Électricité aux États-Unis

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Centrale de Bowen en Géorgie, la plus puissante centrale à charbon des États-Unis (3 500 MW).

Le secteur de l'électricité aux États-Unis se caractérise par une large prédominance des combustibles fossiles dont la part dans la production d'électricité atteint 64,8 % en 2016 (30,3 % pour le charbon et 34,0 % pour le gaz naturel) ; la part du nucléaire est de 19,7 % et celle des énergies renouvelables de 15,3 % (hydroélectricité : 6,3 %, éolien : 5,5 %, solaire : 1,4 %, etc.).

Les États-Unis se placent aux tout premiers rangs dans la plupart des domaines : au 1er rang mondial pour la production d'électricité nucléaire et pour celles à partir du gaz naturel, de l'éolien, de la biomasse et de la géothermie, ainsi que pour les importations d'électricité, au 2e rang mondial pour la production totale d'électricité et pour celle à base de charbon, au 4e rang pour la production d'électricité solaire et pour la production hydroélectrique.

La consommation d'électricité se répartit en 36,2 % pour le secteur résidentiel, 35,2 % pour le secteur commercial et 24,8 % pour l'industrie.

La consommation d'électricité par habitant était en 2015 de 12 833 kWh, soit 4,2 fois la moyenne mondiale, 3,2 fois celle de la Chine et 1,82 fois celle de la France.

Comparaisons internationales[modifier | modifier le code]

Les statistiques 2015 de l'Agence internationale de l’énergie classent les États-Unis aux tout premiers rangs pour la plupart des indicateurs du domaine de l'électricité :

Place des États-Unis dans les classements mondiaux
Source d'énergie indicateur rang année quantité unité % monde commentaires
Électricité[s 1] Production 2e 2015 4297 TWh 17,7 % 1er : Chine (5 844 TWh)
Importation nette 1er 2015 67 TWh 18,4 % 2e : Italie (46 TWh)
Prod.élec.par source**[s 2] Charbon/lignite 2e 2015 1471 TWh 15,4 % 1er : Chine (4 109 TWh)
Pétrole 7e 2015 39 TWh 3,9 % 1er : Arabie saoudite (150 TWh)
Gaz naturel 1er 2015 1373 TWh 24,8 % 2e : Russie (530 TWh)
Renouvelables 2e 2015 568 TWh 10,3 % 1er : Chine (1 398 TWh)
Nucléaire[s 3] Production 1er 2015 830 TWh 32,3 % 2e : France (437 TWh)
Puissance installée 1er 2015 99 GW 25,8 % 2e : France (63 GW)
% nucléaire/élec* 6e 2015 19,3 % 1er : France (77,6 %)
Hydroélectricité[s 4] Production 4e 2015 271 TWh 6,8 % 1er : Chine (1 130 TWh)
Puissance installée 2e 2015 102 GW 8,5 % 1er : Chine (332 GW)
% hydro/élec 10e 2015 6,3 % 1er : Norvège (95,9 %)
Énergie éolienne[s 5] Production élec. 1er 2015 193 TWh 23,0 % 2e : Chine (186 TWh)
Puissance installée 2e 2015 72,6 GW 17,5 % 1er : Chine (129,3 GW)
% éolien/élec 5e 2015 4,5 % 1er : Espagne (17,6 %)
Biomasse[1] Production élec. 1er 2015 61,6 TWh 14,2 % 2e : Brésil (48,8 TWh), 3e : Allemagne (44,6 TWh)
Géothermie[1] Production élec. 1er 2015 18,7 TWh 23,3 % 2e : Philippines (11,0 TWh)
Solaire photovoltaïque[s 6] Production élec. 4e 2015 32 TWh 13,0 % 1er : Chine (45 TWh), 2e : Allemagne (39 TWh), 3e : Japon (36 TWh)
Puissance installée 4e 2015 21,7 GW 9,9 % 1er : Chine (43,2 GW), 2e : Allemagne (39,8 GW), 3e : Japon (34,2 GW)
% solaire PV/élec 9e 2015 0,7 % 1er : Italie (8,1 %)
* production d'électricité par source
** % nucléaire/total production d'électricité

Des changements importants ont eu lieu en 2011-2015 :

  • charbon et gaz : forte baisse de la production d'électricité à base de charbon (-6 % en 2011, -12,4 % en 2012, puis remontée : +4,2 % en 2014), conséquences de la concurrence du gaz de schiste ; la production d'électricité à partir du gaz passe de 1 018 TWh en 2010 à 1 265 TWh en 2012, soit + 24,3 %, mais redescend à 1 158 TWh (-8,5 %) en 2013 ;
  • électricité : en 2011, la Chine ravit aux États-Unis le 1er rang des producteurs d'électricité.

Histoire[modifier | modifier le code]

Histoire de l'hydroélectricité aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Centrale au charbon[modifier | modifier le code]

La première centrale électrique de New York, la Pearl Street Station, a été mise en service le par Thomas Edison dans le bas-Manhattan, ce qui a permis de faire fonctionner l'éclairage électrique des bureaux du quotidien The New York Times et d'autres bâtiments aux alentours de Wall Street. La centrale ne délivrant que du courant continu ne pouvait fournir efficacement qu'un petit secteur géographique. Elle a fonctionné jusqu'en 1895 après avoir subi un incendie en janvier 1890[2].

Histoire du nucléaire aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Le réacteur de Shippingport, premier réacteur électronucléaire civil des États-Unis.
Construction mondiale des réacteurs nucléaires. L'accident nucléaire de Three Mile Island, en Pennsylvanie en 1979, marque un tournant.

Le président Eisenhower lance le programme Atoms for Peace à l'Assemblée générale des Nations unies, le 8 décembre 1953. L'année suivante, l'Atomic Energy Act Amendments permet l'application commerciale de l'énergie nucléaire.

Le réacteur nucléaire de Shippingport est construit dans le cadre de ce programme. Ce réacteur est situé à la centrale nucléaire de Beaver Valley sur l'Ohio en Pennsylvanie près de Pittsburgh. C'est le premier réacteur à eau pressurisée à avoir produit de l'électricité, il a été mis en service le , et maintenu en exploitation jusqu'en 1982.

Le réacteur était à l'origine un réacteur à eau pressurisée d'une puissance de 60 MWe dont la conception dérive directement des réacteurs de la propulsion nucléaire navale américains. L'amiral Hyman Rickover, père de la propulsion nucléaire navale américaine, en est le promoteur.

