réacteurs avant 2030, dix ans plus tard le nucléaire accumule les déboires : en mars 2017, Westinghouse s'est placée sous le chapitre 11 de la loi sur les faillites des États-Unis, et au début août 2017 les électriciens Santee Cooper et Scana Corporation ont décidé de stopper la construction de deux nouveaux réacteurs en Caroline du Sud ; l'avancement de chantier était déjà parvenu à 40 %, mais le coût prévisionnel des deux réacteurs avait doublé, à vingt milliards de dollars, et le planning du chantier avait pris cinq ans de retard. Le nucléaire ne peut plus rivaliser avec les centrales au gaz de schiste, dix fois moins coûteuses en investissement ; la stratégie de l'industrie nucléaire est maintenant de prolonger l'exploitation des centrales existantes jusqu'à 80 ans. Il ne reste plus qu'un seul projet de centrale encore en cours de construction aux États-Unis, en Géorgie[28].

La Commission des services publics de Géorgie a donné son feu vert à la poursuite de la construction de deux nouveaux réacteurs à la centrale nucléaire de Vogtle, près d'Augusta, tout en fixant une limite de coûts ; le chantier devrait se terminer en 2021 ou 2022. Ce projet, engagé en 2007, mais retardé par la faillite de Westinghouse, pourrait coûter plus de 25 milliards de dollars, contre 14 milliards prévus initialement. C'est désormais le seul projet de réacteur nucléaire aux États-Unis, après l'abandon à l'été 2017 de la construction de deux autres réacteurs par la Caroline du Sud[29].

Le budget fédéral 2018 des États-Unis, voté en mars 2018, illustre un soutien renouvelé pour le nucléaire : l'Office of Nuclear Energy a reçu 1,2 milliard de dollars, en hausse de 20 %, dont 669 millions de dollars pour les programmes de R&D (+107 M$) et 35 M$ pour lancer un projet de réacteur de recherche à neutrons rapides (Versatile Advanced Test Reactor)[30].

En mai 2018, le Sénat et l’Assemblée du New Jersey ont voté les textes législatifs nécessaires pour faire de cet État le troisième, après New York et l’Illinois, à avoir inclus le nucléaire dans ses programmes de subventions aux énergies propres ; les centrales nucléaires peuvent désormais bénéficier des Zero Emission Certificates (ZEC)[31]. En avril 2019, la Commission des entreprises de service public du New Jersey (New Jersey Board of Public Utilities) a attribué des certificats d’émission zéro (ZEC) aux réacteurs Salem 1 et 2 et à celui de Hope Creek. Ces trois réacteurs vont recevoir environ 100 millions de dollars par an chacun pendant trois ans[32].

Six réacteurs nucléaires américains ont été arrêtés avant la fin de leur durée de vie technique depuis 2013 et 12 autres devraient l’être d'ici 2025. Au total, ces 18 fermetures enlèveront plus de 15,8 GW de la production du réseau, soit 15 % de la capacité nucléaire existante. Début juillet 2018, une vaste coalition réunissant 75 ex-hommes d'État, responsables de la sécurité nationale et dirigeants industriels a exhorté Rick Perry, Secrétaire américain à l'Énergie, à prendre des mesures immédiates pour empêcher la fermeture des réacteurs nucléaires, rappelant les bénéfices d'un secteur nucléaire national fort sur le plan de la sécurité nationale compte tenu de la sécurité d’approvisionnement qu’il procure. Rick Perry a déclaré que le soutien financier des centrales nucléaires est essentiel à la sécurité nationale. Face à la hausse de la demande en électricité, il a confirmé que des travaux sont en cours pour proposer un plan de préservation de certaines des principales centrales nucléaires du pays. Le Département de l'Énergie des États-Unis (DOE) étudie ainsi les moyens d’aider financièrement les installations nucléaires, y compris en obligeant les exploitants de réseaux à acheter cette électricité[33].