Deux objectifs étaient poursuivis à l'origine :

  1. préfigurer les réacteurs destinés à équiper les porte-avions de l'US Navy ;
  2. prototyper la production d'électricité à partir de la fission nucléaire.

La construction de réacteurs nucléaires électrogènes se développa rapidement au cours des années 1960 et 1970 ; à la différence de la France, il n'y a pas eu de programme nucléaire centralisé confié par l'État à une entreprise publique, mais de multiples initiatives au niveau local, la production d'électricité étant dispersée entre un grand nombre d'entreprises opérant chacune au niveau d'un État ; les centrales nucléaires ont donc chacune un petit nombre de réacteurs (rarement plus de 2).

En 1979, un accident de niveau 5 sur l'échelle INES (qui va de 0 à 7) a lieu à la centrale nucléaire de Three Mile Island, quinze jours après la sortie du film Le Syndrome chinois (The China Syndrome), avec Jane Fonda, jouant sur le thème de l'accident nucléaire. Selon l'AIEA, l'accident de Three Mile Island marqua un tournant dans l'utilisation mondiale de l'énergie nucléaire. En effet, alors que la construction mondiale de réacteurs augmenta de manière continuelle de 1963 à 1979 (mis à part 1971 et 1978), celle-ci déclina de 1980 à 1998[3]. Le président Jimmy Carter ordonna une enquête sur l'accident. Les opérations de nettoyage commencèrent en août 1979 et se sont poursuivies jusqu'à décembre 1993, coûtant 975 millions de dollars. De 1981 à 1984, 51 projets de construction de réacteurs nucléaires furent annulés aux États-Unis, dont une bonne partie provenant de Babcock & Wilcox, l'entreprise qui avait fabriqué celui de Three Mile Island.

Après Three Mile Island, le développement du nucléaire s'arrête ; la firme Westinghouse, un des grands constructeurs américains, est rachetée en 2006 par la firme japonaise Toshiba. Tous les réacteurs actuels ont été mis en construction avant 1974. Il a fallu attendre 2011 pour que des travaux soient entrepris sur de nouveaux réacteurs dans des centrales existantes.

Le problème du stockage des déchets nucléaires a connu de longues et laborieuses tractations ; le 7 janvier 1983, le président Reagan signe le Nuclear Waste Policy Act, la première loi complète du pays sur les déchets nucléaires. Le 22 décembre 1987, le Congrès approuve un amendement désignant Yucca Mountain, dans le Nevada, comme le seul site à considérer pour le stockage des déchets nucléaires de haute activité[4]. Lorsque le président George W. Bush notifie au Congrès le 15 février 2002 qu'il considère Yucca Mountain qualifié pour son permis de construction, le gouverneur du Nevada Kenny Guinn oppose le 8 avril 2002 son veto à la décision présidentielle, et il faut un vote de chacune des deux chambres pour annuler le veto du gouverneur en juillet[5].

Entre 2007 et 2009, 13 compagnies ont déposé auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire américaine des demandes de permis de construction et d'exploitation pour 25 nouveaux réacteurs aux États-Unis. Mais les perspectives de relance des constructions de centrales ont été érodées par l'abondante disponibilité de gaz naturel (boom du gaz de schiste), la baisse de la demande d'électricité liée à la crise de 2008, le manque de financements et les incertitudes créées par l'accident nucléaire de Fukushima[6]. De nombreuses demandes de permis pour de nouveaux réacteurs furent suspendues ou annulées[7],[8].

Production d'électricité[modifier | modifier le code]

Production d'électricité par sources aux États-Unis en 2016.
Production d'électricité par sources aux États-Unis 1949-2011 (données EIA).
Répartition par source (en %) de la production d'électricité de 1950 à 2016.

Le tableau ci-dessous et les graphiques ci-contre permettent de noter :

  • le tassement de la production totale d'électricité depuis la crise de 2008 : -2,8 % de 2007 à 2017, après une multiplication par 12,4 entre 1950 et le pic de 2007 (4 157 TWh) ;
  • la prédominance des combustibles fossiles : 62,3 % ; le charbon, bien qu'en baisse depuis son apogée à 57 % atteint en 1987-88, représente encore 29,9 % de la production d'électricité en 2017, mais il a été dépassé par le gaz naturel en 2016 ;
  • le recul des combustibles fossiles : -12,7 % de 2010 à 2017 ;
  • la forte remontée de la part du gaz naturel : tombé à 9 % en 1988, il atteint 34 % en 2014, battant son record de 1970 ; l'essor des gaz de schiste est la principale source de ce revival ;
  • la quasi-disparition du pétrole : 0,5 % en 2017 contre 17 % dans les années 1970 ;
  • la stabilité du nucléaire à 19-20 % depuis plus de 20 ans ;
  • la remontée progressive des énergies renouvelables : après un long déclin de 30,3 % en 1950 à 8,3 % en 2007, elles sont remontées à 17,5 % en 2017, grâce surtout à l'essor de l'éolien (6,3 %).
Historique de la production nette d'électricité des États-Unis
TWh 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010
Charbon 154,5 403,1 704,4 1161,6 1594,0 1966,3 1847,3
Gaz naturel 44,6 158,0 372,9 346,2 383,1 615,0 999,0
Pétrole 33,7 48,0 184,2 246,0 126,5 111,2 37,1
ss-total fossiles 232,8 609,0 1261,5 1753,8 2103,6 2692,5 2883,4
Nucléaire - 0,5 21,8 251,1 576,9 753,9 807,0
Hydroélectricité 100,9 149,4 251,0 279,2 292,9 275,6 260,2
- Pompage-turbinage - - - - -3,5 -5,5 -5,5
Bois 0,4 0,1 0,1 0,3 32,5 37,6 37,2
Déchets - - 0,2 0,2 13,3 23,1 18,9
Géothermie - 0,03 0,5 5,1 15,4 14,1 15,2
Solaire - - - - 0,4 0,5 1,2
Éolien - - - - 2,8 5,6 94,7
ss-total renouvelables 101,3 149,6 251,8 284,7 353,7 350,9 421,9
Total production 334,1 759,2 1535,1 2289,6 3037,8 3802,1 4125,1
% renouvelables 30,3 % 19,7 % 16,4 % 12,4 % 11,6 % 9,2 % 10,2 %
Source : Energy Information Administration [9]
Évolution récente de la production nette d'électricité des États-Unis
TWh 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 % 2017 Δ* 2017/16 Δ* 2017/10
Charbon 1 847,3 1 733,4 1 514,0 1 581,1 1 581,7 1 352,4 1 239,1 1 207,9 29,9 % -2,5 % -34,6 %
Gaz* 999,0 1 025,3 1 237,8 1 137,7 1 138,6 1 346,6 1 391,1 1 287,0 31,9 % -7,5 % +28,8 %
Pétrole 37,1 30,2 23,2 27,2 30,2 28,2 24,2 21,1 0,5 % -13 % -43 %
ss-total fossiles 2 883,4 2 788,9 2 775,0 2 746,0 2 750,6 2 727,2 2 654,4 2 516,0 62,3 % -5,2 % -12,7 %
Nucléaire 807,0 790,2 769,3 789,0 797,2 797,2 805,7 805,0 19,9 % -0,1 % -0,3 %
Hydroélectricité 260,2 319,4 276,2 268,6 259,4 249,1 265,8 300,0 7,4 % +12 % +15,3 %
- Pompage-turbinage -5,5 -6,4 -5,0 -4,7 -6,2 -5,1 -6,7 -6,5 -0,2 % ns ns
Bois 37,2 37,4 37,8 40,0 42,3 41,9 40,9 43,3 1,1 % +5,7 % +16,4 %
Déchets 18,9 19,2 19,8 20,8 21,6 21,7 21,8 20,8 0,5 % -4,8 % +9,8 %
Géothermie 15,2 15,3 15,6 15,8 15,9 15,9 15,8 16,0 0,4 % +0,9 % +5,0 %
Solaire* 1,2 1,8 4,3 9,0 17,7 39,0 54,9 77,1 1,9 % +40,5 % +6261 %
Éolien 94,7 120,2 140,8 167,8 181,7 190,7 227,0 254,3 6,3 % +12 % +169 %
ss-total renouvelables 421,9 506,9 489,6 522,1 538,6 558,4 621,6 704,9 17,5 % +11,8 % +67 %
Autres 12,9 14,2 13,8 13,6 13,5 14,0 13,8 13,0 0,3 % -5,2 % +1,5 %
Total production 4 125,1 4 100,1 4 047,8 4 066,0 4 104,8 4 091,7 4 095,5 4 038,9 100 % -1,4 % -2,1 %
% renouvelables 10,2 % 12,4 % 12,1 % 12,8 % 13,2 % 13,3 % 15,2 % 17,5 %
* Δ = variation ; gaz : gaz naturel + autres gaz ; solaire : y compris solaire réparti (petites installations), estimé à partir de 2014
Source : Energy Information Administration
[10],[11]

Taux de décarbonation de la production d'électricité[modifier | modifier le code]

Avec 19,9 % de nucléaire et 17,5 % d'énergies renouvelables, la production d'électricité est décarbonée à 37,4 % en 2017 ; seize États dépassent même le seuil de 50 % d'électricité décarbonée (et sept autres sont entre 40 et 50 %) :

États des États-Unis dont la production d'électricité est majoritairement décarbonée en 2017
GWh Prod.élec.* Nucléaire Renouv. dont hydr. dont éolien dont solaire* % renouv. % décarboné
Drapeau du Vermont Vermont 2 187 2 179 1 211 279 239 99,6 % 99,6 %
Drapeau de l'État de Washington Washington 115 590 8 128 92 461 82 828 7 481 116 80,0 % 87,0 %
Drapeau du district de Columbia Washington, D.C. 119 99 52 83,2 % 83,2 %
Drapeau de l'Idaho Idaho 15 942 13 005 9 509 2 453 510 81,6 % 81,6 %
Drapeau du New Hampshire New Hampshire 17 581 9 991 3 570 1 288 414 87 20,3 % 77,1 %
Drapeau de l'Oregon Oregon 58 695 44 802 36 643 6 506 419 76,3 % 76,3 %
Drapeau du Maine Maine 11 233 8 533 3 329 2 222 51 76,0 % 76,0 %
Drapeau du Dakota du Sud Dakota du Sud 10 465 7 652 4 495 3 154 3 73,1 % 73,1 %
Drapeau de la Caroline du Sud Caroline du Sud 93 606 54 345 4 611 1 679 0 246 4,9 % 63,0 %
Drapeau de l'État de New York New York 129 060 42 167 36 269 28 649 3 944 1 395 28,1 % 60,8 %
Drapeau de l'Illinois Illinois 181 969 97 191 12 034 129 11 297 113 6,6 % 60,0 %
Drapeau de la Californie Californie 206 740 17 901 108 339 42 286 13 971 33 734 50,0 % 58,2 %
Drapeau du Kansas Kansas 51 383 10 648 18 607 29 18 501 21 36,2 % 56,9 %
Drapeau du Maryland Maryland 34 869 15 107 4 089 1 963 511 1 067 11,7 % 55,1 %
Drapeau du Connecticut Connecticut 34 513 16 500 1 587 262 13 463 4,6 % 52,4 %
Drapeau du Tennessee Tennessee 78 190 31 818 8 126 6 928 30 237 10,4 % 51,1 %
* production des centrales + production solaire répartie ; Renouv. = Renouvelables ; hydr. = hydroélectricité
Source : EIA[12].

Réglementation[modifier | modifier le code]

Organisation du secteur[modifier | modifier le code]

Le secteur électrique est encore aujourd'hui en grande partie aux mains des utilities, entreprises publiques ou privées historiquement responsables de l'approvisionnement en électricité sur le territoire d'un État. Le terme anglais « utility » pourrait être traduit par « entreprise de service public », bien que son sens soit légèrement différent : elle peut être publique ou privée, mais est toujours soumise à un arsenal réglementaire contraignant destiné à garantir le respect d'une série d'objectifs considérés comme étant d'intérêt général. La plupart de ces réglementations concernent les segments du marché électrique qui constituent des monopoles naturels : transport et distribution ; il s'agit bien entendu d'éviter tout abus de monopole ; la production et la commercialisation, étant des activités pleinement concurrentielles, jouissent d'une liberté beaucoup plus large.

Chaque état dispose d'une Public utilities commission chargée de contrôler les utilities, de réglementer leurs tarifs et leurs services.

Dans plusieurs états existent des Utility cooperatives, coopératives de service public, dont les membres sont leurs clients ; elles ont été créées dans les régions rurales à l'époque du New Deal pour promouvoir l'électrification rurale ; elles sont aidées par le Rural Utilities Service, agence du département de l'Agriculture des États-Unis.