Cinq des six gouverneurs des États de la Nouvelle-Angleterre (Nord-Est des États-Unis) ont signé en août 2018 une lettre adressée à l’ISO-New England (ISO-NE), le gestionnaire du réseau, afin de lui demander d’étudier des moyens pour encourager le développement des énergies propres, faisant spécifiquement mention aux énergies renouvelables mais aussi au nucléaire. La lettre souligne en particulier les avantages du nucléaire et s’inquiète de la fermeture prochaine de la centrale Pilgrim (Massachusetts), qui ne laisserait en juin 2019 que deux centrales en fonctionnement dans la région, Millstone (Connecticut) et Seabrook (New-Hampshire), soit seulement 3 500 MW d’électricité de base[34].

En juillet 2019, l'Ohio est devenu le cinquième État à prendre des mesures pour accorder des compensations ou des aides aux centrales nucléaires, après le Connecticut, l'Illinois, le New Jersey et l'État de New York. Les 14 réacteurs dans dix centrales qui reçoivent ces soutiens représentent 9 % de la puissance de l'ensemble des centrales électriques de ces états et 13 % de la puissance installée nucléaire du pays. Par ailleurs, 55 % de la puissance nucléaire se trouvent sous le statut traditionnel où le prix de l'électricité à la production est réglementé par des commissions d'État, ce qui peut les protéger contre la pression des marchés de gros ; seules 30 % (en puissance) des centrales nucléaires sont directement exposées au marché de gros[35].

Prolongation de la durée de vie[modifier | modifier le code]

L'autorité de sûreté nucléaire américaine, la NRC, a publié fin 2015 un projet de lignes directrices, soumis à consultation publique jusqu'en février 2016, pour « décrire les méthodes et techniques acceptables par les équipes de la NRC pour le renouvellement de licence » jusqu'à 80 ans d'exploitation. La NRC a accordé des renouvellements de licence jusqu'à 60 ans pour 81 réacteurs sur les 99 en service dans le pays. Les exploitants devront démontrer que les composants les plus sensibles, notamment la cuve qui ne peut être changée, pourront être exploités de manière sûre sur un telle durée[36]. La centrale de Surry, en Virginie, pourrait être la première à faire l'objet d'une demande de licence pour prolongation à 80 ans de la durée de vie de ses deux réacteurs ; son propriétaire Dominion a annoncé le 6 novembre 2015 son intention de déposer cette demande[37], qui devrait être déposée en 2019 ; Dominion a informé en novembre 2017 la NRC de son intention de déposer la même demande pour les deux réacteurs de sa centrale de North Anna, également en Virginie[38].

En juillet 2018, l’opérateur américain Exelon a fait la demande d’une prolongation à 80 ans de ses réacteurs 2 & 3 à eau bouillante de la centrale de Peach Bottom (Pennsylvanie), qui ont déjà l’autorisation de fonctionner jusqu’à 60 ans, soit 2033 pour l’unité 2 et 2034 pour l’unité 3. Florida Power & Light avait déjà fait la même demande pour ses réacteurs à eau pressurisée 3 et 4 de la centrale de Turkey Point[39].

Le 5 décembre 2019, la Nuclear Regulatory Commission (NRC) octroie aux deux réacteurs de la centrale nucléaire de Turkey Point en Floride une licence[40] pour prolonger leur durée de vie jusqu'à 80 ans, soit jusqu'en 2052 et 2053. C'est une première mondiale : la très grande majorité du parc nucléaire américain avait déjà obtenu une licence pour prolonger son exploitation de 40 à 60 ans, mais la demande de prolongation à 80 ans déposée par Florida Power & Light (FPL, filiale du groupe coté NextEra Energy) était la première. Des décisions sont attendues pour mars 2020 pour les deux réacteurs de Peach Bottom (Pennsylvanie), et pour juin 2020 pour les deux réacteurs de Surry (Virginie). Deux autres réacteurs en Virginie prévoient de déposer un dossier d'ici à fin 2020[41].

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Leader mondial dans la filière géothermique, les États-Unis sont également en 2017 au 2e rang mondial pour l'éolien, le solaire photovoltaïque et la biomasse derrière la Chine ainsi que pour le solaire thermodynamique derrière l'Espagne, et au 4e pour l'hydroélectricité derrière la Chine, le Canada et le Brésil. Pour l'ensemble des renouvelables, la production d'électricité des États-Unis est au 2e rang mondial avec 11,5 % du total mondial.