Le Public Utility Holding Company Act[13], loi votée en 1935 par le Congrès des États-Unis pour renforcer la régulation des groupes opérant dans les services publics, notamment les groupes électriques, leur imposait deux mesures restrictives :

  • limitation de leur activité à un seul État des États-Unis, afin de soumettre les sociétés concernées à la régulation sectorielle, notamment tarifaire, qui s'exerce au niveau des États ;
  • recentrage de leurs activités sur le domaine régulé : avant tout engagement dans des activités non régulées, elles devaient obtenir une approbation préalable de la Securities and Exchange Commission (SEC) et, le cas échéant, organiser une séparation stricte entre activités régulées et non régulées.

En 1978, la loi Public Utility Regulatory Policies Act (PURPA) impose, afin de promouvoir les énergies renouvelables, aux utilities, opérateurs électriques bénéficiant d'un monopole naturel (= propriétaires de réseaux), l'obligation d'achat d'électricité d'autres producteurs plus efficaces, si le coût de cet achat est inférieur au « coût évité » de l'utility elle-même pour le consommateur ; le coût évité est égal à la somme des coûts additionnels que l'utility devrait engager pour produire elle-même l'électricité requise, ou le cas échéant, pour l'acheter auprès d'une autre source. Cette loi instituait donc de fait une libéralisation du marché de la production d'électricité ; elle déclencha une avalanche de construction de nouvelles centrales par des Independent Power Producers (IPP - producteurs indépendants d'électricité), en particulier des centrales de cogénération. Cependant, bien qu'il s'agisse d'une loi fédérale, son application était confiée aux états fédérés, de sorte que certains firent peu et d'autres beaucoup pour l'appliquer.

La loi Energy Policy Act de 1992 rédigée par la Federal Energy Regulatory Commission (FERC) a été l'étape cruciale vers la déréglementation de l'électricité en Amérique du Nord, et a été complétée par les ordonnances 888 et 889 de la FERC en 1996, qui établissaient les fondements pour la déréglementation formalisée de cette industrie en organisant la création du réseau nodal d'Open Access Same-Time Information System (OASIS - Système d'information en temps réel du libre accès au réseau), pas de géant dans l'interconnexion des réseaux américains.

Le 8 août 2005, l'Energy Policy Act voté par les deux chambres du Congrès abolit les restrictions issues de PUHCA, en dépit des objections des organisations de consommateurs, de protection de l'environnement, des syndicats et des agences de notation. L'abolition devint effective le 8 février 2006.

Politique énergétique[modifier | modifier le code]

Les nombreuses interventions de l'état fédéral ont surtout visé à ouvrir le secteur à la concurrence, à réduire la dépendance énergétique du pays en soutenant la production d'électricité à partir de ressources nationales ou en promouvant les économies d'énergie, ou à combattre la pollution. Mais aucune réglementation d'envergure n'avait été mise en place pour lutter contre le réchauffement climatique.

À six mois de la Conférence de Paris de 2015 sur le climat, le président des États-Unis a dévoilé le 3 août 2015 un plan de lutte contre le réchauffement climatique dans le secteur de l'électricité : le « Clean Power Plan (en) ». Les nouvelles règles édictées dans ce plan visent à réduire de 32  % d’ici à 2030, par rapport à 2005, les émissions de CO2 des centrales électriques, qui représentent 31  % des émissions totales de gaz à effet de serre du pays ; leurs émissions de dioxyde de soufre seront réduites de 90 % et celles d'oxydes d'azote de 72 %. La part des énergies renouvelables sera portée à 28 % d’ici à 2030, contre 13 % en 2014[14],[15]. Les nouvelles règles édictées dans ce plan vont au-delà des propositions émises en 2014 par l’Agence de protection de l’environnement (EPA) : 32 % de réduction des émissions de carbone au lieu des 30 % proposés par l'EPA et 28 % d'énergies renouvelables au lieu de 22 %[16]. En 2014, plus de 500 centrales électriques au charbon alimentent le pays ; c’est la première source d’électricité dans une vingtaine d’états, du Wyoming à l’Utah, en passant par l’Arizona. Si le plan pour une énergie propre est mis en application, la part de ce combustible dans la production d’électricité aux États-Unis passera de 39  % en 2014 à 27  % en 2030. La Maison-Blanche estime que l'EPA peut imposer ces règles aux états, s’appuyant sur une décision de la Cour suprême datant de 2007, qui, donnant tort à l’administration Bush, avait alors jugé que les GES étaient des «polluants» et avait estimé que l’EPA avait autorité pour réguler les émissions de gaz à effet de serre, en vertu du Clean Air Act de 1963[17].

L'objectif de réduction de 32 % des émissions de CO2 du secteur électrique par rapport à 2005 est moins ambitieux qu'il ne parait : en effet, ces émissions ont déjà baissé de 15,1 % de 2005 (2 415,6 millions de m3 de CO2) à 2014 (2 051,3 millions de m3 de CO2, dont 77 % émis par les centrales au charbon) ; près de la moitié de la réduction a donc été déjà réalisée en 9 années sur 25[18].

Centrales thermiques fossiles[modifier | modifier le code]

Centrale de Castle Gate (190 MW) dans l'Utah en 2007.
centrale de Cumberland, dans l'État du Tennessee, 2 600 MW.

Le charbon, abondant aux États-Unis, y était la première source de production d'électricité jusqu'en 2015. Mais il a été dès 2012 quasiment évincé par le gaz naturel pour la construction des nouvelles centrales[19], et sa part dans la production électrique est passée de 52 % en 2000 à 29,9 % en 2017 contre 31,9 % pour le gaz naturel[10].

En 2015, les producteurs d'électricité ont consommé 739 millions de tonnes de charbon, contre 1 045 Mt lors du pic de 2007 ; ce déclin est observé dans tous les états, sauf le Nebraska et l'Alaska ; 97 % du charbon vapeur des États-Unis est utilisé pour la production d'électricité[20].

Nombre de centrales thermiques aux États-Unis par combustible[21]
Année Charbon Pétrole Gaz naturel Autres gaz Total
2005 619 1 133 1 664 44 3 460
2007 606 1 163 1 659 46 3 474
2010 580 1 169 1 657 48 3 454
2011 589 1 146 1 646 41 3 422
2012 557 1 129 1 714 44 3 444
2013 518 1 101 1 725 44 3 388
2014 491 1 082 1 749 43 3 365
2015 427 1 082 1 779 45 3 333
2015/2005 -31 % -4,5 % +6,9 % +2 % -3,7 %

En 2011, les États-Unis disposaient de 1 387 centrales thermiques au charbon totalisant 318 GW de puissance installée. Il est prévu, qu'entre 2012 et 2016, 175 d’entre elles (27 GW) soient fermées[22].

Principales centrales à charbon aux États-Unis[23]
Nom de la centrale État Date
de mise
en service
Puissance
en MW
centrale de Bowen Drapeau de la Géorgie Géorgie 1971-1975 3 500
centrale de Gibson Drapeau de l'Indiana Indiana 1975-1982 3 340
centrale de Monroe Drapeau du Michigan Michigan 1971-1974 3 280
centrale John E. Amos Drapeau de la Virginie-Occidentale Virginie-Occidentale 1971-1973 2 933
centrale James H.Miller Jr Drapeau de l'Alabama Alabama 1978-1991 2 822
centrale W. A. Parish Drapeau du Texas Texas 1977-1982 2 737
centrale de Cumberland Drapeau du Tennessee Tennessee 1973 2 600
centrale de Gavin Drapeau de l'Ohio Ohio 1974-1975 2 600
centrale de Rockport Drapeau de l'Indiana Indiana 1984-1989 2 600
centrale de Paradise Drapeau du Tennessee Tennessee 1963-1970 2 558
centrale de Roxboro Drapeau de la Caroline du Nord Caroline du Nord 1966-1980 2 558
Principales centrales à gaz naturel aux États-Unis[23]
Nom de la centrale État Date
de mise
en service
Puissance
en MW
West County Energy Center Drapeau de la Floride Floride 2009-2011 4 263
centrale Dynegy Moss Landing Drapeau de la Californie Californie 1967-2002 2 802
centrale de Ravenswood Drapeau de l'État de New York New York 1967-2002 2 625
centrale de Gila River Drapeau de l'Arizona Arizona 2003 2 476
centrale de Martin Drapeau de la Floride Floride 1994-2005 2 448
centrale Union Power Partners Drapeau de l'Arizona Arizona 2003 2 428
centrale de Sanford Drapeau de la Floride Floride 1969-2003 2 378
centrale Mystic Drapeau du Maryland Maryland 1975-2003 2 361
centrale H.L.Culbreath Bayside Drapeau de la Floride Floride 1965-2009 2 294
centrale Sherwood H Smith Jr Drapeau de la Caroline du Nord Caroline du Nord 2001-2011 2 282
Hines Energy Complex Drapeau de la Floride Floride 1999-2005 2 262
centrale McIntosh Drapeau de la Floride Floride 1994-2007 2 187
centrale de Willow Glen Drapeau de la Louisiane Louisiane 1960-1976 2 178
centrale de Fort Myers Drapeau de la Floride Floride 1958-2003 2 083
centrale de Cedar Bayou Drapeau du Texas Texas 1970-2009 2 065
centrale de Sabine Drapeau du Texas Texas 1962-1979 2 051
centrale H.Allen Franklin Drapeau de l'Alabama Alabama 2002-2008 1 996
centrale de Nine Mile Point Drapeau de la Louisiane Louisiane 1955-1973 1 960
AES Alamitos LLC Drapeau de la Californie Californie 1956-1966 1 922
centrale de Lauderdale Drapeau de la Floride Floride 1957-1993 1 863
Midland Cogeneration Venture Drapeau du Michigan Michigan 1989-1998 1 849
Forney Energy Center Drapeau du Texas Texas 2003 1 784
Lincoln Combustion Drapeau de la Caroline du Nord Caroline du Nord 1995-1996 1 754
centrale Haynes Drapeau de la Californie Californie 1962-2005 1 750
Midlothian Energy Facility Drapeau du Texas Texas 2000-2001 1 734
Elwood Energy LLC Drapeau de l'Illinois Illinois 1999-2001 1 728
centrale de Seminole Drapeau de l'Oklahoma Oklahoma 1971-1975 1 724
centrale de Lagoon Creek Drapeau du Tennessee Tennessee 2001-2010 1 625
centrale de Ormond Beach Drapeau de la Californie Californie 1971-1973 1 612

Plusieurs de ces centrales brûlent également divers produits pétroliers.

Énergie nucléaire[modifier | modifier le code]

Carte des centrales nucléaires des États-Unis.
source : U.S. Nuclear Regulatory Commission.

En 2016, avec 99 réacteurs nucléaires en activité, qui ont produit 805,3 TWh, soit 19,7 % de la production nette nationale d'électricité, les États-Unis sont au premier rang mondial de la production d'énergie d'origine nucléaire ; 4 réacteurs sont en construction, et 34 ont été arrêtés définitivement[24]. Les 99 réacteurs américains représentent 22 % du nombre total de réacteurs dans le monde, et leur puissance nette totale : 99,9 GW représente 25,5 % du total mondial. Pour comparaison, le numéro deux, la France, a 58 réacteurs d'une puissance totale de 63,1 GW (16,1 %) et la Chine a 37 réacteurs d'une puissance totale de 32,4 GW[25].

L'autorité de sûreté nucléaire américaine, la NRC, a publié fin 2015 un projet de lignes directrices, soumis à consultation publique jusqu'en février 2016, pour « décrire les méthodes et techniques acceptables par les équipes de la NRC pour le renouvellement de licence » jusqu'à 80 ans d'exploitation. La NRC a accordé des renouvellements de licence jusqu'à 60 ans pour 81 réacteurs sur les 99 en service dans le pays. Les exploitants devront démontrer que les composants les plus sensibles, notamment la cuve qui ne peut être changée, pourront être exploités de manière sûre sur un telle durée[26]. La centrale de Surry, en Virginie, pourrait être la première à faire l'objet d'une demande de licence pour prolongation à 80 ans de la durée de vie de ses deux réacteurs ; son propriétaire Dominion a annoncé le 6 novembre 2015 son intention de déposer cette demande[27], qui devrait être déposée en 2019 ; Dominion a informé en novembre 2017 la NRC de son intention de déposer la même demande pour les deux réacteurs de sa centrale de North Anna, également en Virginie[28].

En juillet 2018, l’opérateur américain Exelon a fait la demande d’une prolongation à 80 ans de ses réacteurs 2 & 3 à eau bouillante de la centrale de Peach Bottom (Pennsylvanie), qui ont déjà l’autorisation de fonctionner jusqu’à 60 ans, soit 2033 pour l’unité 2 et 2034 pour l’unité 3. Florida Power & Light avait déjà fait la même demande pour ses réacteurs à eau pressurisée 3 et 4 de la centrale de Turkey Point[29].