Malgré ce palmarès flatteur, les énergies renouvelables ne fournissaient que 18,1 % de l'électricité du pays en 2019, dont 6,5 % d'hydroélectricité, 7,2 % d'éolien et 2,6 % de solaire[e 1],[e 2].

En 2017, dix états produisaient plus de 20 % de leur électricité à partir du vent et du soleil (contre 8 % pour l'ensemble des États-Unis) : Iowa 37 %, Kansas 36 %, Oklahoma 32 %, Dakota du sud 30 %, Dakota du nord 27 %, Vermont 24 %, Californie 22 %, Maine 20 %, Colorado 20 %, Minnesota 20 %[42].

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

Énergie éolienne[modifier | modifier le code]

Énergie solaire[modifier | modifier le code]

Biomasse[modifier | modifier le code]

Les États-Unis étaient en 2017 le deuxième pays producteur d'électricité à partir de la biomasse : 60,7 TWh (12,6 % du total mondial), derrière la Chine (79,4 TWh) mais devant le Brésil (52,3 TWh) et l'Allemagne (45,0 TWh)[1].

Selon l'Environmental Protection Agency (EPA), la part de la biomasse dans la production d'électricité était en progression dans les années 2000 : la production des centrales à biomasse a augmenté de 14 % en 10 ans (2001-2011) ; mais la plupart utilisent des technologies obsolètes, beaucoup ayant été créées sous l'administration Carter, et sur 107 de ces centrales en fonctionnement au début 2012, 85 ont été sanctionnées pour violation des normes anti-pollution de l'air et de l'eau ; elles ont reçu 700 M$ de subventions des États et de l'état fédéral, dont 270 M$ du programme de stimulation signé par le président Obama en 2009, qui prend en charge 30 % des investissements dans les énergies renouvelables ; la Californie a 33 de ces centrales à biomasse, dont celle de Madera, près de Fresno, qui a été accusée de plus de 20 violations des normes de 2004 à 2009[43].

Production d'électricité à partir de biomasse aux États-Unis[e 2]
Année Bois[n 1]
(TWh)
Gaz de
décharge
(TWh)
Déchets
munic.[n 2].
(TWh)
Autres
déchets[n 3]
(TWh)
Total
biomasse
(TWh)
% var.
prod.
Part/prod.
élec.
renouv.
Part/prod.
élec.
totale
2019 39,85 10,07 6,10 2,38 58,41 -5,6 % 7,8 % 1,41 %
2018 41,01 11,04 7,14 2,72 61,90 -1,4 % 8,5 % 1,47 %
2017 41,15 11,54 6,95 3,12 62,76 -0,02 % 8,9 % 1,55 %
2016 40,95 11,22 7,27 3,33 62,77 -1,4 % 10,1 % 1,53 %
2015 41,93 11,29 7,21 3,20 63,63 -0,6 % 11,4 % 1,57 %
2014 42,34 11,22 7,23 3,20 63,99 +5,1 % 11,6 % 1,56 %
2013 40,03 10,66 7,19 2,99 60,86 +5,6 % 11,7 % 1,50 %
2012 37,80 9,80 7,32 2,70 57,62 +1,7 % 11,7 % 1,42 %
2011 37,45 9,04 7,35 2,82 56,67 +1,0 % 11,0 % 1,38 %
2010 37,17 8,38 7,93 2,61 56,09 +2,9 % 13,1 % 1,36 %
2009 36,05 7,92 8,06 2,46 54,49 -1,0 % 13,0 % 1,38 %
2008 37,3 7,16 8,10 2,48 55,03 -0,9 % 14,4 % 1,34 %
2007 39,01 6,16 8,30 2,06 55,54 +1,2 % 15,7 % 1,34 %
2006 38,76 5,68 8,48 1,94 54,86 +1,1 % 14,2 % 1,35 %
2005 38,86 5,14 8,33 1,95 54,28 +1,4 % 15,2 % 1,34 %
2004 38,12 5,13 8,15 2,14 53,54 15,2 % 1,35 %

Géothermie[modifier | modifier le code]

Les États-Unis sont les premiers producteurs d'électricité géothermique : 16 011 GWh en 2019 (production nette), en hausse de 0,3 % par rapport à 2018, dont 71,2 % en Californie, 23,5 % au Nevada et 2,8 % dans l'Utah[e 11] ; la part des États-Unis dans la production mondiale est de 21,9 % en 2017, loin devant l'Indonésie, deuxième avec 12,8 TWh[1].