Une étude de Bloomberg New Energy Finance (BNEF) publiée en juin 2017 révèle que 34 centrales nucléaires américaines sur les 61 étudiées perdent de l'argent, leur coût étant supérieur à celui des centrales à gaz, du fait de l'abondance et du prix bas du gaz de schiste. Quatre centrales nucléaires sont en cours de fermeture, tandis que quatre autres ont fermé au cours des quatre dernières années. Les États de New York et de l'Illinois ont déjà accordé des aides pour la poursuite de l'exploitation de centrales nucléaires et des aides similaires sont demandées dans l'Ohio et la Pennsylvanie[30].

Alors qu'en 2006 le thème de la « renaissance du nucléaire » était abondamment évoqué aux États-Unis, où le japonais Toshiba investissait 5,4 milliards de dollars pour racheter l'américain Westinghouse et dévoilait des plans ambitieux prévoyant l'installation dans le pays de 45 nouveaux réacteurs avant 2030, dix ans plus tard le nucléaire accumule les déboires : en mars 2017, Westinghouse s'est placée sous le chapitre 11 de la loi sur les faillites des États-Unis, et au début août 2017 les électriciens Santee Cooper et Scana Corporation ont décidé de stopper la construction de deux nouveaux réacteurs en Caroline du Sud ; l'avancement de chantier était déjà parvenu à 40 %, mais le coût prévisionnel des deux réacteurs avait doublé, à vingt milliards de dollars, et le planning du chantier avait pris cinq ans de retard. Le nucléaire ne peut plus rivaliser avec les centrales au gaz de schiste, dix fois moins coûteuses en investissement ; la stratégie de l'industrie nucléaire est maintenant de prolonger l'exploitation des centrales existantes jusqu'à 80 ans. Il ne reste plus qu'un seul projet de centrale encore en cours de construction aux États-Unis, en Géorgie[31].

La Commission des services publics de Géorgie a donné son feu vert à la poursuite de la construction de deux nouveaux réacteurs à la centrale nucléaire de Vogtle, près d'Augusta, tout en fixant une limite de coûts ; le chantier devrait se terminer en 2021 ou 2022. Ce projet, engagé en 2007, mais retardé par la faillite de Westinghouse, pourrait coûter plus de 25 milliards de dollars, contre 14 milliards prévus initialement. C'est désormais le seul projet de réacteur nucléaire aux États-Unis, après l'abandon à l'été 2017 de la construction de deux autres réacteurs par la Caroline du Sud[32].

Le budget fédéral 2018 des États-Unis, voté en mars 2018, illustre un soutien renouvelé pour le nucléaire : l'Office of Nuclear Energy a reçu 1,2 milliard de dollars, en hausse de 20 %, dont 669 millions de dollars pour les programmes de R&D (+107 M$) et 35 M$ pour lancer un projet de réacteur de recherche à neutrons rapides (Versatile Advanced Test Reactor)[33].

En mai 2018, le Sénat et l’Assemblée du New Jersey ont voté les textes législatifs nécessaires pour faire de cet État le troisième, après New York et l’Illinois, à avoir inclus le nucléaire dans ses programmes de subventions aux énergies propres ; les centrales nucléaires peuvent désormais bénéficier des Zero Emission Certificates (ZEC)[34].

Six réacteurs nucléaires américains ont été arrêtés avant la fin de leur durée de vie technique depuis 2013 et 12 autres devraient l’être d'ici 2025. Au total, ces 18 fermetures enlèveront plus de 15,8 GW de la production du réseau, soit 15 % de la capacité nucléaire existante. Début juillet 2018, une vaste coalition réunissant 75 ex-hommes d'État, responsables de la sécurité nationale et dirigeants industriels a exhorté Rick Perry, Secrétaire américain à l'Énergie, à prendre des mesures immédiates pour empêcher la fermeture des réacteurs nucléaires, rappelant les bénéfices d'un secteur nucléaire national fort sur le plan de la sécurité nationale compte tenu de la sécurité d’approvisionnement qu’il procure. Rick Perry a déclaré que le soutien financier des centrales nucléaires est essentiel à la sécurité nationale. Face à la hausse de la demande en électricité, il a confirmé que des travaux sont en cours pour proposer un plan de préservation de certaines des principales centrales nucléaires du pays. Le Département de l'Énergie des États-Unis (DOE) étudie ainsi les moyens d’aider financièrement les installations nucléaires, y compris en obligeant les exploitants de réseaux à acheter cette électricité[35].

Énergies renouvelables[modifier | modifier le code]

Capacité installée totale des énergies renouvelables dans les pays leaders entre 1990 et 2007.

Leader mondial dans les filières éolienne, biomasse, géothermique et hélio-thermodynamique, les États-Unis sont également au 4e rang mondial pour le solaire photovoltaïque derrière la Chine, l'Allemagne et le Japon, et au 4e pour l'hydroélectricité derrière la Chine, le Canada et le Brésil ; malgré ce palmarès flatteur, les énergies renouvelables ne fournissent que 14 % de l'électricité du pays en 2015, dont près de la moitié pour l'hydroélectricité (6,3 %) et 4,5 % pour l'éolien ; la baisse de 1,9 % de la production des EnR en 2012 est due à la pluviométrie médiocre en comparaison de celle, exceptionnelle, de 2011 ; mais les investissements ont continué à être massifs dans l'éolien, dont la production a progressé de 103 % entre 2010 et 2015, et surtout dans le solaire : +935 %[1].

Évolution de la production brute d'électricité des énergies renouvelables (TWh) aux États-Unis (AIE)[1] + production nette 2017 (EIA)[11].
Source 1990 2000 2010 2011 2012 2013 2014 2015 % 2015* var.2015
/1990
2017
Hydraulique 289,0 280,0 286,3 344,6 298,3 290,1 281,5 271,1 6,3 % -6 % 293,5
Biomasse 71,0 47,8 52,4 53,7 55,5 58,5 62,4 61,6 1,4 % -13 % 43,3
Déchets 15,3 23,9 20,2 20,6 20,4 19,7 19,4 18,8 0,4 % +23 % 20,8
Géothermie 16,0 14,6 17,6 17,8 18,1 18,4 18,7 18,7 0,4 % +17 % 16,0
Éolien 3,1 5,7 95,1 120,9 141,9 169,7 183,9 193,0 4,5 % x62 254,3
Solaire PV 0,003 0,2 3,1 5,3 9,2 14,9 21,9 32,1 0,7 % x10696 73,8
Solaire thermodyn. 0,66 0,5 0,9 0,9 1,0 1,0 2,7 3,5 0,08 % +435 % 3,3
Autres - - 3,7 4,1 4,1 4,4 4,3 5,5 0,1 % ns
Production brute EnR 395,1 372,7 479,4 567,9 548,5 576,6 594,8 604,5 14,0 % +53 % 704,9
Production d'électricité 3 218,6 4 052,7 4 378,4 4 349,5 4 290,7 4 306,4 4 339,2 4 317,2 100 % +34,1 % 4 038,9
Part EnR
/prod.élec.
[n 1]
12,3 % 9,2 % 10,9 % 13,1 % 12,8 % 13,4 % 13,7 % 14,0 % 17,5 %
* % 2015 : part dans la production totale d'électricité

Hydroélectricité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hydroélectricité aux États-Unis.

Énergie éolienne[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie éolienne aux États-Unis.

Énergie solaire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Énergie solaire aux États-Unis.

Biomasse[modifier | modifier le code]

Les États-Unis sont en 2015 le premier pays producteur d'électricité à partir de la biomasse : 61.6 TWh (14,2 % du total mondial), loin devant le Brésil (48,8 TWh) et l'Allemagne (44,6 TWh)[1].

Selon l'Environmental Protection Agency (EPA), la part de la biomasse dans la production d'électricité est en progression : la production des centrales à biomasse a augmenté de 14 % en 10 ans (2001-2011) ; mais la plupart utilisent des technologies obsolètes, beaucoup ayant été créées sous l'administration Carter, et sur 107 de ces centrales en fonctionnement au début 2012, 85 ont été sanctionnées pour violation des normes anti-pollution de l'air et de l'eau ; elles ont reçu 700 M$ de subventions des États et de l'état fédéral, dont 270 M$ du programme de stimulation signé par le président Obama en 2009, qui prend en charge 30 % des investissements dans les énergies renouvelables ; la Californie a 33 de ces centrales à biomasse, dont celle de Madera, près de Fresno, qui a été accusée de plus de 20 violations des normes de 2004 à 2009[36].

Production d'électricité à partir de biomasse aux États-Unis[11]
Année Bois[n 2]
(TWh)
Gaz de
décharge
(TWh)
Déchets
munic.[n 3].
(TWh)
Autres
déchets[n 4]
(TWh)
Total
biomasse
(TWh)
% var.
prod.
Part/prod.
élec.
renouv.
Part/prod.
élec.
totale
2017 43,28 10,88 6,96 2,93 64,05 +2,0 % 9,1 % 1,59 %
2016 40,95 11,22 7,27 3,33 62,77 -1,4 % 10,1 % 1,53 %
2015 41,93 11,29 7,21 3,20 63,63 -0,6 % 11,4 % 1,57 %
2014 42,34 11,22 7,23 3,20 63,99 +5,1 % 11,6 % 1,56 %
2013 40,03 10,66 7,19 2,99 60,86 +5,6 % 11,7 % 1,50 %
2012 37,80 9,80 7,32 2,70 57,62 +1,7 % 11,7 % 1,42 %
2011 37,45 9,04 7,35 2,82 56,67 +1,0 % 11,0 % 1,38 %
2010 37,17 8,38 7,93 2,61 56,09 +2,9 % 13,1 % 1,36 %
2009 36,05 7,92 8,06 2,46 54,49 -1,0 % 13,0 % 1,38 %
2008 37,3 7,16 8,10 2,48 55,03 -0,9 % 14,4 % 1,34 %
2007 39,01 6,16 8,30 2,06 55,54 +1,2 % 15,7 % 1,34 %
2006 38,76 5,68 8,48 1,94 54,86 +1,1 % 14,2 % 1,35 %
2005 38,86 5,14 8,33 1,95 54,28 +1,4 % 15,2 % 1,34 %
2004 38,12 5,13 8,15 2,14 53,54 15,2 % 1,35 %

Géothermie[modifier | modifier le code]

Les États-Unis sont les premiers producteurs d'électricité géothermique : 15 918 GWh en 2015 (production nette), en hausse de 0,3 % par rapport à 2014, dont 74,7 % en Californie[37] ; la part des États-Unis dans la production mondiale est de 23,3 %, loin devant les Philippines, deuxième avec 11,0 TWh[1].

L'une des sources géothermiques les plus importantes est située aux États-Unis : The Geysers, à environ 145 km au nord de San Francisco, démarra la production en 1960 et dispose d'une puissance de 2 000 mégawatts électriques. Il s'agit d'un ensemble de 21 centrales électriques qui utilisent la vapeur de plus de 350 puits[38]. La Calpine Corporation gère et possède 19 des 21 installations. Afin de maintenir la production de ce site victime de surexploitation, il est alimenté en partie par les eaux traitées de la ville de Santa Rosa et de la station de Lake County. Au sud de la Californie, près de Niland et Calipatria, une quinzaine de centrales électriques produisent environ 570 mégawatts électriques ; une nouvelle centrale a été mise en service sur ce site en mai 2012 : Hudson Ranch I (50 MW). Il y aurait 146 projets en développement dans 15 États[39].

Scénario 100 % renouvelables[modifier | modifier le code]

Des chercheurs de l’université californienne de Stanford ont étudié un scénario de mix électrique 100 % renouvelables pour 2050 : 30,9 % d’éolien à terre, 19,1 % d’éolien en mer, 30,7 % de centrales photovoltaïques de grande taille, 7,2 % de photovoltaïque résidentiel et autant de solaire thermodynamique avec stockage, le reliquat étant principalement assuré par l’hydroélectricité et la géothermie. Ces équipements de production couvriraient 0,42 % du territoire américain. Le scénario implique une baisse de 40 % de la demande d'électricité, pour l’essentiel issue de gains d’efficacité : il créerait 5,9 millions d’emplois, soit un gain de 2 millions par rapport aux 3,9 millions de jobs assurés par le secteur énergétique conventionnel. Ce scénario permettrait 260 $ par an d’économies sur la facture énergétique acquittée par chaque citoyen américain, sans compter d’autres économies en termes de santé[40].

Transport et distribution[modifier | modifier le code]

Carte du réseau de transport à haute tension des États-Unis (2008)
source données : FEMA et NREL.