L'une des sources géothermiques les plus importantes est située aux États-Unis : The Geysers, à environ 145 km au nord de San Francisco, démarra la production en 1960 et dispose d'une puissance de 2 000 mégawatts électriques. Il s'agit d'un ensemble de 21 centrales électriques qui utilisent la vapeur de plus de 350 puits[44]. La Calpine Corporation gère et possède 19 des 21 installations. Afin de maintenir la production de ce site victime de surexploitation, il est alimenté en partie par les eaux traitées de la ville de Santa Rosa et de la station de Lake County. Au sud de la Californie, près de Niland et Calipatria, une quinzaine de centrales électriques produisent environ 570 mégawatts électriques ; une nouvelle centrale a été mise en service sur ce site en mai 2012 : Hudson Ranch I (50 MW). Il y aurait 146 projets en développement dans 15 États[45].

Scénario 100 % renouvelables[modifier | modifier le code]

Des chercheurs de l’université californienne de Stanford ont étudié un scénario de mix électrique 100 % renouvelables pour 2050 : 30,9 % d’éolien à terre, 19,1 % d’éolien en mer, 30,7 % de centrales photovoltaïques de grande taille, 7,2 % de photovoltaïque résidentiel et autant de solaire thermodynamique avec stockage, le reliquat étant principalement assuré par l’hydroélectricité et la géothermie. Ces équipements de production couvriraient 0,42 % du territoire américain. Le scénario implique une baisse de 40 % de la demande d'électricité, pour l’essentiel issue de gains d’efficacité : il créerait 5,9 millions d’emplois, soit un gain de 2 millions par rapport aux 3,9 millions de jobs assurés par le secteur énergétique conventionnel. Ce scénario permettrait 260 $ par an d’économies sur la facture énergétique acquittée par chaque citoyen américain, sans compter d’autres économies en termes de santé[46].

Transport et distribution[modifier | modifier le code]

Carte du réseau de transport à haute tension des États-Unis (2008)
source données : FEMA et NREL.

Le réseau de transport à haute tension (115 à 500 kV) reste relativement hétérogène, les niveaux de tension normalisés étant différents selon les régions. Il totalise 300 000 km de lignes exploitées par 500 compagnies.

Des organismes régionaux dénommés « Regional Transmission Organization » (RTO) et « Independent System Operator » (ISO) coordonnent les mouvements d'énergie entre les réseaux des utilities ; les ISO ont été mis en place à l'initiative de la FERC et se limitent souvent à un état ; une organisation plus large, la North American Electric Reliability Corporation (NERC) couvre l'ensemble des États-Unis ainsi qu'une compagnie mexicaine (Baja California) et plusieurs compagnies canadiennes de l'Ontario, du Québec et de l'Alberta ; elle est chargée de veiller à la fiabilité du système d'interconnexion entre les réseaux régionaux. Certaines RTO ou ISO jouent également le rôle de marché de gros pour les échanges d'électricité entre compagnies. Il existe 12 RTO/ISO (dont 3 canadiennes) et 2 organismes indépendants similaires.

Échanges transfrontaliers[modifier | modifier le code]

Les échanges d'électricité avec les pays voisins : Canada et Mexique, ont représenté en 2011 à peine 1 % de l'électricité consommée aux États-Unis. Les échanges avec le Mexique sont faibles, et ceux avec le Canada sont structurellement importateurs : en 2011, 51 TWh ont été importés du Canada et 14 TWh exportés vers le Canada.

Le Réseau multiterminal à courant continu qui relie le nord du Québec au Massachusetts par une ligne à haute tension en courant continu à ±450 kV d'une longueur totale de 1 600 km permet d'importer en Nouvelle-Angleterre une partie de la production hydroélectrique de la Baie James ; c'est une des principales voies d'importation depuis le Canada (8 à 9 TWh/an) ; le réseau du Québec est interconnecté en 19 points avec le réseau des États-Unis.