Le réseau de transport à haute tension (115 à 500 kV) reste relativement hétérogène, les niveaux de tension normalisés étant différents selon les régions. Il totalise 300 000 km de lignes exploitées par 500 compagnies.

Des organismes régionaux dénommés « Regional Transmission Organization » (RTO) et « Independent System Operator » (ISO) coordonnent les mouvements d'énergie entre les réseaux des utilities ; les ISO ont été mis en place à l'initiative de la FERC et se limitent souvent à un état ; une organisation plus large, la North American Electric Reliability Corporation (NERC) couvre l'ensemble des États-Unis ainsi qu'une compagnie mexicaine (Baja California) et plusieurs compagnies canadiennes de l'Ontario, du Québec et de l'Alberta ; elle est chargée de veiller à la fiabilité du système d'interconnexion entre les réseaux régionaux. Certaines RTO ou ISO jouent également le rôle de marché de gros pour les échanges d'électricité entre compagnies. Il existe 12 RTO/ISO (dont 3 canadiennes) et 2 organismes indépendants similaires.

Échanges transfrontaliers[modifier | modifier le code]

Les échanges d'électricité avec les pays voisins : Canada et Mexique, ont représenté en 2011 à peine 1 % de l'électricité consommée aux États-Unis. Les échanges avec le Mexique sont faibles, et ceux avec le Canada sont structurellement importateurs : en 2011, 51 TWh ont été importés du Canada et 14 TWh exportés vers le Canada.

Le Réseau multiterminal à courant continu qui relie le nord du Québec au Massachusetts par une ligne à haute tension en courant continu à ±450 kV d'une longueur totale de 1 600 km permet d'importer en Nouvelle-Angleterre une partie de la production hydroélectrique de la Baie James ; c'est une des principales voies d'importation depuis le Canada (8 à 9 TWh/an) ; le réseau du Québec est interconnecté en 19 points avec le réseau des États-Unis.

Consommation d'électricité[modifier | modifier le code]

Historique de la consommation finale d'électricité des États-Unis par secteur
TWh 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010
Industrie 146,5 324,4 570,9 815,1 945,5 1 064,2 970,9
Transport 6,8 3,1 3,1 3,2 4,8 5,4 7,7
Résidentiel 72,2 201,5 466,3 717,5 924,0 1 192,4 1 445,7
Commerce 66,0 159,1 352,0 558,6 838,3 1 159,3 1 330,2
Total commercialisé 291,4 688,1 1 392,3 2 094,4 2 712,6 3 421,4 3 754,5
Autoconsommation nd nd nd nd 124,5 170,9 131,9
Total consommation 291,4 688,1 1 392,3 2 094,4 2 837,1 3 592,4 3 886,4
Source : Energy Information Administration[41].
Évolution récente de la consommation finale d'électricité des États-Unis par secteur
TWh 2007 2010 2011 2012 2013 2014 2015 % 2015 Δ 8 ans* Δ 65 ans*
Industrie 1 027,8 970,9 991,3 985,7 985,4 997,6 958,6 24,8 % -6,7 % +554 %
Transport 8,2 7,7 7,7 7,3 7,6 7,8 7,7 0,2 % -6,3 % +13 %
Résidentiel 1 392,2 1 445,7 1 422,8 1 374,5 1 394,8 1 407,2 1 399,9 36,2 % +0,6 % +1839 %
Commerce 1 336,3 1 330,2 1 328,1 1 327,1 1 337,1 1 352,2 1 358,4 35,2 % +1,7 % +1959 %
Total commercialisé 3 764,6 3 754,5 3 749,8 3 694,6 3 724,9 3 764,7 3 724,5 96,4 % -1,1 % +1178 %
Autoconsommation 125,7 131,9 132,8 137,7 143,5 138,6 138,8 3,6 % +10,4 % ns
Total consommation 3 890,2 3 886,4 3 882,6 3 832,3 3 868,3 3 903,3 3 863,3 100 % -0,7 % +1226 %
* Δ 8 ans = variation 2015/2007 ; Δ 65 ans = variation 2015/1950
Source : Energy Information Administration[41].

La consommation d'électricité a été multipliée par 13 en 65 ans, mais elle a reculé de 0,7 % en 8 ans sous l'effet de la crise de 2008 ; la part de l'industrie a reculé de 50 % en 1950 à 24,8 % en 2015 alors que les secteurs résidentiel et commercial ont tous deux multiplié leur consommation par près de 20.

La consommation d'électricité par habitant était en 2015 de 12 833 kWh[s 7], soit 4,2 fois la moyenne mondiale (3 052 kWh), 3,2 fois celle de la Chine (4 047 kWh) et 1,82 fois celle de la France (7 043 kWh)[s 8].

Prix de l'électricité[modifier | modifier le code]

Prix moyen de détail de l'électricité par État en 2015
source données : EIA.

On remarque la forte dispersion des prix : de 9,0 cents dans le Washington à 29,6 cents par kWh à Hawaï ; les États qui ont des prix bas sont souvent ceux qui ont de grands barrages hydroélectriques ou des gisements de charbon ou de gaz naturel ; les prix les plus élevés se rencontrent dans les États périphériques (Hawaï, Alaska) et dans ceux du Nord-Est.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. ces % d'EnR sont légèrement surestimés car la consommation des centrales de pompage n'a pas été retirée.
  2. Bois et dérivés du bois : sciure, écorces, papiers, poteaux, traverses de chemin de fer, liqueur noire, etc.
  3. Fraction organique des déchets municipaux.
  4. Déchets divers issus de biomasse : boues de décantation, déchets agricoles, biogaz, etc.

Références[modifier | modifier le code]

  1. p. 33
  2. p. 31
  3. p. 19
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  • Autres
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  12. (en) Electric Power Monthly, with Data for February 2018 - EIA, avril 2018 (tableaux 1.3.B, 1.9.B, 1.10.B, 1.11.B, 1.12.B, 1.14.B, 1.17.B, 1.18.B) [PDF].
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  14. Obama se veut le champion de la lutte contre le réchauffement climatique, Les Échos du 4 août 2015.
  15. (en)Overview of the Clean Power Plan, EPA, 3 août 2015.
  16. Barack Obama s'engage contre le réchauffement climatique avant la COP21 et la fin de son mandat, Huffington Post, 4 août 2015
  17. Climat : Obama va au charbon, Libération du 4 août 2015.
  18. (en)Carbon Dioxide Emissions From Energy Consumption: Electric Power Sector, EIA.
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]