Consommation d'électricité[modifier | modifier le code]

Historique de la consommation finale d'électricité des États-Unis par secteur
TWh 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010
Industrie 146,5 324,4 570,9 815,1 945,5 1 064,2 970,9
Transport 6,8 3,1 3,1 3,2 4,8 5,4 7,7
Résidentiel 72,2 201,5 466,3 717,5 924,0 1 192,4 1 445,7
Commerce 66,0 159,1 352,0 558,6 838,3 1 159,3 1 330,2
Total commercialisé 291,4 688,1 1 392,3 2 094,4 2 712,6 3 421,4 3 754,5
Autoconsommation nd nd nd nd 124,5 170,9 131,9
Total consommation 291,4 688,1 1 392,3 2 094,4 2 837,1 3 592,4 3 886,4
Source : Energy Information Administration[47].
Évolution récente de la consommation finale d'électricité des États-Unis par secteur
TWh 2010 2015 2016 2017 2018 2019 % 2019 Δ 9 ans* Δ 69 ans*
Industrie 970,9 958,6 976,7 984,3 1 001,6 952,1 25,4 % -1,9 % +550 %
Transport 7,7 7,7 7,5 7,5 7,7 7,7 0,2 % 0 % +13 %
Résidentiel 1 445,7 1 399,9 1 411,1 1 378,6 1 469,1 1 435,1 38,3 % -0,7 % +1888 %
Commerce 1 330,2 1 358,4 1 367,2 1 352,9 1 381,8 1 354,5 36,1 % +1,8 % +1952 %
Total commercialisé 3 754,5 3 724,5 3 762,5 3 723,4 3 860,1 3 749,5 100 % -0,1 % +1187 %
Autoconsommation 131,9 138,8 139,8 141,1 143,6 nd
Total consommation 3 886,4 3 863,3 3 902,3 3 864,5 3 945,5 nd
* Δ 9 ans = variation 2019/2010 ; Δ 69 ans = variation 2019/1950
Source : Energy Information Administration[e 12].

La consommation d'électricité par habitant était en 2017 de 12 573 kWh[k 7], soit 4 fois la moyenne mondiale (3 152 kWh), 2,8 fois celle de la Chine (4 546 kWh) et 1,7 fois celle de la France (7 209 kWh)[k 8].

Prix de l'électricité[modifier | modifier le code]

Prix moyen de détail de l'électricité par État en 2015
source données : EIA.

On remarque la forte dispersion des prix : de 9,0 cents dans le Washington à 29,6 cents par kWh à Hawaï ; les États qui ont des prix bas sont souvent ceux qui ont de grands barrages hydroélectriques ou des gisements de charbon ou de gaz naturel ; les prix les plus élevés se rencontrent dans les États périphériques (Hawaï, Alaska) et dans ceux du Nord-Est.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Bois et dérivés du bois : sciure, écorces, papiers, poteaux, traverses de chemin de fer, liqueur noire, etc.
  2. Fraction organique des déchets municipaux.
  3. Déchets divers issus de biomasse : boues de décantation, déchets agricoles, biogaz, etc.

Références[modifier | modifier le code]

  1. p. 33
  2. p. 31
  3. p. 19
  4. p. 21
  5. p. 23
  6. p. 25
  7. p. 69
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  2. a b et c p. 18.
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  4. p. 38.
  5. p. 42.
  6. p. 40.
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  10. p. 56.
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  12. p. 13.
  • Autres
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  7. (en) Entergy says nuclear remains costly - Eileen O'Grady, Reuters, 25 mai 2010.
  8. (en) AmerenUE pulls plug on project - Terry Ganey, Columbia Daily Tribune, 23 avril 2009.
  9. (en) The Nuclear Power Dilemma (2018), Union of Concerned Scientists,
  10. Table 7.2a Electricity Net Generation: Total (All Sectors), site EIA consulté le 22 juin 2015.
  11. (en) Annual Energy Outlook 2019 (pages 22-24), Energy Information Administration, janvier 2019.
  12. (en) Maine and New York become the 6th and 7th states to adopt 100% clean electricity targets, EIA, 26 septembre 2019.
  13. (en)[PDF]Public Utility Holding Company Act of 1935: 1935 - 1992 par le département de l'Énergie des États-Unis.
  14. Obama se veut le champion de la lutte contre le réchauffement climatique, Les Échos du 4 août 2015.
  15. (en)Overview of the Clean Power Plan, EPA, 3 août 2015.
  16. Barack Obama s'engage contre le réchauffement climatique avant la COP21 et la fin de son mandat, Huffington Post, 4 août 2015
  17. Climat : Obama va au charbon, Libération du 4 août 2015.
  18. (en)Carbon Dioxide Emissions From Energy Consumption: Electric Power Sector, EIA.
  19. Malgré Trump, les États-Unis accélèrent leur virage vers les énergies vertes, 28 septembre 2018.
  20. Florent Detroy, Maïté Jaureguy-Naudin, « L’empire contre-attaque : pourquoi la révolution énergétique américaine aura bien plus d’impact que l’identité de l’occupant de la Maison Blanche », sur Atlantico, (consulté le 7 novembre 2012)
  21. (en) Coal is the most-used electricity generation source in 18 states; natural gas in 16, EIA, 10 septembre 2018.
  22. (en) Monthly Energy Review September 2018 Table 6.2 Coal Consumption by Sector - EIA, septembre 2018.
  23. (en) Table 4.1. Count of Electric Power Industry Power Plants, by Sector, by Predominant Energy Sources within Plant, 2006 through 2016 - EIA, consulté le 20 octobre 2018.
  24. a et b (en) Electricity Generating Capacity - Existing Units by Energy Source, site EIA consulté le 28 avril 2014.
  25. (en) IAEA Country statistics - United States of America, sur le site de l'Agence internationale de l'énergie atomique.
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  27. La moitié des centrales nucléaires américaines perdent de l'argent - Les Échos, 16 juin 2017.
  28. Nouveau coup dur pour le nucléaire aux États-Unis - Les Échos, 2 août 2017.
  29. Dernier espoir pour le nucléaire américain - Les Échos, 21 décembre 2017.
  30. Les États-Unis accentuent leur soutien à l'atome - SFEN, 24 avril 2018.
  31. Etats-Unis : le New Jersey soutient le nucléaire, SFEN, 15 mai 2018.
  32. Le New Jersey s’engage pour le climat, SFEN, 29 avril 2019.
  33. Le soutien à l’énergie nucléaire « vital » selon les États-Unis, SFEN, 10 juillet 2018.
  34. Etats-Unis : la Nouvelle Angleterre appelle à soutenir le nucléaire, 13 septembre 2018.
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  36. Nucléaire : les réacteurs américains en route vers 80 ans d'exploitation - Les Échos, 12 janvier 2016.
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  38. États-Unis : 80 ans pour North Anna ? - NuklearForum, 17 novembre 2017.
  39. Le gendarme nucléaire américain se penche sur la prolongation à 80 ans de la centrale de Peach Bottom, SFEN, 4 septembre 2018.
  40. Annonce de la NRC de la prolongation de licence pour Turkey Point, Nuclear Regulatory Commission, 5 décembre 2019.
  41. Nucléaire : le régulateur américain autorise une centrale à fonctionner 80 ans, Les Échos, 11 décembre 2019.
  42. (en) Combined wind and solar made up at least 20% of electric generation in 10 states in 2017, EIA, 11 octobre 2018.
  43. (en)Wood-Fired Plants Generate Violations, site du National Center for Policy Analysis consulté le 30 avril 2014.
  44. (en) The Geysers (brochure), Calpine Corporation, 2004.
  45. (fr+en) Quinzième inventaire - Édition 2013 - La production d'électricité d'origine renouvelable dans le monde - Détails par région et par pays - États-Unis - Observ'ER, consulté le 14 mai 2014 [PDF].
  46. États-Unis - 100 % renouvelables en 2050 ?, La lettre des énergies renouvelables du 29 juillet 2015.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]